©-DR-WELCOME de Philippe Lioret (2009) p13
17/02/2015 10:19 par tellurikwaves
Critique publiée par SanFelice le 27 août 2011
Le cinéaste Philippe Lioret et l'écrivain Olivier Adam avait déjà travaillé ensemble sur le film "Je vais bien ne t'en fais pas" (adapté du roman d'Olivier Adam). Welcome est leur nouvelle collaboration, le romancier ayant participé au scénario. On y retrouve les mêmes qualités : l'intérêt pour les moindres détails, le grand souci du réalisme, une très belle capacité à provoquer des émotions. Et ici se rajoute l'appel à l'engagement politique.
Un jeune kurde arrive clandestinement à Calais dans l'objectif de rejoindre sa fiancée en Angleterre. Après un premier échec, il élabore le projet cinglé de traverser la Manche à la nage. Il prend des cours auprès de Simon (excellent Vincent Lindon, un de nos meilleurs acteurs actuels), maître-nageur et ancien champion de natation.
Les motivations de Simon ne sont pas toujours très nettes, surtout au début. S'il décide d'aider le jeune garçon, ce n'est pas par altruisme, bien au contraire. C'est pour tenter de reconquérir sa femme, avec qui il est en instance de divorce, et qui lui reproche de ne jamais s'engager pour la moindre cause. Le reste ne viendra que par la suite.
Car il sera obligé de s'engager encore plus. La politique ne lui laisse pas le choix, dans un pays où aider les autres est devenu hors-la-loi. Simon va courir de gros risques, dénoncé par son voisin.Ça permet à Philippe Lioret de faire un film très émouvant, loin des films politiques habituels. Le message n'est pas lourdement appuyé, tout y est subtil mais remarquable. Un très grand film.
Critique publiée par Mehdi Ouassou le 13 janvier 2011
Welcome nous conte l'histoire d'un français banal que la vie a sentimentalement détruit. Un homme errant dans les limbes de sa propre ignorance, ne sachant où aller, tourmenté par son glorieux passé où le bonheur et les joies émaillaient son quotidien. Une période de son existence aux antipodes de sa situation actuelle.
Pourtant, un jour comme tous les autres, une rencontre va bouleverser cette monotonie vide de sens. Contrairement à sa chute inéluctable vers la détresse et la souffrance, un adolescent en situation irrégulière vivant dans la pauvreté et la déchéance a pourtant gardé tous ses rêves de gosse et ses idéaux quant à l'amour et la vie malgré son statut et sa condition sociétale jugés non conformes aux yeux déshumanisés des gens d'aujourd'hui.
Le personnage joué tout en sobriété mais avec une grande profondeur par Vincent Lindon va ainsi, grâce à l'humilité et à la dignité du jeune sans-papier, retrouver son statut d'être humain, mais surtout le goût à la vie qui lui faisait tant défaut depuis si longtemps.
Welcome sous ses faux airs de critique sociale et politique d'une société gouvernée par et pour ses intérêts se caractérise davantage comme une rencontre entre deux être humains que tout sépare, mais dont la simplicité et la pureté de leurs amitiés réciproques permettront de briser toutes les frontières et toutes les barrières les écartant de la vraie beauté de leurs âmes. Une fresque sombre et sans espoir apparent, mais pleine d'amour et d'humanité pour ceux qui se battent encore pour un monde meilleur.
Critique publiée par Vino le 2 mai 2014
Avec Welcome, Philippe Lioret a le mérite de nous faire une esquisse réussie d’un problème d’une actualité brûlante en France, à savoir la place des immigrés dans notre société en nous proposant un scénario autour d’évènements que l’on ne connaît finalement que trop mal. Dans le meilleur des cas, on se les imaginait.
Le film de Lioret marque alors la rencontre entre deux individus qui se sont un peu égarés dans leurs vies respectives mais que tout oppose. Le premier, perdu dans un pays qu’il ne connaît pas et le second, errant dans une ville qu’il connaît trop bien. Accueilli d’un œil mauvais par les autorités françaises, le jeune Bilal ne désire qu’une chose, apprendre à nager et rallier les côtes britanniques par ses propres moyens.
Pari impossible et Simon le sait bien mais n’ayant personne à qui se rattacher après sa séparation d’avec sa femme, il va finalement trouver chez ce réfugié ces choses qu’il a perdu et qu’il voudrait avoir encore. Etre capable de traverser la rue pour la retenir. Interprété par un Vincent Lindon plus qu’impeccable, le film se veut ainsi être une fiction teintée de réalisme sur un fond politique amer qui fait grincer les dents. Bilal n’est pas ignoré comme il pourrait l’être, il est pourchassé, interdit de fréquentation.
