©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008) p6

09/11/2014 10:38 par tellurikwaves

  • ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)  p6

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    09/11/2014 10:38 par tellurikwaves

©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008) p5

09/11/2014 10:35 par tellurikwaves

  • ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)  p5

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    09/11/2014 10:35 par tellurikwaves

Cast
Vahina Giocante : Diane / Lisa
Gérard Lanvin : Alex
Nicolas Duvauchelle : Pierre / Aziz
Rachida Brakni : Leïla / Chadia
Simon Abkarian : Al Barad
Catherine Hiegel : Mère de Pierre
Mehdi Nebbou : Amed
Aurélien Wiik : Jérémy
Nicolas Marié : Fouche
Katia Lewkowicz : Aline
Kamel Belghazi : Aziz
Djemel Barek : Khaled
Ruben Alves : Loïc
Carim Messalti : Hajj
Hassam Ghancy : Danar
Salem Kali : Salem
Moussa Maaskri : Slim
Saïd Amadis : le client de Lisa
Jérôme Bertin : Chef d'État major particulier du président
Jérémy Bardeau : 1er cadet
Malek Chebel : lui-même
Antoine Sfeir : lui-même
Michaël Vander-Meiren : le maton à Fleury-Mérogis
Joy Esther

©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008) p4

09/11/2014 10:32 par tellurikwaves

  • ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)  p4

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    09/11/2014 10:32 par tellurikwaves

Pas un Gérard Lanvin rigolard cette fois..
plutôt un Lanvin qui...marche à l'ombre

©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008) p3

09/11/2014 10:26 par tellurikwaves

  • ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)  p3

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©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008) p2

09/11/2014 10:23 par tellurikwaves

  • ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)  p2

    ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008) p2

    09/11/2014 10:23 par tellurikwaves

Vahina Giocante : Diane / Lisa

*

*

Résumé
Chaque jour dans notre pays, mouvements terroristes et services de renseignements se livrent une guerre sans merci au nom d'idéologies que tout oppose. Pourtant, terroristes et agents secrets mènent presque la même vie.Condamnés à la clandestinité, ces stratèges de la manipulation obéissent aux mêmes méthodes.

Alex et Al Barad sont deux d'entre eux.A la tête du contre-terrorisme de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) pour l'un et d'un réseau terroriste pour l'autre, ils s'affrontent en utilisant les armes dont les plus redoutables : les êtres humains.

Secret défense raconte leur guerre secrète à travers les destins de Diane, une étudiante recrutée par les services secrets français, et de Pierre, un paumé qui croit trouver son salut dans le terrorisme.Formés et endoctrinés pour des missions qui les dépassent, tous deux sont pris dans un engrenage auquel ils ne semblent pas pouvoir échapper.Seront-ils, l'un et l'autre, sacrifiés au nom de leurs "nobles" causes ?

©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)

09/11/2014 06:11 par tellurikwaves

  • ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)

    ©-DR- SECRET DEFENSE de Philippe Haïm (2008)

    09/11/2014 06:11 par tellurikwaves

Secret défense est un film d'espionnage dramatique réalisé par Philippe Haïm, sorti en décembre 2008 en France et aux États-Unis, avec Gérard Lanvin et Vahina Giocante. Il met en scène les parcours croisés de deux personnages utilisés et manipulés, l'un par les services de renseignement et l'autre par un groupe terroriste. La DGSE, les services de renseignement français, n'a pas participé au tournage mais plusieurs anciens agents du renseignement ont aidé à la préparation du film en tant que consultants.

Malgré son point de vue critique sur la DGSE, le film se termine sur une phrase très gratifiante pour celle-ci : « depuis le 11 septembre 2001, les services français ont déjoué plus de 15 tentatives d'attentats sur le territoire national ».

