©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p9

29/10/2015 04:59 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p9

    29/10/2015 04:59 par tellurikwaves

Sofía Oria : Carmencita / Blancanieves (enfant)

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Les Inrocks par Vincent Ostria

Le muet sera-t-il le nouveau gimmick à la mode après la renaissance du relief?? En tout cas, peu de temps après le triomphe public de The Artist, puis la consécration critique de Tabou, Blancanieves est une nouvelle preuve que le cinéma est travaillé par ses origines. De là à refonder le cinéma d’aujourd’hui à l’aune de celui d’hier, il y a un pas…

Mais qu’est donc ce capricho espagnol que rien ne laissait présager – à part le fait que Berger est, à l’instar d’Hazanavicius, un fétichiste du passé?? Son premier film (qui nous a échappé), Torremolinos 73, était une farce sur le porno amateur des seventies. Blancanieves, plus ambitieux, moins trash, plus méticuleux, transpose le conte Blanche-Neige dans l’univers de la tauromachie?; c’est-à-dire une légende germanique dans l’Espagne traditionnelle. Non seulement Blanche-Neige y trouve ses sept nains, mais ici ils forment une troupe de toreros.

Les nains appartiennent au baroque espagnol depuis longtemps. Au moins depuis le XVIIe siècle, où Vélasquez, l’immense peintre espagnol, donna ses lettres de noblesse à cette fascination ibère pour l’étrange, que perpétue le cinéma. Mais Berger n’en fait pas un cheval de bataille. Il intègre avec une légèreté humoristique ces éléments “différents” à un mélodrame style Tod Browning.

Un célèbre matador, encorné par un taureau, est paralysé et se retire du monde. Sa femme meurt en couches et sa fille unique, Carmen, est confiée à sa grand-mère. À la mort de celle-ci, l’enfant est renvoyé chez son père. Mais Carmen est séquestrée, élevée exclusivement par sa terrible belle-mère, Encarna, infirmière manipulatrice qui a épousé le veuf.

Berger greffe ainsi au début de Blanche-Neige celui de Cendrillon (Carmen est une enfant-esclave) puis utilise comme coda La Belle au bois dormant. L’idée la plus poétique du film. S’amusant avec l’étrangeté, Berger arrondit les angles.

Contrairement à Miguel Gomes, il ne joue pas sur les décalages temporels et les niveaux de lecture, mais se contente d’un fac-similé à l’ancienne, certes pulsé par les palmas (claquements de main) du flamenco revisité avec grâce par le compositeur Alfonso Vilallonga. Pablo Berger singularise ce fac-similé en empruntant maintes situations à Tod Browning et en les poussant jusqu’au lyrisme, sans toutefois aller au bout de la morbidité primitive du réalisateur de Freaks. Le film déploie une plaisante panoplie cruelle avec le personnage gothique de la marâtre, infiniment plus stylé que dans les affreuses adaptations américaines de Blanche-Neige.

On serait aussi tenté de rapprocher cette résurrection du mélo muet avec l’œuvre de Guy Maddin, qui retravaille ces formes archaïques depuis vingt-cinq ans au Canada. Mais Maddin, lui, a toujours été résolument postmoderne, jouant à fond les paradoxes, déconstruisant le récit systématiquement. Tout le contraire de Berger, artisan obsédé par la perfection de sa reproduction. Dans le cadre de cette imitation, il se permet heureusement des notations très contemporaines. Et en décrivant de manière très documentée les rituels de la corrida, il la tourne également en dérision. Le personnage de Carmen (une femme torero, quelle hérésie?!) a une portée féministe inconnue dans le cinéma des années 20.

Dans le fond, Berger est proche de son compatriote Almodóvar (lequel a également titillé l’imagerie de la corrida dans Matador), mais il élude la provocation sexuelle. Il n’approfondit pas le thème de la paralysie du père ni celui des relations assez troubles de Carmen avec les nains qui en ont fait leur égérie et vivent avec elle. Trop de retenue dans la fantaisie…

Réserves balayées par le finale onirique dans un cirque, où une Blanche-Neige morte-vivante se mue en Belle au bois dormant. Par cette symbiose magique entre l’univers forain, typique de Browning, et le conte de fées, Berger transcende son second degré aimable et sa méticulosité formelle.

