©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p7
08/07/2015 05:07 par tellurikwaves
Critique publiée par eloch le 2 septembre 2013
C'est le film d'un détachement, le film d'un apprentissage et surtout le film de l'affirmation, bien que difficile et timide, d'un être à part entière. Isabelle a beau être jeune et jolie, elle est aussi fragile et vaguement provocatrice. Pourtant, c'est sans désir, ni même dévergondage qu'elle se lance dans la prostitution, avec un sourire qui en dit long... Un sourire, non pas de satisfaction mais de mélancolie, celui d'une clarté qui lui fait posséder son corps tout autant qu'en faire prendre possession.
Qu'elle soit face à la brusquerie de certains clients où à la douceur (presque) perverse de Georges, le client plus "exceptionnel". L'amour, elle ne le connait que très furtivement, elle le vit comme une jeune fille de 17 ans et elle le perd aussi dès que survient, chaque fois l'acte sexuel où le plaisir s'invite sans que cela ne soit clairement signifié au départ.
Ce n'est pas ici le portrait d'une adolescente lambda qui découvre la transgression mais plutôt la naissance au monde d'une jeune femme. Une jeune femme que Marine Vacth illumine d'une présence inoubliable. Ce n'est pas tant sur sa beauté que s'arrête la caméra mais sur cette présence entêtante voire captivante, ce faible sourire, qui en font un souvenir fort. C'est un personnage à la fois fantomatique et extrêmement réel mais surtout c'est une incarnation par l'actrice à la fois agaçante et extrêmement touchante voire bouleversante.
Et Ozon dans tout ça ? Il est à l'image du petit frère qui observe avec ses jumelles, qui arpente le chemin du désir et de la découverte, qu'on protège mais qui entend tout... Il veut envahir tout l'espace, percer les secrets, montrer mais avec un regard encore "pudique" dans le sens où aucune image de sexe, jamais, n'est explicitement sale dans ce film.
Les scènes sont là mais toujours coupées au moment opportun, jamais totalement voyeuses, jamais totalement pures. Il n'y a alors aucune vulgarité. Et dès lors, si Ozon tout comme le petit frère veulent saisir Isabelle, c'est dans son intégralité, sa personnalité entière et sa construction présente et à venir qu'elle échappe. Il y a cette part latente de mystère qui fascine, qui ne s'accorde à aucune saisons, qui accepte l'ironie (en chansons ou en succession de plans en parfait décalage). Isabelle est comme le passage d'une saison à une autre: brusque et douce à la fois. Changeante, mouvante mais aussi cyclique et en variation constante, avec toujours dans le visage quelque chose de connu, d'apprivoisable tout autant que de variable...
Une symphonie où la morale est absente, où tout échappe aux explications, ou personne ne comprend vraiment tout en voulant juger, sauf peut-être le réalisateur, qui laisse le temps à Isabelle de grandir, de chercher et même de comprendre...D'aller au bout d'elle-même, sans n'avoir encore rien vu de la vie que d'autres seront prêt à lui livrer (peut-être même sous les traits de Charlotte Rampling).
Critique publiée par Cultural Mind le 28 janvier 2014
C’est l’archétype même du film qui met immanquablement le Landerneau médiatique sur les dents. Tout, ou presque, a été dit sur ce "Jeune & jolie" dont la matière première – une adolescente qui se prostitue délibérément – se prévaut d’une portée quasi illimitée.
Une ligne directrice qui se repaît de soufre et à même de tout emporter dans son sillage. En découle logiquement une kyrielle d’écueils – le voyeurisme, les lieux communs,la vulgarité, voire l’obscénité – propres à déstabiliser n’importe quel cinéaste.Tenant néanmoins ce pari à haut risque, François Ozon déroule posément son récit, braquant son objectif, sans jamais émettre le moindre jugement, sur cette femme en devenir qui alimente sans broncher son propre cercle vicieux.
Désamorçant avec doigté les nombreux pièges inhérents à un tel script, il met en exergue une trajectoire individuelle devenue toxique, sans jamais avoir la prétention de portraiturer une génération entière. Après les maîtrisés "Potiche" et "Dans la maison", le réalisateur français s’adonne en effet, non sans talent, à une chronique humaine à tout le moins sulfureuse, portée par une actrice exceptionnelle, la délicieuse et magnétique Marine Vacth.
