©-DR-QUATRE MINUTES de Chris Kraus (2006) p11
02/02/2015 10:17 par tellurikwaves
Piano sous clef...jusqu'à nouvel ordre
Chair de poule assurée !
Monica Bleibtreu campe une magnifique vieille dame.Hannah Herzsprung explose de violence dans ce personnage martyr.L’image entre ombre et lumière porte les sentiments.Hors les classiques, les grands moments de musique sont dus à Annette Frocks. Courez vite écouter le « Jenny’s abschlusskonzert »
Jean-Louis Millet
La critique de :ECOUTER,LIRE,PENSER
4 minutes.
Elle va rester toute sa vie dans cette prison redevenue geôle, rongée par le remord de n’avoir rien tenté pour sauver son amie, essayant de transmettre son amour du «beau» à quelques détenues et matons amateurs de musique classique, sans grand succès. Jusqu’à…Jenny. Jeune femme ex-pianiste prodige, produite par son père dans le monde entier avant qu’il n’abuse d’elle à quatorze ans.
En rupture de banc, incarcérée pour un meurtre qu’elle n’a pas commis, mère d’un enfant mort-né par la faute du système pénitentiaire, elle n’est que haine et violence. Une telle haine sous un blindage d’indifférence qu’elle est «capable de piquer les clopes d’une morte». Jusqu’à…Leurs destins se croisent lors du service funèbre de la co-détenue de Jenny qui, une nuit, s’est pendue.
Traude joue de l’orgue et, du haut de son instrument, aperçois Jenny qui sur son prie-dieu mime le jeu de clavier…Suit le long et rugueux chemin qui s’enroule autour de ce pivot:«je ne veux plus entendre cette musique de nègre!» et qui aboutit à la finale du concours national des jeunes talents au Deutsche Oper. Là, Jenny possédée par son art, emportée par ses sentiments contradictoires, ponctue sa partition de Schumann de fantastiques improvisations…Enfin elles se voient, se reconnaissent.
Anna Herzprung
Tuwa cke j'veux dire...
Distinctions & récompenses
| Nominated Award of the Argentinean Academy |
Best Foreign Film Chris Kraus Germany.
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| Won Bavarian Film Award |
Best Actress (Darstellerpreis) Monica Bleibtreu |
| Best Young Actress (Darstellernachwuchspreis) Hannah Herzsprung |
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| Best Screenplay (Drehbuchpreis) Chris Kraus |
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| Won VGF Award |
Meike Kordes Alexandra Kordes |
| Won Audience Award |
Chris Kraus |
| Won Grand Prize |
Chris Kraus |
| Nominated Golden Frog |
Main Competition Judith Kaufmann |
| Won Audience Award |
Gaze/Tour America Chris Kraus |
| Nominated European Film Award |
Prix d'Excellence Annette Focks Jörg Höhne Robin Pohle Andreas Ruft For the sound.
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| Nominated Editing Award |
Uta Schmidt |
| Won German Camera Award - Outstanding Editing |
Feature Film (Kinospielfilm) Uta Schmidt |
| Won Film Award in Gold |
Outstanding Feature Film (Programmfüllende Spielfilme) Meike Kordes Alexandra Kordes |
| Best Performance by an Actress in a Leading Role (Beste darstellerische Leistung - Weibliche Hauptrolle) Monica Bleibtreu |
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| Nominated Film Award in Gold |
Best Performance by an Actress in a Leading Role (Beste darstellerische Leistung - Weibliche Hauptrolle) Hannah Herzsprung |
| Best Direction (Beste Regie) Chris Kraus |
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| Best Screenplay (Bestes Drehbuch) Chris Kraus |
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| Best Cinematography (Beste Kamera/Bildgestaltung) Judith Kaufmann |
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| Best Editing (Bester Schnitt) Uta Schmidt |
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| Best Sound (Beste Tongestaltung) Jörg Höhne Robin Pohle Andreas Ruft |
| Won Audience Award |
Best Film Chris Kraus |
| Won Production Design Award |
Silke Buhr |
| Nominated Silver Ribbon |
Best European Director (Regista del Miglior Film Europeo) Chris Kraus |
| Won New Faces Award |
Actress Hannah Herzsprung |
| Won The Church of Iceland Award |
Special Mention |
| Won Audience Award |
Best Feature Chris Kraus |
| Won Youth Jury Prize |
Chris Kraus |
| Won Golden Space Needle Award |
Best Debut Perfomance Hannah Herzsprung |
| Won Golden Goblet |
Best Film Alexandra Kordes (producer) Meike Kordes (producer) |
| Won Best Director |
Chris Kraus |
| Won FIPRESCI Prize |
Chris Kraus |
| Won Undine Award |
Best Young Actress - Film (Beste jugendliche Hauptdarstellerin in einem Kinospielfilm) Hannah Herzsprung |
| Won Audience Award |
Chris Kraus |
NIFTY FIVTY
...[ ]Pour conclure ce mini panorama de l’Allemagne et de ses prisons,"Quatre minutes" de Chris Kraus sorti en 2006 est un film qui alllie froideur et passion.Une jeune détenue pour meurtre est préparée au concours de piano du Conservatoire par une vieille femme dure et solitaire qui a renoncé à vivre ses penchants pour les femmes. Accusé de recourir à une dramatisation trop binaire, le film a été assez mal reçu en France *mais si on aime le cinéma allemand, trop rarement présenté chez nous, ses actrices au physique puissant, son réalisme sans concession, il est à (re)voir.
