©-DR-LA VIE RÊVÉE DE WALTER MITTY de Ben Stiller (2013) p19
19/05/2015 09:55 par tellurikwaves
Critique publiée par Yorick Serriere le 13 janvier 2014
Walter Mitty est un employé de bureau du journal « Life ». Simple et modeste, il ne connait aucune extravagance et parvient à s’échapper de sa réalité monotone que par ses rêves. Confronté à des difficultés dans sa vie professionnelle, il va devoir agir dans la vraie vie et réaliser ses rêves les plus fous. Joué et réalisé par le sympathique Ben Stiller, ce film au croisement des genres (comédie, drame, aventure...) nous séduit tant par sa légèreté que par son originalité.
Un personnage de rêveur touchant :
L’acteur/réalisateur Ben Stiller nous a souvent habitué à ses rôles d’ahuries dans des comédies. Beaucoup plus subtil dans La vie rêvée de Walter Mitty, il nous intrigue par un jeu tout en finesse. Oscillant entre humour et émotion, il livre avant tout une prestation humaine. Pour que la satisfaction soit complète, il est soutenu au casting par la pétillante Kristen Wiig et le charismatique Sean Penn (qui se fait attendre, quasi Arlésien, dont on parle beaucoup mais que l’on voit très peu).
Les rêves de Mitty permettent au spectateur de s’évader :
Le film explore les limites entre rêve et réalité. Ses évasions, plus inventives les unes que les autres, lui permettent de s’échapper d’une réalité grisonnante. On suit l’évolution d’un homme : c’est poussé par son travail qu’il passera à l’acte pour se construire dans un voyage initiatique. Un film plein de vie, bourré d’imagination suppléé par une imagerie vivante et une bande originale rythmée (par des artistes tels qu’Of Monster and Men, groupe Islandais – logique quand on sait que ses voyages le portent jusqu’enIslande).Léger, vrai, évasif, vous l’aurez comprit, les adjectifs ne manquent pas pour définir ce joyeux moment de cinéma. Un film créatif et sans prétention dont on ressort revigoré, chapeau Ben Stiller.
Critique publiée par Ragnarök le 4 janvier 2014
Quoi de mieux que de commencer une année cinématographique par un petit feelgood movie ?Après le drôlissime Tropic Thunder, Ben Stiller explore le fantastique qu'il mêle à la comédie dramatique.The Secret Life of Walter Mitty est un film d'anti-procrastination,(diable!?) et l'un des meilleurs que j'ai vu. Prendre des risques, oser, faire le premier pas, ne pas hésiter, tout ça dans le but d'améliorer sa vie. Le propos est simple mais terriblement efficace. On quitte la salle le sourire aux lèvres avec l'envie d'accomplir de grandes choses.
On ne va pas forcément le faire, mais on commencera au moins l'année dans la bonne humeur. Les séquences émotions ne manquent pas et il est impossible de ne pas se reconnaître dans le personnage de Walter (sauf si vous êtes né vieux et aigri, peut-être).Après une introduction difficile, un peu confuse (la séquence Benjamin Button) et qui manque de confiance, le film bascule dans un tourbillon d'aventures et de rencontres extraordinaires. Walter Mitty se prend en main et fait le choix de vivre. Il mène l'enquête qui lui permettra de retrouver la future couverture du magazine Life, dans lequel il travaille. Mais cette recherche lui apportera beaucoup plus.
Du Groenland aux montagnes de l'Afghanistan, il vivra des moments extraordinaires. Combattre un requin, monter dans un hélicoptère avec un pilote saoul, faire du longboard sur les routes d'Islande (putain que c'est beau), échapper à l'éruption d'un volcan, tout cela n'a plus de secret pour Walter Mitty et il n'hésite pas à l'inscrire sur son CV.À noter une intervention de Sean Penn courte mais très émouvante.Les musiques aériennes collent totalement aux paysages et à l'atmosphère très lumineuse du film. Surtout le Step Out de José Gonzalez, tellement parfaite pour ce film... Ben Stiller réalise ici un film profondément optimiste, qui nous laisse rêveur malgré les défauts. Excellente mise en bouche pour 2014.
