©-DR- ORPHEE de Jean Cocteau (1950) p39

27/12/2014 04:49 par tellurikwaves

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    27/12/2014 04:49 par tellurikwaves

©-DR- ORPHEE de Jean Cocteau (1950) p38

26/12/2014 17:24 par tellurikwaves

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Analyse d'ARTIFICE
http://www.webbynerd.com/artifice/dossierarchives/128.htm
Anne-Michèle Fortin
 
2002 - Montréal

 

 

Orphée, le poète, la Mort, le miroir

Ce n’est pas seulement parce qu’ils ont la poésie pour sujet que Le Sang d’un poète(1930)Orphée (1950) et Le Testament d’Orphée(1959) forment un triptyque. Des liens plus serrés les unissent. Ces trois films sont les épisodes d’un même cycle centré sur les métaphores de regard. Orphée marque le second temps du cycle après le regard volé, voici le regard interdit. Ce n’est plus en fraude qu’Orphée passe de l’autre côté du miroir, mais muni cette fois d’un sauf-conduit et guidé par un intercesseur autorisé. Mais ce passe-droit exorbitant se paie d’une condition monstrueuse : Orphée qui a vu les enfers ne pourra plus regarder Eurydice sous peine de mort… pour elle.

Le deuxième film de la trilogie orphique viendra près de vingt ans après la réalisation du premier. "Le sujet des deux films est le même: le poète doit mourir et renaître à plusieurs reprises, qui sont autant d'épreuves initiatiques. » Dans Orphée, Cocteau transpose le Saint-Germain-des-Prés du début du siècle dans le contexte irréel du mythe d'Orphée, instiguant un climat de réalisme irréel, délire lyrique empreint de surréalisme, à cheval entre la réalité et le rêve. Orphée (Jean Marais) incarne un poète « dont la célébrité agace l'avant-garde» . L'avant-garde, incarnée par les Bacchantes du mythe d'Orphée, s'est plutôt engouée de Cégeste (Édouard Dermit), un poète de dix-huit ans dont l'insolence et l'audace séduisent dès son arrivée dans le «monde».

Dès lors, la princesse (Maria Casarès), qui, paradoxalement, incarne la Mort d'Orphée et en est amoureuse tout à la fois, le prend sous sa protection. Elle enlève Cégeste et lui ordonne de dicter ses textes à Orphée par l'intermédiaire de la radio dans sa voiture. Dès lors,Orphée, suspendu aux lèvres de Cégeste, est asservi à la Mort par la poésie. La princesse tue ensuite Eurydice (Marie Déa), la femme d'Orphée. Lorsqu'elle est jugée coupable par le Tribunal, elle entreprend de ramener la situation à ce qu'elle était avant qu'elle ne fasse irruption dans la vie d'Orphée, à la fois au détriment de son amour pour Orphée et à cause de celui-ci.

Dans Orphée, la création devient un paradoxe à travers l'antithèse vie-mort. En créant, le poète extirpe une partie de soi qui constitue son oeuvre. Lorsque celle-ci est complétée, en même temps qu'il se sépare de celle-ci, il expérimente la mort. Cocteau exprime l'extrémisme qui habite l'artiste, «cette profonde attraction du poète pour tout ce qui dépasse le monde.» [14] Cette attraction se confirme dans la fascination d'Orphée pour le personnage de la princesse, sa propre Mort. La longue scène où Orphée poursuit la princesse dans le village déserté illustre la quête utopique du poète. L'objet qu'il poursuit se situe au-delà de sa portée, comme la princesse qui apparaît et disparaît, fuyante, inatteignable.

La vacuité des lieux souligne la solitude de la démarche créatrice de même que la dimension fantasmatique où elle prend racine. Orphée, pour finalement atteindre la mort, ira dans la zone, de l'autre côté du miroir. Cocteau définit le concept de la «zone» comme suit: « (Elle) n'a rien à voir avec aucun dogme.C'est une frange de la vie. Un no man's land entre la vie et la mort. On n'y est ni tout à fait mort, ni tout à fait vivant. »  La zone représente aussi le moi dissimulé et inaccessible dans la réalité. Si chaque poète a sa propre Mort, il a également sa propre zone, tumulte intérieur qu'il doit traverser pour accéder à une nouvelle existence

 Cocteau refuse en fait d'attribuer une seule nature aux éléments qu'il met en scène. C'est ainsi que le paradoxe transcende le contenu du film dans tout son ensemble. Pour répondre à cette notion de paradoxe, Cocteau dépeint en effet un monde où rien n'est ni noir ni blanc et où les personnages n'incarnent ni le bien ni le mal. Ainsi, les personnages de la Princesse et de Heurtebise (François Périer) sont tous deux des personnages contradictoires et insaisissables. Heurtebise est un «jeune homme au service de l'un des innombrables satellites de la mort (la princesse). Il est encore très peu mort. » [16] Aussi physiquement présent que la princesse, il est cependant plus transparent et plus humain qu'elle.

