©-DR-RESPIRO de Emanuele Crialese (2003) p6
16/12/2014 06:41 par tellurikwaves
Casting
Valeria Golino est la seule actrice professionnelle lors du tournage. Le reste du casting est presque entièrement constitué d'habitants de Lampedusa, l'île où a été tourné le film. Seul le jeune qui incarne Pasquale a été repéré par Emanuele Crialese dans un casting, alors qu'il y servait des cafés.
Commentaire
Si l’on voit ce film avec un regard classique, le film n’est pas complètement réaliste, comme la tradition néoréaliste italienne pourrait laisser imaginer. Certains aspects qui peuvent paraître paradoxaux dans le film sont toutefois bien présents dans la réalité du village de Lampedusa.Le metteur en scène a en effet vécu quelques mois sur l’île,et c'est justement suite à ce long séjour que l'idée du film a germé.
Résumé
À Lampedusa, petite île au large de la Sicile, la population vit encore chichement au rythme des retours de pêche. Les jeunes, quand ils n'aident pas au travail,s'ennuient. Les gamins en bandes se bagarrent sur la plage dans les ruines d'immeubles inachevés. Les enfants de Pietro et Grazia n'échappent pas à la règle.Comme toutes les femmes et jeunes filles, Marinella prépare le poisson pour la vente. Elle flirte avec un jeune et timide gendarme, mais ses deux frères, Pasquale et Filippo, jouent les petits "machos" et la surveillent de près.
Portrait de femme libre
Emanuele Crialese signe avec ce film un beau portrait de femme, espiègle, enjouée, extravagante, que les codes sociaux et moraux, quelques peu restrictifs de la société italienne briment et étouffent. On découvre ici ses heurts successifs, son insouciance, qui la mèneront à s'enfuir, à aller respirer ailleurs, à réclamer une liberté de geste et de ton. Les images sont superbes et respirent la chaleur du sud. Un contraste évident avec la noirceur des idées de l'héroïne, que le réalisateur transmet tel un brûlant témoignage de la vie d'une femme elle-même brûlante, dont la chaleur ne peut être contenue. Valéria Golino (" Hot Shots " lui donne toute son âme, et nous convainc avec sincérité.
Olivier Bachelard
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Dans Respiro, Valeria Golino interprète avec brillance Grazia, une femme dont les rêves débordants s'accordent mal avec la mentalité des habitants d'une petite île sicilienne. Le directeur Emanuele Crialese a créé une belle fable sur les thèmes de la jalousie, de la cruauté, de la sexualité et de la tolérance sur un bout de rocaille méditerranéenne
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Cast
Valeria Golino : Grazia
Vincenzo Amato : Pietro
Francesco Casisa : Pasquale
Veronica D'Agostino : Marinella
Filippo Pucillo : Filippo
Muzzi Loffredo : La grand-mère
Elio Germano : Pier Luigi
Avy Marciano : Olivier
Sam Mounier: La Mosca
Fiche technique
Titre : Respiro
Réalisation : Emanuele Crialese
Scénario : Emanuele Crialese
Production : Raphael Berdugo, Domenico Procacci et
Anne-Dominique Toussaint
Musique : Andrea Guerra et
John Surman (Nestor's Saga)
Son : Pierre-Yves Lavoué
Photographie : Fabio Zamarion
Montage : Didier Ranz
Pays d'origine : Italie
Format : Couleurs - 1,85:1 - DTS - 35 mm
Durée : 95 minutes
Date de sortie : 1er janvier 2003
Le réalisateur Michael Haneke
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Extraits de
http://www.iletaitunefoislecinema.com/retrospective/3348/jeu-hasard-et-societe-retrospective-haneke
Le Ruban blanc, grand vainqueur du festival de Cannes 2009, marque l’apogée du cinéaste. Haneke examine scrupuleusement la vie des habitants d’un village au début du XXème siècle. Malgré un système hiérarchique évidente – baron, pasteur, professeur, paysans – les relations cachées et les jeux interdits entre les individus bousculent les normes établies. La violence transparait dans les gestes et les comportements des adultes, qui ne parviennent plus à reproduire ni à retrouver ce système hiérarchique auprès de leurs enfants.
Ceux-ci sont considérés à priori innocents, d’où le titre métaphorique du ruban blanc, symbole de pureté. L’entrechoc entre les traditions rigides et obtuses du protestantisme luthérien et la réalité d’une nouvelle génération conduit à la déviation. Haneke, sans porter un jugement dans la simplicité « objective » et apparente de sa mise en scène, engage la responsabilité collective sans évoquer la culpabilité individuelle.
