©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p31

07/08/2015 07:42 par tellurikwaves

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    07/08/2015 07:42 par tellurikwaves

SENS CRITIQUE

 

 

 Critique publiée par kinosan le 6 mai 2014
Le dernier film de Jim Jarmush. Un retour dans une salle obscure. En pleine semaine. De nuit, pour une apparition de la troublante Tilda Swinton. Eva, à Tanger. Adam, à Détroit.Un vinyle tourne, leurs verres se vident. Une transe palpable, enviable, à distance. Wanda Jackson lance la bande originale. La suite, composée par Jozef Van Wissem, ne nous lâche plus, nous étreint, nous questionne. Deux heures, la vie à deux, entre deux mondes marquées par la mélancolie. Je ne me suis jamais servie un verre de O négatif, mais ose spoiler l’errance de ces êtres centenaires. Une comédie romantique. Je vous aurais prévenus, zombies !

On découvre le quotidien d’Adam et Eva. Des rendez-vous ritualisés pour conserver un lien avec l’extérieur. Lui collectionne les guitares : Gibson, Hägerström, Gretsch…S’adonnant à de nombreuses compositions funèbres, que l’on voudrait entendre en club. Un Revox tourne. Elle, ferme avec précaution la porte, arpente les rues pour rejoindre le Café des 1001 Nuits. Référence à la Beat Generation, à Burroughs et Gysin. Repartant avec quelques bons mots d’un ami de longue date et une merveille rouge sang en sachet.

L’un est submergé par une certaine forme de résignation, de tradition, commandant à son seul et fidèle serviteur une balle faîte de bois de fer, d’amourette et de grenadille. Les appellations latines, moyennant finances, ponctuent leurs échanges. Il faut parfois arpenter les allées d’un hôpital, un stéthoscope autour du cou. Dr Faust et Dr Watson. Des références littéraires, musicales pouvant déplaire à certains, et flatter le goût d’autres. Selon le réalisateur, l’acteur principal, aux gants noirs, est un croisement entre Syd Barrett et Hamlet, ayant conversé avec Lord Byron (le père de la méconnue Ada Lovelace) ou s’arrêtant en voiture devant la demeure familiale du producteur Jack White.

Eva le rejoint pour partager de tels moments, de tels souvenirs. Après un Facetime, cablé sur un vieux poste télé. Elle n’a pas hésité à prendre un vol de nuit sur Air Lumière, pensant à parcourir et sélectionner de ses doigts fins les meilleurs passages, ouvrages, amoncelés dans son appartement. Un rapport aux objets, aux rencontres au fil des siècles. ‘May I ?’. Il lui retire ses gants blancs sur le pas de la porte, s’installant confortablement pour écoutent les vibrations des instruments. Partie d’échecs, accords au luth, énumération des grands noms – de Darwin à Tesla. Lui reste insensible à la beauté actuelle, attaché aux vieilles photos, atterré par la mondialisation, le sang contaminé.

La venue (prémonitoire et bien réelle) de la sœur d’Eva les replonge dans de sombres nuits. Los Angeles, sa chevelure rousse, sa jeunesse. Elle ne semble pas vouloir être en marge. Les amenant dans une salle de concert, aiguisant son appétit. Le petit déjeuner, Soul Dracula nous remontent dans le temps, les années 70. Ses valises se retrouvent sur le pas de la porte. Ils doivent alors repartir, reprendre un vol de nuit. Cet ami de longue date aura tout fait pour pouvoir les saluer une dernière fois.

