©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p15

25/11/2014 18:04 par tellurikwaves

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    25/11/2014 18:04 par tellurikwaves

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©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p14

25/11/2014 12:47 par tellurikwaves

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    25/11/2014 12:47 par tellurikwaves

par PPHF (fin)

L'anarchisme de Marcel Aymé est d'abord un individualisme, sa misanthropie est très humaine et à l'écart des  idéologies; elle manifeste une défiance définitive vis à vis des groupes plus qu'un credo politique. celle d''Autant-Lara est peut-être moins moins nuancée. Il n'y a pas à mon sens de "message" social à chercher dans le coup de théâtre final. Son interprétation est sans doute bien plus terre à terre et évidente :


- il fallait à un tel récit une fin positive; il ne pouvait évidemment pas tourner au drame, encore moins à un drame suggéré;
*
- il fallait évidemment terminer sur une note humoristique, ironique certes mais pas amère; c'est tout le sens, et rien de plus de l'ultime "toujours dans les valises" ...)

Et Autant-Lara là-dedans,? Il rencontre ici Marcel Aymé pour le meilleur - ce sera nettement moins bon avec la Jument verte. Par la suite ses productions déclineront rapidementdans le même temps que l'aigreur finira par l'emporter et l'entraîner vers des engagements politiques absurdes et glauques. Il aura eu le temps de proposer quelques belles réussites, la Traversée de Paris en premier lieu.

©-DR- LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p13

25/11/2014 12:44 par tellurikwaves

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    25/11/2014 12:44 par tellurikwaves

par PPHF (suite)

La principale question porte évidemment sur le rôle de Gabin, porte-parole évident des auteurs (et d'abord de Marcel Aymé) et du point de vue social qu'il chercherait à transmettre. L'engagement de Gabin dans l'aventure, très risquée, ne relève pas des besoins des trafiquants "ordinaires" du marché noir. Il y va "pour le fun", pour voir à quoi ressemble l'envers du décor, il s'encanaille en quelque sorte. Ce positionnement de dégagement hautain et du jeu de massacre qui en résulte peut sembler assez facile - le regard cruel du héros sans tâches et sans reproche sur la lâcheté, la veulerie, sur tous les aspects minables, répugnants de ses semblables.

En fait ce road movie à pied (avec de belles images de Paris la nuit) est d'abord un récit initiatique, un essai de lucidité critique, pour le personnage interprété par Bourvil, pour le spectateur également. Le personnage de Grandgil, magistralement interprété par un Gabin énorme (certes il fait du Gabin mais du grand Gabin et il finit par entraîner Bourvil dans sa démesure) est donc un passeur. Sa grande lessive touche aussi bien les patrons (de Funès / Janvier dans sa cave) que les ouvriers - même si l'on retiendra surtout la critique, aussi violente qu'inédite, contre ces derniers.

Mais c'est aussi un passeur très humain, qui finit par craquer lorsque les événements et le sort s'acharnent (les morceaux de cochon balancés aux chiens, la colère impossible à maîtriser devant la porte fermée du receleur) et son affection, même quand elle est assez cruelle, pour Martin /Bourvi est évidente et se manifeste avec force dans les locaux de la Kommandantur.

©-DR- LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p12

25/11/2014 12:41 par tellurikwaves

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    25/11/2014 12:41 par tellurikwaves

©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p11

25/11/2014 12:31 par tellurikwaves

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    25/11/2014 12:31 par tellurikwaves

Sens Critique  
par PPHF 
*
La difficulté avec la filmographie de Claude Autant-Lara, très irrégulière, est de déterminer la part qui revient précisément au réalisateur et celle de ses collaborateurs - enl'occurrence les scénaristes. Pour la Traversée de paris, le casting est impressionnant - Marcel Aymé pour la nouvelle adaptée, Aurenche et Bost pour l'adaptation. La réussiteassez remarquable de l'ensemble tient sans doute à l'harmonie résultant de la rencontre, même si à mon sens l'apport de Marcel Aymé est sans doute le plus déterminant.

