©-DR-THE WHISTLE BLOWER de Larysa Kondracki (2010) p16
12/02/2015 17:04 par tellurikwaves
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La critique de SUEURS FROIDES
Kathryn Bolkovac est flic aux Etats-Unis. Si elle aime son travail, ce dernier lui a fait perdre sa famille. Ayant besoin d'argent pour se rapprocher de sa fille (qui, confiée à son père, déménage), elle accepte d'aller aider au maintien de la paix dans la Bosnie d'après guerre. Elle y découvre un monde sauvage et sans loi et, forte de ses convictions et désireuse de faire changer les choses, elle va décider de prolonger son contrat là-bas. Quand elle découvre un réseau de prostitution pédophile, dont les ramifications vont jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, elle refuse de baisser les bras et va tout faire pour le démanteler.
Pour son deuxième film, Larysa Kondracki (aussi scénariste) décide de s'intéresser à une histoire vraie, celle, donc, de Kathryn Bolkovac. Cette dernière y est interprétée par Rachel Weisz, qui a bien changé depuis LA MOMIE. Dans THE WHISTLEBLOWER, elle est tout simplement époustouflante, parvenant à insuffler aux spectateurs toutes les émotions de son personnage. Elle fait ressentir le désespoir, l'horreur et l'épuisement à la perfection, et parviendrait presque à tirer des larmes au public. Elle rencontre Monica Bellucci, dans un petit rôle par le temps de présence, mais important de par la position de son personnage, ou encore Vanessa Redgrave, qui lui sert de mentor.
Le scénario n'est, il est vrai, pas très original. Une histoire de prostitution dans un pays dévasté, un complot tentaculaire, des trahisons en pagaille et un héros ou une héroïne qui refuse de baisser les bras face à l'adversité. Ce genre de scénario a été bien souvent mis en scène. Cependant, dans THE WHISTLEBLOWER (qui recevra pour sa sortie française le titre des plus bateau SEULE CONTRE TOUS), le fait qu'il s'agisse d'une histoire vraie transcende ce récit faussement classique. De plus, Larysa Kondracki montre qu'elle veut faire un thriller marquant.
Si ce dernier enfonce parfois des portes ouvertes (l'horreur de la prostitution et de l'esclavage, l'abomination de découvrir que les personnes censées protéger les pauvres gens prospèrent sur leur misère), l le fait avec brio et sauvagerie.Car si THE WHISTLE BLOWER refuse d'être complaisant ou gratuit dans sa violence, il n'édulcore jamais l'horreur.Certaines scènes sont ainsi particulièrement dures, entre les sévices subis par les pauvres filles, ou la vision d'un mur sur lequel sont fixés toutes les connections de ce réseau, un mur tellement large qu'il écrase le personnage principal tout autant que le spectateur.
Le film n'est jamais ennuyeux, non plus, grâce à un excellent sens du rythme et à une réalisation dynamique. Pas de longueurs ou de scènes de remplissage ici, mais une enquête haletante qui emmène le personnage de désillusions en désillusions, l'enfonçant toujours plus loin dans l'abomination. THE WHISTLEBLOWER peut s'apprécier sans même savoir qu'il est tiré d'une histoire vraie.
Le spectateur ignorant verrait un thriller de haute volée, passionnant mais classique, qui le tiendrait en haleine de la première à la dernière minute. Avec son statut d'histoire vécue, le film rajoute une strate d'horreur et, s'il ne révolutionne rien dans le propos, il pointe du doigt certains aspects de l'humanité qui méritent d'être désignés de temps en temps. Il souligne cela sans forcer le trait ou verser dans la caricature, mais oblige son spectateur à admettre un état de fait qu'il a peut-être parfois l'habitude d'ignorer. Un excellent film, montré en avant-première aux spectateurs de la 30ème édition du BIFFF.
Yannik Vanesse
18/06/2012
Critique publiée par Juanito le 6 juin 2014
Je suis sur le cul d'autant plus que ce film est basé sur une histoire vraie.C'est même parfois à la limite du supportable ,tellement la violence mentale ,physique est présente...Le pitch : Une fliquette,Kathryn, bosse dans un commissariat.Elle a du mal à joindre les deux bouts surtout pour récupérer sa fille qui vit avec son père.On lui propose de se rendre en Bosnie , pour une une mission de maintien de la paix.
Elle accepte parce qu'en plus cette mission est bien payée et qu'elle pourrait récupérer sa fille à son retour,puis surtout elle en a ras le bol de vivre dans un milieu de machos décérébrés.Elle débarque donc en Bosnie et se rend compte vite(vite compte) que ces employés de l'O.N.U (Car c'est au départ cet organisme qui a recruté tous ces volontaires venus de partout et de nulle part),se foutent de leur mission .
Ils font la fiesta ,picolent ,s’envoient en l'air.Mais elle ,Kathryn essaie au milieu de cette guerre qui est soi disant terminée ,mais qui en réalité ne l'est pas ,de faire du mieux qu'elle peu ,jusqu'au jour où elle tombe sur une histoire qui va bouleversée(er) non seulement sa mission mais sa vie .Je ne tiens pas à spoiler,mais je vous laisse ,si vous le souhaitez ,vous rendre compte par vous même du combat qu'elle va mener quasiment toute seule (A part deux personnes )
C'est un peu David contre Goliath.Rachel Weisz's est tout simplement vertigineuse ,habitée par le rôle ....La réalisation est complètement épurée et va directement à l'essentiel sans fioritures Un film MAGISTRAL
Vanessa Redgrave
SENS CRITIQUE
Critique publiée par Seemleo le 22 mai 2014
Intéressant de constater à quel point une organisation "d'utilité publique" peut générer en son sein une excroissance monstrueuse.Édifiant d' apercevoir que cette même organisation, dans le déni complet, est incapable de combattre l'horreur dans ses murs. Consternant de découvrir qu'elle se permet de réduire au silence et de punir ceux qui se permettent de braquer les projecteurs sur leur coté obscur. Sur un thème passionnant, actuel et peu connu, ce thriller efficace et bien construit, laisse peu de répit au spectateur. A voir.
Benedict Grumbach