©-DR- François Truffaut : Un fou de Cinéma (bio) 1
28/10/2014 17:33 par tellurikwaves
François Truffaut, né le 6 février 1932 à Paris et mort décédé le 21 octobre 1984 à Neuilly-sur-Seine, est était un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma français. Il a également été acteur et critique de cinéma. Il fait partie du groupe de cinéastes issus des Cahiers du cinéma, qui ont constitué la Nouvelle Vague. Il a publié plusieurs ouvrages sur le cinéma.
Enfance (1932-1948)
François Truffaut naît le 6 février 1932 de père inconnu. Sa mère, Jeanine de Monferrand, secrétaire au journal L'Illustration, confie son bébé à une nourrice, au terme d'une grossesse cachée.Elle épouse le 9 novembre 1933 Roland Truffaut, dessinateur dans un cabinet d'architecte-décorateur, qui reconnaît l'enfant à l'état civil. Celui-ci est confié le plus souvent à sa grand-mère, Geneviève de Monferrand, qui habite rue Henry-Monnier dans le 9e arrondissement de Paris.
En 1968, Truffaut engage un détective privé pour retrouver son père biologique. Il découvre qu'il s'agit d'un certain Roland Lévy, un dentiste juif né à Bayonne en 1910 (issu d'une famille israélite portugaise, les Lévi Alvarès, établie à Bayonne dès le 17e siècle), fils de Gaston Lévy et de Berthe Kahn. François Truffaut va à l'école maternelle de la rue Clauzel puis au lycée Rollin, théâtre de ses premiers « 400 coups ». Dès 1939, le jeune François Truffaut, passionné de lecture, fréquente aussi les cinémas, le soir et souvent pendant les heures de classe.
Il collectionne près de trois cents dossiers constitués d'articles de journaux découpés et de photographies volées dans les cinémas sur les cinéastes, Renoir, Gance, Cocteau, Vigo, Clair, Allégret, Clouzot, Autant Lara… En 1943, il trouve un complice de ces escapades en son voisin de classe de l'école de la rue Milton, Robert Lachenay. En 1944, il retrouve définitivement le deux pièces de ses parents, rue de Navarin. Il n'a pas de chambre et dort dans le couloir. Ses parents passent habituellement leurs week-ends à Fontainebleau, sans lui. La découverte du journal de son père lui apprend la vérité sur sa naissance.(ben j'croyais qu'il avait engagé un détective en 1968 !?)
À partir de 1946, ayant quitté l'école, il vit de petits boulots, coursier, magasinier, soudeur à l'acétylène dans une usine, puis grainetier. Il découvre avec son ami Robert Lachenay le cinéma américain, fréquente assidûment les cinéclubs et finit par rencontrer le critique de cinéma André Bazin qui anime un Centre d'initiation cinématographique dans le cadre d'un programme gouvernemental, Travail et Culture. Encouragé par celui-ci, il ouvre en 1948 avec Lachenay un ciné-club, Cinémane, dans une salle du boulevard Saint-Germain. Le programme mirifique de la seconde séance n'est pas honoré et les billets doivent être remboursés. L'affaire finit au poste. Le beau-père de François Truffaut fait l'objet d'une enquête de police qui amène le commissaire à décider de placer l'adolescent dans le Centre d'observation des délinquants mineurs de Villejuif.
Le cinéaste a plus ou moins transposé certains de ces épisodes de sa vie dans Les Quatre Cents Coups et son personnage d'adolescent dans celui d'Antoine Doinel. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Doinel « sèche » son cours de gym pour lire La Recherche de l'absolu. Truffaut était lui-même grand lecteur de Balzac, dans sa jeunesse. Il le montre ouvertement en faisant ressurgir Balzac dans un autre film, Baisers volés. Antoine Doinel (Truffaut ?) y vit littéralement l’intrigue du Lys dans la vallée. Mais Fabienne Tabard, en qui il voit l'héroïne du roman, le rappelle à la réalité : « Moi aussi, dit-elle, j’ai lu Le Lys dans la vallée, mais je ne suis pas Madame de Mortsauf et vous n’êtes pas Félix de Vandenesse. »
Critique (1949-1956)
À sa sortie des cinq mois de maison de redressement, en 1949, André Bazin le fait travailler à la section cinématographique de Travail et Culture ; et lui ouvre les portes de quelques magazines. Truffaut rédige ses premiers articles dès 1950. Mais à la suite d'une déception amoureuse, il s'engage dans l'armée en 1951 pour se faire tuer en Indochine. Envoyé en Allemagne, il prolonge une permission à Paris au-delà du terme de celle-ci, et fait de la prison militaire pour désertion. Grâce à André Bazin il se fait réformer pour instabilité caractérielle, Bazin l'héberge chez lui, à Bry-sur-Marne et lui trouve, en 1952, un poste au service cinématographique du ministère de l'Agriculture où son contrat de quelques mois n'est pas renouvelé.