Tous les épisodes du récit sans exception porte la marque de Marcel Aymé, de son humour grinçant, de son pessimisme et de sa misanthropie cruelle. Tous ces épisodes sontexcellents, de la confrontation avec les exploiteurs ("Janvier, rue Poliveau") ou avec le peuple dans le café (le mythique "salaud de pauvre"), les rencontres évitées avec les policiers et celle contrainte qui voit Gabin jouer brillamment les débiles ("moi, j'ai plein de papiers")avant d'assommer le représentant de l'autorité,les deux passages dans les appartements, avec le quiproquo joliment mimé sur le mot "peintre", le poème de Heine déclamé par Gabin, la jeune fille admiratrice de la résistance mais ne crachant pas sur le cochon

("cela m'intéresse aussi"), l'épisode des chiens, l'interception de Gabin et Bourvil par la patrouille allemande au moment où ils sont entrain de péter les plombs, lapremière fin à la Kommandantur où l'humour cette foislutte en vain contre la réalité de la guerre..Il reste que la mise en scène, certes strictement chronologique (avec la double ellipse finale) et classique, est à la fois dynamique et fluide, met bien en valeur les trouvailles duscénario et présente même de vraies réussites de réalisation - comme l'arrivée de la patrouille allemande filée depuis l'intérieur de l'immeuble en ombres chinoises.

©-DR- LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p10

25/11/2014 03:58 par tellurikwaves

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    25/11/2014 03:58 par tellurikwaves

Grandgil (Jean Gabin) / Jambier (De Funès) :
 

« Monsieur Jambier, 45 rue Poliveau, pour moi, ce sera 1 000 F… Monsieur Jambier, 45 rue Poliveau, maintenant c'est 2 000 F… Je voulais dire 3000.— C'est sérieux ?—Comment si c'est sérieux !… JAMBIER JAMBIER JAAAAMMBIER ! »

©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p9

25/11/2014 03:51 par tellurikwaves

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    ©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p9

    25/11/2014 03:51 par tellurikwaves

Par Socrate (fin)
C’est un film sur le marché noir, critique, évidemment, mais nuancé : Autant-Lara s’en gausse tout en montrant les risques encourus, même si le personnage de Gabin, ici, les relativise. Certes, le marché noir est un moyen pour certains de se faire des couilles en or, mais pour d’autres comme Martin, le personnage incarné par Bourvil, c’est seulement un moyen d’améliorer l’ordinaire, ou même d’avoir des revenus car il est au chômage… Comme dans le reste de la société, il y a les gros patrons (comme Jambier) et les manars comme Martin qui font le sale boulot à leur place... Il y a ceux à qui tout sourit, comme Grangil, qui peut facilement prendre des risques, et les gagne-petit, comme Bourvil, qui n’aura jamais la réussite de son compagnon de traversée…

La France de l’époque fleure bon l’esprit de contrebande déjà présent sous l’Ancien Régime, c’est un peu ce qu’on ressent en visionnant le film, mais s’il s’agit d’une comédie, Autant-Lara prend le parti du réalisme, et se permet d’égratigner un peu tout le monde. Il met l’accent sur la veulerie de certains Français, dans ces années cinquante où il est encore de bon ton de vanter avant tout les Français pendant la guerre comme des résistants et des héros. Il montre les profiteurs de guerre, bien sûr, mais aussi, au hasard d’une rencontre imprévue, une résistante qui pourrait être intéressée par le marché noir. Décidément, les choses sont plus complexes qu’on ne les caricature souvent, et La Traversée de Paris a le mérite de tenter de nous le montrer.

Plus prosaïquement, le film restitue bien, à nos yeux du XXIème siècle, la réalité quotidienne d’une période difficile. On mange du topinambour ; les rognons sont une richesse ; il y a des journées sans alcool, même si la définition de l’alcool ne semble pas être la même qu’aujourd’hui… Ce qui déçoit dans le film, c’est son issue, très médiocre de mon point de vue. Je vous laisserai la découvrir, cette façon qui se veut humoristique de clore le film, mais je vous en touche quand même un mot :[...raconte la fin...] Il y a là une critique sociale, mais la dernière impression, ici, est celle d’un final bâclé, pour un film qui vaut bien mieux, et que je vous recommande, pour la bonne tranche de rigolade qu’il procure.

©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p8

25/11/2014 03:42 par tellurikwaves

  • ©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956)  p8

    ©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p8

    25/11/2014 03:42 par tellurikwaves

Par Socrate (part1)
« Dans chaque Français y a un cochon qui sommeille ». Ca tombe bien, parce que le cochon se fait plutôt rare, durant l’Occupation. Pas d’inquiétude, Jambier est là, pour vous servir, Jambier, rue Poliveau ! Incarné par un De Funès en début de carrière qui va dans ce film composer un personnage qui ne le quittera plus.

 Face à lui, deux autres monstres du cinéma français, Bourvil et Gabin, qui inondent le film de leur talent, dans un jeu plus subtil qu’il n’y paraît : Bourvil est exceptionnel face à un Gabin un peu plus en retenue que d’habitude, même si on lui accorde quelques gueulantes d’anthologie : Jambier, Jambier, Jambier, 45 rue Poliveau ! Ah, sacré Gabin, l’en fait une bouchée du Glaude. Et le v’la qui récidive une gueulante contre Marchandot ! Ah, c’est basique, mais c’est pas demain la veille que je me lasserai du Gabin. En tout cas, rien que de voir ces acteurs, c’est du bonheur, indépendamment de tout le reste.