©-DR- Rachida Brakni : Portrait (fin)

08/11/2014 18:00 par tellurikwaves

  • ©-DR- Rachida Brakni : Portrait  (fin)

    ©-DR- Rachida Brakni : Portrait (fin)

    08/11/2014 18:00 par tellurikwaves

Mais les plus brillants, les plus acharnés, peuvent tout de même relever la tête. L’ascenseur social n’est pas encore bloqué au sous-sol. Elle précise :« L’école, les livres, m’ont révélée. J’étais bonne élève, mais d’une insolence !» Envers la terre entière, pas les parents. La confiance qu’ils lui accordaient l’a bâtie tout entière. Rachida filait droit mais à l’intérieur de cette droiture-là, elle avait le choix des virages. Elle n’a jamais trahi, jamais manqué à l’obligation pourtant délicate de lire, sans mentir, les bulletins scolaires à son père et à sa mère, presque analphabètes. Ce pourrait être un sujet de baccalauréat : comment être libre sans se renier. Ambition agaçante, déjà, pour mal de monde.

Dans la cité d’Athis-Mons, Essonne, où elle grandit, un jeune type, petit rapporteur de rien, vint informer le père Brakni que Rachida avait traîné un soir d’avant. Le père : « Et alors ! Ma fille c’est un garçon, elle fait ce qu’elle veut. » Ce sera donc : traverser l’enfance en courant, travaillant dur, sans se plaindre, et protégée des affres d’être née du deuxième sexe. (Désormais, elle parle en arabe à ses parents, une « question et un désir culturels » dit-elle, et ils lui répondent en français même si son père, vieillissant, passe plus de temps qu’avant en Algérie. Elle l’a aidé à y acheter un appartement).

Sur le fauteuil imprimé à rayures, sombre, lourd, de ce bar d’hôtel parisien, où sûrement jamais son père ne s’est assis et ne s’assoiera jamais, mais où les serveurs la traitent bien puisqu’elle vient souvent et les traite bien (ah l’extrême politesse des humbles, une fois un peu plus riches, lorsque l’aigreur ou la folie des grandeurs ne les a pas abîmés...), sur ce fauteuil, donc, on espère qu’elle savoure l’immense décalage qui fait d’elle, a priori fausse fille, fausse française, vraie déclassée sauvée par l’école, vraie fiévreuse, l’une des figures les plus intéressantes de l’univers cinématographique français. Intéressante ; mais guère exploitée.

Cela ne l’a pas rendue amère. Au contraire. Elle déteste, déteste absolument, qu’on pense que cela a été difficile et qu’elle a dû en faire deux fois plus – même s’il y a du vrai. (Au Conservatoire, lorsqu’elle fut choisie pour jouer la reine dans Ruy Blas, de Hugo, une professeure, qui arrivait chaque matin « avec son Libé sous le bras », jure Rachida, soudain enflammée sur le rebord du fauteuil doux comme un matelas de neige,  "cette femme pourtant pleine de bons sentiments,dit-elle, s’en était allée affirmer devant les hautes instances de la Comédie-Française : “ La reine d’Espagne, quand même, la REINE, ne peut pas être jouée par Rachida BRAKNI.” )

La discussion est rythmée par des phrases qui reviennent : « Ça m’énerve » ; « Je ne le supporte pas ». Envolées majestueuses qui font relever le nez, froncer les sourcils, qui ravissent. Voilà quelqu’un qui ne délègue pas à d’autres sa vision du monde ; qui depuis toujours essaie de sortir du cadre, d’en inventer de nouveaux.Avec un naturel déconcertant, elle dit par exemple des mots qu’on entend peu dans la bouche d’une actrice en interview. Des mots comme « queue », « sperme »,« branler », à propos de scènes assez crues qu’elle a tournées. Et ajoute : « Il m’est plus facile de jouer les moments de baise que les baisers, ce qui me fait penser que je comprends bien les putes. » Son prochain film, les Mouvements du bassin, excite toute l’intelligentsia pop de Paris. Sans un sou, le long-métrage sera mis en scène cet automne par HPG (Hervé Pierre Gustave), un ex- réalisateur/acteur de porno devenu un copain du couple Rachida/Eric.

