©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p7

08/07/2015 05:07 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)  p7

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p7

    08/07/2015 05:07 par tellurikwaves

Critique publiée par eloch le 2 septembre 2013
C'est le film d'un détachement, le film d'un apprentissage et surtout le film de l'affirmation, bien que difficile et timide, d'un être à part entière. Isabelle a beau être jeune et jolie, elle est aussi fragile et vaguement provocatrice. Pourtant, c'est sans désir, ni même dévergondage qu'elle se lance dans la prostitution, avec un sourire qui en dit long... Un sourire, non pas de satisfaction mais de mélancolie, celui d'une clarté qui lui fait posséder son corps tout autant qu'en faire prendre possession.

Qu'elle soit face à la brusquerie de certains clients où à la douceur (presque) perverse de Georges, le client plus "exceptionnel". L'amour, elle ne le connait que très furtivement, elle le vit comme une jeune fille de 17 ans et elle le perd aussi dès que survient, chaque fois l'acte sexuel où le plaisir s'invite sans que cela ne soit clairement signifié au départ.

Ce n'est pas ici le portrait d'une adolescente lambda qui découvre la transgression mais plutôt la naissance au monde d'une jeune femme. Une jeune femme que Marine Vacth illumine d'une présence inoubliable. Ce n'est pas tant sur sa beauté que s'arrête la caméra mais sur cette présence entêtante voire captivante, ce faible sourire, qui en font un souvenir fort. C'est un personnage à la fois fantomatique et extrêmement réel mais surtout c'est une incarnation par l'actrice à la fois agaçante et extrêmement touchante voire bouleversante.

Et Ozon dans tout ça ? Il est à l'image du petit frère qui observe avec ses jumelles, qui arpente le chemin du désir et de la découverte, qu'on protège mais qui entend tout... Il veut envahir tout l'espace, percer les secrets, montrer mais avec un regard encore "pudique" dans le sens où aucune image de sexe, jamais, n'est explicitement sale dans ce film.

Les scènes sont là mais toujours coupées au moment opportun, jamais totalement voyeuses, jamais totalement pures. Il n'y a alors aucune vulgarité. Et dès lors, si Ozon tout comme le petit frère veulent saisir Isabelle, c'est dans son intégralité, sa personnalité entière et sa construction présente et à venir qu'elle échappe. Il y a cette part latente de mystère qui fascine, qui ne s'accorde à aucune saisons, qui accepte l'ironie (en chansons ou en succession de plans en parfait décalage). Isabelle est comme le passage d'une saison à une autre: brusque et douce à la fois. Changeante, mouvante mais aussi cyclique et en variation constante, avec toujours dans le visage quelque chose de connu, d'apprivoisable tout autant que de variable...

Une symphonie où la morale est absente, où tout échappe aux explications, ou personne ne comprend vraiment tout en voulant juger, sauf peut-être le réalisateur, qui laisse le temps à Isabelle de grandir, de chercher et même de comprendre...D'aller au bout d'elle-même, sans n'avoir encore rien vu de la vie que d'autres seront prêt à lui livrer (peut-être même sous les traits de Charlotte Rampling).

©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p6

07/07/2015 12:08 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)  p6

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p6

    07/07/2015 12:08 par tellurikwaves

Critique publiée par Cultural Mind le 28 janvier 2014
C’est l’archétype même du film qui met immanquablement le Landerneau médiatique sur les dents. Tout, ou presque, a été dit sur ce "Jeune & jolie" dont la matière première – une adolescente qui se prostitue délibérément – se prévaut d’une portée quasi illimitée.

Une ligne directrice qui se repaît de soufre et à même de tout emporter dans son sillage. En découle logiquement une kyrielle d’écueils – le voyeurisme, les lieux communs,la vulgarité, voire l’obscénité – propres à déstabiliser n’importe quel cinéaste.Tenant néanmoins ce pari à haut risque, François Ozon déroule posément son récit, braquant son objectif, sans jamais émettre le moindre jugement, sur cette femme en devenir qui alimente sans broncher son propre cercle vicieux.

Désamorçant avec doigté les nombreux pièges inhérents à un tel script, il met en exergue une trajectoire individuelle devenue toxique, sans jamais avoir la prétention de portraiturer une génération entière. Après les maîtrisés "Potiche" et "Dans la maison", le réalisateur français s’adonne en effet, non sans talent, à une chronique humaine à tout le moins sulfureuse, portée par une actrice exceptionnelle, la délicieuse et magnétique Marine Vacth.

Documenté, audacieux et abordé avec à-propos, "Jeune & jolie" peine toutefois à s’élever en raison d’une mise en scène lisse et de fondations par trop fragiles, manque de teneur oblige. Et si François Ozon évoque avec justesse la complexité d’une cellule familiale éprouvée, il installe surtout une sorte de cordon sanitaire fort dommageable entre des personnages aux motivations floues et son public. Il en résulte une certaine distance ayant pour effet immédiat d’émousser les émotions que dégage son œuvre.Alors, si l’expérience vaut assurément le coup d’œil, il y a fort à parier qu’elle ne laissera pas, ou si peu, de traces indélébiles.