Alors que la mort ne se dévoile aux vivants que pour s'emparer d'eux (Orphée et Cégeste), Heurtebise incarne le lien entre la vie et la mort comme une espèce de figure angélique. Ceci s'exprime lors de la scène où il réconforte Euridyce devant l'attitude inhabituelle d'Orphée. Cependant, il est tout de même le «servant de la mort », dont il représente par conséquent les intérêts, et, bien qu'il soit mort - s'étant « suicidé au gaz », comme il le confie à Eurydice -, il demeure confiné à la zone, prisonnier d'un état intermédiaire entre la vie et la mort. Sans doute la Princesse incarne-t-elle avec conviction la douleur d'un tel état que l'on pourrait comparer au Néant.

D'abord, elle suscite l'antipathie du spectateur de par sa froideur et son autorité excessive, mais, au fil de l'histoire, le bien de ses intentions est peu à peu mis à nu. L'un des plans les plus saisissant du film est celui où elle apparaît le visage maquillé de blanc et enveloppée dans un voile alors que la voix du narrateur (toujours Cocteau) dit: «Chaque nuit, la mort d'Orphée revenait dans la chambre. » Bien qu'elle semble figée, elle glisse tranquillement, comme en suspens, vers la gauche du cadre. Les jeux d'ombre et de lumière créent un effet de clair-obscur et son visage blanc ressemble aux masques des tragédies grecques, trahissant le sort terrible auquel elle est vouée. La conversation qu'elle a plus tard avec Heurtebise confirme la cruauté de l'existence qui leur est réservée: ils sont condamnés à nier les émotions qui les animent et à vivre l'amour comme un interdit.

LA PRINCESSE . - Vous n'êtes pas libre d'aimer, ni dans un monde, ni dans l'autre.

HEURTEBISE . - Vous non plus. - La princesse, en colère, s'avance vers Heurtebise.

LA PRINCESSE . - Quoi?

HEURTEBISE . - On n'échappe pas à la règle. - Les deux personnages (profil à profil) s'affrontent.

LA PRINCESSE . - Je vous ordonne de vous taire!

HEURTEBISE . -Vous êtes amoureuse d'Orphée et vous ne savez pas comment vous y prendre…

LA PRINCESSE . - Taisez-vous! (Sa robe devient blanche.) - Elle sort du champ.

HEURTEBISE . - Je... (geste de colère). - Il disparaît sur place. La princesse se rue vers la table de Cégeste. Sa robe redevient noire. [17]

Jusqu'alors toujours vêtue de noir, symbole de la Mort, du deuil, mais également d'autorité, de sévérité et d'intransigeance, la Princesse apparaît, dans un éclair fugace, vêtue de blanc. Le contrôle qu'exerce la Princesse n'est pas un absolu, et cette scène, en révélant la dualité des sentiments qui la déchirent, trahit également l'autre visage de la Mort, la Mort vêtue de blanc, la Mort créatrice qui ramène le poète à la vie.Bien que le symbole du miroir soit présent dans tous les films de Cocteau, c'est dans Orphée qu'il devient moteur du récit et qu'il exprime sa pleine valeur métaphorique. Le miroir permet d'y franchir l'infranchissable, il mène à la fois à la Mort et à l'inspiration poétique, comme il s'ouvre sur le Néant, sur la zone.

Le miroir symbolise donc le passage d'un état à l'autre, ce qui s'applique particulièrement au poète, qui vit écartelé entre le monde réel et son univers lyrique. La fascination originelle pour le miroir n'est pas sans lien avec le cinéma et les pouvoirs qu'exerce l'image sur l'homme. La symbolique du miroir dans les mythes antiques, notamment celui de Narcisse, illustre cet envoûtement initial pour le miroir, reflet de l'homme, qui rappelle celui des spectateur lors de la projection des Vues des frères Lumière. La fascination est alors pour l'image et non pour la réalité dont elle est l'objet, comme l'explique Youssef Ishagpour dans Le cinéma.

