©-DR- SUBWAY de Luc Besson (1984) p7
21/01/2015 16:21 par tellurikwaves
Critique publiée par Foulcher le 8 novembre 2011
Très étrange film que ce Subway, huis clos intrigant dans le métro parisien qui semble suspendu dans une autre réalité, celle d'un monde souterrain et de ses marginaux. Dès le début du film, l'on comprend que notre héros est un drôle de bonhomme et qu'il ne faudra pas s'attendre à ce que le scénario initial soit le centre du film. En effet, Subway est davantage un film d'ambiance plus abstrait qu'il n'y paraît.Au fur et à mesure que le film avance, l'on découvre un monde souterrain peuplé d'originaux qui deviennent vite attachants, plongeant vraiment le personnage dans un cadre intimiste et fascinant.
Un autre point de ce film est le mytère environnant ce monde que pourtant Besson nous donne à voir de si près. En effet, les personnages nous sont donnés à voir au travers d'une appararence, d'une activité ou d'une expression particulière plus que dans les détails sur leur vie ou sur leur situation (certains comme le type à roller sont pratiquement inconnus . Ainsi, les personnages nous sont donnés à voir dans leur fragilité d'hommes presque desenchantés voire désorientés, la communication passe essentiellement par les sens.
Dans ce métro opressant, le temps et la société n'ont plus cours. Il y a toujours cette distance entre les passants de la surface et les habitants du sous-sol. Le personnage d'Helena n'échappe pas à la règle avec son regard désincarné et sa figure vide toute émotion. D'ailleurs, lors de la scène du dîner, les autres apparaissent comme habitants d'un autre monde qu'elle décide de fuir. Le mystère plane également autour de l'intrigue même. Jamais le contenu des documents est explicité ni même la nature des poursuivants.
Ainsi Subway demeure une aventure au sein d'un autre monde, d'une autre vision de la société déconnectée de toute autre réalité. Dans ce monde "sauvage" et vaporeux qui échappe tout au long du film aux agents de la société (les policiers) apparaît comme un ferment des passions environné d'une société étouffante. Le final grandiose est à la fois l'aboutissement d'un rêve par la coopération d'une société simple, une réunion des hommes, une libération d'une passion enfouie et la délivrance d'un marginal du joug de la société qui étouffe ses rêves.
Un très beau film dont l'originalité et l'étrangeté ont pu rebuter beaucoup de spectateurs. Sa bande-son tout comme ses silences resteront mythiques pour moi.
SENS CRITIQUE
Critique publiée par tizboe le 7 décembre 2011
Il est de bon ton de critiquer Luc Besson et je ne fais pas exception à la règle. Besson, c'est un peu le Johnny du cinéma, une vedette française qui n'a pas su négocier un virage. Reste qu'on a vu Johnny à l'écran, mais pas Besson à Bercy, et c'est probablement mieux ainsi.
Cependant "Subway", c'était Christophe "peter pan" Lambert au pays imaginaire. Avec un sabre-néon en guest-star. Besson nous régalait alors d'une pépite de créativité aux décors modestes et géniaux, et doublait son exploit de plusieurs bonnes actions : il créditait le capital sympathie séduction de Lambert de plusieurs points (hélas perdus depuis) et prouvait à Jean Réno qu'on survit très bien au ridicule. Et puis ne serait-ce que pour la délicieuse nostalgie des années 80, subway mérite d'être vu et revu.
Critique publiée par Bow le 7 février 2011
Étrange ce film... Au premier visionnage, je me suis dit que... En fait je ne me suis rien dit du tout.Puis il m'a retravaillé... Et je l'ai revu.Et puis en fait, un poème, un vrai. Et puis des scènes d'une grande émotion, d'autres qui font sourire, et d'autres encore qui se trouvent être totalement hors-contexte, permettant ainsi de pouvoir relâcher quelque peu la cadence dans laquelle on est entrainé.Les acteurs excellent, et la BO est géniale. On ne regarde pas Subway pour son histoire, sa trame. On appréhende ce petit monde, on s'y plonge, s'y perd, on profite.