Ces œuvres n’ayant jamais été publiées à son nom, signées de sa propre plume. Le manque d’hémoglobine ne leur fait pas perdre leur humour désabusé, distancié. ‘What are we gonna do ?’. Un écart, une folie digne du XVème siècle à la vue d’êtres a(i)mants.De la pure élégance animale


 

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07/08/2015 07:39 par tellurikwaves

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©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p29

06/08/2015 18:39 par tellurikwaves

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©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p28

06/08/2015 18:24 par tellurikwaves

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06/08/2015 18:18 par tellurikwaves

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    06/08/2015 18:18 par tellurikwaves

Attend moi...il vaut mieux que j'y aille seule

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06/08/2015 17:55 par tellurikwaves

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    06/08/2015 17:55 par tellurikwaves

SENS CRITIQUE

 

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Critique publiée par ?? ? le 4 août 2014
Comment faire le bilan d'une carrière à la fois aussi restreinte (seulement 13 films en 34 ans) et aussi fournie (thématiquement) que celle de Jarmush? Ici, point question de personnages prenant leur café avec une cigarette ou d'un samourai des temps modernes, le thème choisi fera penser à celui d'un film d'horreur puisqu'il s'agit (de prime abord) de la vie de deux vampires dans le Detroit d'aujourd'hui. Pourtant, sous ses abords de films sanguinaires, rien ne prépare le spectateur à ce qu'il va voir: en dehors du sang contenu dans les verres consommés par les héros, pas une scène gore à l'horizon.

En réalité, Jarmush utilise les vampires non comme des assassins mais comme des immortels déprimés qui ont tout le loisir de constater la désespérance de la race humaine au fil des siècles. Pourtant, le film n'est pas un concentré de noirceur: au-delà de sa claustration et de ses tentatives de suicide répétées, le personnage de Tom Hiddleston (qui n'a jamais été aussi brillant) a une réelle volonté de vivre, qu'il exprime certes à travers de splendides compositions musicales d'une aigreur sans égale, accompagné de sa compagne, la sublime Tilda Swinton, qui tire ici le meilleur rôle d'une carrière pourtant déjà bien riche.
D'ailleurs, le ton n'est jamais complétement déprimant: souvent, des scènes à l'accent comique viennent se greffer au reste (la "consommation" de Ian, les scènes d'hôpital).Leur couple constitue d'ailleurs le noeud de résistance dans leur vie interminable; leur fusion est telle qu'elle subsiste à l'autre bout du monde (elle à Tanger, lui à Détroit), leur amour commun de la création et de la connaissance leur permet de prendre conscience de la richesse et de la beauté de la vie, et de la souligner (la scène où Tilda Swinton trouve un champignon en est l'exemple parfait puisque "sans lui, la vie ne saurait exister").

Le traitement que le réalisateur réserve au sang est presque inédit: il est certes le moyen de subsistance des vampires, mais il est aussi et avant tout une drogue dont la consommation permet aux personnages de s'échapper du réel et laisse l'occasion au spectateur d'admirer de splendides scènes de trips comme on n'en avait plus vues depuislongtemps.Autre point d'attention majeur: l'art: Tilda Swinton s'embarque avec des tonnes de livres qu'elle lit de manière très rapide, Tom Hiddleston compose et compose toujours.

Jarmush fait ici une magnifique déclaration d'amour à l'art, en tant notamment que meilleur moyen d'échapper à la tristesse et au désespoir. Ainsi, lorsque tout semble perdu aux héros qui ne veulent pas céder à leur instinct de buveur de sang, c'est une chanteuse tunisienne qui se charge sans le vouloir de leur faire reprendre pied, et offre une dernière scène d'une ironie grinçante. Certains trouveront là un point d'élitisme ou d'intellectualisme de la part de l'auteur, d'autant que les vampires désignent ceux qui leur font peur de "zombie", ce qui leur confère un aspect dédaigneux, mais qui n'a jamais tenté de se protéger en dénigrant l'autre?

Et le manichéisme n'est pas de mise puisque Ava (Mia Wasikowska, attendrissante mais dangereuse), elle, n'hésite pas à boire celui qui représente un espoir pour les "zombies". Par ailleurs, on notera la perfection de la bande originale de Jozef Van Wissem et SQÜRL, soit Jim Jarmush and friends, qui colle parfaitement à la beauté mélancolique du film, à l'image de ce générique de début montrant le ciel étoilé et un générique en lettres gothiques rouge sang. Une ode à la création et à la vie malgré tout. Merci Jim.