C’est ce qui rend d’ailleurs la relation entre les deux personnages principaux si intense et si difficile aussi. Deux mondes s’opposent, deux idéaux : celui qui a des rêves et qui ne veut pas cesser d’y croire et celui qui a suffisamment bourlingué pour se rendre compte que le jeu n’en vaut pas la chandelle. L’espoir et la désillusion. Trop porté par ces espérances, Bilal ne la connaîtra finalement jamais la désillusion. Il n’en aura pas le temps.
Constat dur et bouleversant qui échappe toutefois au misérabilisme pur, Welcome est un film touchant et qui marque tout en conservant un degré de sobriété et de pudisme. Belle et froide comme les plages du Nord, cette œuvre, qui nous est offerte par un cinéaste engagé, fait briller le reflet des situations éphémères de ces immigrés qui marchent vers un demain meilleur.
SENS CRITIQUE
Critique publiée par Gérard_Rocher le 28 octobre 2013
Le centre de Sangatte a été fermé et c'est ainsi que dans Calais une foule d'émigrants erre dans les rues dans un état de dénuement total, subissant les contrôles et les sarcasmes des autorités et le mépris d'une certaine catégorie de la population locale. Seuls quelques bénévoles tentent de leur apporter un peu de chaleur humaine malgré les interdits d'une loi répressive. Simon qui est maître nageur dans une piscine de Calais est sur le point de divorcer de Marion laquelle ne compte pas son temps pour venir en aide et porter assistance aux clandestins. Toujours amoureux il aimerait reconquérir le coeur de sa femme. L'occasion va peut-être lui en être donnée lors d'une rencontre avec Bilal, un jeune kurde de dix-sept ans.
Celui-ci, comme tant d'autres, vient d'effectuer quatre mille kilomètres dans d'atroces conditions afin de rejoindre l'Angleterre où il espère retrouver Mina sa bien aimée et trouver du travail. Malheureusement l'entreprise échoue à Calais et Bilal qui veut jouer sa chance à fond espère traverser la Manche à la nage. Il va donc à la piscine suivre quelques cours et Simon va le prendre en main, l'héberger et s'attacher à ce jeune homme. Il va tout mettre en oeuvre pour que Bilal puisse atteindre son objectif malgré les menaces et les tracasseries incessantes de ses voisins et de la police.
Dans la nuit noire et sous la pluie, de longues files de camions sont en attente afin de partir vers l'Angleterre. Cachés dans les remorques des émigrants qui ont tout quitté croyant partir vers un hypothétique eldorado essayent de sauter d'un camion à l'autre et tentent d'échapper à de fatidiques arrestations. Les véhicules sont contrôlés, fouillés par les policiers accompagnés de chiens. Certains émigrants comme Bilal craquent. Ils ont usé leurs dernières forces et voient leurs maigres espoirs de liberté s'arrêter net. Calais sera leur terminus. Ils erreront comme tant d'autres, tenteront de survivre sous le regard parfois méprisant d'une population lassée de cette atmosphère de misère, de règlements de comptes et de larcins.
Quelques bénévoles sensibilisés par cette extrême détresse tentent de nourrir dehors et par tous les temps ces êtres perdus. La police surveille et fiche ces personnes qui luttent comme elles peuvent afin d'éviter la mort de ces émigrants. Marion fait partie de ces gens dévoués et courageux. Elle va divorcer de Simon le maître nageur qui lui ne se soucie guère à ce moment de la misère environnante. Son proche divorce le mine, il souffre en silence et l'arrivée dans sa vie de Bilal et d'un compagnon d'infortune va tout bouleverser.
C'est sous le regard bienveillant de Simon que Bilal s'entraîne comme un fou à la piscine avec la ferme intention de traverser la Manche à la nage. Par sa ténacité très vite il se sent prêt à rejoindre Mina à Londres. Mais de ce côté, les nouvelles ne sont pas bonnes car la jeune fille va se retrouver mariée de force par son père avec un restaurateur, un homme de sa culture en pleine réussite. Une véritable complicité s'établit alors entre Bilal et Simon qui, dénoncé par son voisin, se retrouve en garde à vue pour avoir offert un refuge à un clandestin mais qu'importe, la lutte continue. Le jeune Bilal jugeant le moment venu de traverser la Manche à la nage s'élance alors vers sa destinée et vers sa bien aimée mais attention car la police patrouille sur terre comme sur mer...