Il décolle de l’imitation pour aboutir in extremis à une vraie féerie poétique. Cette fin envoûtante et belle, aux antipodes des clichés, donne toute sa saveur à ce mélodrame en noir et blanc contrasté et haut en couleur.

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p8

28/10/2015 17:57 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p8

    28/10/2015 17:57 par tellurikwaves

Les années ont passé

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p7

28/10/2015 06:07 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p7

    28/10/2015 06:07 par tellurikwaves

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p6

28/10/2015 06:03 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p6

    28/10/2015 06:03 par tellurikwaves

Une petite photo avec la vedette,momentanément H.s
pour cause d'encornement

 

 

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SENS CRITIQUE

 

Critique publiée par Ygor Parizel le 6 avril 2013
Un pur moment de magie cinématographique. Cette adaptation à la sauce espagnole du conte de Blanche-Neige est fabuleuse. La mise en scène qui rend hommage aux fantaisies des années 20, des plongées et contre-plongées percutantes, des plans expressifs et symboliques forts et un noir et blanc lumineux. L'histoire est magnifique et triste à pleurer. Les deux actrices principales sont géniales, tout d'abord j'ai un coup de foudre pour celle qui joue Blanche-Neige (la radieuse Macarena Garcia) et la sorcière (Maribel Verdu incroyable également). En plus la bande son est sensationnelle. Plus qu'un bijou, un chef-d'oeuvre.

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p5

27/10/2015 09:56 par tellurikwaves

  • ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012)  p5

    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p5

    27/10/2015 09:56 par tellurikwaves

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p4

27/10/2015 09:34 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p4

    27/10/2015 09:34 par tellurikwaves

Inma Cuesta : Carmen de Triana (la mère)
&
 Angela Molina :Doña Concha la gentille et belle grand-mère

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p3

26/10/2015 12:41 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p3

    26/10/2015 12:41 par tellurikwaves

Daniel Giménez Cacho : Antonio Villalta (el padre) 

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"Blancanieves" : entre reine cruelle et arène sanglante
Le Monde | 22.01.2013 à 13h53 • Mis à jour le 28.02.2014 à 15h59 |
Par Thomas Sotinel

Telle la poignée d'explorateurs européens qui s'acharnaient à remonter le Nil pour en trouver la source, les cinéastes du XXIe siècle remontent le temps du cinéma, laissant derrière eux le moment où la parole lui est venue. Après le Canadien Guy Maddin (pionnier en la matière), le Français Hazanavicius, le Portugais Miguel Gomès, voici le carnet de voyage de l'Espagnol Pablo Berger dans les premiers temps du cinéma.

Blancanieves (film espagnol, noir et blanc, muet) raconte une histoire familière, celle de la petite princesse tombée entre les griffes d'une marâtre sadique, sauvée par des nains. Mais le conte, né en Allemagne, prend racine cette fois sous le soleil d'Andalousie, aux derniers temps de la monarchie espagnole, aux premiers temps de l'électricité et du moteur à explosion.

Cette greffe monstrueuse prend avec une vigueur inattendue. En noir et blanc, sans dialogues (et les intertitres sont réduits au minimum), Blancanieves est un exercice de style brillant, qui incite à accorder au réalisateur Pablo Berger (auteur, jusqu'ici, d'une aimable comédie, Torremolinos 73) une estime inattendue. D'autant que l'exercice de style laisse peu à peu la place à un authentique mélodrame, paroxystique, servi par des acteurs étonnants et la partition d'Alfonso de Villalonga.

Carmencita (Sofia Oria) est née dans le sang : le jour de sa naissance, son père Antonio Villalta (Daniel Gimenez Cacho) a été grièvement blessé alors qu'il toréait à la Maestranza de Séville, et sa mère est morte en couches. Encarna (Maribel Verdu), une infirmière cupide et sadique, a usurpé la place de la défunte auprès du blessé, désormais invalide, pendant que l'enfant était élevée par sa grand-mère (Angelina Molina). A la mort de celle-ci, Carmencita est recueillie par Encarna qui en fait son souffre-douleur. Devenue Carmen (et désormais incarnée par Macarena Garcia) et adolescente, l'héroïne fuit la vengeance de sa belle-mère et est recueillie par la troupe de Los Eñanitos Toreros (les petits nains toreros).