Critique publiée par LéaCastor le 3 janvier 2014
Je trouve Ben Stiller assez fort sur ce coup. Il abandonne l'humour poussif pour créer tout au long du film un doux sourire sur les joues des spectateurs.Car ce film n'est pas hilarant, loin de là, il est même très touchant parfois de justesse et de simplicité. Ben Stiller arrive, avec un scénario rempli de scène d'action, à rendre tout cela croyable tellement c'est in-croyable. Rien de trop, pas trop d'humour, pas trop d'action, pas trop de mélodrames. Certains diront que ce film manque peut-être de quelque chose au final, mais je trouve que ça donne une atmosphère particulière au film.
Le héros sur de rien et qui n'a rien vécu, vit tout cela avec modestie et sans même comprendre lui-même ce qui lui arrive.Il n'est jamais super héros, jamais entre la vie et la mort, ça reste tout au long du film l'histoire d'un mec comme les autres, et c'est très touchant. C'est ça que j'ai énormément appréciercié, c'est que ce film est comme un rêve où malgré toutes les mésaventures vous vous réveillez indemne avec un sourire à la lèvre,comme fière de vous.Bref la vieillesse ça lui va bien à Bennie.
Critique publiée par MentheFraiche le 26 décembre 2013
C’est sans s’y attendre que l’on bascule avec Walter Mitty entre rêve et réalité.
Cela donne lieu à des scènes improbables dans lesquelles le héros tombe dans le fantasme sans que l’on n’ait aucune indication. Le spectateur est ainsi troublé et n’a de cesse de se demander si ce que lui montre la caméra est bel et bien vécu par le héros. Une multitude de personnages, visibles ou non, agrémentent le film de manière efficace ; chaque intervention tombant toujours au bon moment…
Critique publiée par Krokodebil le 3 janvier 2014
Avant de s'adonner à l'exercice sympathique qu'est critiquer ou donner mon avis sur ce film (le premier de 2014 que je vois au ciné youhou !), et pour changer un peu, voici 3 raisons de le voir (et j'espère de l'aimer) :
1) Shirley MacLaine
2) Les décors naturels
3) David Bowie's Space Oddity.
Si avec ça vous bavez pas comme un saint Bernard enragé...
Soit donc Ben Stiller aux commandes d'un luxueux remake d'un obscur tâcheron hollywoodien des années 30 et 40. Oui, je parle bien de Norman McLeod, c'est pas George Cukor le gars quoi. Le fait que ce film soit un remake n'est pas très important même si je suis assez curieux de voir ce que ça donne. En effet, l'oeuvre actuelle utilise tous les moyens à la disposition du cinéma aujourd'hui pour nous en mettre plein la vue, et par cela, j'entends bien l'anti-fond vert. J'ai même un peu envie de dire "Jackson 2013 0 - Stiller 2014 1", if you know what I mean.
L'ami Ben joue devant et réalise derrière et il est tout aussi convaincant des deux côtés. La facilité déconcertante et il faut le dire, le grand talent d'équilibriste avec lequel il surfe d'un registre à l'autre est proprement soufflante : comédie dramatique sociale vaguement dépressive, rom-com, film d'aventures, Bildungsroman film... Prenez tout cela, mélangez, savourez. On est au cœur d'un magazine, Life, qui existe vraiment dans la vraie vie et dont on voit les vraies couvertures tout au long du film, et on assiste à une ère de changements et de bouleversements : l'arrivée du tout numérique. Le magazine devient pixel, la photo menace d'être remisée. Vous voyez le parallèle ? Ode à la photo, ode au cinéma "35 mm" et moins surchargé de numérique, bref, ode à la vie, à l'image qui palpite, se détériore, se perd, mais qui quand elle existe est inégalable.