François Truffaut publie des articles dans les Cahiers du cinéma puis entre à la revue Arts en 1953. Au sein de ces revues, il forme avec Claude Chabrol, Jacques Rivette, Jacques Demy, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard la jeune garde autour d'André Bazin. En 1954, il publie dans les Cahiers « Une certaine tendance du cinéma français», un texte pamphlétaire contre les cinéastes de « qualité française ». L'article vise notamment les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost, et le réalisateur Claude Autant-Lara. Il défend le cinéma d'auteur contre le cinéma de consommation.avec une grande intransigeance.Dans l'entretien qu'il accordera en 1984 à Bert Cardullo , il dira regretter d'avoir été aussi dogmatique.
L'année suivante il réalise un bout d'essai, Une visite, son premier court-métrage, et écrit un texte qui deviendra À bout de souffle.* En 1955, il réalise ses premières interviews d'Alfred Hitchcock, et publie une nouvelle, Antoine et l'orpheline, dans la revue La Parisienne. En 1956, il est embauché comme assistant du réalisateur Roberto Rossellini, « l'homme le plus intelligent que j'aie connu », pour trois films qui n'aboutissent pas. Il est alors appelé par Henri-Pierre Roché, le collectionneur a remarqué un des articles du critique où celui-ci parle, en termes pertinents et élogieux, de son livre Jules et Jim, alors roman sans succès.
*Le scénario est crédité Jean Luc Godard d'après une idée de François Truffaud
Une amitié brève mais exceptionnelle naît entre eux autour de l'expérience de l'enfance, des femmes, de l'écriture. Le romancier incite le futur cinéaste à réaliser des films d'après ses deux romans, ce que Truffaut ne tardera pas à faire, tant l'œuvre d'Henri-Pierre Roché le fascine. Cette rencontre le conforte dans la position qu'il défend avec violence contre le cinéma français de l'époque, dans les Cahiers du cinéma : prônant le cinéma d'auteur et, dans la lignée des idées d'André Bazin, la narration subjective qui jette un regard objectif, en usant de la profondeur de champ et du plan séquence, tout en respectant la continuité du cours de la vie.
Producteur de cinéma (1957-1958)
En 1957, il se lance dans la réalisation. Il fonde une société de production, Les Films du Carrosse, ainsi nommée en hommage à Jean Renoir et son film Le Carrosse d'or, et tourne Les Mistons.qui raconte l'histoire d'une bande d'adolescents qui regardent et tracassent un couple d'amoureux. Comme la plupart de ses camarades de la nouvelle vague, il se lance dans la réalisation sans expérience professionnelle dans le cinéma. En particulier, il n'a pas d'expérience en tant qu'assistant réalisateur.
Selon lui, il est possible d'apprendre plus en regardant des milliers de films et en rédigeant des critiques à leur propos qu'en étant assistant d'un réalisateur. L'assistant est souvent cantonné à des tâches subalternes et est constamment empêché de voir comment le film se fait. À la différence d'un Jean-Luc Godard, il ne prétend pas faire une révolution dans le cinéma et conserve une conception classique de la manière de faire des films. Il prétend surtout faire des films personnels et sincères.
En 1958, il est interdit de festival de Cannes, sans doute à cause des critiques virulentes qu'il a publiées.
Le début de la saga Antoine Doinel (1959)
En 1959, Truffaut tourne Les Quatre Cents Coups. Le film avait d'abord été imaginé comme un court métrage d'une vingtaine de minutes qui se serait intitulé Antoine prend la fuite. L'intrigue était alors centrée sur l'épisode où Antoine, après avoir fait l'école buissonnière, raconte à son instituteur que sa mère est morte et prend la fuite après que ses parents ont découvert son mensonge. Pour le scénario du long métrage, Truffaut collabore avec Marcel Moussy. Il recrute Jean-Pierre Léaud dans le rôle d'Antoine Doinel après avoir passé une annonce dans le quotidien France-Soir.
Le film remporte le prix de la mise en scène au festival de Cannes la même année et devient un succès, ouvrant la porte au mouvement de la Nouvelle Vague et à sa carrière mondiale. Avec 3,6 millions d'entrées, le film est un immense succès public. Le personnage d'Antoine Doinel réapparaîtra en 1962 avec Antoine et Colette, court métrage réalisé dans le cadre du film collectif L'Amour à vingt ans. Le film montre Antoine Doinel en adolescent timide, qui aime maladroitement une jeune fille, Colette, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive qu'elle en aime un autre.
