©-DR - LA VALLÉE de Barbet Schroeder (1972) p13
10/10/2015 04:30 par tellurikwaves
Bulle entrain de buller
Critique publiée par Fatpooper le 10 juin 2013
J'avoue que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus psychédélique, vu le sujet et le fait que PinkFloyd ait composé le score."La vallée" est un road movie sympathique partagé entre la fiction (avec des personnages qui évoluent) et le documentaire (passages contemplatifs au sein de tribus locales).
L'écriture est intéressante, puisque l'auteur laisse une grande part de liberté à ses acteurs. Ca ne m'étonnerait pas d'ailleurs que la tournure que prennent les évènements soit totalement improvisée. De là surgit d'ailleurs le gros bémol du film : son caractère creux. Il ne se passe rien, on comprend très vite où on va, il n'y a pas vraiment de surprise quant à la finalité des choses.
La mise en scène sonne juste par rapport au propos. La caméra est lente, contemplative et confère ainsi au film une aura bien particulière. Le jeu des acteurs correspond également au genre, leurs improvisations renforcent le ton réaliste. La mise en scène transcende d'ailleurs le scénario et empêche le spectateur de s'endormir.
Ayahuasca
à droite : Valérie Lagrange - Hermine
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Critique publiée par filmdeouf le 15 avril 2015
Viviane est une bourge qui s'ennuie, de passage en Nouvelle-Guinée, qui va rencontrer un groupe d'hippies. Ce qui l'intéresse, elle, c'est d'obtenir des plumes d'oiseaux rares. Ce qui les intéresse, eux, c'est d'atteindre la Vallée, une région de la forêt « noyée dans les brumes » qui est restée vierge sur la carte. Mais en fin de compte, le but est moins important que le chemin pour y arriver...
Bulle Ogier, la femme du réalisateur Barbet Schroeder, est parfaite en Viviane : ni trop bourge caricaturale, ni trop ingénue, elle incarne une personnage réaliste pour l'époque. Olivier, le bel anglais avec qui elle se liera, est incarné par l'acteur anglais Michael Gothard. Il réalise malgré son accent anglais prononcé une performance d'acteur honnête mais facile puisqu'il est constamment tout en retenue.
On passe par tous les passages obligés de films hippies : la découverte de l'amour libre, une expérience psychédélique, le retour à la nature... mais c'est ici présenté sans avidité, sans urgence, comme un juste enchaînement dans l'ordre naturel des choses, presque en toile de fond. Le film devient assez contemplatif dans les scènes avec les tribus locales. On pourrait parler de longueurs mais il faut aussi replacer le film dans son époque.
Il y a clairement de la substance dans ce film, et la morale du film est impeccable : les tribus du film ne sont ni magnifiées ni dénigrées, le but du voyage représenté par la Vallée n'est pas non plus présenté comme un graal mystique, mais comme un objectif concret et beau qu'on se doit de faire désirer pour le magnifier spirituellement. Une belle leçon de vie.
Jean-Pierre Kalfon : Gaëtan