Le projet donne des frissons ; Brakni aura des scènes de cul avec une femme – Joana Preiss –, et croisera Cantona qui jouera un type esseulé.Avec lui, elle a aussi un fils d’un an, Emir. Ce qui veut dire « prince » en arabe et qui est si proche, phonétiquement, d’Eric, qu’on appelait le roi, « the King », lorsqu’il jouait à Manchester. De cet imposant, bourru, craquant, barbu, époux, elle dit : « C’est le seul à me tenir, à me dire que je l’emmerde quand c’est le cas, à me résister. Et on a tant de bienveillance l’un pour l’autre. » Brakni et Cantona ont sûrement des choses à voir avec l’autorité, la discipline, peut-être les ont-ils vues, réglées, ensemble. Mais ce qui demeure en quelque sorte leur mantra, « ne pas plier», signifie également, dans leur vocabulaire intime : ne pas quémander.

Et aussi, en ce qui concerne Rachida : ne pas séduire à la manière d’une fille. Ce truc/trucage d’actrice ne la concerne guère. «Je remarque que cela se fait ; ça me donne envie de vomir. » Ni elle ni son mari n’iraient lancer à un réalisateur : «J’adore ce que vous faites. » Par fierté, timidité, ils tourneraient même le dos à quiconque leur dirait un truc pareil (c’est arrivé avec Costa-Gavras voilà un moment ; elle avoue, mine quasi piteuse, qu’elle referait sûrement pareil).C’est un peu con, non?

Elle concède. On profite de cet instant où passe un ange pour demander si elle se croit  « intéressante à filmer, et pourquoi ? » Elle sourit, pense que c’est une blague puis réfléchit, répond : « Oui parce que je lâche prise, j’ai cette capacité-là. » Les compliments, d’elle à elle-même, n’iront pas plus loin.On parle de Chaos. Rachida Brakni était alors sociétaire de la Comédie-Française. Elle y a ressenti une énorme « culpabilité culturelle », était la seule à travailler pour payer ses études, n’en revenait pas qu’on n’apprenne pas à   "interpréter" mais à dire le texte avec tant d’emphase, diction plate et scandée, main devant, comme un tribun. L’irruption de Chaos dans sa vie a tenu la promesse de son titre.

Elle a gagné un César de la révélation féminine (2001),et l’estime,quelque peu envieuse, de ses camarades à l’aune 2010, hélas, le film est encore pire qu’à sa sortie. Brakni s’en doute. « Mal vieilli non ? » Mais Coline Serreau, dit-elle, ne prétendait pas être une cinéaste.(?) Son long-métrage était féministe, il tapait dur, juste. Les copains de la cité, filles comme garçons, ont félicité Rachida, affirmé que Chaos était dans le vrai, une claque qui rosit les joues, qui réveille.On leur a pourtant reproché,à Serreau et à elle, d’avoir"attisé la haine" elle a encore les nerfs en pelote au souvenir du mépris des « bonnes consciences de gauche », au souvenir de Toscan du Plantier lui confiant que le film avait suscité une pétition tant il choquait les bien-pensants du cinéma français, etc. Ce qui mène à : la politique ?Tout le monde, bien sûr, a essayé de la récupérer. à droite, à gauche, au centre.

Des dîners, de grandes œuvres. Des comités de réflexion, « informels, on vous assure », pour l’égalité des chances, contre la discrimination. à chaque fois, elle décline poliment. Ne pourrait pas s’engager. Trop de bassesses, de compromissions. N’aime qu’Eva Joly dont elle espère que la probité, la solidité, ne ploieront pas en chemin. Rachida B. vit avec un type qui se définit ainsi :"Révolutionnaire."Elle pense probablement pareil mais les confidences ne sont pas son genre. S’agace néanmoins d’être ramenée si souvent à la question de ses origines. Oui, elle peut être de confession musulmane et se définir comme "agnostique",(BRAVO!!) ne pas manger de porc pour des raisons culturelles (sans avoir envie de disserter mille ans sur la question), et adorer le vin rouge.