C'est un honneur de commenter une oeuvre aussi aboutie que celle-ci. Le réalisateur Philippe Lioret lequel vient récemment de se faire brillamment remarquer par son film "Je vais bien, ne t'en fais pas" rencontre l'écrivain Olivier Adam auteur du livre "A l'abri de rien" dont le sujet relate l'histoire d'une femme qui porte assistance aux clandestins laissés sans toit depuis la fermeture de Sangatte. Le metteur en scène part de cette histoire pour nous entraîner dans l'une des pires réalités que connaît la France, patrie des "Droits de l'Homme". Sangatte est supprimé jetant à la rue, dans les bois, sans aucune hygiène et nourriture, quantités de gens désespérés et livrés à eux-mêmes.
Quel drôle de climat que celui que fait régner un gouvernement demandant aux autorités concernées de réprimer les bénévoles qui tentent de rendre un peu moins atroce des existences broyées par les conséquences politico-économiques d'un monde en folie! Sur le paillasson du voisin de Simon qui prend soin de son petit caniche, il est marqué "welcome". Et pourtant ce voisin "accueillant" va dénoncer à la police la présence de clandestins chez Simon. Un tel contexte mène à des situations ignobles qui nous font penser à des moments peu glorieux que la France connut naguère.
Dénonciations, humiliations, misère, mafia et racisme, voici les conséquences d'un problème humanitaire que les gouvernements n'ont pas su appréhender au regard de l'humanitaire. L'honneur de la France et des autres pays concernés est en jeu. Il faudra bien qu'un jour cette question soit réglée et que ces personnes désespérées retrouvent toit, dignité et famille. Il faudra bien se mobiliser aussi pour ces personnes dont la situation empire de jour en jour. Il faudra bien que l'on s'intéresse un peu plus aux passeurs qu'aux bénévoles qui ne font en fait que porter assistance à personnes en danger. Allons assez d'hypocrisie!
La France n'est pas le pays aussi acueillant et humanitaire que l'on veut bien nous faire croire car la précarité, la misère et la détresse gagnent sournoisement du terrain. Philippe Lioret a réalisé un film que chacun se doit d'aller voir si l'on a pas peur de regarder en face la vérité qui dérange. Vincent Lindon est absolument admirable dans son personnage, passant de l'indifférence à l'affection pour son protégé, le préparant alors afin que, comme un oiseau, il prenne son envol vers des horizons meilleurs. Firat Ayverdi compose avec beaucoup d'émotion ce gamin de dix-sept ans privé de liberté, privé de son amour et sans cesse rejeté ou traqué.
Audrey Dana est excellente dans son rôle de femme combattante, peut-être encore amoureuse et en tout cas sensible à la "métamorphose" de son ex- mari. On vit avec beaucoup de tendresse l'épreuve que subit Mina, Derya Ayverdi, la bien aimée de Bilal, victime elle aussi de la misère et d'une culture rigide imposée par son père. J'ai également apprécié la musique composée par Wojciech Kilar, Nicola Piovani et Armand Amar qui colle avec beaucoup de subtilité aux situations et aux images très réalistes.
Je disais dans mon article qu'il s'agit là d'un film abouti et je le répète car rarement une oeuvre n'a donné autant à méditer sur une terrible situation d'actualité dont on ne parle pas à sa juste mesure. Là-bas, tout près de chez nous, chaque jour des gens meurent de faim, d'épuisement, de maladie. Si ce film peut servir à faire connaître auprès du plus grand nombre ce "cancer" qui ronge non seulement Calais mais la France toute entière, Philippe Lioret défenseur des causes nobles, comme Costa-Gavras, aura atteint son but. Personnellement, il m'a convaincu et bouleversé, ce film est un chef-d'oeuvre absolu !
La critique de MATIERE FOCALE
Vincent Lindon est en fait un prof de natation, ce qui expliquerait bien des choses quand on y repense, et dans le Pas-De-Calais en plus, pour ne rien arranger. Il rencontre, près du grand bassin, un jeune Kurde qui lui demande de lui apprendre à nager. Ce dernier aimerait en fait rejoindre l'Angleterre pour manger des chips au vinaigre et hurler des refrains des Smiths, le samedi soir, au pub, dans les oreilles de touristes français. Lindon, fraîchement divorcé de Madame qui, elle, est justement bénévole auprès des sans-papier Q, comme on dit à Groland, va aider le jeune homme et même l'héberger ce qui lui vaudra de sacrées remontrances de la police, alertée par son voisin homophobe et vichyste. Que faire ?