SENS CRITIQUE
Critique publiée par TheBigDumas le 25 août 2014
Deuxième film de Luc Besson après le remarqué "Le dernier combat" (film post apocalyptique tourné en noir et blanc), il marque le début du succès commercial de Besson même si les critiques ne suivront pas... Si l'on connait principalement Besson pour les excellents "Le Cinquième Élément" ou "Léon", "Subway" fait néanmoins figure d'incontournable dans la filmographie de Besson.
Le film est basé sur une histoire sans grande profondeur mais qui se laisse découvrir pour arriver au final à un ensemble relativement cohérent. Le spectateur aura droit à la traque de Fred par de mystérieux inconnus et sa tumultueuse histoire d'amour avec la femme de sa victime. Le tout dans l'endroit singulier qu'est le métro parisien.
Christophe Lambert et Isabelle Adjani occupent les rôles principaux et sont tout simplement excellents. Adjani est incontestablement la pièce maîtresse du film avec une interprétation qui n'est pas aussi passionnée de ce à quoi elle nous a habitué mais qui reste mémorable avec un humour assez surprenant pour l'actrice. Lambert sera dignement récompensé par le césar du meilleur acteur en 1986. Les seconds rôles ne sont pas en retrait puisque Jean Hugues Anglade et Jean Réno offrent des performances très efficaces. Galabru et Bohringer signent également de bonnes interprétations malgré des apparitions assez brèves.
Le point fort du film est incontestablement sa musique puisque qu' Eric Serra livre ici un travail remarquable qui donne toute sa force au film. Les morceaux "Guns & People"" et "It's only Mystery" sont excellents et ont participé à rendre l 'ensemble mémorable. La bande sonore rencontra un succès plus que mérité lors de sa sortie.
Cependant, le film n'est pas exempt de défauts puisqu'il a assez mal vieilli et le rythme est quelque peu irrégulier.Néanmoins l'histoire est plutôt originale et est intéressante à suivre. La fin anthologique amène à considérer ce film comme culte.
Subway
est un film policier dramatique français réalisé par Luc Besson, sorti en 1985.
Après avoir dérobé des documents compromettants, un homme se réfugie dans l'univers fascinant et agité du métro parisien. Une impitoyable chasse à l'homme s'organise. D'étranges liens se tissent entre le cambrioleur, Fred, et la femme de sa victime, Helena.
Au-delà de l'histoire de vol de documents et de chantage, Subway est aussi une plongée dans le monde de la marginalité. Fred parcourt les sous-sols du métro et découvre sa faune nocturne. Au détour des couloirs, il rencontre des musiciens, chacun dans leur coin. Il décide de les réunir et de les faire former un groupe.
En dehors de sa collaboration avec Jacques Higelin jusqu'en 1988, Éric Serra travailla à la bande originale du film. Son travail fut récompensé par la Victoire de la meilleure musique du film en 1985 et par une nomination au César de la meilleure musique de film. La bande sonore originale est également certifiée double disque d'or en France. Il jouait d'ailleurs un petit rôle dans ce film, celui d'Erico le bassiste, aux côtés de Jean Reno en batteur et du chanteur Arthur Simms.
| Nominated Palme d'Or |
Jean Becker |
| Won César |
Best Actress (Meilleure actrice) Isabelle Adjani |
| Best Supporting Actress (Meilleure actrice dans un second rôle) Suzanne Flon |
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| Best Adapted Screenplay (Meilleure adaptation) Sébastien Japrisot |
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| Best Editing (Meilleur montage) Jacques Witta |
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| Nominated César |
Best Film (Meilleur film) Jean Becker |
| Best Actor (Meilleur acteur) Alain Souchon |
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| Best Supporting Actor (Meilleur acteur dans un second rôle) François Cluzet |
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| Best Director (Meilleur réalisateur) Jean Becker |
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| Best Music (Meilleure musique) Georges Delerue |
Jean Gaven
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External reviews