Documenté, audacieux et abordé avec à-propos, "Jeune & jolie" peine toutefois à s’élever en raison d’une mise en scène lisse et de fondations par trop fragiles, manque de teneur oblige. Et si François Ozon évoque avec justesse la complexité d’une cellule familiale éprouvée, il installe surtout une sorte de cordon sanitaire fort dommageable entre des personnages aux motivations floues et son public. Il en résulte une certaine distance ayant pour effet immédiat d’émousser les émotions que dégage son œuvre.Alors, si l’expérience vaut assurément le coup d’œil, il y a fort à parier qu’elle ne laissera pas, ou si peu, de traces indélébiles.
Critique publiée par Dream le 21 août 2013 (modifiée le 21 août 2013)
Dans "Jeune & Jolie" une phrase revient régulièrement : « tu fais la pute. » Cette phrase, lorsqu'elle est prononcée, illustre toujours l'incapacité des personnages à poser le regard juste sur leur interlocutrice, Isabelle. Leur réaction emplie de dégoût est primaire, et liée davantage au « je » (eux) qu'au « tu » (elle). Ils jugent avant de comprendre, ou tout du moins d'essayer de comprendre. Ce qui met tout de suite une barrière entre eux et elle. Il s'agit généralement de la sphère parentale, mais c'est en fin de compte à la sphère sociétale toute entière que cette barrière s'étend.
Une société où les individus ne cessent de juger les autres, faisant de leur subjectivité une objectivité à laquelle personne ne peut échapper. Les spectateurs qui, de toute évidence, ont jugé hâtivement ce film, se comportent exactement de la même manière. Enlisés dans leur attitude préjugeante, dans le jaillissement du « je » qui ne laisse aucune place au « tu » (ici, François Ozon), ils semblent incapables de vouloir comprendre le personnage qu'ils ont sous les yeux, préférant la condamnation à la réflexion.
Pourtant, pas de doute possible, "Jeune & Jolie" n'est ni vide, ni vain, ni misogyne. Le film ne nous parle pas d'une pute, il nous parle d'une personne. Il n'expose pas son corps, il expose sa mélancolie. Les scènes de sexe, dont nous pouvions redouter la teneur, échappent totalement à une notion de sensualité, de sexualité, ou de plaisir complaisant de la part du cinéaste et du spectateur. Le voyeurisme suggéré par le premier plan, les jumelles étant une extension de la caméra, ne sera pas du tout le crédo du film. De voyeurisme il n'y a pas. Les scènes de sexe sont toujours très brèves, coupées étrangement, comme précipitamment. Nous n'y voyons pas une espèce de fantasme masculin, qui se réjouirait de soumettre la femme, de posséder son corps.
François Ozon n'est pas dans cette optique-là et cela se voit. Ces plans sont frigides, glaciaux, et le corps de la femme n'y est certainement pas dégusté. Ces plans, où la nudité est présente sans être vicieuse, sont en plus de ça toujours suivis de contre-points étonnants, qui tranchent tout de suite avec l'acte sexuel en le dénaturant de son essence érotique. Empêchant le spectateur de ressentir le moindre plaisir oculaire, tant la contemplation n'est pas permise par cette réalisation qui n'est pas nécessairement pudique, mais qui montre tout simplement autre chose. En somme, dans les scènes de sexe, ce n'est pas du sexe que nous voyons. C'est une intimité qui met en lumière, de manière plutôt brutale, le côté insaisissable, mélancolique, d'une adolescente.
C'est cela qui intéresse François Ozon : qui est Isabelle ? Pourquoi est-elle parfois si froide, si distante, si mystérieuse ? Pourquoi semble-t-elle si sensible et en même temps si insensible ? Le réalisateur, en pénétrant l'intimité de cette jeune femme, n'essaie pas d'assouvir un fantasme et ne s'intéresse pas à la sexualité. Il s'intéresse à ce qui se cache derrière. Il essaie, en définitive, de comprendre une femme. De façon, à mon sens, pure, généreuse, empathique. En tant que spectateur, je me suis mis dans cette position-là. Je n'ai pas pris l'air affecté de rigueur quand Isabelle se prostituait.
Je n'ai pas eu l'intention de sortir de ma salle pour que mes préjugés et mon côté faussement outré soient renforcés. Non. J'ai eu envie de chercher aux côtés de François Ozon, à mettre la main sur ce mystère qui enrobe cette silhouette fine et vulnérable, comme un secret invisible qui plane au sein de chaque plan, et qui contribue à rendre la moindre scène immersive. Nous sommes comme confinés, dans cet univers bourgeois raffiné, habité par une sorte de malaise atmosphérique, qui flotte constamment autour des personnages. Le même genre de malaise qui irriguait la maison du précédent film du cinéaste français.
