©-DR-SOUS SURVEILLANCE de Robert Redford (2012) p11
05/01/2015 17:04 par tellurikwaves
SENS CRITIQUE
Critique publiée par LiLiLux le 13 mai 2013
C'est l'histoire d'un garçon qui commence dans Charlie's Angels 2, continue dans l'Oeil du Mal, persévère dans Transformers, bref,un futur Gérard Butler(?!)reconnu par le grand public,mais ennuyeux.On avait pas compris (du tout!) sa performance bosniaque/boiteuse/suicidaire dans NY I love You, tout s'explique!Choisis par Robert Redford pour être le seul rôle en dessous de 60 ans dans Sous Surveillance, il va se foutre à poil et baiser pour de vrai, sans trucage, dans le prochain film de Lars Von Trier, le sulfureux Nymphomaniac. Et si on c'était s'était complètement planté???
Il réussit un virage risqué, traversant Sous Surveillance les doigts dans le nez, sans être dans la recherche de la performance (Oui, Robert Pattinson, c'est à toi que je m'adresse dans ta limo), ni dans le transgressif (Séléna, remet ton bikini stp).Pas besoin d'en faire des caisses, sa nonchalance, son sérieux et sa simplicité masque la pancarte "Je casse mon image/tente le changement de carrière" qui clignote au dessus de sa tête.
Et pour ça, il est accompagné d'un casting 8 étoiles (oui! oui ! pas 4! 8!) un Robert quelque peu froissé mais toujours en forme (merci le jogging), Susan Sarandon qui EXPLOSE sa scène de face à face (Je suis là 6 minutes mais j'envoie le bois), Julie Christie dont la ténacité nous font(fait) oublié (oublier) sa bouche (mal) refaite ,Brendan Gleeson trapu et sombre, Chris Cooper digne et impecc, Richard Jenckins drôlissime, un Stanley Tucci cynique et enfin Nick Nolte, massif et crédible.Tous nous font exister des personnages complexes en 8 minutes montre en main, la grande classe (américaine).
Autour de ça, Robert nous concocte un bon ptit polar sauce seventie's.Les pressés y verront un épisode de FBI porté Disparus de 2H, Les puristes reconnaitront la pâte d'un réa qui prend son temps, construit un background, un contexte, une réflexion sur l'engagement, la fidélité à son passé...Oui, dans la vraie vie (et chez Redford), un journaliste construit son article sur plusieurs jours, et une enquête prend du temps.Pour les pressés, pleurez Jack Bauer, je préfère Shia LaBeouf.
Anna Kendrick : Diana (F.B.I)
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Infos tournage
Sous surveillance est le dixième film que réalise Robert Redford après, entre autres, Et au milieu coule une rivière, La Légende de Bagger Vance et La Conspiration.
Auto-mise en scène
C'est la deuxième fois que Redford se met lui même en scène en tant que protagoniste principal après L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux. Il était également le narrateur de Et au milieu coule une rivière.
Un air de famille
Sous surveillance entretient une proche parenté avec La Conspiration, le précédent film de Redford. En effet, les deux films présentent un personnage confronté à son passé alors qu'un homme (ici Shia LaBeouf) enquête pour découvrir la vérité.
Adaptation
Sous Surveillance est l'adaptation du roman The Company you keep (titre original du film de Redford) de Neil Gordon. Le roman a été adapté par le scénariste Lem Dobbs, un habitué du policier et du thriller qui a collaboré plusieurs fois avec Steven Soderbergh, notamment sur L'Anglais et Piégée.
La presse frenchy
Après La Conspiration en 2011,tout droit sorti en DVD,Robert Redford reprend son rôle de réalisateur dans un thriller qui renoue avec les thèmes qui hantent son cinéma depuis Des Gens comme les Autres en 1980. Sous Surveillance nous entraîne dans une course poursuite paranoïaque et anxiogène, mettant en évidence les peurs d’une Amérique en questionnement sur son héritage. Un thriller de manufacture classique qui, bien qu’il fonctionne, "nous" (parle pour toi machin) laisse un peu sur notre faim.
Robert Redford, icône du cinéma américain, avec Paul Newman ou autre Clint Eastwood, a mis à profit son âge avancé pour construire une réflexion rigoureuse sur une Amérique rongée par la paranoïa et en quête d’identité. En résulte des réalisations rigoureuses, exigeantes autant que divertissantes, comme sait si bien le faire le cinéma d’Outre Atlantique, Lions et Agneaux sur l’enlisement de l’armée américaine en Afghanistan ou encore La Conspiration, autour de la traque des assassins de Lincoln. Sous Surveillance, titre au grand potentiel anxiogène, revient sur une autre partie de l’histoire américaine,celle activiste et militante des années 70.