©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p5

07/07/2015 12:06 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)  p5

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p5

    07/07/2015 12:06 par tellurikwaves

©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p4

07/07/2015 07:02 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)  p4

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p4

    07/07/2015 07:02 par tellurikwaves

Critique publiée par Dream le 21 août 2013 (modifiée le 21 août 2013)
Dans "Jeune & Jolie" une phrase revient régulièrement : « tu fais la pute. » Cette phrase, lorsqu'elle est prononcée, illustre toujours l'incapacité des personnages à poser le regard juste sur leur interlocutrice, Isabelle. Leur réaction emplie de dégoût est primaire, et liée davantage au « je » (eux) qu'au « tu » (elle). Ils jugent avant de comprendre, ou tout du moins d'essayer de comprendre. Ce qui met tout de suite une barrière entre eux et elle. Il s'agit généralement de la sphère parentale, mais c'est en fin de compte à la sphère sociétale toute entière que cette barrière s'étend.

Une société où les individus ne cessent de juger les autres, faisant de leur subjectivité une objectivité à laquelle personne ne peut échapper. Les spectateurs qui, de toute évidence, ont jugé hâtivement ce film, se comportent exactement de la même manière. Enlisés dans leur attitude préjugeante, dans le jaillissement du « je » qui ne laisse aucune place au « tu » (ici, François Ozon), ils semblent incapables de vouloir comprendre le personnage qu'ils ont sous les yeux, préférant la condamnation à la réflexion.

Pourtant, pas de doute possible, "Jeune & Jolie" n'est ni vide, ni vain, ni misogyne. Le film ne nous parle pas d'une pute, il nous parle d'une personne. Il n'expose pas son corps, il expose sa mélancolie. Les scènes de sexe, dont nous pouvions redouter la teneur, échappent totalement à une notion de sensualité, de sexualité, ou de plaisir complaisant de la part du cinéaste et du spectateur. Le voyeurisme suggéré par le premier plan, les jumelles étant une extension de la caméra, ne sera pas du tout le crédo du film. De voyeurisme il n'y a pas. Les scènes de sexe sont toujours très brèves, coupées étrangement, comme précipitamment. Nous n'y voyons pas une espèce de fantasme masculin, qui se réjouirait de soumettre la femme, de posséder son corps.

François Ozon n'est pas dans cette optique-là et cela se voit. Ces plans sont frigides, glaciaux, et le corps de la femme n'y est certainement pas dégusté. Ces plans, où la nudité est présente sans être vicieuse, sont en plus de ça toujours suivis de contre-points étonnants, qui tranchent tout de suite avec l'acte sexuel en le dénaturant de son essence érotique. Empêchant le spectateur de ressentir le moindre plaisir oculaire, tant la contemplation n'est pas permise par cette réalisation qui n'est pas nécessairement pudique, mais qui montre tout simplement autre chose. En somme, dans les scènes de sexe, ce n'est pas du sexe que nous voyons. C'est une intimité qui met en lumière, de manière plutôt brutale, le côté insaisissable, mélancolique, d'une adolescente.

C'est cela qui intéresse François Ozon : qui est Isabelle ? Pourquoi est-elle parfois si froide, si distante, si mystérieuse ? Pourquoi semble-t-elle si sensible et en même temps si insensible ? Le réalisateur, en pénétrant l'intimité de cette jeune femme, n'essaie pas d'assouvir un fantasme et ne s'intéresse pas à la sexualité. Il s'intéresse à ce qui se cache derrière. Il essaie, en définitive, de comprendre une femme. De façon, à mon sens, pure, généreuse, empathique. En tant que spectateur, je me suis mis dans cette position-là. Je n'ai pas pris l'air affecté de rigueur quand Isabelle se prostituait.

Je n'ai pas eu l'intention de sortir de ma salle pour que mes préjugés et mon côté faussement outré soient renforcés. Non. J'ai eu envie de chercher aux côtés de François Ozon, à mettre la main sur ce mystère qui enrobe cette silhouette fine et vulnérable, comme un secret invisible qui plane au sein de chaque plan, et qui contribue à rendre la moindre scène immersive. Nous sommes comme confinés, dans cet univers bourgeois raffiné, habité par une sorte de malaise atmosphérique, qui flotte constamment autour des personnages. Le même genre de malaise qui irriguait la maison du précédent film du cinéaste français.

Il met le doigt, aussi, comme dans son œuvre précédente, sur l'instabilité des individus. De ces individus ancrés dans le monde, respectables, distingués, qui ne sont jamais très loin de franchir la limite de ce qu'il est bon de considérer, en société, « correct ». Comme attirés sans cesse par une part de désir en eux, qui prévaut sur leur raison. De partir de ce postulat lui permet d'écrire des personnages ambigus, qui ne sont pas cadenassés, s'avérant plutôt imprévisibles. Ça passe bien souvent par des scènes à l'issue incertaine, à l'ambiance malaisante.

Qui permettent d'accentuer, encore, cette force immersive, quasi-attractive, qui se dégage du film. Dont le référent est évidemment Marine Vacth, qui attire l'œil de la caméra non pas pour sa beauté mais pour sa dimension mystérieuse. Son visage s'ancre en nous, il sort de l'écran pour jaillir dans nos esprits et y rester. En sortant on se souvient d'un regard fuyant, d'une mèche de cheveux, d'une bouche hésitante. Sans désir, sans plaisir, mais la tête pleine de questions.

On en revient au « qui est Isabelle ? ». Une jeune femme qui détonne avec son environnement social. Perdue, embrumée, dans le temps comme dans l'espace (les chansons de Françoise Hardy le mettent en évidence, dont un contre-point sublime (Hardy / M83)). C'est pour cela que je ne comprends pas ceux qui sortent de ce film en contestant un soi-disant propos du cinéaste qui s'apparenterait à un infâme « toutes des putes ». Je n'ai pas regardé Isabelle comme une « toutes ». Elle est singulière, exceptionnelle, elle existe en tant que personnage unique et non pas en tant que généralité.