Et si le voile lui est impossible, l’interdire ne vaut pas mieux, « que c’est con, dit-elle, mais con », de stigmatiser quelques centaines de femmes (milliers, au pire), quand le problème est ailleurs : isolement, machisme, mauvais accès à l’éducation. (Sa demi-sœur aînée, célibataire, qui vit en province, porte le voile et « s’en trouve très bien ainsi »). Attention, surchauffe de Brakni ! Comment interdire ce qui couvre, poursuit-elle, et voir prospérer la mode des strings, des filles à moitié nues, aguicheuses dès 13 ans ? Elle rit de sa fougue. « Oui, je suis un peu vieux jeu. »

(Probablement se souvient-elle du soleil rasant dans le ciel de Tipiza, près d’Alger, où elle allait l’été avec ses parents.Se remémore le « haïk »,ce voile blanc, très sensuel dont se couvraient les femmes des villages et des villes et qu’il était si troublant de regarder glisser le long des épaules, et ré-ajuster. Elle est revenue à Tipiza le temps d’y tourner un film, son père lui a montré les champs où il travaillait, adolescent, avant de partir en France. Elle et lui y ont forcément laissé un peu de leurs âmes.) Rachida Brakni aime, dans le désordre, Niels Arestrup et Dominique Blanc, Bertrand Bonello et HPG ; aime moins certains acteurs germanopratins à mèche ou faiseurs à succès, Woody Allen compris – qui ne lui parle en rien.

Elle goûte encore le chanteur Mark Lanegan, l’écrivain Joyce Carol Oates, feue la dramaturge Sarah Kane. Elle prépare un album qui sortira l’an prochain, musique de Cali et textes de Cantona, on espère que ça ne sera pas du cancanage d’actrice, qu’elle n’a pas cédé à la tentation de son propre miroir. Elle est inconsolable de Bashung et de ses nuits, ses Tant de nuits. De manière aussi joyeuse que poignante, inexplicable que nostalgique, cela lui va bien.

« Des armées insolites et des ombres équivoques/
Des fils dont on se moque et des femmes que l’on quitte/
Des tristesses surannées, des malheurs qu’on oublie/
Des ongles un peu noircis, des ongles un peu noircis. »
 

Françoise-Marie SANTUCCI

©-DR- Rachida Brakni / Portrait

08/11/2014 17:54 par tellurikwaves

  • ©-DR- Rachida Brakni / Portrait

    ©-DR- Rachida Brakni / Portrait

    08/11/2014 17:54 par tellurikwaves

Entre deux tournages, plutôt radicaux, la jeune comédienne et metteur en scène
raconte ses choix, son parcours, son mari – Cantona. Et revient sur l’enfance,
les souvenirs d’Algérie, le fait d’être une actrice française.
Rencontre feutrée et fiévreuse.

Rachida Brakni : «Je suis une femme libre»

 Parce qu’elle est faite comme un roseau et qu’elle est connue depuis un film explosif et maladroit, Chaos ; parce qu’elle porte un nom et un prénom qui ne convoquent pas la bonne vieille France, on croit vite que Rachida Brakni, actrice, metteur en scène, lectrice, flâneuse, est une fille directe, différente – et donc irrésistible. Elle l’est, oui. Entre autres choses .Ces « autres choses » qu’on pourrait lui attribuer sont plutôt floues. Une fois rappelées l’allure, la rapide biographie (enfance en cité, heureuse, études au Conservatoire,

 puis la Comédie-Française, puis Cantona, Eric, un coup de théâtre à lui seul dont elle devint l’épouse, et la mère de leur fils Emir), une fois dit cela, quoi ? Pas tant de beaux rôles. Elle joue de manière si physique, cet ex-athlète de sprint, qu’on se demande même si elle aurait de quoi les porter, les incarner, ces rôles qu’on lui prêterait volontiers – sensibles, en demi-teinte, presque effacés. Mais comment effacer une once de Rachida B. ?