Côté mise en scène, c'est aussi beaucoup mieux, notamment par la photo, moins bleue, moins France Bleu même, dirais-je, beaucoup plus précise qu'une retransmission de LCI du Tour d'Italie. Le son aussi, c'est mieux. Lioret exploite à fond sa mère en ce qui concerne l'utilisation du Dolby Surround Digital 5.1, D'un point de vue musical, aussi, il y en a. Les dialogues s'entendent, c'est merveilleux, à l'image de la bande-annonce, plus que fidèle, conforme dirais-je, qui redonne espoir dans les objets de conception européenne, créés par des artisans qualifiés professionnels.
WELCOME a été voulu et construit comme une fenêtre ouverte sur soi et le monde, et replace la pertinence du cinéma du réel (ce qui n'empêche pas le lyrisme, comme dans cette scène où le jeune kurde, en pleine traversée du Channel, pète dans sa combinaison de plongée et dans la Manche, ce que mon voisin commentera d'un "vachement souple !") dans un contexte d'actualité des plus contemporains. Ni prêchi-prêcha, ni autoritaire, le film retrace avec un style fordien les luttes nécessaires de notre humanité d'individus ressentant, bien loin des films-jetables (et souvent rasoirs ! hihihi !) qui envahissent trop souvent nos multiplexes. WELCOME rappelle que le cinéma est là pour changer le monde et le faire évoluer au prix d'idées plus juste et gorgées de pertinence, comme en plein Gers. Changer le monde et le faire évoluer, voilà bien aussi ce que pense faire cette humble critique.
Kiss. Bsx. Ptdr.
Woké Michel. Pour ça, on accueille Petite-Critique. Bonsoir. Bonsoir Gérard. Ta fréquence ? Ta Fréqueeeeeence, merde ! Bon, c'est bon, celui-là, il retourne au standard.
Dr Devo.
La critique de WORLD SOCIALIST WEBSITE
NEWS CINÉ-SÉRIES
Eric Besson demande au cinéaste de "retirer ses propos" faisant un parallèle sur la situation des migrants à Calais et celle des Juifs en 1943. Philippe Lioret répond que "Welcome" dénonce des "mécanismes répressifs".En pleine journée de sortie du film, la torchon brûle entre les deux hommes. Samedi, Eric Besson accusait le cinéaste auteur de "Welcome", Philippe Lioret d'avoir "plus que franchi la ligne jaune lorsque, dans une interview à La Voix du Nord, il dit ‘les clandestins de Calais sont l'équivalent des juifs en 43' : cette petite musique-là est absolument insupportable". Philippe Lioret contre-attaquait dans une lettre ouverte au ministre de l'Immigration publiée par Le Monde (daté de mercredi). Le cinéaste y assurait avoir voulu, avec ce film, non pas mettre en parallèle la situation des migrants à Calais et celle des juifs sous l'occupation, mais dénoncer des "mécanismes répressifs" qui se "ressemblent étrangement".
"Sachez qu'en l'occurrence, je ne mets pas en parallèle la traque des juifs et la Shoah, avec les persécutions dont sont victimes les migrants du Calaisis et les bénévoles qui tentent de leur venir en aide, mais les mécanismes répressifs qui y ressemblent étrangement ainsi que les comportements d'hommes et de femmes face à cette répression", écrivait le réalisateur. "Il y a quelques jours encore, près de Béthune, une femme a été mise en garde à vue pour avoir simplement rechargé des téléphones portables de migrants. ‘Welcome' ne fait qu'illustrer ce genre de fait divers", ajoutait Lioret, affirmant "la réalité, dit-on, dépasse souvent la fiction". Un propos illustré par Jean-Claude Lenoir, président de l'association Salam, qui vient en aide aux migrants à Calais accuse le ministre de l'Immigration de "polémiquer" pour "salir" le film de Philippe Lioret. Selon lui, "Welcome" est un "très bon film, très bien documenté (...) même si le quotidien est souvent bien pire. Il ne se passe pas une seule journée sans que des gens soient matraqués ou gazés".
"Tout le monde a le droit de déraper, mais..."
Réponse ce mercredi de Besson à la réponse de Lioret. Si le ministre estime que le film est un "très bon film", il demande au réalisateur de "retirer ses propos". "Le film lui même est émouvant, Vincent Lindon joue bien et c'est un très bon film, ce que je regrette, c'est l'avant-vente ou l'après-vente du film, il y a eu un dérapage qui est lourd, grave et inacceptable de Philippe Lioret qui tente maintenant de l'atténuer", a-t-il déclaré sur Canal+. "Tout le monde a le droit de déraper, mais dans ce cas, il faut le dire clairement : je retire mes propos... Le vocabulaire qui est issu de la deuxième guerre mondiale, traque, rafle, assimilation aux Juifs en 43, est un vocabulaire grave inacceptable et que, selon moi, on ne devrait jamais utiliser dans le débat politique", a ajouté Eric Besson.