C'est d'ailleurs cette singularité qui fait la force du film. Ne pas l'avoir vu, ne pas l'accepter, c'est n'avoir rien compris à ce que François Ozon nous montre. Pour ma part j'y ai vu une adolescente indépendante affectivement, incapable d'aimer, qui vend son corps pour, d'une manière ou d'une autre, ne pas se sentir crouler sous le poids du détachement auquel elle semble condamnée. C'est d'ailleurs dès lors qu'elle est aimée qu'elle décide de retomber dans la prostitution. Parce qu'elle a peur de cette insensibilité et ne parvient, visiblement, à l'oublier que lorsqu'elle entretient ces rapports jugés indécents. Son plaisir n'est pas d'ordre physique, il est d'ordre émotionnel.

Pas d'explication balourde sur l'absence du père et la recherche d'amour paternel. Pas non plus de morale sur ce qui est bien ou ce qui ne l'est pas. Juste un regard sur une adolescente mélancolique, insensible et incapable de s'intégrer dans le « nous » (la société) ou dans l'instant présent (la modernité). Une adolescente dont il y a tant à dire, tant à creuser, mais dont les gens ne trouveront qu'à dire que c'est une pute. Pensant, comble de l'ironie, que c'est le film qui est misogyne. Je ne sais pas trop jusqu'où "Jeune & Jolie" est puissant, profond, pertinent ; ce que je sais, c'est que je ne me suis jamais senti aussi proche d'un personnage.

©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p3

06/07/2015 17:59 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)  p3

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p3

    06/07/2015 17:59 par tellurikwaves

Critique publiée par Evy Nadler le 13 juillet 2014
Une jeune fille se cherche au milieu d'une famille recomposée. Une adolescente vierge, refermée sur elle-même et terriblement jolie. Lors de ses vacances, elle va faire la rencontre d'un allemand qui va bouleverser sa vie ; le déclic d'une entrée à l'âge adulte un peu trop brutale.Plus qu'un film sur la prostitution, c'est la découverte de son esprit et la main mise que l'on peut avoir sur son destin. Elle découvre son corps petit à petit certes, mais cette fameuse nuit sur la plage où elle va perdre sa virginité est le début d'une errance dans ce nouveau monde qu'elle ne connait pas.

Entre humiliations et échanges sincères, la route qu'elle décide elle-même de se créer est jalonnée d'obstacles. On dit dans le film qu'elle mène une double vie, je pense plutôt qu'elle saute de vie en vie au gré des personnages qu'elle a autour d'elle. Sans complexe vis à vis de son frère, provocant avec son beau-père ou tendu avec sa mère, son rapport aux autres change perpétuellement. On apprend à la connaître comme elle apprend à se connaître.

L'interprétation de Marine Vacth dans ce film est très juste et pertinente. Elle aborde le virage de son personnage dans la prostitution avec une naïveté froide qui n'interpelle pas. Ce jeu authentique permet de rentrer avec moins de difficulté dans cette histoire qui pourtant s'écrase sur certains clichés parfois. Tous les acteurs sont plus ou moins bons. Je retiens une Charlotte Rampling énigmatique, aussi, chouchoute de Ozon qui apparaît comme le fantôme d'un passé dont l'héroïne, Isabelle, n'arrivera jamais à se défaire.

J'aimerais aussi aborder la réalisation de François Ozon qui sait filmer les femmes comme personne. Ainsi peut-on découvrir une Marine Vacth sous toutes les coutures, de son corps nu jusqu'aux moindres traits de son visage. La caméra se pose sur elle, toujours fragile, et laisse ainsi l'actrice montrer l'étendue de la mélancolie passive de son personnage - d'ailleurs très bien instrumentalisée par les diverses musiques du film. Un cadrage sur les yeux quand elle se remémore son client préféré, l'entrée puis la sortie du métro comme un rite de passage dans un univers qu'elle assume.

Rien n'est laissé au hasard et cette réalisation, simple et épurée, sert complètement Jeune & Jolie qui aurait pu prendre un tournant plus dramatique.Une année avec cette adolescente qui se déshabille, à sa manière, face à une existence qu'elle se plaît à découvrir à sa façon. Subtil et beau, ce film ne me déçoit pas et je le recommande.

©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p2

06/07/2015 08:43 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)  p2

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013) p2

    06/07/2015 08:43 par tellurikwaves

SENS CRITIQUE

 

*

Critique publiée par Sergent Pepper le 2 février 2014
Après l’été de ses dix-sept ans où Isabelle perd sa virginité sans passion, considérant que « C’est fait », l’automne débouche directement sur une passe. Pas de transition,pas d’explication, pas de pente glissante : tel est, comme souvent, l’univers d’Ozon. A nous de composer avec cette rupture brutale, cette initiation tarifée à la sexualité et au monde des adultes.Jeune et jolie n’est pas vraiment l’histoire d’un secret : celui-ci sera éventé à la moitié du film ; c’est davantage l’histoire d’une confrontation au mystère : d’une jeune fille,d’une attitude, d’un milieu, peut-être. La cellule d’origine, celle de la famille qu’a si souvent explorée le cinéaste, est ainsi un noyau de cachotterie : masturbation, possible adultère… Derrière chaque porte, l’intimité se libère, dans les soupirs et sous les couvertures, la plupart du temps vue par un autre, à la fois complice et de trop.