Pour Cocteau, le film lui-même est un miroir, il a les mêmes qualités réflexives que le miroir. En réalisant Orphée, Cocteau, alors âgé de soixante ans, pose un regard sur sa propre carrière. Claude-Jean Philippe souligne le parallèle entre Orphée, « attablé seul au Café des Poètes(...), un peu trop célèbre, un peu trop aimé du public pour ne pas susciter de jalousies féroce » et Jean Cocteau, fréquentant le célèbre Café de Flore à Paris et se faisant huer par les surréalistes. Bien que Cocteau n'ait joué son propre rôle que dans Le testament d'Orphée, ses trois films orphiques sont très autobiographiques.

Selon Arthur B.Evans, c'est en se projetant à l'intérieur de la situation mythique d'Orphée que Jean Cocteau se définit lui-même en tant qu'artiste. [18] En outre, le mythe d'Orphée est pour Cocteau l'incarnation d'une vision artistique difficile à représenter autrement. Les morts et les réincarnations multiples d'Orphée - science que Cocteau appelle la phoenixologie dans Le testament d'Orphée - expriment l'existence précaire des poètes, condamnés ou non par la critique, qui renaissent de leurs cendres à chaque nouvelle création et deviennent ultimement (n'est pas dans le dictio) immortels en laissant derrière eux une oeuvre qui leur survit.

 La poésie pure et éclatante d'Orphée parvient à ouvrir l'âme des hommes à la Beauté, ce à quoi Cocteau, animé d'une vision utopique de l'art poétique, aspire lui-même à atteindre. La lyre d'Orphée, qui ensorcelle par son chant merveilleux, devient le cinématographe où Cocteau exploite la qualité poétique de l'image de l'irréel pour envoûter le spectateur.Nombre de citations à propos du miroir peuplent les films de Cocteau. L'une d'elles, qui revient dans Le sang d'un poète et dans Orphée, « les miroirs feraient bien de penser avant de réfléchir », trahit le caractère à la fois réflexif et ludique des films de Cocteau. Dans Le sang d'un poète, la statue, pour punir le poète de l'avoir réveillée, le met au défi de traverser le miroir. Elle lui dit : « tu as écrit qu'on entrait dans les glaces et tu n'y croyais pas! ».

Le poète qui plonge dans le miroir, devenu substance aqueuse, atterrit dans les ténèbres d'un « no man's land », puis arrive à l'hôtel des Folies-Dramatiques. Le miroir est alors la matrice du récit, comme il l'est dans Orphée. Il est lui-même le premier élément perturbateur qui provoque la chute du poète. En plongeant dans le miroir, le poète pénètre en lui-même. Le parcours qui s'ensuit reproduit le cheminement initiatique du poète, une sorte de délire interne qui symbolise la création, intemporelle et éternelle, mais également souffrante.

Au début du film Le testament d'Orphée, le poète est prisonnier de cette zone intemporelle depuis déjà quelques siècles et il arrive finalement à en sortir, à son grand soulagement, grâce à l'invention du professeur, un petit revolver dont les balles vous rendent à nouveau mortel. Cocteau associe l'acte de création poétique à la mort. Selon lui, le poète doit mourir pour créer, d'où, sans aucun doute, la citation sur laquelle se termine Le sang d'un poète : « Ennui mortel de l'immortalité. »

 

©-DR- ORPHEE de Jean Cocteau (1950) p37

26/12/2014 17:11 par tellurikwaves

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    26/12/2014 17:11 par tellurikwaves

©-DR- ORPHEE de Jean Cocteau (1950) p36

26/12/2014 17:09 par tellurikwaves

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SENS CRITIQUE

 

 Critique publiée par Olivier-W le 31 décembre 2013

"Le secret des secrets", le monde des morts qui communique avec celui des vivants au moyen des miroirs, comme le révèle Heurtebise à Orphée, sans doute se devine en ce que le reflet nous indique "la mort au travail" tout au long de notre vie. Mais Cocteau fait sortir du miroir la Mort elle-même et incarne sa vision de poète en révélation érotique : Maria Casarès, plénitude et néant de l'image selon le caprice de ses apparitions et dérobades, possède cette ubiquité de femme aimée, l'omni-absence de celle qu'on rêve. Elle avec sa beauté calme de sortilège, sa diction pleine, neutre apparemment mais nuancée de tous les reflets les plus subtils de désir, de volonté, de renoncement, appelle à ses propres pieds la lyre d'Orphée.