©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p25

06/08/2015 17:51 par tellurikwaves

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    06/08/2015 17:51 par tellurikwaves

Tanger...retrouver un vieil ami

©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p24

05/08/2015 16:16 par tellurikwaves

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    ©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p24

    05/08/2015 16:16 par tellurikwaves

Vol pour Tanger sans la moindre provision de sang...

©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p23

05/08/2015 16:12 par tellurikwaves

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    ©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p23

    05/08/2015 16:12 par tellurikwaves

En route pour l'aéroport de Détroit...adieux veaux,vaches,cochons
et surtout adieux guitares et studio d'enregistrement

©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p22

05/08/2015 16:07 par tellurikwaves

  • ©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013)  p22

    ©-DR- ONLY LOVERS LEFT ALIVE de Jim Jarmusch (2013) p22

    05/08/2015 16:07 par tellurikwaves

Critique publiée par VesperLynd le 26 janvier 2015
L'immortalité est une plaie. Adam ne le sait que trop bien. Ce vampire reclus (et fan de bonne musique faut pas déconner), observe depuis des siècles la lente déliquescence du monde qui l'entoure. Artiste romantique un poil dépressif, ne subsistant que par des poches de sang achetées à un médecin peu scrupuleux, il envisage de se donner la mort. Jusqu'à ce que sa belle, Ève, ne le convainc de se retrouver comme au bon vieux temps. Cette beauté diaphane vivait ces dernières années à Tanger et s'approvisionnait auprès d'un pote vampire, qui n'est autre que le poète Christopher Marlowe himself !

Les deux amants se retrouvent, s'aiment, philosophent sur l'avenir ou l'absence de celui-ci de la race humaine. D'ailleurs nous-autres, pauvres mortels, sommes appelés "zombies" par le couple d'éternels. Mais leur idylle va être bientôt mise à mal par la curiosité grandissante des fans d'Adam (accentuée par sa volonté de rester au sens propre et figuré dans l'ombre pour ne pas être découvert). Et surtout par l'arrivée de la jeune sœur de sa bien-aimée, Ava, qui va avoir de graves conséquences sur la survie des amants maudits.

Tout d'abord, les comédiens sont tous excellents. Tom Hiddleston est sexy en diable en rocker gothique blasé, Tilda Swinton rayonne (et pas comme ces putains de suceurs de Twilight qui font mouiller la midinette Eau Précieuse !). John Hurt assure en vieux sage, Anton Yelchin sympa en bonne poire et Mia Wasikowska, l'antithèse des deux amoureux est une charmante tête à claques qui apporte un vent de fraîcheur dans l'antre d'Adam.

Esthétiquement c'est un bel objet.Les villes de Détroit et Tanger filmées de nuit, accompagnées d'une bande-son en forme d'oraison funèbre, dépeignent une ambiance crépusculaire. Le rythme est lent, volontairement contemplatif, pour ainsi installer un climat de fin du monde. Et le fond ? Objectivement une bonne partie du film on voit les amants discuter,admirer les œuvres du passé,bref il se passe pas grand chose. Certains dirons que c'est un film pour bobos.Mais philosopher n'est pas forcément signe de branlette intellectuelle.

Ces deux êtres sont les spectateurs d'un monde où l'art n'est plus qu'une valeur marchande, où le capitalisme effréné a zombifié notre civilisation soit disant éclairée.Un poil trop long pour certains, trop défenseur du "c'était mieux avant" pour d'autres, Jarmusch nous livre ici une relecture intéressante du mythe du vampire certes basée sur un scénario mince mais avec une atmosphère prenante pour peu qu'on fasse l'effort de s'immerger.