Elle est tellement ravie d’exister qu’elle transforme ce métier d’être humain en quelque chose d’immensément énergique, non-tragique, non-victimaire. Applaudissons-la ! Louons-la ! Tant une homonyme plus baguée, moins tendre, a fait depuis quelques années de ce prénom le symbole de la courtisanerie. Un début d’après-midi saisi par le froid, Rachida Brakni avait choisi l’endroit, un bar d’hôtel dans un beau quartier, pour sa tranquillité, et prévenu, avec une prévenance rare, d’un retard de quinze minutes.

Arrivée sanglée dans une veste trois-quart kaki à l’aspect un peu rêche, un peu militaire mais sûrement de marque (elle aime bien Rykiel), elle porte à bout de bras un cabas Céline, aux pieds des chaussures bizarrement baba-cool, beiges, à hautes semelles compensées. Un grand sourire. Elle dit votre prénom avec une gentillesse  embarrassante, ajoute que le tutoiement pourrait venir aisément mais on décline. Elle semble soulagée, au fond, de la distance imposée. S’installe une certaine raideur accorte, quasiment virile, pas de minauderies, oh non !

Résumons. Son âge, 33 ans, son œuvre, un César, un Molière, une vingtaine de films, une dizaine de pièces classiques. Elle y trouve « son compte d’actrice ». Elle ne conçoit pas que l’essor de Cantona en tant qu’acteur puisse la gêner, lui faire de l’ombre, ou, pire, la dévaloriser face aux décideurs du cinéma français, tellement snobs. Elle croit tant au talent de son mari qu’elle l’a mis en scène au théâtre, en début d’année. Qu’elle dit de lui : « C’est un putain d’acteur. » (Cantona, parlons-en. Ex-maillot rouge de Manchester, numéro 7, col de chemise relevé, regard noir, crâne ras.

Une masculinité, une nature. Il est envié par tous les hommes de France (et d’Angleterre), adulé par les publicitaires, admiré par certains poètes, admiré aussi par quelques francs-tireurs qui se reconnaissent dans son mépris de l’injonction permanente à la fête, la bonne conduite, la coolitude (et si Canto avait lu Philippe Muray ?). Mais il a beau être tenu en haute estime nationale, cet Eric-là et ses états d’âme, on parie mille kopecks que l’estime de la machine culturelle, il ne l’a pas.

Perçu comme trop populaire, probablement, alors que lui/elle/eux aspirent à tout autre chose ; à des rôles forts, à des montagnes de sensibilité ; à la photographie, la peinture, le jeu ; à un retrait du monde, partiel, et ils s’y emploient, déménageant sans cesse, allant vers la nature, l’intériorité, l’épure.Dans cette France d’automne bien lasse, on sent Rachida B. plus proche des pavés mouillés que du Fouquet’s, sensible au désespoir de classe ; on la sent bien loin des boîtes de nuit qui poussent sous les ponts, de la nouvelle garde de l’art contemporain et des noctambules héritiers à particules. (Cela n’empêche pas le goût du déguisement. Pour les photographies de Next, elle s’est métamorphosée en vamp du Studio 54 ou du Palace, héritière de Grace Jones et Farida, reprenant la célèbre pose de Bianca Jagger immortalisée, avec son rasoir, par Andy Warhol au début des années 80.)

Bien qu’à distance de la « hype », Rachida Brakni a fait partie du système. Au cœur de l’entreprise mondiale de rapprochement des peuples, des portes-monnaies : l’Oréal. Elle fut l’une de leurs égéries pendant deux ans ; la beauté maghrébine et ses cheveux bouclés. (Qu’elle portait longs jusqu’aux fesses. Ils étaient aussi beaux qu’envahissants ; entre Gorgone et tragédienne de l’Acropole, comme l’essence d’une féminité pétrifiante dont le cœur, forcément brisé en mille morceaux, aurait battu entre Athènes, Alger et Marseille.)