Pas de manichéisme, donc, mais un principe somme toute très simple : une petite bombe dans une petite famille. Pas de circonstances atténuantes, pas de mobile, pas d’explication de l’intéressée. Et l’entourage de se déliter à son contact, s’écharpant à cette beauté aussi glaciale que sensuelle, qu’on pourrait qualifier de vicieuse, comme le tente la mère, mais qui semble surtout tenter de définir sa place.De la famille, il ne restera pas grand-chose. Isabelle ne la comprend plus vraiment : elle confond la fille d’un de ses clients avec une autre escort, et pense devoir se déshabiller devant sa veuve. Tout cela, à l’image de l’amour, est bien opaque à ses yeux : comment ne pas comprendre qu’elle soit elle-même incomprise des autres ?Et si Isabelle jouait ? C’est une des hypothèses proposées par le film : elle se déguise, se vieillit, business woman dans les grands hôtels, où personne n’est dupe.

Lorsqu’elle donne son nom à un de ses clients, celui-ci lui répond « Très bon choix ». Cette clarté du contrat, par le biais de l’argent, permet subitement une lisibilité peut-être rassurante. Le traitement à proprement parler de la relation sexuelle est en cela assez trouble : Isabelle fait le job, apparemment bien. La seule véritable humiliation qu’elle subit n’est pas physique : le client qui exige d’elle qu’elle soit naturelle la considère comme un objet, qu’il ne touchera pas, et la sous paiera en la menaçant de prévenir ses parents. En conséquence de quoi Isabelle augmente ses tarifs pour les suivants. Rapidement esquissée, la vacuité d’une génération connectée réussit là où Springbreakers et The Bling Ring échouaient : oui, tout se banalise, oui, l’adulte est démuni : mais subsiste ici ce mystère impalpable qui n’est pas assimilable à une génération ou une époque, mais bien à l’opacité humaine – et qui plus est, ici, féminine.

La façon dont Isabelle traverse la fête des jeunes de son âge est en cela symptomatique : statue sublime, marmoréenne, elle croise sa génération se vautrant dans la coke, la gerbe et le triolisme. Elle, forte de son histoire, marquée (quand certains diront souillée), est déjà quelqu’un, un être attachant bien qu’inaccessible, là où se déploie autour d’elle une paresseuse hystérie collective. Est-il nécessaire, à ce stade de la critique, de préciser que la comédienne Marina Vacth est époustouflante ?Le jeu n’est bien entendu que celui du pouvoir. De l’argent, elle ne fait rien. L’intérêt est dans la transaction. Mais quand celles-ci s’achèvent, l’argent est ce qui en reste : elle y tient.

D’où l’intelligence du psy à accepter qu’elle paie ses séances avec celui-ci.La deuxième partie du film consistera donc en une tentative de retour à une vie « normale » et au plaquage d’un discours rationnel sur ses actes incompréhensibles.L’intelligence du récit sera, d’une part de ne pas proposer de véritable explication, mais surtout de faire de cet indicible un nouveau vecteur de pouvoir chez Isabelle : face à sa mère, à son beau-père, au psy et dans une autre mesure à un petit ami conventionnel. Je vous échappe, ne cesse-t-elle de clamer silencieusement, mais avec sincérité, parce qu’elle ne peut elle-même tout appauvrir par les mots.

Si les tentatives de placer Rimbaud et Laclos peuvent être considérées comme maladroites (comme les chansons de Françoise Hardy, un peu trop explicites), c’est bien l’opacité qui demeure.L’échange final et l’intervention de thanatos dans cet éros clivé est donc d’autant plus riche et ambigu. Loin d’être un châtiment tragique, il permet l’irruption du sentiment : l’initiation véritable d’Isabelle semble être celle du deuil, permettant un retour à la jeunesse qui est la sienne, et qui lui tend ses bras fragiles, au réveil, vers un nouveau cycle des saisons.

©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)

05/07/2015 11:17 par tellurikwaves

  • ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)

    ©-DR- JEUNE & JOLIE de François Ozon (2013)

    05/07/2015 11:17 par tellurikwaves

Jeune et Jolie
est un film dramatique français écrit et réalisé par François Ozon, sorti en 2013. D'abord présenté en sélection officielle lors du Festival de Cannes 2013 puis dans quelques autres festivals, il est sorti progressivement en salles à partir du 21 août 2013 , d'abord en France et en Belgique.

 

Résumé partiel

Durant l'été, alors qu'elle est en vacances au bord de la mer, Isabelle fête ses dix-sept ans en famille, en présence aussi de la famille de Peter, un proche de ses parents, dont on apprendra plus tard qu'il est l'amant de sa mère. Elle perd sa virginité avec un jeune Allemand, Félix. Pendant cet acte qu'elle subit très passivement, elle voit son double regarder la scène de façon impassible. Par la suite, elle se montre très froide avec Félix et ne le recontacte pas. À son retour à Paris, où elle retrouve le chemin du lycée, elle se livre volontairement et secrètement à la prostitution sous le pseudonyme de Lea, après qu'un homme l'a contactée à la sortie des cours et lui a donné son numéro de téléphone. Elle enchaîne les clients, plus ou moins agréables. Parmi eux se distingue Georges, homme plus âgé qui est très attentionné....