Le Ruban blanc
La question de la transmission entre les générations intéresse Haneke depuis toujours. C’était déjà le sujet de plusieurs de ses films pour la télévision, chacun à leur manière : Lemmings, Fraulein et La Rébellion. Par sa construction, la 1re partie de Lemmings ressemble beaucoup au Ruban blanc. C’est un drame sur le destin de la génération post Seconde(?) guerre mondiale, à laquelle l’auteur appartient d’ailleurs. C’est la génération des adolescents autrichiens qui grandissent dans des familles bourgeoisies extrêmement strictes. Les adultes ont l’habitude de se faire obéir et ne supportent aucun questionnement ni remise en cause des valeurs de la famille, du pays et de Dieu.
Il est interdit de parler de la guerre. Méprisant envers l’impotence et l’hypocrisie de leurs parents,les jeunes gens se rebellent de leur propre manière,destructive ou autodestructive. Dans la 2ème partie du métrage, les enfants devenus eux-mêmes adultes vivent maintenant dans des mariages sans amour et donnent naissance à des enfants qu’ils n’ont pas désirés. C’est un monde fait de désespoir et d’indifférence froide, où la prière, les pilules, l’alcool, les affaires extraconjugales, la télévision expriment une rage inexplicable et ne mènent qu’à une blessure encore plus profonde.
Parmi les films préférés de Michael Haneke il y a Au hasard Balthazar (1966) de Robert Bresson. La construction de l’histoire ressemble au film La Rébellion tiré du roman de Joseph Roth (1924). Le film décrit la déchéance d’un homme vieillit bien avant l’âge, le soldat Andreas Pum de retour de la grande guerre. Handicapé, il a perdu une jambe, il devient joueur d’orgue à 8 chansons et épouse une jeune veuve. Il a foi en l’Etat, c’est un citoyen loyal, qui considère les vétérans de guerre qui protestent contre leur situation comme des paresseux et des « mécréants » désobéissants.
Un soir, une altercation provoquée par un riche bourgeois dans un tramway, condamne Pum à la misère et la solitude. Après cet incident, son âme est affaiblie devant l’amer constat de sa vie gaspillée à servir Dieu et l’empire. Pum meure malade et fatigué dans les toilettes où il travaillait déguisé en uniforme de militaire. Les règles du jeu de la société ne sont pas adaptées aux pauvres et handicapés. Utilisant l’esthétique de la période du muet, des tons sépia et des teintes de couleurs effacées, Haneke rend hommage au cinéma de Pabst et Murnau.
La Rébellion
Haneke est un réalisateur du concret, un peintre du détail. Sa morale esthétique de l’image est exigeante et dictée par les thématiques de son choix. Il utilise une géométrie froide, des plans fixes morcelés et beaucoup de plans séquences. La colorimétrie de ces films n’est jamais très claire, sinon d’un blanc clinique, où les couleurs sont plutôt sombres, froides, grisâtres… Si Bresson a inventé l’image « sale », Haneke a réussi à décaler la beauté de l’image. On ne peut pas filmer la souffrance avec beauté, dit Haneke.
L’esthétique du cinéma dominant manie les principes des publicitaires, du point de vue psychologique ça doit être rassurant, ce qui n’est pas admissible dans le cinéma de l’auteur qui n’aime pas cacher les choses sous le tapis.L’art le plus proche du cinéma c’est la musique, dit le pianiste manqué Haneke, qui se dit plutôt un homme d'oreille que de regard. Un film doit avoir son propre rythme. La fameuse scène de ping-pong dans 71 Fragments d’une chronologie du hasard dure une éternité afin que le spectateur puisse passer à travers toute la gamme de réactions : saisir l’information pour suivre le récit, puis l’ennuie et la lassitude jusqu’à la compréhension du sens de l’image.
La musique est aussi parfois au centre du film, comme dans La Pianiste qui a fait connaitre Haneke au grand public. Pour le cinéaste, elle est la reine des arts. Pourtant il n'en abuse pas et l’utilise de préférence dans la diégèse comme accompagnement, illustration ou pour créer une pollution acoustique. La surcharge musicale qu’on peut observer dans la tendance du cinéma dominant d’aujourd’hui n’est qu’un moyen de cacher les défauts du réalisateur. Les ruptures brutales de la musique dans ses films nous rendent conscients de sa présence et de son effet. Haneke est très attentif au silence, et regrette qu’on ne soit plus habitué à écouter le silence. Rien que son travail de trois mois passé au mixage de son dernier film témoigne encore une fois de l’importance que le réalisateur attache au son.
