©-DR- L'AIGLE À DEUX TÊTES de Jean Cocteau (1948) p24
24/12/2014 17:24 par tellurikwaves
Trivia
External reviews
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This work,which is looked upon as a minor movie in Cocteau's canon deserves to be known by young generations of cinebuffs,would it be only for its frenzied romanticism.
This queen,in her remote castle ,who shuns the Court,has probably been inspired by Empress Elizabeth from Austria,"Sissi".Jean Cocteau was certainly fascinated by this woman,the most beautiful of her time:Feuillère's hairdo,her words,always revolving around fate and death.The husband she's mourning is the equivalent of Sissi's son ,who tragically died in Mayerling.She often alludes to the Archduchess,her mother-in-law.And like Sissi,she's waiting for death.The character also borrows from Ludwig the SEcond,King of Bayern,Sissi's cousin,when the queen says that the only thing she does is building castles
The anarchist (Marais)resembles the late king,and the queen knows that she has met her fate .The double is a Cocteau leitmotiv:in "la belle et la bête",his towering achievement,the Beast turns into Marais who had appeared first as the Beauty's friend;in "Ruy Blas" which was directed by Pierre Billon ,but which bears the Cocteau's touch,Marais plays two parts as well.The movie is full of strong scenes:the magnificent ball thrown by the queen,but as the guests are coming for the feast,they're told that the queen is not to attend it. Meanwhile she's having supper with her late husband.
Edwige Feuillère and Jean Marais are the embodiment of romanticism:love walks hand in hand with death along the corridors of the baroque castle. See it!It's younger than yesterday even if the reviews you find are somewhat tepid!Cocteau once said -and it is a lesson critics have to pay attention to-"critics judge works and they do not know they are judged by them."There's another side in Cocteau 's movie:the political one.A character says something like that:a queen 's got to be beautiful ,so that she'll be able to conceal all that's ugly in the country,all the last lonely and wretched ones.The queen portrayed by Feuillère was a sovereign for democrats but she'd been knowing for a long time that power was illusive.All the pump and circumstance that surround her "come back" is some big carnival.The queen was a tragic character from the start,but Stanislas,Marais's character was not.
He tries the compromise solution:he will give himself up provided that the queen returns to the world .He did not realize she could not ("you resemble the king,you insult him"),in any way, look back.The marvelous first scene tells it all: "I will not shout my name for fear the mountain may echo another one" That's only when Stanislas understands what love means for the queen that he becomes his equal.Around them,a lot a mediocre persons move:the count of Foen,a puppet in the Archduchess's-whom we never see-hands,as the lady in waiting ("reader")De Berg is.They spend their lives in compromise and lie ,waiting for promotion and begging favors.There's no communication between them and the doomed couple.An eagle with two heads which loses one of them is bound to die.
Sites externes
Edwige Feuillère : « J'avoue avoir eu du mal à retrouver mon personnage dans le film. Christian Bérard m'avait fait faire de nouvelles robes, d'époque nettement 1880. […] Ma longue traîne de taffetas, à la scène, ondulait au rythme de mes pas sans faire de bruit ; ici, elle provoquait dans les micros,alors peu sensibles et mal réglés,le mugissement des vagues sur une mer déchaînée Il fallut postsynchroniser tout le texte, et dans quelles conditions ! Je n'ai jamais été douée pour ce travail minutieux et mécanique du doublage. »
En juillet 1974, pour les besoins du tournage de La Chair de l'orchidée de Patrice Chéreau, Edwige Feuillère revient dans la région d'Uriage-les-Bains où furent tournées, 26 ans auparavant, des scènes extérieures de L'Aigle à deux têtes :
« Je me trouve devant un de ces hôtels qui furent palaces au début du siècle. […] Je revois les baies vitrées, et le perron avec la marquise festonnée, où venait s'arrêter le carrosse de la reine. Je revois « mes officiers d'escorte » à cheval, saluant mon arrivée. C'est là en effet (et au château de Vizille, tout proche) que nous avons pour un moment recréé le temps des Wittelsbach et leurs passions. « Moi, je rêve d'être une tragédie », disait par ma bouche cette reine qui se croyait forte… Et voici la salle à manger, où nous nous réunissions le soir ; je revois Yvonne de Bray extasiée devant Jean Marais, Jean Debucourt qui reprenait le rôle du duc de Willenstein entre deux répétitions à la Comédie-Française, et Jean Cocteau, et Silvia Monfort, et Charles Gantillon, le directeur du Théâtre des Célestins qui venait de Lyon pour le seul plaisir de passer une soirée avec nous. »
[..] Voilà pourquoi dans la préface Cocteau affirme (folio p.11) "Sans Edwige Feuillère, digne des plus grands rôles, sans Marais, qui a fait ses preuves, jamais je n'eusse osé monter cette machine épuisante pour des acteurs modernes".Agir c'est épuisant, dans l'exaltation on s'épuise!: "Un jeune homme s'exalte vite et se fatigue aussi vite..." (folio p.104)
Jacques Varennes : le comte de Foehn (ministre de la police)
Jean Debucourt : Félix de Willenstein (l'amoureux transi)
SENS CRITIQUE
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Critique publiée par GeckoEssence le 11 décembre 2012
Je connais peu Cocteau, n'ayant vu de lui que "La Belle et la Bête". Pourtant, il reste un de mes réalisateurs hexagonaux favoris.Dans "L'aigle à deux têtes", nous retrouvons une symbolique forte, celle du couple. En effet, prenez un aigle, même avec deux têtes; Coupez en une et il meurt. C'est cela que veut nous prouver Cocteau, et il le réussit avec brio.Le duo Edwige Feuillère/Jean Marais nous invite à les suivre dans une époque que l'on pourrait situer uniquement avec les vêtements des personnages, et les quelques rôles principaux suffisent à mettre en place une ambiance théâtrale. La façon dont Cocteau filme certaines scènes est elle aussi inspirée du théâtre - pensée pour la "fuite" de la reine dès le début.
Ce film nous conte une romance interdite entre une reine et... Un autre personnage ,pour ne rien dévoiler.On y retrouve un peu de Roméo et Juliette, dignes représentants de l'amour secret que l'on retrouve ici.Le jeu des acteurs est tout bonnement surprenant. Jean Marais nous livre une scène plein d'émotion sans sortir une seule parole. C'est ce genre de moments que j'ai apprécié dans ce film; La qualité est toujours au rendez-vous, le rythme est soutenu et correspond bien à ce à quoi le réalisateur nous a habitué.Bref, ce film est une pépite qui dort dans les tiroirs de notre patrimoine, et il est à voir si ce n'est pas le cas.