Fiche technique

Cast

 

 

Bande originale

 

Jeune & Jolie
 
Album de Philippe Rombi
Sortie 19 août 2013
Durée 48:00
Genre Musique de film
Format CD
Compositeur Philippe Rombi
Label Cristal Records

Albums de Philippe Rombi

 

TitreAuteur(s)Durée
1. Été Philippe Rombi 2:13
2. L’amour d'un garçon Françoise Hardy 2:11
3. True Romance (Gigamesh remix) Citizens 4:52
4. Poison Lips Vitalic 3:52
5. The Sense of Me Mud Flow 2:34
6. Chambre 6095 Philippe Rombi 4:19
7. À quoi ça sert Françoise Hardy 3:29
8. Young Americans Poni Hoax 4:09
9. Midnight City M83 4:04
10. Baptism Crystal Castles 4:12
11. Première rencontre Françoise Hardy 2:49
12. Jeune et Jolie Philippe Rombi 4:39
13. Je suis moi Françoise Hardy 4:38
48:00

 

Le titre du film fait référence au magazine français Jeune et Jolie, destiné aux jeunes filles entre 15 et 24 ans à partir de la fin des années 1980[1].

Tournage

Selon Var-Matin, François Ozon et son équipe ont commencé le tournage enjuin 2012 au Pradet dans le Var jusqu'en août 2012 à Paris[2]. Quant aux scènes du lycée et de ses alentours elles ont été tournées à Paris au lycée Henri-IV dans le 5e arrondissement, en plein Quartier latin[3] où le réalisateur a été élève[4].

Ozon collabore à nouveau avec le compositeur Philippe Rombi pour la musique du film. De plus, il ajoute à la bande son quatre chansons de Françoise Hardy : L'amour d'un garçon (1963), A quoi ça sert (1968), Première rencontre (1973) et Je suis moi (1974) dans les quatre saisons du film pour mieux « synchroniser sa vision romantique avec celle, plus crue, d'une ado d'aujourd'hui »[5]. C'est la troisième fois qu'il utilise ce principe après ses films Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et Huit femmes.

Sortie

Après avoir été présenté au festival de Cannes en Compétition officielle en mai 2013 et au Festival Paris Cinéma  en juin 2013 , Jeune & Jolie est sorti le 21 août 2013

.

Analyse

L'histoire se déroule en quatre chapitres, correspondant aux quatre saisons et à quatre chansons de Françoise Hardy.

Les raisons d'Isabelle de se lancer dans la prostitution ne sont pas claires, pour ne pas dire inconnues. La jeune fille ne manque pas d'argent : sa mère gagne bien sa vie et la gâte. On apprend au milieu du film, lorsqu'Isabelle se rend chez son psy, que son père lui donne 500 euros à chaque Noël et anniversaire. Ce n'est donc pas l'argent qui la pousse à se prostituer, même si elle réclame entre 300 et 500 euros à chaque passe. On peut se demander si c'est le plaisir car à chaque acte sexuel elle reste passive et assez indifférente. Elle subit d'ailleurs le mépris voire la méchanceté de certains clients.

La seule raison qui paraît valable et qui est sous-entendue est le goût du risque et du danger, peut-être aussi la volonté de faire de nouvelles expériences, interdites et réprouvées par la société. Pour autant, Isabelle, si elle est parfois provocatrice (elle tente par exemple de séduire son beau-père), ne pousse pas la provocation jusqu'au bout : elle ne raconte rien de sa double vie à personne, ni à son amie ni à son frère cadet dont elle est très proche et avec qui elle n'a pas hésité à narrer son dépucelage. À la mort de Georges, elle ne recommence d'ailleurs pas. C'est cette mort qui lui fait finalement prendre compte des dangers de son activité.

Box-office

Au jour de sa sortie nationale, le film se place immédiatement à la première place avec 1 788 entrées à Paris, devant Kick-Ass 2 de Jeff Wadlow (1078 entrées) et Conjuring : Les Dossiers Warren (The Conjuring) de James Wan (744 entrées)[6].

Distinctions

Nominations

Notes et références

  1. Arnaud Schwartz, « François Ozon, premier Français en lice avec « Jeune et jolie » » [archive], sur La Croix,‎ 16 mai 2013 (consulté le 24 août 2013)
  2. P. Polleto, « François Ozon tourne "Jeune et Jolie" au Pradet » [archive], sur Var-Matin,‎ 28 juin 2012 (consulté le 24 août 2013)
  3. Anonyme, « Jeune et jolie » : Ozon et la Région, 2e ! [archive], sur Île de France,‎ 23 août 2013 (consulté le 24 août 2013)
  4. Aureliano Tonet, « Comment François Ozon s'est sauvé de chez lui » [archive], sur Le Monde,‎ 10 octobre 2012 (consulté le 24 août 2013)
  5. Pierre Murat, « Avec “Jeune & jolie”, Ozon fait une nouvelle fois chanter les femmes » [archive], sur Télérama,‎ 20 août 2013 (consulté le 24 août 2013)
  6. Anonyme, « 1ères séances : Jeune, jolie et numéro 1 ! » [archive], sur AlloCiné,‎ 21 août 2013 (consulté le 24 août 2013)

 

©-DR-NEBRASKA d'Alexander Payne (2013) fin

05/07/2015 07:06 par tellurikwaves

  • ©-DR-NEBRASKA  d'Alexander Payne (2013)  fin

    ©-DR-NEBRASKA d'Alexander Payne (2013) fin

    05/07/2015 07:06 par tellurikwaves

Distinctions (suite et fin)

International Online Film Critics' Poll 2015

Nominated
IOFCP Award
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Cinematography
Phedon Papamichael


Iowa Film Critics Awards 2014

 

Nominated
IFC Award
Best Picture
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actress
June Squibb


Italian Online Movie Awards (IOMA) 2014

 

Nominated
IOMA
Best Original Screenplay (Miglior sceneggiatura originale)
Bob Nelson