Et un matin, prenant l’excuse de sa nouvelle coupe, plus courte, la direction du groupe français a suspendu le contrat. C’était le 9 juillet à Charléty, l’un des derniers jours du tournage du prochain film de Régis Wargnier (elle y joue une athlète sortie de prison qui aide un coureur devenu aveugle, sortie en 2011). Il y a des jours comme ça. Qui commença, sur la piste du stade, par une rupture du tendon d’Achille, qui se termina par le coup de fil de l’Oréal. Presque quatre mois après, elle boîte encore. Et Cantona vient de se faire mal aux cervicales. Brillante équipe ! Ils ont malgré tout la bougeotte. à croire qu’ayant pris, par habitude, le pli du baluchon, ils ont ensuite découvert qu’on n’avait rien inventé de mieux – à condition d’avoir des papiers, de l’argent – pour se sentir libre.

Depuis leur rencontre/coup de foudre sur le film l’Outremangeur, en 2003, ils ont vécu à Paris, en Bretagne, près d’Arles, ont navigué entre Berlin, l’Espagne ou l’Italie au gré des engagements de l’un et de l’autre, et à Paris sont à nouveau en attente d’un appartement qui les éloignera du XVIe arrondissement où ils transitent, transis, presque honteux - elle évoque l’adresse deux fois, s’en excuse, en rougit. Comme si ce n’était pas sa place.Rachida Brakni est née en France d’un père orphelin qui a quitté l’Algérie dans les années 50, et dont le frère est, depuis, interné là-bas en hôpital psychiatrique ; sa mère, également Algérienne, avait déjà une fille lorsque cet homme est arrivé dans sa vie, cet ouvrier qui habitait dans un foyer Sonacotra et qui lui a donné trois enfants.

Rachida est l’aînée, il y a un frère qui se « cherche encore», une sœur qui fait des études à la Sorbonne. La question de l’injustice la travaille au creux du ventre depuis gamine ; à croire qu’un jour de maternelle on lui a piqué la gomme, le cartable, et filé une gifle de surcroît. Elle rêvait d’être avocate, admirait Badinter et s’était inscrite en classe de seconde option théâtre, à la fin du lycée, pour cela : apprendre le cirque du tribunal, l’aisance verbale – le jeu du je, du faire semblant, n’est venu qu’ensuite.Les parents sont des prolétaires qui se montrent sévères, aimants, drôles. « Je ne sais rien de mon père ; je lui imagine trop de pudeur, de douleur, pour faire partie de ces gens qui pensent que la parole libère. » Les Brakni rasent un peu les murs, c’est une ère à courber l’échine.

©-DR- Rachida Brakni : Filmo / Distinctions

08/11/2014 17:49 par tellurikwaves

  • ©-DR- Rachida Brakni : Filmo / Distinctions

    ©-DR- Rachida Brakni : Filmo / Distinctions

    08/11/2014 17:49 par tellurikwaves

Filmographie

 

Cinéma
1997 : Une couleur café d'Henri Duparc
1998 : Voiles de Raphaël Didierjean
2001 : Loin d'André Téchiné : Nezha
2001 : Chaos de Coline Serreau : Noémie / Malika
2002 : Comme un avion de Marie-France Pisier : Ourdia
2003 : Portrait caché de Jean-Louis Leconte : Pauline
2003 : L'Outremangeur de Thierry Binisti : Elsa
2004 : Ne quittez pas ! d'Arthur Joffé : Yaëlle
2004 : L'Enfant endormi de Yasmine Kassari : Halima
2005 : Une belle histoire de Philippe Dajoux
2005 : One Day in Europe de Hannes Stöhr : Rachida
2005 : La Part animale de Sébastien Jaudeau : Claire
2006 : On ne devrait pas exister de HPG : Rachida
2006 : Barakat ! de Djamila Sharoui et Cécile Vargaftig : Amel
2007 : Lisa et le Pilote d'avion de Philippe Barassat : Lisa
2007 : La Bombe humaine de Laurent Touil-Tartour
2008 : Les Bureaux de Dieu de Claire Simon : Yasmine
2008 : Skate or Die de Miguel Courtois : Sylvie
2008 : Secret défense de Philippe Haïm : Leïla
2009 : Un homme et son chien de Francis Huster
2009 : Neuilly sa mère ! de Gabriel Julien-Laferrière : Djamila
2009 : Une affaire d'État d'Éric Valette : Nora Chahyd
2011 : La Ligne droite de Régis Wargnier : Leïla
2012 : Les Mouvements du bassin de HPG : Marion
2013 : Cheba Louisa de Françoise Charpiat : Djemila

