©-DR-LA GRANDE MURAILLE de Frank Capra (1933 ) p7
27/06/2016 10:56 par tellurikwaves
Barbara Stanwyck as saying:
"The women's clubs came out very strongly against it, because the white woman was in love with the yellow man and kissed his hand. So what! I was so shocked [by the reaction]. It never occurred to me, and I don't think it occurred to Mr. Capra when we were doing it. I accepted it, believed in it, loved it." (McBride, page 281)
Frank Capra on The Bitter Tea of General Yen:
I wanted an Academy Award very badly. I thought I was as good or better than the other guys. I had never had any worries about thinking I was good at all. This cockiness I had as a kid just stuck with me and I'm still cocky. And anyhow, coming in second is not better than coming in last, as far as I'm concerned. I wanted to get out there in front. I wanted to win one of these Academy Awards for directing. It became an obsession; all ambitious people, all nutty people think that way. I'd seen how the Academy voted – they voted for art; they didn't vote for comedy. They didn't vote for this kind of junk I'm making. So I though, What the hell, I'll give them art. And I took on The Bitter Tea of General Yen, which is a story about miscegenation between a Chinese warlord and an American missionary. But I fell in love with the story, too. And I think I made a very fine picture out of it. I loved the film myself. It had a quality of honesty between these people.The warlord said all the things that needed to be said about miscegenation, about racism. And I felt that this woman had depth enough to understand. She was so bigoted [at first]. And this reformation of this character from a bigot to one who could love anybody – why, this was an honest story to me.But no Academy Award.
(From the Frank Capra chapter in Richard Schickel's
book The Men Who Made the Movies, page 70.
Published by Atheneum, 1975, New York.)
La Grande Muraille (The Bitter tea of General Yen)
est un film américain réalisé par Frank Capra, sorti en 1933.
Résumé (partiel)
Megan Davis arrive à Shanghai pour épouser le docteur Robert Strike, missionnaire américain dans une Chine ravagée par la guerre civile. Le mariage est cependant reporté, car la région connaît des troubles causés par le général Yen. Celui-ci a déjà remarqué Megan à son arrivée lors d'un incident de circulation. Robert se rend chez le général Yen lui demander un sauf-conduit pour évacuer des orphelins se trouvant en pleine zone de guerre. L’opération menée par Robert et Megan est réussie malgré le faux sauf-conduit délivré par Yen qui voulait les piéger. Mais au retour Megan est emportée par la foule de réfugiés et s’évanouit. Elle se réveille dans un convoi militaire du général qui séduit par la jeune femme l’a kidnappée, sachant que tout le monde la croit morte...
Acteurs non crédités :
Loin de ses comédies qui feront plus tard son succès, Frank Capra inaugure les années trente avec une série de drames, voire mélodrames (Ladies of Leisure, Dirigible, The Miracle Woman, Amour défendu, La Ruée, La Grande Muraille), ayant pour la plupart d’entre eux comme interprète principale Barbara Stanwyck, une de ses actrices préférées[1].
En 1932, Capra constate avec dépit qu’une nouvelle fois son dernier film, La Ruée, n’a non seulement pas obtenu d’Oscars mais de plus n’a reçu aucune nomination. Depuis que la cérémonie existe, le réalisateur n’aspire qu’à recevoir la précieuse statuette mais malgré quelques grands succès commerciaux, l’Académie semble l’avoir oublié et Capra n’a jusqu’à présent pas été nommé une seule fois[2]. Son rêve de trophée tourne à l’obsession et persuadé que pour être récompensé d’un Oscar il lui faut faire un film à prétentions artistiques, il entreprend son prochain film et décide que ce sera « de l’Art avec un grand A »[2].
Justement, un projet l’intéresse, le producteur Walter Wanger prépare un film tiré d’un roman de Grace Zaring Stone, The Bitter Tea of General Yen, pour la Columbia[2]. Le sujet, plutôt brûlant pour l’époque, raconte une histoire d’amour interraciale entre un général chinois et une jeune missionnaire américaine sur fond de guerre chinoise. Walter Wanger accepte, à condition que son nom apparaisse au générique en tant que producteur, de confier le film à Capra[2]. Le réalisateur est persuadé qu’il tient enfin son film à Oscars[2] et la Columbia lui donne carte blanche[3].
Il confie le rôle principal à Barbara Stanwyck qu’il avait révélé dans Ladies of Leisure, il impose Nils Asther[3], acteur suédois dont ce sera le plus grand rôle, pour incarner le général asiatique et prend pour le personnage de Jones, conseiller du général, un acteur reconnu de Broadway, Walter Connolly, qu’il retrouvera par la suite dans plusieurs de ses films. Ce dernier se cassera la jambe pendant le tournage[4] et terminera le film sur des béquilles[5].La distribution sera admirable et Barbara Stanwyck « se révèle prodigieuse et d’une sensibilité très moderne »[6]
Le film est une des plus belles réussites personnelles du Capra de cette période[6], grâce également à son chef opérateur Joseph Walker[7], il va réaliser un film élégant, sombre et mystique[8] avec une atmosphère à la Sternberg[6], dont le point culminant sera la scène onirique du rêve où l’héroïne attaquée par un monstre asiatique est finalement sauvé par un héros qui se révèle être le général Yen[3].
Mélodrame accompli, Capra donne le meilleur de lui-même et comme le souligne Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier : « …Les rapports interraciaux sont décris avec beaucoup de franchise et d’audace pour l’époque. Capra n’ayant pas craint de traiter le sujet, contrairement à ce qui s’était passé pour The Miracle Woman. »[6]
Le film fut choisi pour la cérémonie d'ouverture, en 1933, du Radio City Music Hall, à New York[2].Malheureusement, malgré un très bon accueil de la critique[5], le film est un échec commercial, de plus il est interdit dans tout l’Empire britannique à cause de l’histoire d’amour inter-racial entre un chinois et une femme blanche[9].Le film ne reçoit, une nouvelle fois, aucune nomination, et Capra à sa grande fureur voit ses espoirs d’Oscars s’envoler[2].Désormais il ne quittera pratiquement plus le chemin de la comédie qui le couvrira de gloire et d’Oscars.
Distinctions

| Nominated César |
Most Promising Actor (Meilleur espoir masculin) Pierre Rochefort |
| Nominated Lumiere Award |
Most Promising Young Actor (Meilleur espoir masculin) Pierre Rochefort |
Dominique Sanda
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Caméra obscura (extraits)
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...Au-delà de cette originalité de construction, bien réelle mais discrète, le film tire également son intérêt de données extra-cinématographiques. Nicole Garcia a effectivement confié le rôle de Baptiste à son fils Pierre Rochefort. Le fils de Garcia et de Jean Rochefort se retrouve donc dans la peau d’un personnage avec lequel il partage des enjeux de filiation et de questionnements héréditaires. Cette résonance et la manière attentionnée dont la réalisatrice regarde son fils donne à ce film anti-famille toute sa saveur paradoxale.
Thibaut Grégoire