Key Art Awards 2014

 

3rd place
Key Art Award
A/V Theatrical: Trailers
Dylan O'Neil (trailer editor)
Scott Mitsui (trailer producer)
Paramount Pictures
Mark Woolen & Associates


Las Vegas Film Critics Society Awards 2013

 

Nominated
Sierra Award
Best Picture


Location Managers Guild Awards (LMGA) 2014

 

Nominated
Outstanding Achievement Award
Outstanding Achievement by a Location Professional Feature Film
John Latenser V


London Critics Circle Film Awards 2014

 

Nominated
ALFS Award
Film of the Year
Actor of the Year
Bruce Dern
Supporting Actress of the Year
June Squibb


Los Angeles Film Critics Association Awards 2013

 

Won
LAFCA Award
Best Actor
Bruce Dern
2nd place
LAFCA Award
Best Supporting Actress
June Squibb


National Board of Review, USA 2013

 

Won
NBR Award
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actor
Will Forte
Top Ten Films


National Society of Film Critics Awards, USA 2014

 

3rd place
NSFC Award
Best Cinematography
Phedon Papamichael


New York Film Critics Circle Awards 2013

 

3rd place
NYFCC Award
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Cinematographer
Phedon Papamichael


New York Film Critics, Online 2013

 

Won
NYFCO Award
Top Films of the Year


New York Film Festival 2013

 

Nominated
Grand Marnier Fellowship Award
Best Film
Alexander Payne


North Carolina Film Critics Association 2014

 

Nominated
NCFCA Award
Best Director
Alexander Payne
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Original Screenplay
Bob Nelson


Online Film & Television Association 2014

 

Nominated
OFTA Film Award
Best Picture
Albert Berger
Ron Yerxa
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actor
Will Forte
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Breakthrough Performance - Male
Will Forte
Best Breakthrough Performance - Female
June Squibb
Best Ensemble
Best Casting
John Jackson
Best Director
Alexander Payne
Best Writing, Screenplay Written Directly for the Screen
Bob Nelson
Best Music, Original Score
Mark Orton
Best Movie Poster


PGA Awards 2014

 

Nominated
PGA Award
Outstanding Producer of Theatrical Motion Pictures
Albert Berger
Ron Yerxa


Phoenix Film Critics Society Awards 2013

 

Won
PFCS Award
Best Screenplay - Original
Bob Nelson
Nominated
PFCS Award
Best Picture
Best Director
Alexander Payne
Best Actor in a Leading Role
Bruce Dern
Best Actress in a Supporting Role
June Squibb
Best Cinematography
Phedon Papamichael
Breakthrough Performance on Camera
June Squibb


Rotterdam International Film Festival 2014

 

Won
Audience Award
Alexander Payne


San Francisco Film Critics Circle 2013

 

Nominated
SFFCC Award
Best Picture
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actor
Will Forte
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Screenplay, Original
Bob Nelson
Best Cinematography
Phedon Papamichael


Santa Barbara International Film Festival 2014

 

Won
Virtuoso Award
June Squibb


Satellite Awards 2013

 

Won
Satellite Award
Best Actress in a Supporting Role
June Squibb
Won
Special Achievement Award
Best Ensemble, Motion Picture
Nominated
Satellite Award
Best Actor in a Motion Picture
Bruce Dern


Southeastern Film Critics Association Awards 2013

 

Nominated
SEFCA Award
Best Picture


St. Louis Film Critics Association, US 2013

 

2nd place
SLFCA Award
Best Supporting Actor
Will Forte
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Music
Mark Orton
Tied with Steven Price for Gravity (2013).
Nominated
SLFCA Award
Best Film
Best Director
Alexander Payne
Best Actor
Bruce Dern
Best Original Screenplay
Bob Nelson
Best Cinematography
Phedon Papamichael
Best Film - Comedy


Stockholm Film Festival 2013

 

Won
FIPRESCI Prize
Alexander Payne


Tallinn Black Nights Film Festival 2013

 

Nominated
Best North American Independent Film
Alexander Payne


Toronto Film Critics Association Awards 2014

 

3rd place
TFCA Award
Best Supporting Actress
June Squibb


Vancouver Film Critics Circle 2014

 

Nominated
VFCC Award
Best Supporting Actress
June Squibb


Village Voice Film Poll 2013

 

Nominated
VVFP Award
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Movie Everyone is Wrong About
Best Supporting Actor
Will Forte


Washington DC Area Film Critics Association Awards 2013

 

Nominated
WAFCA Award
Best Supporting Actress
June Squibb


Women Film Critics Circle Awards 2013

 

Won
WFCC Award
Hall of Shame
For The Butler , August: Osage County , Blue Jasmine , Only God Forgives and Carrie

"Why is it that when actresses and even screen goddesses hit a certain age, they're all cast as ... More

"Why is it that when actresses and even screen goddesses hit a certain age, they're all cast as nags, loons and shrews. No matter how accomplished any of these films may be, the tally of older actress shrewish nags on board is really high this year, as usual. Including Oprah Winfrey in The Butler, Meryl Streep and Julia Roberts in August: Osage County, Cate Blanchett and Sally Hawkins in Blue Jasmine, June Squibb in Nebraska, Kristin Scott Thomas in Only God Forgives, and Julianne Moore in Carrie. Refreshing exceptions being Judi Dench in Philomena, Yolonda Ross in Go For Sisters, and Mary Steenburgen in Last Vegas."