Il met le doigt, aussi, comme dans son œuvre précédente, sur l'instabilité des individus. De ces individus ancrés dans le monde, respectables, distingués, qui ne sont jamais très loin de franchir la limite de ce qu'il est bon de considérer, en société, « correct ». Comme attirés sans cesse par une part de désir en eux, qui prévaut sur leur raison. De partir de ce postulat lui permet d'écrire des personnages ambigus, qui ne sont pas cadenassés, s'avérant plutôt imprévisibles. Ça passe bien souvent par des scènes à l'issue incertaine, à l'ambiance malaisante.
Qui permettent d'accentuer, encore, cette force immersive, quasi-attractive, qui se dégage du film. Dont le référent est évidemment Marine Vacth, qui attire l'œil de la caméra non pas pour sa beauté mais pour sa dimension mystérieuse. Son visage s'ancre en nous, il sort de l'écran pour jaillir dans nos esprits et y rester. En sortant on se souvient d'un regard fuyant, d'une mèche de cheveux, d'une bouche hésitante. Sans désir, sans plaisir, mais la tête pleine de questions.
On en revient au « qui est Isabelle ? ». Une jeune femme qui détonne avec son environnement social. Perdue, embrumée, dans le temps comme dans l'espace (les chansons de Françoise Hardy le mettent en évidence, dont un contre-point sublime (Hardy / M83)). C'est pour cela que je ne comprends pas ceux qui sortent de ce film en contestant un soi-disant propos du cinéaste qui s'apparenterait à un infâme « toutes des putes ». Je n'ai pas regardé Isabelle comme une « toutes ». Elle est singulière, exceptionnelle, elle existe en tant que personnage unique et non pas en tant que généralité.
C'est d'ailleurs cette singularité qui fait la force du film. Ne pas l'avoir vu, ne pas l'accepter, c'est n'avoir rien compris à ce que François Ozon nous montre. Pour ma part j'y ai vu une adolescente indépendante affectivement, incapable d'aimer, qui vend son corps pour, d'une manière ou d'une autre, ne pas se sentir crouler sous le poids du détachement auquel elle semble condamnée. C'est d'ailleurs dès lors qu'elle est aimée qu'elle décide de retomber dans la prostitution. Parce qu'elle a peur de cette insensibilité et ne parvient, visiblement, à l'oublier que lorsqu'elle entretient ces rapports jugés indécents. Son plaisir n'est pas d'ordre physique, il est d'ordre émotionnel.
Pas d'explication balourde sur l'absence du père et la recherche d'amour paternel. Pas non plus de morale sur ce qui est bien ou ce qui ne l'est pas. Juste un regard sur une adolescente mélancolique, insensible et incapable de s'intégrer dans le « nous » (la société) ou dans l'instant présent (la modernité). Une adolescente dont il y a tant à dire, tant à creuser, mais dont les gens ne trouveront qu'à dire que c'est une pute. Pensant, comble de l'ironie, que c'est le film qui est misogyne. Je ne sais pas trop jusqu'où "Jeune & Jolie" est puissant, profond, pertinent ; ce que je sais, c'est que je ne me suis jamais senti aussi proche d'un personnage.
Critique publiée par Evy Nadler le 13 juillet 2014
Une jeune fille se cherche au milieu d'une famille recomposée. Une adolescente vierge, refermée sur elle-même et terriblement jolie. Lors de ses vacances, elle va faire la rencontre d'un allemand qui va bouleverser sa vie ; le déclic d'une entrée à l'âge adulte un peu trop brutale.Plus qu'un film sur la prostitution, c'est la découverte de son esprit et la main mise que l'on peut avoir sur son destin. Elle découvre son corps petit à petit certes, mais cette fameuse nuit sur la plage où elle va perdre sa virginité est le début d'une errance dans ce nouveau monde qu'elle ne connait pas.
Entre humiliations et échanges sincères, la route qu'elle décide elle-même de se créer est jalonnée d'obstacles. On dit dans le film qu'elle mène une double vie, je pense plutôt qu'elle saute de vie en vie au gré des personnages qu'elle a autour d'elle. Sans complexe vis à vis de son frère, provocant avec son beau-père ou tendu avec sa mère, son rapport aux autres change perpétuellement. On apprend à la connaître comme elle apprend à se connaître.