Celle du Weather Underground groupuscule radical et violent, qui protestait contre la guerre au Vietnam et alla jusqu’à donner la mort pour prouver le bien fondé de leur combat contre la politique américaine.Inspiré de l’ouvrage de l’écrivain Neil Gordon, plus que les faits historiques eux-même, ce qui intéresse Robert Redford et on le devine dans la première scène,(bateau,inutile et archi vue cette scène!) de petit déjeuner familial entre les parents et leurs deux enfants, c’est l’humain, les liens dramatiques qui lient les personnages les uns aux autres, mais surtout la notion d’hérédité de responsabilité parentale, qui traverse tout le film.
Si les rouages du thriller sont plutôt mis en œuvre intelligemment et efficacement, ce n’est pas lui qui retiendra notre attention, par son manque de rythme d’abord et par la simplicité de son dénouement ensuite. Robert Redford veut nous faire explorer les arcanes,non du pouvoir, mais de l’âme de ceux qui le font. Malheureusement, ce propos ambitieux autour de la transmission, ne fait qu’être amorcé, dévoré par les deux autres intrigues fournies également, autour de la cavale du héros, interprété par Robert Redford et de l’enquête menée par un jeune journaliste, joué par Shia Labeouf.
Ce dernier fil dramatique autour d’une quête constante de la vérité, qui ne pourra être apportée ni par le FBI, ni par les acteurs de l’histoire, mais par un journaliste uniquement, nous évoque un des films de l’acteur Robert Redford les plus emblématiques, Les Hommes du président de Alan J.Pakula. la conclusion est ici moins radicale, peut-être grâce à la sagesse que l’on acquiert avec l’âge, Redford conclue que toutes le vérités ne sont pas bonnes à dire, même lorsque l’on est journaliste. En même temps il s’interrogera sur le métier en constante évolution, sur ce qu’est être journaliste aujourd’hui et sur la notion d’intégrité dans la pratique du métier.
Shia Labeouf maîtrise sa performance, au milieu d ‘un casting de haut vol, Nick Nolt et surtout Susan Sarandon à l’origine d’une des scènes les plus maîtrisées du film, son interrogatoire dans le parloir de la prison. Robert Redford s’est pour son dernier long-métrage offert le rôle principal et a peut-être ainsi été trop gourmand, comme il l’a été avec le scénario. A 76 ans, l’observer crapahuter dans les bois, grimper des murs et autres obstacles pour fuir la police, devient presque gênant, au sein d’une intrigue aux thèmes trop nombreux pour être menés à bien.Si vous aimez les thrillers psychologiques pas trop complexes.
Par Camille Esnault
à gauche : Stanley Tucci - Ray Fuller le rédac chef
Shia LaBeouf : Benjamin (le reporter zélé)
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Production
Tournage
Le film a été tourné du 19 septembre au 21 novembre 2011 à Vancouver, en Colombie-Britannique (Canada).
Accueil
Box-office
Le film totalise 19 633 027 $ de recettes mondiales, dont 5 133 027 $ de recettes aux États-Unis, 203 961 $ en Belgique, 4 831 203 $ en Italie et environ 2 646 107$ en France.
Réception critique
Sous surveillance obtient un accueil mitigé lors de sa sortie en salles :55% des 111 critiques collectés par le site Rotten Tomatoes sont favorables, pour une moyenne de 6,1/10
Potins
A l'âge de 76 ans, Robert Redford, reviendra bientôt au cinéma en tant que réalisateur avec The Company you Keep. Lors du festival international du Film de Toronto, ce dernier a confié à la presse canadienne, qu'il avait dû user de ses charmes pour convaincre l'actrice Julie Christie de jouer dans son nouveau long-métrage.
Il a confié avoir été très impressionné par la performance de cette dernière dans Away from Her de Sarah Polley. L'actrice n'était pas elle très impressionnée par Robert Redford, puisqu'elle « a fait tout en son pouvoir pour m'empêcher de lui donner le rôle », a-t-il raconté. Mais Sarah Polley l'a immédiatement rassuré en lui disant que c'était de cette façon que fonctionnait l'actrice.
Cette dernière a finalement accepté d'interprété l'ex-amoureuse de Redford, Jim Grant, un avocat et père célibataire vivant dans une petite ville, qui voit son existence bouleversée lorsqu'un jeune journaliste interprété par Shia LaBeouf dévoile au grand jour son passé de militant contre la guerre ,recherché par les autorités. Richard Jenkins, Anna Kendrick, Susan Sarandon, Chris Cooper et Nick Nolte sont aussi de la partie.
Terrence Howard : Cornelius (FoutoirBoxon etIncompétence)
Susan Sarandon : Sharon Solarz
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Résumé
En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d’attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace… Jusqu’à aujourd’hui. L’arrestation de Sharon Solarz, l’une des activistes, remet cette affaire sur le devant de la scène, au point d’attiser la curiosité du jeune et ambitieux reporter Ben Schulberg . Jouant de ses relations au FBI, il rassemble petit à petit les pièces du puzzle, le menant jusqu’à Jim Grant,un avocat apparemment sans histoires…Lorsque celui-ci disparait brusquement, le journaliste se lance sur sa piste, déterminé à le retrouver avant le FBI.