©-DR-NIKITA de Luc Besson (1990) p18
03/03/2015 05:44 par tellurikwaves
Jeanne Moreau
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ça dépend des jours
LA CRITIQUE
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Nikita, sorti au courant de l’année 1990, a créé la sensation aux Cesar puisque cette cérémonie a consacré Anne Parillaud et lui a permis d’avoir le César de la meilleure actrice pour son rôle dans ce film. En pleurs, tout comme Luc Besson qui n’a pas pu cacher son émotion, elle est venue le remercier pour tout ce qu’il avait fait pour elle à travers ce film.
Et il faut dire que Nikita est un vrai film de « girls power » avant l’heure, faisant la part belle à l’actrice principale, et qu’à travers une ambiance de polar, thriller, ce film a lancé la carrière du célèbre réalisateur sur le plan international, lui permettant de réaliser des films tel que Léon ou Le Cinquième élément. Il reste un solide polar, efficace et sensuel,malgré une ambiance assez noire. A cette époque, le réalisateur n’était pas coutumier d’un humour démesuré et faisait des histoires relativement soutenues.
Que reste-t-il de Nikita après toutes ses années? Des flingues, une ambiance proche du huis clos pendant toute une partie du film, la mise en scène de Besson si caractéristique, le rôle tenu par Jean-Luc Anglade qui tombe sous le charme de cette femme enfant tueuse, comme souvent chez Besson, qui fait toujours la part belle à ses actrices. Ou encore la musique d’Eric Serra, le compositeur attitré du réalisateur depuis des années.
L’entrainement de Nikita est autant intéressant que joli, emprunt d’une certaine poésie, malgré l’impact et le fait que cette dernière soit une tueuse de flic. C’est d’ailleurs ici, à travers ce film, que se caractérise le plus la mise en scène et le souci du montage de Besson, véritable faiseur d’images plus que d’histoire, qui tourne toujours autour de l’amour et de l’action et présentant des personnages souvent à la limite. la fin est d’ailleurs assez ouverte, permettant au spectateur de s’imaginer un fin probable, même si on la devine assez aisément.
Le braquage d’une pharmacie par une bande de junkies en manque de drogue tourne mal : une fusillade cause la mort de plusieurs personnes dont un policier, abbatu par la jeune Nikita (Anne Parillaud), complètement en manque. Condamnée à la prison à perpétuité, celle-ci fait bientôt la rencontre de Bob (Tchéky Karyo), un homme mystérieux qui contraint la jeune femme à travailler secrètement pour le gouvernement.
Après quelques rébellions lors d’un entraînement intensif de plusieurs années, Nikita devient un agent hautement qualifié des services secrets, capable désormais selon Bob d’évoluer seule à l’extérieur. Celui-ci espère d’ailleurs s’en assurer lors d’une terrible mise à l’épreuve, dans laquelle Nikita doit éliminer un pilier de la mafia asiatique au beau milieu d’un restaurant bondé, en même temps qu’elle fête son anniversaire…
Avec Nikita, Luc Besson réalisera un de ses plus jolis film et lancera la carrière, sur le plan international, de Jean Reno, ami de longue date du réalisateur, avec lequel il a tourné Le Dernier combat, Subway ou encore Le Grand bleu et qui incarne le rôle du nettoyeur, petit rôle, qui sera développé en 1993 à travers le film Léon. Anne Parillaud y trouvera l’un des ses plus beaux rôles, sanctionné par un Cesar de la meilleure actrice.
Nikita fera l’objet d’un remake, Nom de Code : Nina en 1993, réalisé par John Badham, avec Bridget Fonda et Gabriel Byrne, qui s’averera assez loupé, voire complètement. Dans ce dernier, elle sera condamnée à mort, à la différence de la version française. La volonté d’expliquer les choses, de manière plus grossies que l’œuvre principale, enlève tout le charme de cette histoire. Mais une série sera développée plus tard, en 1997, qui connaitra un certain succès aux Etats-Unis, intitulée La femme Nikita, remportera un plus large succès auprès du public américain.
A bien des égards, Nikita a ouvert la voie sur un nouveau genre de cinéma d’action, en mettant en avant des rôles féminins forts. Si aujourd’hui, cela peut paraître évident pour bon nombre de spectateurs, à l’orée des années 1990, c’était quelque chose de peu banal. C’est d’ailleurs en cela qu’il a été salué par la critique. Bon nombre de personnes, surtout les adolescentes, se retrouvant dans ce personnage, pour son coté décalé, rebelle, sur la corde, et en même temps, assez féminin (et symbolisé par toute la séquence avec Jeanne Moreau).
Tcheky Karyo - Bob
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"Tout va bien ! rangez vos armes !"