D’autant plus que les dialogues sont ciselés, on croirait entendre du Audiard, mais c’est pas de lui. Pour info, le scénario et les dialogues sont de Jean Aurenche et Pierre Bost, adaptant une nouvelle de Marcel Aymé. Le texte est surtout écrit pour Gabin, qui se régale à faire tourner en bourrique Jambier et Martin. Ce sont surtout les dialogues entre Bourvil et Gabin qui apportent au film son aspect jubilatoire.

Mais au-delà de l’intérêt de voir ce film pour ses acteurs, La traversée de Paris nous propose, en 1956, une présentation de l’Occupation qui diverge fortement de la mémoire alors dominante, résistancialiste, incarnée par des films comme ceux de René Clément, ou la Grande vadrouille, l’Armée des ombres, etc. Avec les mots plantés dans la bouche de Jean Gabin, Autant-Lara veut nous montrer « jusqu’où on peut aller en temps d’occupation ».

©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p7

25/11/2014 03:32 par tellurikwaves

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    ©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p7

    25/11/2014 03:32 par tellurikwaves

Avis de spectateurs SENS CRITIQUE


Par Jackal
1943. Marcel, un chauffeur de taxi au chômage du fait du rationnement d'essence, se reconvertit en passeur de denrées pour le marché noir, et doit transporter de la viande de cochon la nuit à travers Paris occupé. Sauf que Grandgil, le comparse qu'il a choisit pour l'accompagner, est tout sauf du genre à la fermer, et prend un malin plaisir à se jouer des travers de ceux qui se taisent par lâcheté ou en profitent en ces temps sombres, et occasionnera au duo moults soucis tout au long de leur périple.

Un immense Jean Gabin, dans l'un des meilleurs rôles de sa seconde carrière, tout en verve gouailleuse,et une belle évocation désabusée du Paris de l'Occupation où règnent bassesse et opportunisme. Bourvil est un peu éclipsé, mais c'est le rôle de ce brave homme qui ne cherche pas à faire de l'esclandre et se fait des illusions sur l'honnêteté qui veut ça. A mentionner également, un Louis De Funès qui prenait déjà bien ses marques, dans le rôle mémorable de Jambier, le boucher-épicier clandestin cupide qui va avoir la trouille de sa vie.

©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p6

25/11/2014 03:27 par tellurikwaves

  • ©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956)  p6

    ©-DR-LA TRAVERSEE DE PARIS de Claude Autant Lara (1956) p6

    25/11/2014 03:27 par tellurikwaves

Commentaire de Marc Toullec (3 Aout 2009)

Dans le Paris occupé de 1943, un chauffeur de taxi au chômage engage, pour une livraison nocturne, un inconnu qui lui inspire confiance.Deux bras supplémentaires afin de transporter sur plusieurs kilomètres un cochon répartis dans quatre valises. Une mission à haut risque car, entre les maraudes de la police française et les patrouilles de l'armée allemande, les deux hommes composent avec de nombreux obstacles. Sans compter avec la personnalité assez particulière du second, peintre de renom qu’apprécient même certains officiers de la Wehrmarch.
 
Au carrefour des genres, mêlant des éléments humoristiques de récit picaresque au tableau sombre d'une société résignée à la peur, La Traversée de Paris se situe quelque part entre L’Armée des ombres et La Grande Vadrouille. Satire grinçante, renvoyant dos à dos les exploiteurs cyniques et les exploités serviles, le film n’a rien perdu, sur un demi siècle, de sa verve caustique, de sa noirceur goguenarde et, grâce à la magie de son interprétation, aucune de ses ressources dans la comédie. Du « Monsieur Jambier, 45 rue Poliveau » beuglé par Jean Gabin sur Louis De Funès, impossible de se lasser. Entre autres répliques devenues cultes...En regard du film, Pierre Assouline revient sur le contexte historique de l’Occupation dans le documentaire des bonus.

Cinquante minutes pour mieux apprécier le caractère subversif de l’œuvre, l’audace de Claude Autant-Lara et Marcel Aymé. Freddy Buache, de la Cinémathèque suisse, la scripte Geneviève Cortier et le chef décorateur Max Douy apportent également leur contribution au sujet, multipliant les anecdotes et informations sur leur expérience du tournage. Cinquante minutes aussi pour apprendre que Yves Montand convoitait le rôle de Gabin et que Marcel Aymé désapprouva le choix de Bourvil avant de confesser sa méprise à Claude Autant-Lara.