Truffaut retrouvera Jean-Pierre Léaud et le personnage d'Antoine Doinel dans Baisers volés en 1968. Avec Claude de Givray et Bernard Revon, il imagine la vie d'un jeune homme d'une vingtaine d'années qui rentre du service militaire et se cherche un métier. Il est à la fois romantiquement amoureux d'une jeune fille de son âge, Christine (Claude Jade), et fasciné par une femme mariée, Mme Tabard (Delphine Seyrig).
Dans Domicile conjugal (1970), Truffaut raconte ensuite la vie conjugale du couple Antoine et Christine Doinel. Le film rassemble un million de spectateurs. En 1979, Truffaut réalise le dernier épisode de la saga « Antoine Doinel » (ouf!), l'Amour en fuite. Le film raconte la séparation du couple Antoine et Christine et contient en flashback des scènes issues des films précédents. Truffaut exploite ici le privilège rare d'avoir pu filmer le même acteur à différents âges de la vie. Avec 430 000 entrées, le succès public est mitigé.(normal)
Des succès en plus de Doinel (1960-1970)
Le succès des Les Quatre Cents Coups en 1959 permet à Truffaut l'année suivante de venir au secours (via Les Films du Carrosse) de Jean Cocteau, à court de producteur durant le tournage du Testament d'Orphée. La même année, il signe le Manifeste des 121.(j'aime plusieurs films de Cocteau...celui ci non ...dommage)
Récompenses
-1962 : Grand Prix de l'Académie du Cinéma
-Prix de la mise en scène au Festival de Mar del Plata 1962
-1963 : Ruban d'argent décerné par le syndicat national italien des journalistes de Films
-Meilleur film européen aux Bodil Awards
et que j'te jette encore...et ce n'est PAS fini !
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et j'te reprend...
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DVD Classik (fin)
Bien que tourné avec peu de moyens, Jules et Jim est un film riche qui se nourrit d’art, de littérature et de cinéma. La bande-son est une vraie partition de symphonie : la polyphonie des voix et la musique de Georges Delerue sont aussi harmonieusement orchestrées qu’un enchainement d’accords parfaits. Le montage et la souplesse de la caméra participent également à la fluidité du récit, écrit et filmé dans un style d’une grande pureté.
Comme dans bien d’autres de ses œuvres à venir, François Truffaut exalte l’image de la femme, en mettant en valeur la beauté des actrices et leur pouvoir de séduction. Et c’est sans doute dans ce rapport aux femmes que le cinéaste se reconnaît le plus dans l’œuvre d’Henri-Pierre Roché. Près de dix ans plus tard, il poursuit sa relation spirituelle avec l’écrivain en adaptant son second roman, Deux Anglaises et le continent.
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La trajectoire individuelle des héros embrasse une destinée commune qui les dépasse. Comme le suggère Jim, les personnages mènent leur petite guerre dans la Grande, leur combat personnel à côté des grands bouleversements du siècle. Pourquoi par exemple insister avec un soin aussi méticuleux sur les os calcinés et broyés de Catherine et Jim ? Cette image est une trace annonciatrice de la grande tragédie à venir. Plus que la fin d’une amitié, c’est la fin d’une époque qui plane dans la dernière partie du film. L’univers construit par François Truffaut, illuminé par les toiles des grands maîtres et peuplé de livres et de chansons, est condamné à disparaître.
A la fin, les protagonistes se retrouvent par hasard dans un cinéma qui diffuse un film d’actualités sur les autodafés. Cette montagne de livres en feu ne peut que présager le pire pour des héros aussi romanesques que Jules, Catherine et Jim. D’une certaine manière, le dénouement, marqué par l’arrivée du totalitarisme et du feu dévorant les livres et leurs héros, est une préfiguration de l’adaptation (ratée selon moi) de Fahrenheit 451 *en 1966.
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* (pas revu ce film de puis sa sortie,jusqu'à récemment sur CANAL...zappé au bout de 20mn =trop naze)
et j'te prend,et j'te jette...sans explications
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En même temps, François Truffaut met l’accent sur les grands bouleversements de l’Histoire. La Première Guerre mondiale est montrée de manière très précise grâce au recours d’images d’archives. Héritiers d’une tradition romantique, appuyée par la musique de Georges Delerue,les héros ont beau se réfugier loin du fracas d’une urbanisation grandissante ils ne peuvent pas échapper au train en marche de l’Histoire.