L'interprétation de Marine Vacth dans ce film est très juste et pertinente. Elle aborde le virage de son personnage dans la prostitution avec une naïveté froide qui n'interpelle pas. Ce jeu authentique permet de rentrer avec moins de difficulté dans cette histoire qui pourtant s'écrase sur certains clichés parfois. Tous les acteurs sont plus ou moins bons. Je retiens une Charlotte Rampling énigmatique, aussi, chouchoute de Ozon qui apparaît comme le fantôme d'un passé dont l'héroïne, Isabelle, n'arrivera jamais à se défaire.
J'aimerais aussi aborder la réalisation de François Ozon qui sait filmer les femmes comme personne. Ainsi peut-on découvrir une Marine Vacth sous toutes les coutures, de son corps nu jusqu'aux moindres traits de son visage. La caméra se pose sur elle, toujours fragile, et laisse ainsi l'actrice montrer l'étendue de la mélancolie passive de son personnage - d'ailleurs très bien instrumentalisée par les diverses musiques du film. Un cadrage sur les yeux quand elle se remémore son client préféré, l'entrée puis la sortie du métro comme un rite de passage dans un univers qu'elle assume.
Rien n'est laissé au hasard et cette réalisation, simple et épurée, sert complètement Jeune & Jolie qui aurait pu prendre un tournant plus dramatique.Une année avec cette adolescente qui se déshabille, à sa manière, face à une existence qu'elle se plaît à découvrir à sa façon. Subtil et beau, ce film ne me déçoit pas et je le recommande.
SENS CRITIQUE
*
Critique publiée par Sergent Pepper le 2 février 2014
Après l’été de ses dix-sept ans où Isabelle perd sa virginité sans passion, considérant que « C’est fait », l’automne débouche directement sur une passe. Pas de transition,pas d’explication, pas de pente glissante : tel est, comme souvent, l’univers d’Ozon. A nous de composer avec cette rupture brutale, cette initiation tarifée à la sexualité et au monde des adultes.Jeune et jolie n’est pas vraiment l’histoire d’un secret : celui-ci sera éventé à la moitié du film ; c’est davantage l’histoire d’une confrontation au mystère : d’une jeune fille,d’une attitude, d’un milieu, peut-être. La cellule d’origine, celle de la famille qu’a si souvent explorée le cinéaste, est ainsi un noyau de cachotterie : masturbation, possible adultère… Derrière chaque porte, l’intimité se libère, dans les soupirs et sous les couvertures, la plupart du temps vue par un autre, à la fois complice et de trop.
Pas de manichéisme, donc, mais un principe somme toute très simple : une petite bombe dans une petite famille. Pas de circonstances atténuantes, pas de mobile, pas d’explication de l’intéressée. Et l’entourage de se déliter à son contact, s’écharpant à cette beauté aussi glaciale que sensuelle, qu’on pourrait qualifier de vicieuse, comme le tente la mère, mais qui semble surtout tenter de définir sa place.De la famille, il ne restera pas grand-chose. Isabelle ne la comprend plus vraiment : elle confond la fille d’un de ses clients avec une autre escort, et pense devoir se déshabiller devant sa veuve. Tout cela, à l’image de l’amour, est bien opaque à ses yeux : comment ne pas comprendre qu’elle soit elle-même incomprise des autres ?Et si Isabelle jouait ? C’est une des hypothèses proposées par le film : elle se déguise, se vieillit, business woman dans les grands hôtels, où personne n’est dupe.
Lorsqu’elle donne son nom à un de ses clients, celui-ci lui répond « Très bon choix ». Cette clarté du contrat, par le biais de l’argent, permet subitement une lisibilité peut-être rassurante. Le traitement à proprement parler de la relation sexuelle est en cela assez trouble : Isabelle fait le job, apparemment bien. La seule véritable humiliation qu’elle subit n’est pas physique : le client qui exige d’elle qu’elle soit naturelle la considère comme un objet, qu’il ne touchera pas, et la sous paiera en la menaçant de prévenir ses parents. En conséquence de quoi Isabelle augmente ses tarifs pour les suivants. Rapidement esquissée, la vacuité d’une génération connectée réussit là où Springbreakers et The Bling Ring échouaient : oui, tout se banalise, oui, l’adulte est démuni : mais subsiste ici ce mystère impalpable qui n’est pas assimilable à une génération ou une époque, mais bien à l’opacité humaine – et qui plus est, ici, féminine.
