©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p13

14/02/2015 04:35 par tellurikwaves

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    14/02/2015 04:35 par tellurikwaves

Critique publiée par Velvetman le 10 juillet 2014
Room in Rome dépeint avec un érotisme feutré la nuit de deux femmes qui viennent tout juste de se rencontrer. Un petit moment de vie inégal mais plein de grâce.Restant tout la soirée dans une chambre d’hôtel, le réalisateur va les voir se rapprocher, s’éloigner puis s’aimer jusqu’à n’en plus soif.

Bizarrement, le film part très mal,avec ces faux airs kitchs et désuets de Woody Allen avec cette grande Russe un peu cruche, et cette petite jeune femme espagnole accoutrée comme un garçon manqué d’une dizaine d’années (pour bien nous montrer que c’est elle la plus lesbienne des deux hein, facepalm). Puis étant sous le charme l’une de l’autre, elles vont sedéshabiller, se toucher, pour ne plus se quitter, pour ne plus remettre leurs vêtements durant toute la durée du film (ou presque).

A partir de là l’essence même de Room in Rome va naitre, s’intéressant de près à l’alchimie de deux corps. La mise en scène, qui arrive à s’extirper facilement de son idée de huit clos, magnifie avec pudeur la beauté des deux femmes grâce à un subtil travail sur le cadrage et la luminosité. Leur peau, leur bouche, leur main, leur geste, leur attraction tout est savamment épluché aux moindres détails.

La force du film reste allégrement son naturel tactile. Malgré la nudité permanente des deux femmes, il n’y a aucune gratuité ni aucune complaisance dans l’effet de style, on pénètre, si je puis dire, dans l’intimité de ses deux femmes, dans l’osmose, dans l’appréhension de l’inconnu comme tout le monde peut l’avoir vécu.

C’est beau, jamais outrancier, mais terriblement sensuel, notamment à travers la plastique somptueuse de la sublimissime Natasha Yarovenko. Les confidences sont alors plus précises, moins mystérieuses, parfois brutalement tragiques. Le film n'explore pas seulement leur attirance physique mais prend le temps de se pancher sur leur émotion distincte.

Autant Room in Rome arrive à souvent enchanter visuellement, autant narrativement le film ne va pas forcément au bout de ses idées. J’aurai préféré voir quelque chose de plus jusqu’auboutiste dans le contemplatif, dans l’emboitement charnel, alors que pendant ce temps-là Room in Rome s’enferme dans un processus narratif parfois un brin redondant et répétitif : révélation mystérieuse puis silence et pleurs, puis réconciliation sur l’oreiller.

Parfois envahi par une musique pompeuse trop présente, le film dégage tout de même une atmosphère poétique, humaine, presque commune, laissant apparaitre leurs passions et les questionnements amoureux. L’alchimie est parfaite entre les deux femmes, notamment durant cette fin très bien écrite, où une fragilité non artificielle se dévoile. Room in Rome est un joli petit film érotique, d’une sensualité à consommer sans modération.(dommage pour cette petite phrase !)

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p12

14/02/2015 04:26 par tellurikwaves

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    ©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p12

    14/02/2015 04:26 par tellurikwaves

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p11

14/02/2015 04:23 par tellurikwaves

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    14/02/2015 04:23 par tellurikwaves

SENS CRITIQUE

 

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Critique publiée par Naoki38 le 8 mai 2013 (modifiée le 8 mai 2013)
Faut dire que je suis bon public et que ces films légers avec des histoires d'amour dedans ça me plait toujours bien. Forcément je vais pas être sévère.

Le scenario est très simple dans le fond mais un défaut du film c'est qu'il complique à outrance(?) la compréhension de manière maladroite.(?) Les deux filles essayent plus ou moins de ne pas trop en dévoiler sur leur vie respective et donc inventent des histoires et des petits mensonges.

Même si au final on arrive à connaitre la vérité, quand on est à la moitié du film, on ne capte pas grand chose à qui est qui et qui fait quoi. C'est vraiment pas agréable. Puis le film se répète un peu dans sa construction. On a des moments d'euphorie, puis elles font l'amour puis l'une des deux devient triste alors l'autre la console, elles sont de nouveau heureuses, refont l'amour puis c'est au tour de l'autre d'être triste.