Télévision
2002 : Un jour dans la vie du cinéma français de Jean-Thomas Ceccaldi : Elle-même
2007 : La Surprise d'Alain Tasma : Claude
2007 : Notable, donc coupable de Francis Girod et Dominique Baron : Claire Laris
2009 : L'une chante, l'autre aussi (documentaire) d'Olivier Nicklaus : elle-même
2011 : L'âme du mal de Jérôme Foulon : Marion Lanski
2013 : Silences d'État de Frédéric Berthe : Claire Ferran

Théâtre
Lien vers page complete IMDb Rachida Brakni
http://www.imdb.com/name/nm1021224/

Prix et nominations
1998 : Premier prix de tragédie Silvia Monfort pour la pièce Grand Guignol

Césars 2002 : César du meilleur espoir féminin pour Chaos

Molières 2002 : Molière de la révélation théâtrale pour son interprétation dans Ruy Blas

2006 : Prix Jean-Jacques Gautier de la SACD pour son rôle dans Le Viol de Lucrèce

 

©-DR- Rachida Brakni : Bio ultra succinte

08/11/2014 17:41 par tellurikwaves

  • ©-DR- Rachida Brakni : Bio ultra succinte

    ©-DR- Rachida Brakni : Bio ultra succinte

    08/11/2014 17:41 par tellurikwaves

Rachida Brakni
est une actrice et metteuse (sic) en scène (Théatre)
française, née le 15 février 1977 à Paris de parents algériens.

 


Enfance et formation

Petite, elle se destinait à des études d'avocate, puis elle a finalement fait des études théâtrales au studio-théâtre d'Asnières puis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris.

Carrière

En 1997, elle entre comme pensionnaire à la Comédie-Française où elle a notamment joué dans Ruy Blas, rôle qui lui a valu un Molière de la révélation féminine, en 2002, moins d'un mois après son César. Elle a ensuite choisi de quitter la Comédie-Française pour mener une carrière au théâtre et au cinéma.

Au cinéma, elle a interprété le rôle d'Élisa dans L'Outremangeur, sur le tournage duquel elle a rencontré son futur mari, l'ancien footballeur Éric Cantona.

En 2002, elle s'est vu attribuer un César pour son interprétation dans le film Chaos.

Son premier album de chansons, simplement intitulé Rachida Brakni, sort en février 2012. Éric Cantona lui a écrit des chansons et Cali a fait les musiques, après leur rencontre sur un concert et après avoir chanté avec lui Lullaby de The Cure.

Vie privée

-Le 16 juin 2007, elle se marie avec l'ex-footballeur Éric Cantona rencontré sur le tournage de L'Outremangeur.

-La ville qu'elle préfère est Berlin où elle se rend souvent.

-En septembre 2009, elle pose seins nus pour le magazine Marie-Claire afin d'encourager les femmes à aller passer des mammographies. Elle confirme aussi être enceinte.

-Le 25 octobre 2009, elle donne naissance à son premier enfant prénommé Émir, qui signifie prince. Elle accouche de son deuxième enfant, une fille nommée Selma, dans la nuit  du 16 au 17 octobre 2013.