A Marie Déa revient la tâche ingrate, accomplie avec talent, de faire exister à l'arrière-plan une Eurydice terne, sans grâce. N’y a-t-il pas une part de complaisance avec le banal et l'habituel dans la plupart des critiques postées ici qui se plaignent d'un film "mal joué" ? J'ai du mal à comprendre. Mettons que Marais divise... mais tous les autres ! François Périer, en Heurtebise chauffeur particulier de la mort, est lui aussi remarquable, avec dans les yeux la tristesse pudique et retenue de la bonté.

La carence ou l'excès de "jeu" imprimés sur une surface blanche, qui anticipent les plus réussis des films de Bresson tournés selon son catéchisme du cinématographe, permettent de moduler la voix avec une finesse inconnue de tout naturalisme, d'éclairer l'âme avec un génie de "directeur de la photographie du son", où les aplats de voix interviennent en contrepoint de l'inspiration lyrique et de l'onirisme marqué de la belle partition de Georges Auric https://www.youtube.com/watch?v=qBpFHggwToQ. Sensibilité orale, sonore, musicale d'un poète-cinéaste à la qualité inverse du touche-à-tout : celle du fusionneur qui fait fondre les modes d'expression, sait les modeler à la forme d'un imaginaire cohérent.

 Le mythe même s'y transforme en profondeur : Cocteau opère un déplacement majeur dans la quête orphique. Le poète Orphée passe de l'autre côté du miroir non plus pour rattraper la fiancée disparue (ici déjà une épouse, toute quotidienne), mais, sous ce prétexte, pour retrouver et embrasser la Mort aux traits de princesse. Privé d'harmonie avec le bruit du monde, le poète reçoit en échange ce don paradoxal, de voir dans le miroir d'autres que lui-même et son vieillessement : non plus la contemplation et l'introspection, mais la traversée du miroir, la conquête de l'altérité la plus radicale jusqu'à aimer le visage de l'étrangère capitale, la mort. Sous la surface de soi, le cortège de ses fantômes et tout le possible de ses rêves d'amour : l'art dangereux de se laisser rêver par ses rêves.

 

©-DR- ORPHEE de Jean Cocteau (1950) p35

26/12/2014 16:59 par tellurikwaves

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Critique publiée par badgone88 le 25 mai 2011

Étudiée en cours de littérature quand j'étais en 1ère L, cette adaptation contemporaine du mythe d'Orphée et Eurydice revue par Cocteau est juste splendide.Effets spéciaux remarquables, mise en scène irréprochable, acteurs au diapason : tout y est.La symbolique du miroir, de la mort, du temps, de la poésie sont omniprésents à travers ce conte admirablement mené par Cocteau.Jean Marais et Marie Déa jouent juste (ben pas vraiment trouve-je) et transmettent parfaitement le déchirement des deux êtres voués à un amour impossible.Bref, avec Orphée, le terme de chef-d'œuvre prend tout son sens.

©-DR- ORPHEE de Jean Cocteau (1950) p31

26/12/2014 11:59 par tellurikwaves

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26/12/2014 11:57 par tellurikwaves

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SENS CRITIQUE

 

Critique publiée par JimAriz le 26 septembre 2013

Comme avec son chef d'oeuvre ultime, La Belle et la Bête, Orphée fascine par ses effets spéciaux et visuels propre à Jean Cocteau.L'artiste adapte le mythe d'Orphée dans un monde plus contemporain, même s'il est sans âge, avec un Jean Marais-Orphée poète. L'imagination de Cocteau fait encore des merveilles et donne au film des scènes cocasses. Comme lorsque Orphée est fasciné par des maximes récitées par la radio de sa voiture, où quand le couple s'efforce de vivre normalement alors qu'Orphée ne peut mettre les yeux sur sa femme. Mais ce qui reste en tête, c'est bien sur les effets visuels. Même s'ils sont moins riches que dans la Belle et la Bête, Cocteau arrive, surtout grâce à son imagination, à créer un monde des enfers crédible, fait de ralentis et où les règles de la physique n'ont plus lieu d'être. Ce qui donne un côté magique propre aux films de l'unique Jean Cocteau.