Faut pas croire non plus, elles sont certes nues tout le long du film mais il n'y a pas tant de sexe que ça. Sur les 1h45, doit y en avoir à peine 5 minutes.Après j'ai trouvé intéressant le mélange avec la culture antique et les tableaux qui se trouvent dans cette chambre. C'était pas oufissime mais ça ajoute un petit côté pas désagréable.Un autre problème qui devait être exclusif à ma version c'est que j'avais pas les sous-titres quand il y avait des passages en italien, espagnole ou russe, c'est un peu gênant tout de même.

Les actrices sont plutôt bonnes (ahah). Bon en fait j'ai rien à dire sur elles, c'était juste pour la blague.Dans l'ensemble la réalisation est pas mal. C'est juste à la fin où on sait pas pourquoi, y a des plans merdiques avec la caméra à l'épaule qui bouge n'importe comment. On a malgré tout parfois de jolies images et mise en scène. Le plan séquence du début est aussi notable.

Par contre, la musique, vraiment, c'était utile de mettre 5 fois la même chanson ? De tête, elle est réellement utilisée 5 fois. Bon elle est sympa à écouter mais la foutre en boucle c'est un peu abusé : https://www.youtube.com/watch?v=NgbcXig1TZ8Bon c'est pas tout mais faut que j'aille vérifier sur google map si leur drapeau y est vraiment. Edit : J'ai été voir et en fait c'est assez drôle, l'hôtel en question n'existe pas. Il semblerait qu'ils l'aient rajouté sur la vue aérienne qu'ils proposent dans le film. Ah les fourbes !

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p10

13/02/2015 17:06 par tellurikwaves

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    13/02/2015 17:06 par tellurikwaves

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p9

13/02/2015 16:58 par tellurikwaves

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    ©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p9

    13/02/2015 16:58 par tellurikwaves

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13/02/2015 16:55 par tellurikwaves

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    ©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p8

    13/02/2015 16:55 par tellurikwaves

SENS CRITIQUE

 

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Critique publiée par JmK le 25 avril 2011
Julio Medem s'est dévoilé au grand public avec Lucía y el Sexo en 2001, son premier grand succès internationalt, révélant au passage le talent de la charmante Paz Vega. Il a fait le buzz l'an dernier en tournant dans les festivals de cinéma avec ce film qui est arrivé comme une petite bombe de fraicheur dans l'univers plutot fermé etunderground du cinéma LGBT. Exercice de style ou simple fantasme hétéro? Le chirurgien devenu cinéaste s'attaque ici à un genre particulier du cinéma qui à tendance à provoquer et à sortir le spectateur des sentiers battus pour le livrer en pâture à une relation passionnelle entre deux être.

Simple buzz pour faire parler de lui où véritablefilm intimiste? La question ne se pose plus et Medem surprend encore agréablement son public.Beaucoup sont monté au créneau avec ce film, criant au film lesbien pretexte à ne montrer uniquement qu'un enchaînement de scènes 'érotiques' vide de sens. La plupart se sont bien vite ravisé, car Medem ne fait rien de plus que vivre avec les moeurs de son temps tout en cherchant à toucher un public qu'il n'avait pas vraiment su interesser jusque là.

Si Habitación en Roma montre une relation passionnelle entre deux femmes, le film aurait très bien pu fonctionner avec deux hommes ou avec un homme et une femme. L'important n'est pas le 'genre' du couple, mais bien le huis clos intimiste où deux personnes se livrent sans pudeur. Des films de ce type, il en existe bien d'autres et celui là ne fait qu'ajouter sa pierre à l'édifice d'un genre trop souvent décrié.