On ressent le plaisir que Pablo Berger a pris à transposer délicatement les éléments du mythe, à les inscrire dans un univers qui leur était a priori hostile (la formule des frères Grimm nécessite de grands arbres, des brouillards, des nuits interminables...). Mais aussi à développer des personnages complexes, en donnant aux acteurs des instruments depuis longtemps abandonnés - les regards charbonneux, les grimaces de souffrances, les poses un peu outrées. Maribel Verdu trouve des ressources qu'on ne lui connaissait pas (perversions en tout genre, violence physique) pour faire d'Encarna une créature de cauchemar dont on aimerait rêver toutes les nuits.

Daniel Gimenez Cacho (que l'on a vu dans La Mauvaise Education, d'Almodovar, et dans nombre de films mexicains récents) est déchirant de vulnérabilité.Tout comme les acteurs savent faire preuve, quand il le faut, d'une retenue que leurs aînés du temps du muet ne connaissaient pas, Pablo Berger ne se contente pas de décalquer les façons des maîtres du muet. Là où Michel Hazanavicius avait puisé dans le répertoire du vieil Hollywood pour The Artist, le cinéaste espagnol revisite le Vieux Continent.

Son penchant pour l'expressionnisme apparaît presque constamment, mais aussi pour un cinéma muet espagnol méconnu (on peut voir en ligne La Aldea maldita, beau drame paysan réalisé en 1930 par Florian Rey). Ce qui n'empêche pas Pablo Berger de recourir à des procédés inconnus dans les années 20 - mouvements d'appareil acrobatiques, grand angle... Il le fait parce que son récit exubérant, qui multiplie les brèves digressions, les inventions visuelles et dramatiques, l'exige, parce qu'il a le souci de faire de l'orpheline devenue matador une héroïne de cinéma. Il y parvient avec brio.

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p2

26/10/2015 12:33 par tellurikwaves

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    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012) p2

    26/10/2015 12:33 par tellurikwaves

Inma Cuesta : Carmen de Triana (la mère)

©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012)

25/10/2015 15:57 par tellurikwaves

  • ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012)

    ©-DR-BIANCANIEVES de Pablo Berger (2012)

    25/10/2015 15:57 par tellurikwaves

Blancanieves
est un film fantastique hispano-français coproduit, écrit et réalisé par Pablo Berger
et sorti en 2012. Il s'agit d'une nouvelle adaptation de Blanche-Neige.
 

Résumé (pas Wiki)

Sud de l’Espagne, dans les années 20.Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains Toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de «Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen/Blancanieves vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable…

Fiche technique

Cast

DistinctionsRécompenses

Nominations et sélections

On verra ça à la fin avec IMDb...il doit y avoir beaucoup plus de récompenses que ça

©-DR- LA GRANDE ILLUSION de Jean Renoir (1937) fin

23/10/2015 18:19 par tellurikwaves

  • ©-DR- LA GRANDE ILLUSION de Jean Renoir (1937) fin

    ©-DR- LA GRANDE ILLUSION de Jean Renoir (1937) fin

    23/10/2015 18:19 par tellurikwaves

Distinctions
Showing all 5 wins and 2 nominations

Academy Awards, USA 1939

 

Nominated
Oscar
Best Picture


National Board of Review, USA 1938

 

Won
NBR Award
Best Foreign Film
France.
Top Foreign Films


New York Film Critics Circle Awards 1939

 

Won
NYFCC Award
Best Foreign Language Film
France.


Online Film & Television Association 2011

 

Won
OFTA Film Hall of Fame
Motion Picture


Venice Film Festival 1937

 

Won
Best Overall Artistic Contribution
Jean Renoir
Nominated
Mussolini Cup
Best Foreign Film
Jean Renoir