Writers Guild of America, USA 2014

 

Nominated
WGA Award (Screen)
Best Original Screenplay
Bob Nelson (written by)

 

©-DR-NEBRASKA d'Alexander Payne (2013) p14

05/07/2015 07:00 par tellurikwaves

Distinctions & Récompenses (1)

Showing all 41 wins and 137 nominations

Academy Awards, USA 2014

 

Nominated
Oscar
Best Motion Picture of the Year
Albert Berger
Ron Yerxa
Best Performance by an Actor in a Leading Role
Bruce Dern
Best Performance by an Actress in a Supporting Role
June Squibb
Best Achievement in Cinematography
Phedon Papamichael
Best Achievement in Directing
Alexander Payne
Best Writing, Original Screenplay
Bob Nelson


Golden Globes, USA 2014

 

Nominated
Golden Globe
Best Motion Picture - Comedy or Musical
Best Performance by an Actor in a Motion Picture - Comedy or Musical
Bruce Dern
Best Performance by an Actress in a Supporting Role in a Motion Picture
June Squibb
Best Director - Motion Picture
Alexander Payne
Best Screenplay - Motion Picture
Bob Nelson


BAFTA Awards 2014

 

Nominated
BAFTA Film Award
Best Original Screenplay
Bob Nelson
Best Leading Actor
Bruce Dern
Best Cinematography
Phedon Papamichael


Screen Actors Guild Awards 2014

 

Nominated
Actor
Outstanding Performance by a Male Actor in a Leading Role
Bruce Dern
Outstanding Performance by a Female Actor in a Supporting Role
June Squibb


AFI Awards, USA 2014

 

Won
AFI Award
Movie of the Year
Albert Berger
Ron Yerxa

NEBRASKA paints a stark portrait of Midwestern America - a Rockwell drained of both color and ... More

NEBRASKA paints a stark portrait of Midwestern America - a Rockwell drained of both color and nostalgia, but nonetheless infused with astounding depth and sentiment. Shadows cast with austere beauty by director Alexander Payne reveal innumerable shades of gray in the film's characters - evoking empathy, if not sympathy, for an embittered family on an unlikely pilgrimage. Bruce Dern's million-dollar performance as wayward patriarch Woody Grant creates a quietly stirring and darkly comic study on aging, and Will Forte shines as the son who helps Woody look to the future as the long, open road of memory disappears in the rear-view mirror.


Alliance of Women Film Journalists 2013

 

Nominated
EDA Award
Best Picture
Albert Berger
Ron Yerxa
Best Director
Alexander Payne
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actor
Will Forte
Best Writing, Original Screenplay
Bob Nelson
Best Ensemble Cast
Best Cinematography
Phedon Papamichael
Best Film Music or Score
Mark Orton
Nominated
EDA Special Mention Award
Unforgettable Moment
"That's not my air compressor."


Amanda Awards, Norway 2014

 

Nominated
Amanda
Best Foreign Feature Film (Årets utenlandske kinofilm)
Alexander Payne (director)


American Cinema Editors, USA 2014

 

Nominated
Eddie
Best Edited Feature Film - Comedy or Musical
Kevin Tent


American Comedy Awards, USA 2014

 

Nominated
American Comedy Award
Funniest Motion Picture
Best Comedy Actor - Film
Bruce Dern
Best Comedy Supporting Actor - Film
Will Forte
Best Comedy Supporting Actress - Film
June Squibb
Best Comedy Director - Film
Alexander Payne
Best Comedy Screenplay
Bob Nelson


American Society of Cinematographers, USA 2014

 

Nominated
ASC Award
Outstanding Achievement in Cinematography in Feature Film
Phedon Papamichael


Argentinean Film Critics Association Awards 2015

 

Nominated
Silver Condor
Best Foreign Film, Not in the Spanish Language (Mejor Película Extranjera)
Alexander Payne
USA.


Awards Circuit Community Awards 2013

 

Won
Honorable Mentions (The Next Ten Best Picture Contenders)
Honorable Mentions
Nominated
ACCA
Best Actress in a Supporting Role
June Squibb


Black Film Critics Circle Awards 2013

 

Won
BFCC Award
Top Ten Films
9th


Bodil Awards 2015

 

Nominated
Bodil
Best American Film (Bedste amerikanske film)
Alexander Payne


Boston Society of Film Critics Awards 2013

 

Won
BSFC Award
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Ensemble Cast
2nd place
BSFC Award
Best Use of Music in a Film


British Society of Cinematographers 2014

 

Won
Best Cinematography Award
Best Cinematography in a Feature Film
Phedon Papamichael (Cinematographer)
Paramount Pictures


Broadcast Film Critics Association Awards 2014

 

Nominated
Critics Choice Award
Best Picture
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Acting Ensemble
Best Original Screenplay
Bob Nelson
Best Cinematography
Phedon Papamichael


Camerimage 2013

 

Nominated
Golden Frog
Main Competition
Phedon Papamichael


Cannes Film Festival 2013

 

Won
Best Actor
Bruce Dern
Nominated
Palme d'Or
Alexander Payne


Central Ohio Film Critics Association 2014

 

Nominated
COFCA Award
Best Director
Alexander Payne
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Screenplay, Original
Bob Nelson
Best Score
Mark Orton
Best Ensemble
Best Picture


Chicago Film Critics Association Awards 2013

 

Nominated
CFCA Award
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Original Screenplay
Bob Nelson


Chicago International Film Festival 2013

 

Nominated
Audience Choice Award
Alexander Payne


Chlotrudis Awards 2014

 

Won
Chlotrudis Award
Best Supporting Actress
June Squibb
Nominated
Chlotrudis Award
Best Cinematography
Phedon Papamichael