Infos Tournage
Une photo... un film
L'idée du film est né lorsque le réalisateur Chris Kraus lit un magazine et tombe sur la photographie d'une vieille dame de 80 ans, professeur de piano: « Elle était assise au piano, dans une cellule de prison. On la voyait de profil. En général, les visages de profil me font l’effet d'une silhouette : ils sont totalement inexpressifs, éteints, parce qu’il y manque les yeux. Mais cette femme sur la photo avait une réelle présence, une présence solitaire ». Bien que l'article ne mentionnait que très peu d'informations, Chris Kraus commence alors à s'imaginer toute une histoire: « derrière cette femme..., devait se cacher une histoire de passion, de volonté et aussi de folie ». C'est à partir de ce personnage qu'il entreprend de rédiger le scénario.
Un casting de mélomane
Pour trouver celle qui interprétera le personnage de Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre et prodige de la musique, le réalisateur a sué sang et eau: « Le casting avait viré au cauchemar. Nous avions auditionné 1200 actrices, sans résultat, et six mois plus tard, j'étais à deux doigts de jeter l'éponge ». Quand finalement la directrice du casting arrive avec la cassette d'une jeune fille, Hannah Herzsprung. Finalement, c'est elle que Chris Kraus choisit. Si après le tournage le réalisateur est des plus satisfaits de la performance d'Hannah, il confesse volontairement que l'audition fut « incroyablement mauvaise ». Son choix s'explique par le fait que la comédienne en herbe a prétendue jouer du piano à la perfection. Mais très vite, lui et son équipe se sont rendus compte qu'elle était totalement novice en la matière!
Dans la peau du personnage
Pour son premier rôle au cinéma, Hannah Herzsprung à plonger a plongé tête baissée dans le personnage de Jenny: elle a du prendre des cours de piano pendant 6 mois, suivre des entraînements intensifs de kickboxing pour retranscrire la violence de Jenny « Je voulais connaître la sensation d’être plus forte, d’avoir la puissance nécessaire pour donner des coups. Le réalisateur voulait que j’incarne mon personnage de façon crédible, y compris sur le plan physique ». Pour s'imprégner un peu plus de l'ambiance, la jeune femme a visitée plusieurs prisons, rencontrée des détenues avec qui elle à parlée... Une complète immersion donc.
La musique du coeur
La compositrce Annette Focks a largement contribué à l'impact émotionnel de Quatre minutes. L'écriture du concert final s'est avérée particulièrement redoutable puisqu'il lui a fallu s'inscrire dans le registre de grands musiciens allemands comme Schumann, Mozart et Bach. Fock a relevé le défi en composant une superbe partition pour piano. Le réalisateur nous explique: « Le plus dur a été de trouver la musique adéquate... Dans le scénario, il était écrit : « Une musique fantastique s’élève, qui relègue Schumann au rang de nullité. »... Nous avons demandé à tous les compositeurs de musique de film allemands sans exception. Trois semaines avant le début du tournage, alors que nous étions tous au bord de la crise de nerfs, la radio bavaroise nous a donné le nom d’Annette Focks. Laquelle s’est enfermée deux jours dans le studio et nous a concocté le morceau. Nous l’avons repris tel quel ».
Avis de presse
L'ampleur et l'ambition de ce premier film allemand sont tour à tour louées et regrettées, souvent paradoxalement au sein du même article. Première defend ainsi le film, admire les « deux comédiennes remarquables », mais regrette qu'il « frôle le trop plein dramatique » et n'aille pas vers plus d'épure. Ciné Live qualifie aussi le film d'ambitieux et d'inspiré, mais ne cache pas ses fausses notes, comme son Flash Back « pataud » ou son « concert final grotesque ».(putain !...les cons...les cons!!)
Le Parisien retient comme beaucoup"l'interprétation brillante des deux actrices principales", mais déplore la pesanteur générale du film. Seul Le Figaro défend de manière absolu un film surprenant et bouleversant « qui navigue entre la grâce d'un don inexplicable et la disgrâce d'un monde sans pitié ». Plus ironique, Le Monde regrette la philosophie « plus » du film, qui se caractérise par « le rajout immodéré de la psychologie et du pathos ».C'est pourquoi le film est « logiquement distribué chez nous par le Mr Plus du cinéma, Luc Besson ».
Télérama est d'accord avec ce constat : « Rédemption par la musique, refoulé du passé nazi, désirs lesbiens, le scénario ambitieux de Chris Kraus brasse large, peut-être trop ». Même son de cloche chez Positif, qui parle d'un film ambitieux, qui réunit trois veines en cumulant un portrait de femme, un hymne à la musique et du au réalisme social.Mais les excès thématiques et formels finissent par fatiguer la revue, qui conclut en disant "Certains apprécieront l'envergure de l'entreprise.D'autres penseront :qui trop embrasse.."