La façon dont Isabelle traverse la fête des jeunes de son âge est en cela symptomatique : statue sublime, marmoréenne, elle croise sa génération se vautrant dans la coke, la gerbe et le triolisme. Elle, forte de son histoire, marquée (quand certains diront souillée), est déjà quelqu’un, un être attachant bien qu’inaccessible, là où se déploie autour d’elle une paresseuse hystérie collective. Est-il nécessaire, à ce stade de la critique, de préciser que la comédienne Marina Vacth est époustouflante ?Le jeu n’est bien entendu que celui du pouvoir. De l’argent, elle ne fait rien. L’intérêt est dans la transaction. Mais quand celles-ci s’achèvent, l’argent est ce qui en reste : elle y tient.
D’où l’intelligence du psy à accepter qu’elle paie ses séances avec celui-ci.La deuxième partie du film consistera donc en une tentative de retour à une vie « normale » et au plaquage d’un discours rationnel sur ses actes incompréhensibles.L’intelligence du récit sera, d’une part de ne pas proposer de véritable explication, mais surtout de faire de cet indicible un nouveau vecteur de pouvoir chez Isabelle : face à sa mère, à son beau-père, au psy et dans une autre mesure à un petit ami conventionnel. Je vous échappe, ne cesse-t-elle de clamer silencieusement, mais avec sincérité, parce qu’elle ne peut elle-même tout appauvrir par les mots.
Si les tentatives de placer Rimbaud et Laclos peuvent être considérées comme maladroites (comme les chansons de Françoise Hardy, un peu trop explicites), c’est bien l’opacité qui demeure.L’échange final et l’intervention de thanatos dans cet éros clivé est donc d’autant plus riche et ambigu. Loin d’être un châtiment tragique, il permet l’irruption du sentiment : l’initiation véritable d’Isabelle semble être celle du deuil, permettant un retour à la jeunesse qui est la sienne, et qui lui tend ses bras fragiles, au réveil, vers un nouveau cycle des saisons.
Durant l'été, alors qu'elle est en vacances au bord de la mer, Isabelle fête ses dix-sept ans en famille, en présence aussi de la famille de Peter, un proche de ses parents, dont on apprendra plus tard qu'il est l'amant de sa mère. Elle perd sa virginité avec un jeune Allemand, Félix. Pendant cet acte qu'elle subit très passivement, elle voit son double regarder la scène de façon impassible. Par la suite, elle se montre très froide avec Félix et ne le recontacte pas. À son retour à Paris, où elle retrouve le chemin du lycée, elle se livre volontairement et secrètement à la prostitution sous le pseudonyme de Lea, après qu'un homme l'a contactée à la sortie des cours et lui a donné son numéro de téléphone. Elle enchaîne les clients, plus ou moins agréables. Parmi eux se distingue Georges, homme plus âgé qui est très attentionné....
Fiche technique
| Sortie | 19 août 2013 |
|---|---|
| Durée | 48:00 |
| Genre | Musique de film |
| Format | CD |
| Compositeur | Philippe Rombi |
| Label | Cristal Records |
Albums de Philippe Rombi
Le titre du film fait référence au magazine français Jeune et Jolie, destiné aux jeunes filles entre 15 et 24 ans à partir de la fin des années 1980[1].
Selon Var-Matin, François Ozon et son équipe ont commencé le tournage enjuin 2012 au Pradet dans le Var jusqu'en août 2012 à Paris[2]. Quant aux scènes du lycée et de ses alentours elles ont été tournées à Paris au lycée Henri-IV dans le 5e arrondissement, en plein Quartier latin[3] où le réalisateur a été élève[4].
Ozon collabore à nouveau avec le compositeur Philippe Rombi pour la musique du film. De plus, il ajoute à la bande son quatre chansons de Françoise Hardy : L'amour d'un garçon (1963), A quoi ça sert (1968), Première rencontre (1973) et Je suis moi (1974) dans les quatre saisons du film pour mieux « synchroniser sa vision romantique avec celle, plus crue, d'une ado d'aujourd'hui »[5]. C'est la troisième fois qu'il utilise ce principe après ses films Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et Huit femmes.
Après avoir été présenté au festival de Cannes en Compétition officielle en mai 2013 et au Festival Paris Cinéma en juin 2013 , Jeune & Jolie est sorti le 21 août 2013
.
L'histoire se déroule en quatre chapitres, correspondant aux quatre saisons et à quatre chansons de Françoise Hardy.