Une mélancolie profonde berce ainsi tout le récit, qui par moments pourrait être vraiment déprimant : une mère qui part en maison de retraite, un piano que l'on vend, un père qui est mort, un marin alcoolo qui chante un vieux succès new wave dans un bar miteux du Groenland... et surtout un loser monumental qui échappe à son morne quotidien par la grâce ambivalente (c'est à dire vectrice de dangers comme de ridicule) de rêves éveillés et de divagations en tous genres. L'anglais a pour cela un mot intraduisible en l'état, "daydream", qui n'est utilisé qu'une poignée de fois dans les dialogues du film. Jouant sur tous les niveaux, Stiller parvient à broder une triple quête (celle de la femme aimée, celle de la photo et du photographe, celle de son identité profonde i.e. de son bonheur) sur fond de crise sociale et sociétale (mine de rien le magazine Life ferme vraiment boutique pendant ce temps, dans le film) et de film d'aventure grandiose.
C'est l'aspect que j'avoue trouver le plus ébahissant. On commence doucement, avec un joli prologue en deux temps : le site de rencontre, le bug et la première divagation à la station de métro. Walter s'imagine des trucs, il a des absences, des bugs,et le film s'oriente dans un onirisme un peu délibérément factice mais rigolo à la Gondry, qu'on devine proche. On se dit pourquoi pas, tout en sachant que c’est balisé. Puis le récit est parsemé de petites étrangetés toutes Stilleriennes, des gags totalement absurdes et parfois tellement décalés qu'ils en deviennent vraiment hilarants. Mais quand l'aventure débarque, avec un grand A, le film ne se dégonfle pas et devient cet objet hybride et sidérant de beauté. Groenland, tout d'abord. Où l'on ne sait plus trop s'il divague ou si les choses arrivent. Et c'est un peu des deux. Magnifique séquence sur David Bowie, minutieusement préparée et amenée par une série de gags et de mesquineries, façon Blake Edwards, pour un moment de lyrisme juste magique et quasiment sans trucages. Le mec est vraiment allé tourner au Groenland, ça se voit et ça fait plaisir.
Islande ensuite, et son volcan au nom imprononçable. Même mélange de prises de vue réelles (imaginez Ben Stiller ou sa doublure, sur un skateboard, en Islande. Putain j'hallucine comme ce film me fait du bien aux yeux) et de numérique (l'éruption forcément). Puis Afghanistan et hauts plateaux de l'Himalaya. Le film m'a perdu d'ailleurs. Je veux dire, c'est évident que ça a été en partie tourné en haute montagne, mais jusqu'à quel point ? Notamment un plan à l'hélico avec un visuel (trafiqué ?) vertigineux alors qu'on tournoie autour de Stiller sur une crête... Proprement bluffant.
A tout cela, ajoutez une tonne de bon goût : dans le sujet et le scénario, dans la musique (Bowie, Arcade Fire, Junip, etc.), dans la photo, les décors, le paysage, la justesse de l'émotion à la fin du film... (j'ai versé ma petite larme). C'est même la probable limite de ce métrage et ce qui prêtera le flanc à ses détracteurs : c'est un peu trop beau, trop joli, trop mignon. Evidemment, il a voulu faire un film qui allie parfaitement grand public, grand spectacle et bon goût, mais ça me semble sincère personnellement. Y a un côté "classique instantané" pour la famille, un peu comme L'Odyssée de Pi ou Cloud Atlas, en moins kitsch et en beaucoup plus "naturel" (ce qui joue aussi dans le fait que j'ai adoré, je ne le cache pas). Je pense que certains pourront pousser jusqu'à dire que le film est un peu réac dans son discours, du moins réfractaire au progrès, mais de temps en temps, un petit rappel ou coup d'alarme comme celui-ci ne fait pas de mal, non ?
Le casting est également de haute volée : Shirley MacLaine donc, dans un second rôle émouvant, la très jolie Kristen Wiig en âme sœur difficile d'accès, et toute une galerie de seconds rôles pertinents (le méchant boss, Sean Penn en mode Into the Wild, jusqu'à Todd, le conseiller matrimonial qui mange des "cinnamon"). C'est drôle, c'est beau, ça fait du bien par où ça passe, bref j'en redemande. 2014 commence donc vraiment bien pour ma part. Même que j'ai trouvé Ben Stiller un peu sexy avec sa barbe à la fin, c'est dire.