© DR -Y TU MAMA TAMBIEN de Alfonso Cuarón (2001) p16
17/01/2015 03:25 par tellurikwaves
External reviews (part 2)
filmcritic.com [Norm Schrager]
External reviews (part1)
UNE SEULE EN FRENCH 
La note de Cinopsis: **
Tenoch et Julio sont aussi proches que deux frères. Leurs petites amies parties en Europe pour l'été, ils se mettent en route pour la côte et emmènent dans leur virée Luisa, une femme plus âgée qu'ils viennent de rencontrer...
L'adolescence a des raisons que la raison ignore! C'est le temps des hormones, des conquêtes, de la découverte! A travers Julio et Tenoch, nous retrouvons nos 17 ans, une immaturité sans soucis et la débauche sexuelle de notre jeunesse.Ce road movie captivant s'organise donc autour des péripéties amoureuses et sexuelles de deux jeunes hommes. Sous des abords de comédie juvénile, Y TU MAMA TAMBIEN puise ses racines plus profond. Le voyage devient découverte... de l'autre et... de soi. Cette quête existentielle doit beaucoup à la très belle complicité des trois acteurs principaux, à leur jeu, à ce qu'ils sont, à ce qu'ils représentent et à ce qu'ils nous font découvrir...
Cette histoire touchante est réalisée avec beaucoup de délicatesse à laquelle se rajoute la beauté époustouflante des images d'Emmanuel Lubezki (SLEEPY HOLLOW). Mais c'est aussi une critique habile et intéressante du Mexique, de son fonctionnement social et économique. Les milieux sociaux diamétralement opposés dont sont issus les deux garçons n'en sont que plus révélateurs. D'une part Tenoch est fils de politicien, de l'autre Julio, est lui fils d'une secrétaire et frère d'une révolutionnaire. Représentation basique du premier schisme d'une amitié aux abords inébranlables. Et même si nous sommes parfois confrontés à une incompréhension de la culture exposée (le folklore mexicain), cet ouvrage s'inscrit dans un extrémisme du sentiment et du sexe.
L'auteur fouille la condition humaine et nous en ressort une oeuvre sur l'amour, le sexe et l'amitié. Une puissante mise en exergue d'un moment qui peut composer une vie, la marquer et y laisser des traces indélébiles... Alfonso Cuaron émeut car il traite d'une vérité troublante. Et quelque soit la force d'un sentiment ou d'un instant, nous devons inéluctablement grandir... Avec Y TU MAMA TAMBIEN, nous voyons nos illusions d'enfants changer et, éventuellement, mourir.
Gaëlle Famelaer
Merci et bravo pour ce très beau texte...c'est ce que j'appelle une critique intelligente
SENS CRITIQUE
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Critique publiée par Boubakar le 14 février 2014
Après l'échec de De grandes espérances, où il a été écrasé par la machine Hollywoodienne, Alfonso Cuaron a voulu revenir au pays avec un petit film (de par son ampleur), mais avec une liberté de ton inespérée, et au final quelque chose de très touchant, une sorte de Jules & Jim à la sauce Mexicaine.
C'est un road movie qui raconte comment deux amis, épris de libertés et de femmes, décident de prendre la route avec la cousine éloignée d'un des deux garçons, pour une rencontre qui va changer leur amitié et leurs vies.Le sexe y a une place très importante dans le film ; ça commence tout de suite par une scène au lit (où l'on voit une affiche de Harold & Maude, qui donne le ton du film), puis par des scènes de branlettes (méfiez-vous des piscines), et plein d'autres scènes de sexe, dont une très belle, mais j'y reviendrais plus tard.
Le sexe est en quelque sorte le moteur de ces deux garçons, relativement jeunes, et ce qui cimente leur amitié. Plus le film va avancer, plus il va prendre une tonalité sérieuse pour finir sur un final assez triste, mais malheureusement gâché par la voix off omniprésente.Pour en revenir à ma référence sur Jules & Jim, en plus de voir une relation entre une femme (plus agée)et deux hommes,celle-ci les mène plus ou loin par le bout de la baguette (et du zizi), mais en plus elle va aussi les responsabiliser, en quelque sorte les faire rentrer dans l'âge adulte. Et c'est une femme qui est avant tout éprise de sa liberté, même si au fond ça n'est que pour quelques temps.
Dans les acteurs, on retrouve trois acteurs formidables ; Gael Garcia Bernal, Diego Luna et la sublime Maribel Verdu, qu'on a pu voir dans Tetro ou Le labyrinthe de Pan.Pourquoi reconnait-on que c'est un film d'Alfonso Cuaron ? Pour son traitement de l'adolescence (ce qui a incité les producteurs du troisième volet de Harry Potter à l'embaucher) qui donne à ce film un cachet si réaliste, et pour sa technique souvent épatante où on voit qu'il maitrise déjà à la perfection le plan-séquence.
Ces longs plans sont assez nombreux dans le film, mais contrairement à ce qu'il fera dans Gravity, ils ne sentent pas l'esbroufe, et laissent souvent planer comme un sentiment de culpabilité chez les deux jeunes hommes sur leur avenir. D'ailleurs, le dernier plan-séquence sera une scène de sexe à trois, où encore une fois, c'est la femme qui détient les clés du passage de l'adolescent à l'homme.
Je regrette juste la fin, un peu trop facile dans son côté émotionnel mais qui marque une nette rupture entre ces deux garçons, aussi bien dans la politique de leur pays, le Mexique, que dans leur amitié ; le temps des sauteries est désormais loin....