Les raisons d'Isabelle de se lancer dans la prostitution ne sont pas claires, pour ne pas dire inconnues. La jeune fille ne manque pas d'argent : sa mère gagne bien sa vie et la gâte. On apprend au milieu du film, lorsqu'Isabelle se rend chez son psy, que son père lui donne 500 euros à chaque Noël et anniversaire. Ce n'est donc pas l'argent qui la pousse à se prostituer, même si elle réclame entre 300 et 500 euros à chaque passe. On peut se demander si c'est le plaisir car à chaque acte sexuel elle reste passive et assez indifférente. Elle subit d'ailleurs le mépris voire la méchanceté de certains clients.
La seule raison qui paraît valable et qui est sous-entendue est le goût du risque et du danger, peut-être aussi la volonté de faire de nouvelles expériences, interdites et réprouvées par la société. Pour autant, Isabelle, si elle est parfois provocatrice (elle tente par exemple de séduire son beau-père), ne pousse pas la provocation jusqu'au bout : elle ne raconte rien de sa double vie à personne, ni à son amie ni à son frère cadet dont elle est très proche et avec qui elle n'a pas hésité à narrer son dépucelage. À la mort de Georges, elle ne recommence d'ailleurs pas. C'est cette mort qui lui fait finalement prendre compte des dangers de son activité.
Au jour de sa sortie nationale, le film se place immédiatement à la première place avec 1 788 entrées à Paris, devant Kick-Ass 2 de Jeff Wadlow (1078 entrées) et Conjuring : Les Dossiers Warren (The Conjuring) de James Wan (744 entrées)[6].
Distinctions (suite et fin)
International Online Film Critics' Poll 2015
| Nominated IOFCP Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Best Cinematography Phedon Papamichael |
| Nominated IFC Award |
Best Picture |
| Best Actor Bruce Dern |
|
| Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated IOMA |
Best Original Screenplay (Miglior sceneggiatura originale) Bob Nelson |
| 3rd place Key Art Award |
A/V Theatrical: Trailers Dylan O'Neil (trailer editor) Scott Mitsui (trailer producer) Paramount Pictures Mark Woolen & Associates |
| Nominated Sierra Award |
Best Picture |
| Nominated Outstanding Achievement Award |
Outstanding Achievement by a Location Professional Feature Film John Latenser V |
| Nominated ALFS Award |
Film of the Year |
| Actor of the Year Bruce Dern |
|
| Supporting Actress of the Year June Squibb |
| Won LAFCA Award |
Best Actor Bruce Dern |
| 2nd place LAFCA Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Won NBR Award |
Best Actor Bruce Dern |
| Best Supporting Actor Will Forte |
|
| Top Ten Films |
| 3rd place NSFC Award |
Best Cinematography Phedon Papamichael |
| 3rd place NYFCC Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Best Cinematographer Phedon Papamichael |
| Won NYFCO Award |
Top Films of the Year |
| Nominated Grand Marnier Fellowship Award |
Best Film Alexander Payne |
| Nominated NCFCA Award |
Best Director Alexander Payne |
| Best Actor Bruce Dern |
|
| Best Supporting Actress June Squibb |
|
| Best Original Screenplay Bob Nelson |
| Nominated OFTA Film Award |
Best Picture Albert Berger Ron Yerxa |
| Best Actor Bruce Dern |
|
| Best Supporting Actor Will Forte |
|
| Best Supporting Actress June Squibb |
|
| Best Breakthrough Performance - Male Will Forte |
|
| Best Breakthrough Performance - Female June Squibb |
|
| Best Ensemble | |
| Best Casting John Jackson |
|
| Best Director Alexander Payne |
|
| Best Writing, Screenplay Written Directly for the Screen Bob Nelson |
|
| Best Music, Original Score Mark Orton |
|
| Best Movie Poster |
| Nominated PGA Award |
Outstanding Producer of Theatrical Motion Pictures Albert Berger Ron Yerxa |
| Won PFCS Award |
Best Screenplay - Original Bob Nelson |
| Nominated PFCS Award |
Best Picture |
| Best Director Alexander Payne |
|
| Best Actor in a Leading Role Bruce Dern |
|
| Best Actress in a Supporting Role June Squibb |
|
| Best Cinematography Phedon Papamichael |
|
| Breakthrough Performance on Camera June Squibb |
| Won Audience Award |
Alexander Payne |
| Nominated SFFCC Award |
Best Picture |
| Best Actor Bruce Dern |
|
| Best Supporting Actor Will Forte |
|
| Best Supporting Actress June Squibb |
|
| Best Screenplay, Original Bob Nelson |
|
| Best Cinematography Phedon Papamichael |
| Won Virtuoso Award |
June Squibb |
| Won Satellite Award |
Best Actress in a Supporting Role June Squibb |
| Won Special Achievement Award |
Best Ensemble, Motion Picture |
| Nominated Satellite Award |
Best Actor in a Motion Picture Bruce Dern |
| Nominated SEFCA Award |
Best Picture |
| 2nd place SLFCA Award |
Best Supporting Actor Will Forte |
| Best Supporting Actress June Squibb |
|
| Best Music Mark Orton Tied with Steven Price for Gravity (2013).