Le cinéma de Haneke est un cinéma engagé car divergent du cinéma "mainstream". Le cinéaste parvient à imposer ses codes, ses règles du jeu et à être aimé du grand public. Son cinéma respecte le spectateur car il le considère comme un partenaire de jeu égal, et est ouvert à toutes les interprétations possibles. Dans ce monde où la violence ne perturbe plus le rythme de battement de nos cœurs, les images de Haneke restent longtemps dans nos consciences, elles transgressent les codes de normalité, elles nous déstabilisent, provoquent, nous mettent au défi pour mieux préparer notre quotidien, pour mieux nous affronter nous-mêmes.
Lien vers Canal académie (vidéo/Entretien)
http://www.canalacademie.com/emissions/carr915.mp3
Récompenses et distinctions (source Wiki)
Nominations
Oscar du meilleur film étranger 2010
César du meilleur film étranger 2010
Prix
Festival de Cannes 2009 : Palme d'or
Prix FIPRESCI de la Critique internationale
Prix de l'Éducation nationale
Mention spéciale du jury œcuménique
Prix du cinéma européen 2009 : Meilleur film européen
Meilleur réalisateur européen
Meilleur scénariste européen
Golden Globe du meilleur film étranger 2010
Dix Lolas du cinéma allemand 2010 dont : Meilleur film
Meilleur réalisateur (Michael Haneke)
Meilleur acteur (Burghart Klaußner)
Meilleur second rôle féminin (Maria-Victoria Dragus)
Meilleur scénario (Michael Haneke)
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| Nominated Oscar |
Best Achievement in Cinematography Christian Berger |
| Best Foreign Language Film of the Year Germany.
|
| Won Golden Globe |
Best Foreign Language Film |
| Nominated BAFTA Film Award |
Best Film Not in the English Language Stefan Arndt Veit Heiduschka Margaret Ménégoz Michael Haneke |
| Won Award of the Argentinean Academy |
Best Foreign Film Michael Haneke Germany.
|
| Won Amanda |
Best Foreign Feature Film (Årets utenlandske kinofilm) Michael Haneke |
| Won ASC Award |
Outstanding Achievement in Cinematography in Theatrical Releases Christian Berger |
| Nominated Silver Condor |
Best Foreign Film, Not in the Spanish Language (Mejor Película Extranjera) Michael Haneke Austria.
|
| Won Bodil |
Best Non-American Film (Bedste ikke-amerikanske film) Michael Haneke |
| Nominated Best Cinematography Award |
Christian Berger |
| Nominated Critics Choice Award |
Best Foreign Language Film |
| Won Cinema Prize of the French National Education System |
Michael Haneke |
| Won FIPRESCI Prize |
Competition Michael Haneke |
| Won Palme d'Or |
Michael Haneke |
| Won Prize of the Ecumenical Jury - Special Mention |
Michael Haneke A profound film of beautiful formal and cinematographical craft that moved all of us, reminding us ... More A profound film of beautiful formal and cinematographical craft that moved all of us, reminding us to beware of the symptoms of our inner violence that also breeds social and political violence. |
| 2nd place COFCA Award |
Best Foreign Language Film |
| Won CFCA Award |
Best Foreign Language Film |
| Won Chlotrudis Award |
Best Cinematography Christian Berger |
| Nominated Chlotrudis Award |
Best Director Michael Haneke |
| Best Performance by an Ensemble Cast | |
| Best Movie |
| Nominated Cinema Brazil Grand Prize |
Best Foreign-Language Film (Melhor Filme Estrangeiro) Michael Haneke Germany
|
| Nominated César |
Best Foreign Film (Meilleur film étranger) Michael Haneke Austria.