On se souviendra par exemple de 9 Semaines 1/2; Le Dernier Tango à Paris; Une Liaison Pornographique ou encore Anatomie de l'Enfer qui ont tous exploré un pan plutot marginal de la libido humaine, chacun y allant de sa vision et n'hesitant jamais à choquer pour ouvrir ou liberer les esprits les plus étroits. Le film de Medem se veut plus théâtral et plus humain à la fois. On a ici une unité de temps et une unité de lieu qui exacerbent le coté intimiste de l'histoire et de la relation entre ces deux femmes, plongeant litteralement le spectateur au coeur du sujet, enfermé avec ces deux femmes qui se découvrent et se dévoilent.

La réalisation est intelligente et ne fait jamais dans le voyeurisme. On trouve ici un rythme calme et lancinant, évoluant à mesure que la relation entre Alba et Natasha s'intensifie ou s'apaise, donnant l'impression quele tempo est calqué sur les battements des coeurs de ce couple. Les mouvements de camera et les cadres sont précis et posent clairement un coté artistique et contemplatif sur cette chambre d'hotel. Souligné par de véritables tableaux, la chambre devient le décors d'une multitude de tableaux humains qui font se croiser plusieurs courant tels que le romantisme, le réalisme, maniérisme ou encore le préraphaélisme, le tout constituant une sorte de mise en abime, de l'art dans l'art, avec cette chambre romaine où se confrontent plusieurs styles italiens allant de la renaissance à nos jours.

Cet effet est renforcé par un contraste anachronique flagrant lorsqu'on introduit à l'image des éléments technologiques actuels comme les téléphones ou l'ordinateur portable qui détonnent vraiment avec ce coté 'art ancien' que nous expose la chambre. Les intrusions se font aussi sur un autre plan métaphorique avec les quelques interventions de Max, le gardien de nuit de l'hotel, faisant office ici d'elements perturbateur perçu comme un 'corps étranger' dans la bulle qui entoure les deux femmes. Le personnage masculin fait ici figure du 'macho', apportant avec lui sont lot de vices et de désirs, dévoilant ainsi certains aspects de la personnalité des deux protagonistes féminines.

 Natasha la russe montre son temperament slave plutot passif, elle subit presque la situation mais ne proteste pas plus que ça. Alba l'espagnole montre elle son caractère et son temperament latin, celui des femmes méditerranéennes qui ne se laissent pas faire, se posent et s'imposent faces aux hommes. Une vision pertinente, bien qu'un peu cliché, qui ne frôle le sexisme qu'à cause des genres des personnage et qui ne serait pas possible sans un travail scenaristique poussé.

Le scénario de Julio Rojas, supervisé par et co-écrit par Medem en personne, est assez pointu et suffisamment travaillé pour que le spectateur se prenne au jeu. Les aspects développés des personnages peuvent parler à une grande majorité du public et pas seulement à des femmes, meme si dans ce cas précis le processus d'identification est évidemment plus facile. Pour éviter de tomber dans les stéréotype ou d'afficher une vision trop 'masculine' de la Femme, on notera que les deux scénariste on fait appel à Katherine Fugate (scénariste, créatrice de la serie Army Wives, élue deux fois de suite à la chaire de la Writers Guild of America et faisant partie des élues en 2008 au titre de Variety's Women of Impact) pour les conseiller et superviser les dialogues.

Pour explorer la psyché feminine et leurs tracas quotidien, c'est vrai que ce n'est pas forcément vers un homme qu'on se tournera et cette initiative des scénariste porte ses fruits de façon remarquable. Le film va en effet bien plus loin que de simplement nous décrire une nuit de sexe passionnel entre deux femme, c'est avant tout une rencontre, une confrontation, une mise a nue de deux êtres qui se découvrent et en viennent à se parler presque sans retenue tout en gardant une certaine pudeur.

Le paradoxe de la pudeur est supéfiant et criant de réalisme lorsque qu'on voit que ces deux femmes nues avoir parfois du mal à aborder certains sujet et il apparait ainsi qu'il est parfois plus évident de se montrer exterieurement que de livrer ce qu'on a à l'interieur. Le désir et l'amour sont des sujets récurrent dans le film, la sexualité aussi, mais on restera surtout subjugué par la rencontre et le huis clos en soi. Tout ce qui se joue dans cette chambre cette nuit là nous rappelle que parfois notre vie peut basculer au simple détour d'une rencontre...