- Mon cul ouais ! TOUT VA MAL !!
http://www.abusdecine.com/article/top-5-luc-besson
On a tous quelque chose en nous de Luc Besson. Son cinéma nous a forcément touché à un moment de sa carrière. De ses débuts complètement barrés ("Subway", "Le Grand Bleu") à ses films pour enfants ("Arthur et les Minimoys") en passant par son space opéra ("Le Cinquième élément") et ses portraits de combattantes ("Nikita", "Jeanne d’Arc","The Lady"), Luc Besson est un réalisateur qui a touché à beaucoup de registres avec pour seuls objectifs : donner du plaisir, et toucher par sa générosité et son honnêteté. Voici le classement d’Abus de Ciné de ses cinq films préférés du cinéaste français. Le meilleur du meilleur !
Tant qu’il y aura des femmes.C’est le même plan séquence qui ouvre "Le Grand Bleu" et "Nikita", mais les pavés de Paris ont remplacé l’eau. Luc Besson retrouve pour son quatrième long-métrage le plancher des vaches avec une histoire de son cru sur une femme qui intègre bien malgré elle les services secrets du gouvernement français. Avec sa "Nikita", Luc Besson se lance ainsi dans son premier film d’action. « Nikita, c’est joli comme prénom, ça vient d’où ?,lui demande Bob alias Tchéky Karyo.« D’une chanson ! »répond Nikita sans préciser l’origine anglaise du tube d’Elton John. Nikita, c’est Anne Parillaud qui se voit offrir à 30 ans le rôle de sa vie par celui qui partageait alors la sienne.
Film fort, doué d’un mélange de gravité et de bonheur, c’est un film sparadrap qui vous agrippe et vous scotche pendant deux heures. Le personnage de Nikita happe le spectateur par sa profondeur, sa force, son courage, sa ténacité, sa soif de vivre et sa fragilité. Besson n’a pas eu son pareil pour croquer des femmes au destin contrarié et au caractère affirmé. Nikita est également entourée de garçons inoubliables : un supérieur qu’on aime détester (Tchéky Karyo), un amant qui l’entraîne dans une merveilleuse histoire d’amour (Jean-Hugues Anglade) et un personnage culte interprété par un Jean Reno qui l’élèvera au rang d’icône : Victor le nettoyeur !
Un féru de la gâchette et de l’acide qui influencera énormément Besson dans l’écriture de "Léon", son premier film tourné sur le sol américain.Envoûté par la musique du complice Eric Serra, "Nikita" n’obtiendra finalement qu’une statuette aux Césars de 1991 : celle justifiée de la meilleure actrice pour Anne Parillaud...
Mathieu Payan
SENS CRITIQUE
Critique publiée par batman1985 le 12 décembre 2012
Nikita est le quatrième film de Luc Besson qui vient de se faire un nom avec le sympathique, mais surestimé Le grand bleu. On y retrouve dans cette oeuvre tout ce qui fait que le cinéaste français se démarque dans le cinéma hexagonal. Besson est tout simplement le seul capable de rivaliser avec les Américains pour livrer un film d'action policier qui ne pue pas l'oeuf pourri.
Après une fusillade dans la fameuse pharmacie et cette introduction plutôt vachement réussie, j'ai quand même eu peur. Très peur. Anne Parillaud, ça ne passe vraiment pas.Cette junkie hystérique qui hurle sans arrêt, je ne supporte vraiment pas. Alors quand il faut tenir 45 minutes avec son comportement d'indisci plinée en manque, c'est difficile. Fort heureusement, il y a des seconds rôles intéressants. J'ai toujours eu un faible pour Tcheky Karyo et sa gueule particulière. Jean Reno apparait dans un rôle qui préfigure Léon.
Il est tout simplement très bien, à une époque où il jouait dans ce qu'on pouvait encore appeler des films. Enfin, Jean-Hugues Anglade m'est apparu sympathique. Non, il y a vraiment qu'avec l'interprète principale que j'ai eu du mal pendant quelques temps. Après coup, Anne Parillaud ne me fait vraiment ni chaud ni froid, mais il a fallu s'accrocher.
On reconnait une certaine patte Besson, un style dans la mise en scène. Cette dernière ne manque nullement de rythme. Bien entendu, le scénario n'est pas ultra étoffé, mais il faut reconnaître que Besson n'oublie jamais la psychologie de ses personnages principaux. C'est d'ailleurs ce qui rend les différents protagonistes attachants. C'est ce qui permet aussi de ne pas sombrer à la crise d'hystérie face à Parillaud.
L'action est au rendez-vous et la scène du 23ème anniversaire dans le restaurant est tout simplement culte.Les autres missions ne sont pas en reste non plus. Dommage qu'une fois encore, dans la dernière mission, notre amie Nikita sombre à nouveau dans une crise d'hystérie, face à un métier qu'elle ne peut plus supporter et qui s'apparente à une prison dorée. Seul son amoureux l'aura vraiment aidée dans la vie.
Nikita est au final un film d'action intéressant, trouvant un équilibre entre cette action justement et la psychologie des personnages. Bien entendu, des défauts émaillent cette oeuvre, mais rien non plus de trop catastrophique pour jeter ce film à la poubelle. Les détracteurs de Besson n'aimeront forcément pas. Ceux qui aiment, généralement, aimeront. Avec quelques exceptions à cette règle bien sûr.