|
|
| Nominated SLFCA Award |
Best Film |
| Best Director Alexander Payne |
|
| Best Actor Bruce Dern |
|
| Best Original Screenplay Bob Nelson |
|
| Best Cinematography Phedon Papamichael |
|
| Best Film - Comedy |
| Won FIPRESCI Prize |
Alexander Payne |
| Nominated Best North American Independent Film |
Alexander Payne |
| 3rd place TFCA Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated VFCC Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated VVFP Award |
Best Actor Bruce Dern |
| Best Supporting Actress June Squibb |
|
| Best Movie Everyone is Wrong About | |
| Best Supporting Actor Will Forte |
| Nominated WAFCA Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Won WFCC Award |
Hall of Shame For The Butler , August: Osage County , Blue Jasmine , Only God Forgives and Carrie "Why is it that when actresses and even screen goddesses hit a certain age, they're all cast as ... More "Why is it that when actresses and even screen goddesses hit a certain age, they're all cast as nags, loons and shrews. No matter how accomplished any of these films may be, the tally of older actress shrewish nags on board is really high this year, as usual. Including Oprah Winfrey in The Butler, Meryl Streep and Julia Roberts in August: Osage County, Cate Blanchett and Sally Hawkins in Blue Jasmine, June Squibb in Nebraska, Kristin Scott Thomas in Only God Forgives, and Julianne Moore in Carrie. Refreshing exceptions being Judi Dench in Philomena, Yolonda Ross in Go For Sisters, and Mary Steenburgen in Last Vegas." |
| Nominated WGA Award (Screen) |
Best Original Screenplay Bob Nelson (written by) |
Distinctions & Récompenses (1)
| Nominated Oscar |
Best Motion Picture of the Year Albert Berger Ron Yerxa |
| Best Performance by an Actor in a Leading Role Bruce Dern |
|
| Best Performance by an Actress in a Supporting Role June Squibb |
|
| Best Achievement in Cinematography Phedon Papamichael |
|
| Best Achievement in Directing Alexander Payne |
|
| Best Writing, Original Screenplay Bob Nelson |
| Nominated Golden Globe |
Best Motion Picture - Comedy or Musical |
| Best Performance by an Actor in a Motion Picture - Comedy or Musical Bruce Dern |
|
| Best Performance by an Actress in a Supporting Role in a Motion Picture June Squibb |
|
| Best Director - Motion Picture Alexander Payne |
|
| Best Screenplay - Motion Picture Bob Nelson |
| Nominated BAFTA Film Award |
Best Original Screenplay Bob Nelson |
| Best Leading Actor Bruce Dern |
|
| Best Cinematography Phedon Papamichael |
| Nominated Actor |
Outstanding Performance by a Male Actor in a Leading Role Bruce Dern |
| Outstanding Performance by a Female Actor in a Supporting Role June Squibb |
| Won AFI Award |
Movie of the Year Albert Berger Ron Yerxa NEBRASKA paints a stark portrait of Midwestern America - a Rockwell drained of both color and ... More NEBRASKA paints a stark portrait of Midwestern America - a Rockwell drained of both color and nostalgia, but nonetheless infused with astounding depth and sentiment. Shadows cast with austere beauty by director Alexander Payne reveal innumerable shades of gray in the film's characters - evoking empathy, if not sympathy, for an embittered family on an unlikely pilgrimage. Bruce Dern's million-dollar performance as wayward patriarch Woody Grant creates a quietly stirring and darkly comic study on aging, and Will Forte shines as the son who helps Woody look to the future as the long, open road of memory disappears in the rear-view mirror. |
| Nominated EDA Award |
Best Picture Albert Berger Ron Yerxa |
| Best Director Alexander Payne |
|
| Best Actor Bruce Dern |
|
| Best Supporting Actor Will Forte |
|
| Best Writing, Original Screenplay Bob Nelson |
|
| Best Ensemble Cast | |
| Best Cinematography Phedon Papamichael |
|
| Best Film Music or Score Mark Orton |
|
| Nominated EDA Special Mention Award |
Unforgettable Moment "That's not my air compressor."