Si l'aspect psychologique est vraiment travaillé, l'aspect physique n'est pas en reste avec une photographie très soignée. La chambre nous est montré comme une sorte de vieux théâtre, exposant ses tableaux, ses moulures, son aspect témoignant de plusieurs siècles d'histoire où nos protagonistes sont venu apporter une poésie contemporaine absente jusque là. Les lumères et les jeux d'ombres subliment les corps qui se fondent au décor pour apparaitre sous un jour très pictural, soulignant ainsi toute la sensualité présente dans certaines oeuvres d'art qui ont certainement inspiré quelques plans du film. Un travail remarquable qui arrive à nous faire oublier la nudité pour n'y voir que l'art et la beauté des corps semblables à deux Vénus romaines.

 Pour parfaire cette imprégnation artistique, la bande originale se fait tantot discrete, tantot envoutante, soulignant souvent avec justesse les émotions et les intentions perceptibles. Une bande originale sobre et classieuse qui met en valeur les acteurs juste ce qu'il faut... Les acteurs sont pour beaucoup dans la réussite du métrage tant ils sont naturels. Le duo Elena Anaya/Natasha Yarovenko est juste fabuleux... La fraicheur de Yarovenko combiné au talent et a la justesse de Anaya donnent à ce couple toute la crédibilité nécessaire pour nous faire basculer complètement dans leur histoire. Elles donnent à leurs personnages la teneur et les émotions qu'il faut pour qu'on perçoive sans difficultés leurs personnalités, leurs forces, leurs fragilités, leurs désirs...

Une interpretation juste et humaine qui n'est pas sans rappeler les périodes fastes d'Almodóvar, qui sait parfois dénicher des acteurs fantastiques et les diriger comme personne afin de nous offrir un drame humain qui nous prendra aux tripes. Certaines scènes et dialogues ramènent aussi parfois au duo Tom Cruise/Nicole Kidman sous la houlette de Kubrick dans Eyes Wide Shut avec ce coté 'cru' et ce réalisme qui arrive à effrayer ou à fasciner. La difficulté pour le duo tient aussi dans la nudité et les scènes de sexe, ces dernières étant souvent assez ratés au cinéma.

Là encore le naturel est presque bluffant et les deux actrice n'ont vraiment rien à envier aux références du genre ou aux films ouvertement lesbiens. Le personnage masculin à aussi son importance et là encore on peut saluer la prestation de Enrico Lo Verso qui est juste parfaite...Le problème majeur du film vient de son coté peu facilement accessible avec un cinéma d'auteur mêlé à un cinéma humaniste et humain de premier ordre. Il est clair que certains spectateurs risquent de trouver ça longuet, sans grand interet et peu passionnant.

A cela s'ajoute les tabous toujours présent en ce qui concerne l'homosexualité, et pour les spectateurs que cela gêne, c'est une évidence qu'il leur faut peut-être éviter ce film, bien que ce dernier ne fasse pas l'apologie de l'homosexualité et qu'il reste interessant à d'autres niveaux. En dehors de ces deux gros points noirs, on se retrouve avec un film aussi simple que profond qui nous raconte une histoire aussi vieille que le monde, l'histoire d'un désir inexpliquable entre deux personnes qui finissent par lui succomber, ne serait-ce que le temps d'une nuit, le temps d'un film...

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p7

13/02/2015 16:52 par tellurikwaves

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    ©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p7

    13/02/2015 16:52 par tellurikwaves

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p6

13/02/2015 16:50 par tellurikwaves

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13/02/2015 16:29 par tellurikwaves

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    13/02/2015 16:29 par tellurikwaves

Le réalisateur Julio Medem

 

 

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La critique de CINEMATOGRILL
Julio Medem est un réalisateur espagnol qui est très peu connu en France, mais c’est à mon sens l’un des cinéastes ibériques le plus intéressant. Ses œuvres allient à la fois, sexe et poésie. Je vous assure que c’est possible. Dans ses œuvres, rien n’est vulgaire, rien n’est sale, tout n’est qu’amour, plaisir, passion et onirisme. Room in Rome ne déroge pas à cette règle.