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| Nominated David |
Best European Film (Miglior Film dell'Unione Europea) Michael Haneke |
| Won European Film Award |
Best Film |
| Best Director Michael Haneke |
|
| Best Screenwriter Michael Haneke |
|
| Nominated European Film Award |
Best Cinematographer Christian Berger |
| Won FCCA Award |
Best Foreign Language Film Michael Haneke |
| Won Gaudí Award |
Best European Film (Millor Pel·lícula Europea) Michael Haneke |
| Won Film Award in Gold |
Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Beste darstellerische Leistung - Weibliche Nebenrolle) Maria-Victoria Dragus |
| Best Screenplay (Bestes Drehbuch) Michael Haneke |
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| Best Cinematography (Beste Kamera/Bildgestaltung) Christian Berger |
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| Best Production Design (Bestes Szenenbild) Christoph Kanter |
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| Best Costume Design (Bestes Kostümbild) Moidele Bickel |
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| Best Makeup (Bestes Maskenbild) Waldemar Pokromski Anette Keiser |
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| Best Sound (Beste Tongestaltung) Guillaume Sciama Jean-Pierre Laforce |
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| Outstanding Feature Film (Bester Spielfilm) Stefan Arndt |
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| Best Performance by an Actor in a Leading Role (Beste darstellerische Leistung - Männliche Hauptrolle) Burghart Klaußner |
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| Best Direction (Beste Regie) Michael Haneke |
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| Nominated Film Award in Gold |
Best Performance by an Actress in a Leading Role (Beste darstellerische Leistung - Weibliche Hauptrolle) Susanne Lothar |
| Best Performance by an Actor in a Supporting Role (Beste darstellerische Leistung - Männliche Nebenrolle) Rainer Bock |
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| Best Editing (Bester Schnitt) Monika Willi |
| Won German Film Critics Award |
Best Film (Bester Spielfilm) Michael Haneke |
| Best Actor (Bester Darsteller) Burghart Klaußner |
|
| Best Screenplay (Bestes Drehbuch) Michael Haneke |
|
| Best Cinematography (Beste Bildgestaltung) Christian Berger |
| Nominated Goya |
Best European Film (Mejor Película Europea) Michael Haneke |
| Won Guild Film Award - Gold |
German Film (Deutscher Film) Michael Haneke |
| Won ICS Award |
Best Film Not in the English Language |
| Best Cinematography Christian Berger |
|
| 2nd place ICS Award |
Best Picture |
| Best Director Michael Haneke |
|
| Best Ensemble | |
| Nominated ICS Award |
Best Original Screenplay Michael Haneke |
| Nominated Silver Ribbon |
Best European Director (Regista del Miglior Film Europeo) Michael Haneke |
| Nominated Kinema Junpo Award |
Best Foreign Language Film Michael Haneke |
| Nominated ALFS Award |
Film of the Year |
| Director of the Year Michael Haneke |
|
| Screenwriter of the Year Michael Haneke |
|
| Foreign Language Film of the Year |
| Won LAFCA Award |
Best Cinematography Christian Berger |
| 2nd place LAFCA Award |
Best Director Michael Haneke |
| Best Foreign Film Michael Haneke |
| Won NBR Award |
Top Five Foreign Films |
| Won NSFC Award |
Best Cinematography Christian Berger |
| Won New Faces Award |
Actress Leonie Benesch |
| Won NYFCC Award |
Best Cinematographer Christian Berger |
| Won NYFCO Award |
Best Foreign Language Film |
| Won OFTA Film Award |
Best Foreign Language Film Germany
|
| Best Cinematography Christian Berger |
| Won OFCS Award |
Best Film Not in the English Language |
| Nominated Robert |
Best Non-American Film (Årets ikke-amerikanske film) Michael Haneke |
| Won Romy |
Best Film (Bester Film) |
| Best Producer (Bester Produzent) Michael Katz Veit Heiduschka |
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| Best Direction (Beste Regie) Michael Haneke |
|
| Best Cinematography (Beste Kamera) Christian Berger |
|
| Nominated Romy |
Favorite Actor (Beliebtester Schauspieler) Ulrich Tukur |
| Won White Elephant |
Best Foreign Film |
| Won FIPRESCI Film of the Year |
Michael Haneke |
| Nominated Satellite Award |
Best Motion Picture, Foreign Language Film Germany.
|
| 2nd place SEFCA Award |
Best Foreign Language Film |
| Won TFCA Award |
Best Foreign Language Film |
| Won Audience Award |
Best Foreign Film Michael Haneke |
| Won Turia Award |
Best Foreign Film Michael Haneke |
| Nominated WAFCA Award |
Best Foreign Film |
| Won Young Artist Award |
Best Performance in an International Feature Film - Leading Young Performer Leonard Proxauf Leonie Benesch |