©-DR-HELLZAPOPPIN' de H.C.Potter (1947) p8
05/02/2015 15:10 par tellurikwaves
La critique de Pallas Athena Reviens
Une bande de chorus girls descendent avec grâce un escalier qui se transforme soudain en rampe savonneuse et les précipite tout droit en Enfer où des diables à demi nus les attendent avec les plus mauvaises intentions du monde… C’est là une scène d’anthologie du cinéma, qui ouvre un monument à nul autre pareil, inégalé et inégalable, la comédie musicale la plus loufoque, la plus déjantée, la plus folle, la plus renversante, la plus incompréhensible, la plus hilarante et la plus absurde de tous les temps : Hellzapoppin, sortie en 1941.
Il s’agit en réalité de l’adaptation cinématographique d’une revue ayant connu un fantastique succès à Broadway : elle fut jouée à mille quatre cent quatre reprises entre 1938 et 1941. Le scénario et les dialogues étaient dus à la plume du duo comique Olsen et Johnson, qui atteignirent là le sommet de leur art et y gagnèrent un droit imprescriptible à l’immortalité.
Hellzapoppin se décrit avec peine, étant un enchevêtrement sans fin, sans queue et sans tête de gags et de sketchs, de chansons et de saillies, d’idioties et de traits de génies. Y sont rassemblés, moqués, parodiés tous les clichés, les stéréotypes et les poncifs de la comédie musicale classique de l’Âge d’Or d’Hollywood, façon Fred Astaire et Ginger Rogers. Le genre est alors le plus rentable qui soit. Ses stars brillent au firmament : Astaire et Rogers, bien sûr, mais aussi Dick Powell, Ruby Keeler,Jeanette MacDonald, Nelson Eddy, Eleanor Powell, Al Jolson,…
Ses sommets demeurent The Broadway Melody en 1929, Madame Satan en 1930, Aimez-Moi Ce Soir en 1932, 42e Rue et Chercheuses d’Or en 1933, Le Danseur Du Dessus en 1935, Rose-Marie et Sur Les Ailes De La Danse en 1936, La Féerie De La Glace et Place Au Rythme en 1939. L’apothéose sera atteinte en 1937 avec Rosalie. Le scénario, anecdotique, est éclipsé par la plus fantastique scène musicale jamais filmée à Hollywood, la plus longue et la plus coûteuse :Eleanor Powell y danse sur des tambours géants, entourée de deux mille figurants, filmée par vingt-sept caméras, dans un décor detrente hectares.
Tentons malgré tout de résumer cette parodie qu’est Hellzapoppin. Olsen et Johnson ont entrepris de tourner un film, mais se voient imposer par leur producteur, un coscénariste du nom de Jeff. Celui-ci est amoureux de la richissime Kitty, qui invite tout ce beau monde à une fête organisée dans la somptueuse propriété de son père. Olsen et Johnson y débarquent avec leur troupe, parmi laquelle Betty, la sœur de Johnson. Tandis que Jeff et Kitty s’essaient à l’amour, Betty s’éprend d’un vrai-faux-vrai grand-duc russe.
Jeff se prend alors d’une idée folle : monter une comédie musicale dans le jardin, afin de mettre en valeur le talent de Kitty et de relancer la carrière à Broadway d’Olsen et Johnson. Il invite un producteur pour la première, mais un terrible quiproquo l’oppose soudain au duo comique. Les deux lascars décident alors de saboter la représentation et transportent la pièce dans le burlesque le plus absolu. Olsen et Johnson, devenus invisibles, prennent ensuite conscience de leur erreur et parviennent à faire signer le chèque tant attendu au producteur hilare. Le film se termine dans un ultime éclat de rire…
Comme le souligne le Monsieur Cinéma d’Arte, Hellzapoppin ne possède pas de réel équivalent dans le genre de la comédie musicale. Deux parallèles s’imposent pourtant avec les comédies surréalistes des Marx Brothers et de W.C. Fields. Nous y reviendrons… Fatalement, pareil film ne pouvait recevoir qu’une étrange récompense, probablement la plus ubuesque de l’histoire des Oscars : il fut nominé dans la catégorie « Meilleure Chanson Originale »… pour une chanson apparaissant dans un autre film, tourné la même année par la même équipe de production ! Mesdames et Messieurs : Pig Foot Pete !
