©-DR- DALLAS BUYERS CLUB de J.Marc Vallée (2013) p12
05/04/2015 02:49 par tellurikwaves
Critique publiée par TotoroM le 24 février 2015
Premier long-métrage aux USA du québécois Jean-Marc Vallée, remarqué en 2006 pour son superbe "C.R.A.Z.Y", "Dallas Buyers Club" trouve son origine dans le parcours authentique de Ron Woodroof, champion de rodéo séropositif qui mènera une guerre acharnée contre le lobbying des laboratoires pharmaceutiques, et tout particulièrement la Food and Drug Administration.
Récompensé dans de nombreux festivals, "Dallas Buyers Club" va bien plus loin que le simple biopic, que le simple mélodrame larmoyant. Le cinéaste ne cherche pas ici à nous apitoyer, à faire de ses personnages des martyrs ou les portes-parole de quoi que ce soit. Son anti-héros n'est pas un ange et n'a pas vocation à l'être. Woodroof est décrit comme un irresponsable, un queutard, un capitaliste roulant avant tout pour lui-même.
Dans la peau de cet être antipathique mais dont on ne peut à aucun moment se permettre de juger les actes, Matthew McConaughey est tout simplement incroyable, habité par son rôle physiquement comme émotionnellement, composant un superbe duo avec son partenaire Jared Leto, impressionnant et tout bonnement émouvant. C'est peu dire que ces deux-là ont amplement mérité toutes les louanges.
Portrait amer et désenchanté de l'Amérique reaganienne et de ses figures les plus mythiques, "Dallas Buyers Club" ne sombre jamais dans le pathos, offrant au contraire des images magnifiques et de beaux moments d'émotion, tout en dégommant au passage l'administration et le système de santé américain, ainsi que la pression des grands groupes pharmaceutiques, dont la seule motivation semble être le profit.
Aussi solaire que poignant, aussi rageur que contemplatif, le nouvel essai de Jean-Marc Vallée est à voir absolument, ne serais-ce que pour la sincérité de son approche et pour la qualité indéniable de l'interprétation.
Jared Leto : Rayon/Raymond
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SENS CRITIQUE
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Par rapport au film, je trouve que l'ensemble général est vraiment réussit, que ce soit sur le plan visuel ou scénaristique. L'histoire de Ron est prenante du simple début où on le voit baiser une autre femme pendant un rodéo à la fin où il combat sa maladie et se remet lui-même en selle, au sens propre comme au figuré.Je dois dire que durant tout ce film, j'ai beaucoup réfléchi à cette maladie qui est un vrai monstre pour la santé de l'humanité, et découvrir d'une certaine manière les 1ers cas de séropositifs, les 1ers moyens pour essayer de lutter, tous ces sujets développés étaient très intéressants à suivre et à regarder dans un décor à la Dallas en plus, un domaine que je chéri rappelant vraimentl'ambiance et les racines de l'Amérique et de ses cow-boys.
C'est vraiment plaisant d'autant plus que ce film ne rentre pas dans le cliché : le héros qui porte le sida n'est pas homosexuel, ce qui nous change. Non l'histoire veut que le personnage soit un hétérosexuel, bien homophobe pour l'époque des années 80, un vrai cow-boy typique qui reçoit cette maladie par voie nasale en consommant de la drogue.Je reconnait avoir appris quelque chose car je pensais que cela s'attrapait uniquement par le sexe, la salive ou le sang, honte à moi ...Quoi qu'il en soit l'histoire est très bien écrite : alors que je pensais rentrer dans une histoire classique (pas bateau je dit bien classique) où le héros meurt à la fin du film au bout de"ses 30 jours", finalement au bout de 20 min on accélère la temporalité et au bout d'une demi heure ou plus on achève ces 30 jours pour y voir ce qui suit.
Ce film montre que finalement la médecine "légale" ne peut pas tout guérir, et au contraire peut empirer notre santé. Ron l'a parfaitement compris, et tout en essayant de se guérir comme il peut, il montre un acharnement, une vrai lutte contre la FDA qui enchaine bêtises sur bêtises finalement.Indépendamment de cette histoire principale, la trame relationnelle autour de Ron est très attachante aussi que ce soit avec "l'amie-mour" du personnage de Eve joué par Jennifer Garner, actrice que je chéri depuis Alias, ou avec l'homosexuel extraverti de "Rayon" interprété merveilleusement bien par Jared Leto (raaaaah que Dieu te bénisse pour ce rôle que tu joues à la perfection physiquement et psychologiquement), ces 2 histoires parallèles sont très intrigantes et donnent envie de s'y intéresser.