Cinema Bloggers Awards, Portugal 2015

 

Nominated
Cinema Bloggers Award
Best Actor - International Competition
Bruce Dern
Best Supporting Actress - International Competition
June Squibb
Best Cinematography - International Competition
Phedon Papamichael


Cinema Writers Circle Awards, Spain 2015

 

Won
CEC Award
Best Foreign Film (Mejor Película Extranjera)
Alexander Payne


Costume Designers Guild Awards 2014

 

Nominated
CDG Award
Excellence in Contemporary Film
Wendy Chuck


Críticos de Cinema Online Portugueses Awards 2015

 

Nominated
CCOP
Best Supporting Acor (Melhor Actor Secundário)
Will Forte
Best Supporting Actress (Melhor Atriz Secundária)
June Squibb


Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards 2013

 

2nd place
DFWFCA Award
Best Supporting Actress
June Squibb
Best Screenplay
Bob Nelson
Tied with Spike Jonze for Her (2013).
3rd place
DFWFCA Award
Best Picture
Best Actor
Bruce Dern
Best Director
Alexander Payne


Denver Film Critics Society 2013

 

Nominated
DFCS Award
Best Supporting Actress
June Squibb


Detroit Film Critic Society, US 2013

 

Nominated
DFCS Award
Best Supporting Actress
June Squibb


Dublin Film Critics Circle Awards 2013

 

Won
DFCC
Best Actor
Bruce Dern
3rd place
DFCC
Best Screenplay
Bob Nelson


Georgia Film Critics Association (GFCA) 2014

 

Nominated
GFCA Award
Best Supporting Actress
June Squibb


Golden Trailer Awards 2014

 

Nominated
Don LaFontaine Award for Best Voice Over
Paramount Pictures
Mark Woolen & Associates
For the first theatrical trailer.


Guardian Film Awards, UK 2014

 

Won
Guardian Film Award
Best Supporting Actor
June Squibb
Nominated
Guardian Film Award
Best Actor
Bruce Dern
Best Director
Alexander Payne


Hamburg Film Festival 2013

 

Nominated
Art Cinema Award
Alexander Payne


Houston Film Critics Society Awards 2013

 

Nominated
HFCS Award
Best Picture
Best Director
Alexander Payne
Best Actor
Bruce Dern
Best Supporting Actress
June Squibb


Humanitas Prize 2014

 

Nominated
Humanitas Prize
Feature Film Category
Bob Nelson (writer)


IGN Summer Movie Awards 2013

 

Nominated
IGN Award
Best Comedy Movie


Independent Spirit Awards 2014

 

Won
Independent Spirit Award
Best First Screenplay
Bob Nelson
Nominated
Independent Spirit Award
Best Feature
Albert Berger
Ron Yerxa
Best Director
Alexander Payne
Best Male Lead
Bruce Dern
Best Supporting Female
June Squibb
Best Supporting Male
Will Forte


Indiana Film Journalists Association, US 2013

 

2nd place
IFJA Award

 

©-DR-NEBRASKA d'Alexander Payne (2013) p13

05/07/2015 06:47 par tellurikwaves

  • ©-DR-NEBRASKA  d'Alexander Payne (2013)  p13

    ©-DR-NEBRASKA d'Alexander Payne (2013) p13

    05/07/2015 06:47 par tellurikwaves

Trivia

Showing all 15 items
Jump to: Cameo (1)
*
Bruce Dern claimed that he and Will Forte were stuck in the car for hours while filming the driving scenes due to cameras being mounted on both doors. Consequently they were unable to take bathroom breaks between takes. Dern remarked "We found out what bottles are for."
*
Alexander Payne's first experience shooting in black and white, with digital cameras and anamorphic lenses. Paramount initially balked at Payne's choice to shoot in black and white, but relented when previews yielded positive feedback to the cinematography.
*
Bryan Cranston auditioned for the role of David, but director Alexander Payne didn't feel that he was right for the part. Matthew Modine, Paul Rudd and Casey Affleck were also considered.
*
Alexander Payne's fourth film set in his home state of Nebraska, after Citizen Ruth (1996), L'arriviste (1999) and Monsieur Schmidt (2002).
*
Unlike the alcoholic and limping character of Woody, Bruce Dern is a teetotaler who was an avid marathoner, and still practices running in his late-seventies.
*
Gene Hackman, Robert Forster, Jack Nicholson and Robert Duvall were considered for the role of Woody.
*
In the scene with the cemetery there is a grave stone with the name Payne, a reference to Alexander Payne.
*
The movie begins and ends with the 50s and 60s Paramount logo, saying "A Paramount Release".
*
Alexander Payne tried to get the movie made for almost 10 years, and the big success of The descendants (2011) finally allowed him to do so.
*
The first Alexander Payne film that he did not also write the screenplay for, and the first since Citizen Ruth (1996) whose screenplay is original and not adapted.
*
Although all the major characters hail from Nebraska, three of the leading actors, Bruce Dern, June Squibb and Bob Odenkirk were born and raised in Illinois.
*
Bryan Cranston auditioned for the role of David. If Cranston was cast, he would have played the sibling of Ross, played by his Breaking Bad co-star Bob Odenkirk.
*
As needed, Alexander Payne put an audition in the news paper in Nebraska for the role of a stand-in, and Nebraska Bridget O'Brien got the part.
*
Barbara Bain auditioned for a role.

Cameo 

Bob Nelson:  The movie's screenwriter can be seen sitting at a booth in the café when everyone is applauding for Woody.