Décryptage

L’histoire : Une jeune femme espagnole homosexuelle rencontre une jeune femme russe hétérosexuelle dans les rues de Rome; la première invite la deuxième à passer la nuit dans sa chambre d’hôtel où va naître entre elles une passion qui, selon leur accord, ne doit durer qu’une seule nuit.Un beau huis clos passionnel

Le film est conçu presque comme une pièce de théâtre érotique, il répond à certaines règles du théâtre classique: unité de lieu, unité de temps, unité d’action. Medem réussit en utilisant ce procédé à capter l’essentiel c’est-à-dire la passion entre les deux jeunes femmes. Pour autant, le film est beaucoup plus intéressant que ce que l’on peut en déduire de son simple résumé (et de son condensé d’extraits de 12 min sur XHamster mais cela on y reviendra tout à l’heure).

Room in Rome me fait penser à un film français, assez intéressant, du début des années 90  qui était « Nuit d’été en ville » de Michel Deville.(ben pas moi !! je me suis hyper barbé durant ce film) Un film où la regrettée Marie Trintignant et le sous-exploité Jean Hugues Anglade incarnaient deux inconnus qui vivaient leur première nuit ensemble et en profitaient pour se livrer des éléments sur leur vie personnelle autour de l’amour. Ici, le film de Medem reprend le même concept mais là où le film de Deville pouvait passer pour un film assez répétitif et parfois chiant (n’ayons pas peur des mots) (nous sommes d'accord)celui de Medem est extrêmement intéressant.

Ce dernier utilise un jeu de rôles entre les deux protagonistes principaux,où chacune tente d’obtenir de l’autre un maximum d’informations sur l'autre tout en racontant de belles histoires teintées de mensonge pour ne pas se dévoiler .de plus il a l’habileté de laisser persister le suspense sur l’issue de leur nuit passée ensemble jusqu’à la dernière scène du film .

Un film alliant à la perfection sensibilité et érotisme

Room in Rome reste avant tout à l’image de tous les autres grands films de la filmographie de Julio Medem c’est-à-dire un drame érotique. Les deux actrices sont nues pendant 90% du film et il y a deux ou trois scènes de sexe lesbiennes assez réalistes; mais Medem impose sa patte et sa mise en scène assez sensible et bienveillante. L’effet est immédiat, passé la première demi-heure, la tension érotique s’estompe entre les scènes de sexe et on oublie même parfois que les actrices sont nues. (j'imagine qu'on finit par s'habituer)

Medem nous offre certains plans tout justes superbes extrêmement bien accentués par la B.O qui transforme ce huis clos érotique en un ballet amoureux sublime. À l'instar de son autre grand film « Lucia y el sexo », Medem livre avec Room in Rome, un joli poème érotique. Ce qui est frappant, c’est que ce film est sorti en direct to dvd en janvier 2012 soit plus d’un an avant « La vie d’Adèle »  et je trouve le film de Medem mieux réussi que le film de Kechiche. Bien sûr Adele est un excellent film mais il manque cette sensibilité que l’on ne retrouve que dans le film de Medem ; déjà parce que les scènes de sexe ne ressemblent pas à un film « porno lesbien » comme c’est le cas dans « la vie d’Adèle »; puis contrairement au film de Medem, le film de Kechiche part dans l’expression d’une forme de violence : violence des sentiments, violence du conteste social, lutte des classes.

Je ne vois pas quoi vous dire de plus pour vous convaincre d’aller voir le film sauf que ce film confirme l’admiration que j’ai pour Medem et qu’il est pour moi, avec Pedro Almodovar, Alejandro Amenabar et Alex De la Iglesia, l’un des meilleurs réalisateurs espagnols encore en activité. Si vous voulez un moment de douceur et de beauté dans ce monde de brutes, alors je vous conseille ce film.

Willard

©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p4

13/02/2015 16:25 par tellurikwaves

  • ©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010)  p4

    ©-DR-ROOM IN ROME de Julio Medem (2010) p4

    13/02/2015 16:25 par tellurikwaves