Enfin, mon Jared, je me répète mais ce rôle était fait pour toi !Pour terminer, grande stupéfaction pour moi pendant le générique : C'EST UNE HISTOIRE VRAI, et en allant au cinéma je l'ignorais, ce qui rend cette histoire encore plus frappante et intéressante à suivre, Ron a vraiment existé et sa lutte était bien réel, je félicite cette personne de s'être battu et d'avoir gagné 7 ans en usant de ses propres méthodes de médecine sans recourir à ces imposteurs de la FDA (même si ils ignoraient juste les effets de leur médicament, ils auraient du approfondir leur travail...).Ce film est nominé aux oscars : je ne sais pas si je veux qu'il remporte le prix du meilleur film, mais je suis très content qu'il soit au moins nominé pour cette catégorie.8 /10
La critique de PREMIERE
1986, Dallas, Texas. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson. C’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste trente jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.Étrangement méconnue, l’histoire de Ron Woodroof est pourtant vraie.
Au milieu des années 80, alors que l’Amérique apprenait la mort de Rock Hudson, ce Texan pur souche déjoua tous les diagnostics et resta sept ans en vie alors que les médecins ne lui donnaient qu’un mois. À travers le parcours édifiant d’un redneck homophobe qui a vaincu ses préjugés pour se réinventer en dealer philanthrope, le toujours étonnant Jean-Marc Vallée retrace la prise de conscience du pays tout entier face au virus. Là où de nombreux cinéastes seraient tombés dans le panneau du drame solennel « inspiré de faits réels », le réalisateur a choisi l’option la plus courageuse : autoriser son film, malgré le poids du sujet, à fonctionner comme un divertissement décomplexé où l’humour a le droit de côtoyer la douleur et où les thèmes, aussi importants soient- ils, n’interdisent pas une mise en scène audacieuse.
(Mathieu Carratier, premiere.fr)
Jennifer Garner : Eve Saks
Avis de presse
Entre les acteurs fortement impliqués et un sujet si sensible, Dallas Buyers Club est probablement un des films les plus attendus et réussis de cette année.La course aux Oscars semble bien partie pour ce film signé Jean-Marc Vallée, et ses récompenses aux Golden Globes sont amplement méritées. Les acteurs sont remarquables et forment une paire de personnages formidables. Jared Leto, toujours aussi impliqué dans son travail d'acteur, n'a jamais été si méconnaissable. Amaigri et féminisé, sa plastique de rêve n'a plus lieu d'être et, une fois de plus, le comédien a su trancher avec l'image habituelle qu'il dégage hors des films dans lesquels il joue. Car Dallas Buyers Club, c'est non seulement l'histoire d'un homme qui se découvre séropositif et ayant recours à des traitements non officiels mais c'est aussi l'histoire d'une incroyable amitié.
Beaucoup se surprendront attendris par la relation que Ron Woodroof a entretenue avec le travesti Ray, interprété ici par Jared Leto. Car si le synopsis veut tourner autour de Woodroof, la moitié du scénario tient également grâce au personnage secondaire (pas si secondaire) qu'est Ray. Le film parle avant tout d'une mobilisation et d'une communauté qui s'est créée au fil d'une marginalisation non souhaitée. Plongé au sein d'une époque, le spectateur fait face à l'homophobie des années 80 et à une maladie qui était encore peu connue à l’époque. Les propos sont déconcertants, aussi bien parmi les proches de Ron Woodroof que dans le milieu hospitalier. Face à sa maladie, la façon de penser du personnage principal évolue et il prend conscience des priorités qu'une vie doit avoir.
Entre désespoir et espoir d'une communauté désocialisée, le film ne laisse ainsi pas indifférent. Le rejet et la maladie sont alors difficilement dissociables. Mais fort heureusement, le long métrage ne tombe pas dans le fameux piège du pathos et dépeint des personnages dont les jours sont comptés mais combattants malgré tout. Et non seulement, on assiste à un militantisme justifié et convaincant mais en plus Dallas Buyers Club ne manque pas de faire rire, et en aucun cas de façon déplacée. Le personnage de Ray humanise Ron Woodroof et les scènes les plus touchantes leurs sont attribuées, tant par la complicité qui règne entre eux deux que par les hilarantes difficultés qu'ils ont à cohabiter ensemble.
Le réalisateur Jean-Marc Vallée évoque «un feu d'artifice d'émotions» pour parler de son film… Promesse incontestablement tenue avec Dallas Buyers Club. L'harmonieux duo d'acteurs y est également pour beaucoup et les nominations aux Oscars de Matthew McConaughey et Jared Leto sont totalement justifiées.Mais si Dallas Buyers Club est si plaisant c'est parce qu'un impeccable travail a été fait sur le scénario. Commencé pendant le vivant de Ron Woodroof, il a été écrit par Craig Borten. Le scénariste a rencontré Woodroof pendant le mois qui précéda la mort de ce dernier, et ce n'est que vingt ans après que le film vit enfin le jour. Un travail long pour vraisemblablement s'appliquer le plus possible.Aborder un sujet si délicat, c’était s’attaquer à un terrain glissant. Le résultat s'est fait attendre, mais c'est pour finalement donner un film sublimé par une réalisation et des acteurs au top !
Par Mélanie Bonvard