|
| Nominated Amanda |
Best Foreign Feature Film (Årets utenlandske kinofilm) Alexander Payne (director) |
| Nominated Eddie |
Best Edited Feature Film - Comedy or Musical Kevin Tent |
| Nominated American Comedy Award |
Funniest Motion Picture |
| Best Comedy Actor - Film Bruce Dern |
|
| Best Comedy Supporting Actor - Film Will Forte |
|
| Best Comedy Supporting Actress - Film June Squibb |
|
| Best Comedy Director - Film Alexander Payne |
|
| Best Comedy Screenplay Bob Nelson |
| Nominated ASC Award |
Outstanding Achievement in Cinematography in Feature Film Phedon Papamichael |
| Nominated Silver Condor |
Best Foreign Film, Not in the Spanish Language (Mejor Película Extranjera) Alexander Payne USA.
|
| Won Honorable Mentions (The Next Ten Best Picture Contenders) |
Honorable Mentions |
| Nominated ACCA |
Best Actress in a Supporting Role June Squibb |
| Won BFCC Award |
Top Ten Films 9th
|
| Nominated Bodil |
Best American Film (Bedste amerikanske film) Alexander Payne |
| Won BSFC Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Best Ensemble Cast | |
| 2nd place BSFC Award |
Best Use of Music in a Film |
| Won Best Cinematography Award |
Best Cinematography in a Feature Film Phedon Papamichael (Cinematographer) Paramount Pictures |
| Nominated Critics Choice Award |
Best Picture |
| Best Actor Bruce Dern |
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| Best Supporting Actress June Squibb |
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| Best Acting Ensemble | |
| Best Original Screenplay Bob Nelson |
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| Best Cinematography Phedon Papamichael |
| Nominated Golden Frog |
Main Competition Phedon Papamichael |
| Won Best Actor |
Bruce Dern |
| Nominated Palme d'Or |
Alexander Payne |
| Nominated COFCA Award |
Best Director Alexander Payne |
| Best Supporting Actress June Squibb |
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| Best Screenplay, Original Bob Nelson |
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| Best Score Mark Orton |
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| Best Ensemble | |
| Best Picture |
| Nominated CFCA Award |
Best Actor Bruce Dern |
| Best Supporting Actress June Squibb |
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| Best Original Screenplay Bob Nelson |
| Nominated Audience Choice Award |
Alexander Payne |
| Won Chlotrudis Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated Chlotrudis Award |
Best Cinematography Phedon Papamichael |
| Nominated Cinema Bloggers Award |
Best Actor - International Competition Bruce Dern |
| Best Supporting Actress - International Competition June Squibb |
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| Best Cinematography - International Competition Phedon Papamichael |
| Won CEC Award |
Best Foreign Film (Mejor Película Extranjera) Alexander Payne |
| Nominated CDG Award |
Excellence in Contemporary Film Wendy Chuck |
| Nominated CCOP |
Best Supporting Acor (Melhor Actor Secundário) Will Forte |
| Best Supporting Actress (Melhor Atriz Secundária) June Squibb |
| 2nd place DFWFCA Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Best Screenplay Bob Nelson Tied with Spike Jonze for Her (2013).
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| 3rd place DFWFCA Award |
Best Picture |
| Best Actor Bruce Dern |
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| Best Director Alexander Payne |
| Nominated DFCS Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated DFCS Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Won DFCC |
Best Actor Bruce Dern |
| 3rd place DFCC |
Best Screenplay Bob Nelson |
| Nominated GFCA Award |
Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated Don LaFontaine Award for Best Voice Over |
Paramount Pictures Mark Woolen & Associates For the first theatrical trailer.
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| Won Guardian Film Award |
Best Supporting Actor June Squibb |
| Nominated Guardian Film Award |
Best Actor Bruce Dern |
| Best Director Alexander Payne |
| Nominated Art Cinema Award |
Alexander Payne |
| Nominated HFCS Award |
Best Picture |
| Best Director Alexander Payne |
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| Best Actor Bruce Dern |
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| Best Supporting Actress June Squibb |
| Nominated Humanitas Prize |
Feature Film Category Bob Nelson (writer) |
| Nominated IGN Award |
Best Comedy Movie |
| Won Independent Spirit Award |
Best First Screenplay Bob Nelson |
| Nominated Independent Spirit Award |
Best Feature Albert Berger Ron Yerxa |
| Best Director Alexander Payne |
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| Best Male Lead Bruce Dern |
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| Best Supporting Female June Squibb |
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| Best Supporting Male Will Forte |
| 2nd place IFJA Award |
Trivia