"La situation de Calais est difficile parce que ces personnes ne veulent pas rester en France qu'il s'agisse des Afghans, des Somaliens, des Erythréens... coûte que coûte, ils veulent aller en Angleterre, il ne veulent pas demander l'asile à la France, ils pourraient le faire, nous les aidons et mon ministère met à leur disposition des places d'hébergement qu'ils ne veulent pas utiliser", a poursuivi le ministre. "Donc, je n'accepte pas qu'on dise que ces personnes sont maltraitées alors qu'elles veulent passer clandestinement en Angleterre, ce que l'Etat français ne peut pas faciliter, ce sont les passeurs que nous essayons de traquer et je ne vois pas quel républicain, quel humaniste pourrait avoir le moindre état d'âme à ce que la police traque les filières d'immigration clandestine", a t-il dit.Et la polémique gagne les partis politiques. Le Parti communiste français (PCF) a apporté mercredi "tout son soutien" à Philippe Lioret, estimant que le ministre de l'Immigration "dépass(ait) les bornes".
Infos tournage
La Berlinale
Le film de Philippe Lioret, est sélectionné pour le Festival de Berlin en sélection officielle «Panorama».
Un film prometteur
Deux ans après le très réussi Je vais bien, ne t'en fais pas et son succès justifié, avec près de 900 000 entrées en salles et deux césars, le metteur en scène revient avec un long métrage prometteur. « Ce film passe-t-il dans les écoles ? C'est de l'éducation civique ! » C'est peu dire que Welcome a impressionné les spectateurs de l'avant-première à Dunkerque en Juillet dernier. Juste et sensible, le film a fait l'unanimité.
Personnages
A l'affiche, nous retrouvons l'excellent Vincent Lindon, aux côtés d' Audrey Dana et de Firat Ayverdi. L'histoire se concentre sur Simon, maître nageur à la piscine de Calais qui, pour impressionner et reconquérir sa femme Marion, prend le risque d'aider en secret Bilal, un migrant kurde de 17 ans, qui veut rejoindre sa petite amie à Londres en traversant la Manche à la nage depuis Calais... Un film qui s'annonce d'ores et déjà mélancolique et bouleversant, à l'image de son prédécesseur. Ce nouveau métrage permet d'ailleurs au réalisateur de retrouver ses auteurs fétiches,favoris Emmanuel Courcol et Olivier Adam.
Symbiose artistique
Deux fortes têtes portent l'histoire. Philippe Lioret derrière la caméra, Vincent Lindon devant. Cela fait un moment que l'histoire des migrants de Calais tourmente le réalisateur. Il a écrit celle de Bilal avec Emmanuel Courcol. Humaine, sensible. « Le sujet est énorme parce qu'il est chargé d'humanité. La dramaturgie est sous-jacente. J'avais envie de raconter une belle histoire, qui prenne les spectateurs. Montrer une histoire qui touche. » explique le cinéaste.
Philippe Lioret est allé à Calais pour rencontrer les bénévoles des associations qui aident les migrants. S'est pris de plein fouet leurs conditions de non vie. Leur soif de meilleur qui n'apporte souvent que le pire. « Ça paraît banal de le dire, mais c'était difficile de le filmer sans tomber dans les clichés, le sentimentalisme, le consensuel. » dit Philippe Loiret. Dans Welcome, Il tord le coup à tout ça.
Le cinéaste trouve en Vincent Lindon son double devant la caméra. Même brute sensible. « Il était temps que je travaille avec lui », dit l'acteur à propos de Philippe Lioret. « Je crois que c'était le moment pour moi de faire ce film, avec Vincent. Il n'y avait pas un autre acteur en France qui pouvait jouer Simon. On était à l'heure pour faire ce film et travailler ensemble », répond Philippe Lioret.
Un film engagé
Bien que Welcome, raconte avant de dénoncer : « Il n'y a qu'à travers la fiction qu'on peut aborder un vrai sujet comme celui-là. Le souci de provoquer une prise de conscience, on ne l'avait peut-être pas en tournant. Calais, c'est notre frontière mexicaine à nous, ça a une connotation invraisemblable, confie Philippe Lioret. Si on risque la prison parce qu'on aide les gens qui veulent passer de l'autre côté, ça rappelle une période trouble de notre histoire. Mais bien sûr, d'une certaine façon, on prend position contre Sarkozy qui ferme Sangatte et laisse les gens dehors par moins quinze ». Pour la justesse de l'écriture et du jeu, Loiret veut un film qui frappe, éveille et éblouit le spectateur.