Jim est français, Jules allemand : leur amitié est transgressive dans un monde où les nations se replient derrière leurs frontières. Il suffit que Jules chante avec ferveur la Marseillaise pour que la Première Guerre mondiale soit déclarée. Et si leur amitié survit à la Grande Guerre, elle se meurt aux pieds de la Seconde.
L’amour libre tel qu’il est montré dans Jules et Jim prend une ampleur universelle et intemporelle. Les personnages traversent tout un pan de la première moitié du XXème siècle sans vieillir, comme s’ils évoluaient dans un hors temps fictionnel. Catherine, immuable comme le buste antique dessiné à son effigie, est une créature mythologique élevée au rang de déesse. C’est d’ailleurs sous la forme d’une statue, fascinante et hypnotisante, qu’elle apparaît pour la première fois aux yeux de ses amants.
De même, Jules et Jim connaissent cette amitié extraordinaire et infaillible qui les métamorphose en héros immortels. Les autres protagonistes sont alors de simples faire-valoir, ancrés dans un monde de fiction qui échappe aux règles du monde réel. Lorsque Thérèse (Marie Dubois)se met à réciter à une vitesse folle les multiples péripéties de son existence, elle semble presque reprocher aux scénaristes de ne pas lui avoir accordé plus de place dans le film !
Ben moi je vais carrément supprimer cette scène insupportable de ma copie sur le graveur (avec la scène de la ritournelle chantée par Jeanne Moreau...pour faire bonne mesure
Menés à la baguette comme des enfants, Jules et Jim accourent au moindre de ses ordres, applaudissent chacune de ses décisions et sont privés de toute prise d’initiative. (faut y kisoicons !) Ne supportant pas d’être ignorée, elle donne une gifle à Jules suite à une impertinence de sa part. Sa vision machiste de la femme se retourne déjà violemment contre lui. « Ce qui est important dans un couple c’est la fidélité de la femme, celle de l’homme est secondaire », affirme-t-il bien naïvement au début de son aventure avec Catherine.
Plus qu’un personnage de papier, Catherine s’impose comme une véritable héroïne de cinéma. Interprétée par Jeanne Moreau, elle écrase de sa stature de vedette les autres acteurs du film. Pour Jules, elle est une « reine », une icône devant laquelle on s’incline. Catherine est une femme en constante représentation, qui aime être vue et entendue. (elle finit d'aileurs par être épuisante)Elle se travestit en homme, chante, saute dans la Seine : cet électron libre échappe aux règles machistes qu’énonce Jules après la pièce de théâtre, et n’est satisfaite que lorsque les hommes se soumettent à ses désirs.(pas bien loin du tyran koä)
Consciente de son pouvoir, elle vient interférer avec la voie littéraire que le film emprunte. Lorsque Jim fait le récit de la guerre assis dans l’herbe entre Albert et Jules, Catherine interrompt ce pur instant de littérature filmée. Sa voix vient briser le statisme du plan fixe, et la caméra retrouve peu à peu sa mobilité. Elle est "une force de la nature", sans cesse en mouvement, toujours en tête à la course à pied ou en promenade à bicyclette.
A l’image de sa chanson, elle est un véritable "tourbillon" qui remue tout sur son passage. La mise en scène de François Truffaut fait du motif du tourbillon un élément esthétique structurel.D’abord emblématique d’une insouciante légèreté, ce leitmotiv (pénible) se fait porteur de menaces sourdes, à l’image des virages intempestifs de la voiture de Catherine sur la place vide, avertissant Jim du sort fatidique qui l’attend.
Avant l’apparition de Catherine et la naissance du triangle amoureux qui s’ensuit, l’amitié de Jules et Jim se nourrissait d’activités intellectuelles. « Chacun enseignait à l’autre jusque tard dans la nuit sa langue et sa littérature, ils se montraient leurs poèmes et les traduisaient ensemble. » Jim est le double fictif d’Henri-Pierre Roché. Il écrit lui-même un roman autobiographique relatant son amitié avec Jules.Cette mise en abime (aaaarrrgh!)pousse les personnages à se représenter comme des héros de papier, aussi romanesques que "Don Quichotte et Sancho Pança ".
Il ne faut pas les appeler Jim et Jules, mais Jules et Jim, en prenant garde à prononcer Jim à l’anglaise. En s’immisçant dans ce couple, Catherine vient perturber un modèle qui a fait ses preuves aussi bien en littérature avec Bouvard et Pécuchet qu’au cinéma comique avec Laurel et Hardy. Jules et Jim n’est d’ailleurs pas dénué d’un certain humour visuel propre au cinéma muet : l’attente de Jim dans le café ou la locomotive à vapeur de Thérèse sont autant de saynètes qui peuvent prêter à sourire.