Les dialogues frôlent l'absurde (« combien prenez-vous pour hanter des demeures ? » ; « de combien de pièces ? »), des personnages insolites interviennent (animaux parlant, monstre à la Frankenstein), et les gags s'enchaînent à un rythme soutenu, ponctués par celui, en forme de leitmotiv, du machiniste apportant des fleurs ou des arbustes, puis un cèdre, à Mrs Jones. L'orchestre vocal féminin de Lorraine Page, The Six Hits and a Miss apparaît dans le film, une troupe de danseuses (dénommées dans le film The Harlem Congeroos) et les duettistes Slim and Slam interviennent et c'est l'univers d'une comédie musicale foldingue que les réalisateurs tentent de remettre sur les rails de la crédibilité ou, du moins, de ses apparences.
Produit par Mayfair Production pour Universal Pictures, le film obtint un assez franc succès et fut nommé, en 1943, aux Oscars pour sa musique et, bizarrement, pour une chanson de Gene de Paul et Don Raye qui n'appartient pas au film mais à une autre production de Mayfair, Keep 'Em Flying. Sa carrière internationale débuta en Suède (décembre 1942) puis en France avant de reprendre, en 1948, aux États-Unis, puis en Italie, aux Philippines et à Hong-Kong, et de nouveau en Europe (il a de nouveau été programmé en France en avril 2002).
Livret et Musique : Don Raye (lyrics), Gene de Paul (musique),
Sammy Fain (co-compositeur et co-lyriciste).
Chansons : Hellzapopin' (interprété par The Six Hits),
What Kind of Love Is This? (interprété par Martha Raye),
Watch The Birdie (interprété par Martha Raye et The Six Hits),
You Were There (interprété par Jane Frazee puis par les chœurs et Jane Frazee pour la séquence aquatique),
Heaven for Two (interprété par Robert Paige et Jane Frazee),
Congeroo (Swing Dancing) interprété par Slim Gaillard, Slam Stewart, plusieurs musiciens et les Harlem Congeroo Dancers
(Whitey's Lindy Hoppers), Puttin' on the Dog, Conga Beso (interprété par Jane Frazee puis par Martha Raye).
Waitin' for the Robert E. Lee (1912, Wolfe Gilbert & Lewis F. Muir) (interprété par Jane Frazee, Martha Raye et les chœurs).
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Hellzapoppin'
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est un film américain de la Universal Pictures, réalisé par H. C. Potter en 1941. Le film fut distribué en France à partir de 1947, le sous-titrage français ayant été fait par Pierre Dac et Fernand Rauzéna. La comédie, initialement intitulée Olsen & Johnson's Hellzapoppin', fut de nouveau montée plusieurs fois ultérieurement (et notamment par Alexander Cohen et Jerry Lewis).
Ole Olsen : (lui-même)
Chic Johnson : (lui-même)
Martha Raye : Betty Johnson
Hugh Herbert : Quimby
Jane Frazee : Kitty Rand
Robert Paige : Jeff Hunter
Mischa Auer : Pepi
Richard Lane : le réalisateur
Clarence Kolb : Mr Rand
Nella Walker : Mme Rand
Shemp Howard : Le projectionniste
Elisha Cook Jr : Selby
Angelo Rossitto (non crédité) : un petit diable
Jean Porter (non créditée) : Chorine
Lorraine Page and The Six Hits
Slim Gaillard : (lui-même)
Slam Stewart : (lui-même)
The Harlem Congeroo Dancers
The Olive Hatch's Water Ballet
Titre original : Hellzapoppin'
Réalisation : Henry C. Potter
Scénario : Nat Perrin, Warren Wilson
Directeur de la photographie : Woody Bredell
Trucages : John P. Fulton
Producteurs : Jules Levey, Alex Gottlieb et Glenn Tryon
Direction musicale : Charles Prévin
Supervision musicale : Ted Cain
Musique originale : Frank Skinner
Ballet nautique : The Olive Hatch Water Ballet
Montage : Milton Carruth, Ted J. Kent
Production : Mayfair/Universal Pictures
Dates de sortie :
La comédie et le film traitent, sur un mode burlesque, des us et coutumes des milieux du spectacle, du théâtre et du cinéma. Ole (Ole Olsen) et Chic (Chic Johnson) ont entrepris de tourner un film mais le producteur impose un coscénariste, Jeff. Ce dernier est amoureux de Kitty, future très riche héritière convoitée par Woody, un jeune homme fortuné. Parallèlement, Betty, la sœur de Chic, s'est éprise d'un prétendu aristocrate russe, un soi-disant comte qui est en fait un vrai prince russe mais se fait passer pour un aventurier.
Quimby, un détective, vient se mêler aux divers quiproquos et en provoquer.Jeff leur fait entendre qu'ils doivent l'aider à monter une comédie musicale dans leur jardin, donner le principal rôle féminin à Kitty, et ainsi leur permettre de trouver une salle sur Broadway. Jeff fera croire que le producteur est très satisfait mais celui-ci découvrira la supercherie.
Trivia
