©-DR-ASCENSEUR POUR L'ECHAFAUD de Louis Malle (1958) p11
23/10/2014 11:49 par tellurikwaves
A 24 ans, Louis Malle a donc en poche une Palme d’or - mais aussi, dans le milieu du cinéma, une réputation grandissante d’arriviste ou de dandy, réputation due à la fois à son tempérament charmeur autant qu’à ses origines sociales (il est l’héritier des industries Béghin) : son insolente réussite agace, et le cinéaste sait qu’il a encore beaucoup à prouver. Dans l’attente du sujet idéal, qui lui permettrait de montrer ses talents de cinéaste, il observe encore beaucoup, auprès de Robert Bresson (il devient assistant sur Un condamné à mort s’est échappé, sur lequel il se liera d’amitiés avec François Leterrier), toujours auprès de Cousteau ou au contact de l’actualité (ainsi part-il en Hongrie au moment des évènements de Budapest, à l’automne 1956).
C’est finalement son ami Alain Cavalier qui lui finit par lui soumettre un roman de Noël Calef, intitulé Ascenseur pour l’échafaud : comme tant d’autres cinéastes débutants, son premier film sera donc policier, mais Louis Malle a décidé qu’il ne ressemblerait à aucun autre. Il sait qu’il a beaucoup à prouver, mais il entend démontrer bien plus encore. C’est de cette intention, pleine d’audace et de tempérament, que naissent les qualités comme les défauts d’Ascenseur pour l’échafaud, rendant ce coup d’essai aussi admirable qu’assurément imparfait.
ANALYSE ET CRITIQUE de DVD Classik
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Les premières années du parcours cinématographique de Louis Malle furent assez fulgurantes : bachelier à 16 ans, il étudie pendant deux ans à Sciences Po, mais est rattrapé par sa passion pour le cinéma et abandonne les études politiques pour présenter le concours d’entrée à l’IDHEC. Là, une fois admis, il acquiert une certaine compétence technique, mais déçu par le contenu trop théorique des cours, abandonne le cursus en cours de route.
C’est lors d’un stage à la télévision, en 1953, qu’il apprend que Jacques-Yves Cousteau s’est présenté à l’Institut en quête d’un stagiaire sachant nager : il postule pour le poste, est d’ailleurs l’un des seuls (les étudiants de l’IDHEC ne jurant que par la fiction) et devient successivement caméraman-plongeur, monteur, preneur de son, puis assistant réalisateur auprès du célèbre Commandant.
Pendant ces trois ans aquatico-documentaires, Louis Malle participe à la réalisation de deux courts métrages (Station 307 puis Fontaine de Vaucluse), avant que son rôle décisif dans la construction dramaturgique du film ne finisse par convaincre Cousteau de le créditer comme co-réalisateur du Monde du silence (1956).
Jean Wall (Simon Carala)
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Fiche technique
Titre : Ascenseur pour l'échafaud
Réalisateur : Louis Malle
Conseiller technique : Jean-Paul Sassy
Scénario : Louis Malle et Roger Nimier, d'après
le roman Ascenseur pour l'échafaud de Noël Calef,
Dialogues : Roger Nimier
Préadaptation : Noël Calef
Assistants réalisateur : Alain Cavalier, François Leterrier
Images : Henri Decae, assisté de Jean Rabier
Opérateur : André Vilard
Musique : Miles Davis, interprétée par Miles Davis (trompette),
Barney Wilen (saxophone ténor), René Urtreger (piano),
Pierre Michelot (contrebasse), Kenny Clarke (batterie)
Décors : Rino Mondellini, Jean Mandaroux, assistés de Pierre Guffroy
Accessoiriste: Jacques Martin
Montage : Jean Trubert, assisté de Kenout Peltier et Jean-Louis Misar
Son : Raymond Gauguier
Maquillage : Boris de Fast
Photographes de plateau : Jean-Louis Castelli, Vincent Rossell
Scripte : Francine Corteggiani
Régisseur : Hubert Mérial
Production : Nouvelles Éditions de Films
Producteur : Jean Thuillier
Directeur de production : Irénée Leriche
Distribution : Lux Compagnie Cinématographique de France
Distribution VHS France: Fil à Film (Collection Les Films de ma Vie)
Tournage du 23 septembre au 15 novembre 1957
Copyright : Nouvelles Éditions de Films
Durée : 91 min 22 s
Métrage: 2 500 m
Pellicule 35 mm, noir et blanc, son mono, 1x1,66, procédé sphérique
Date de sortie : 29 janvier 1958 (Paris)
Affichiste : Clément Hurel
Cast (partiel)
Jeanne Moreau : Florence Carala
Maurice Ronet : Julien Tavernier
Georges Poujouly : Louis
Yori Bertin : Véronique
Lino Ventura : le commissaire Cherrier
Iván Petrovich : Horst Bencker
Jean Wall : Simon Carala
Elga Andersen : Frieda Bencker
Félix Marten : Christian Subervie
Gérard Darrieu: Maurice, le gardien d'immeuble
Micheline Bona : Geneviève
Hubert Deschamps : le substitut
Marcel Cuvelier : le réceptionniste du motel
Charles Denner : l'inspecteur qui interroge Tavernier
François Joux : le commissaire
Marcel Journet : le président du conseil d'administration
Jean-Claude Brialy : un client du motel joueur d'échecs (non crédité)
Maurice Ronet (Julien Tavernier)
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Résumé
Julien Tavernier, un ancien d’Indochine, et sa maîtresse Florence ont décidé de de profiter d'un voyage qu'a annoncé Simon Carala,mari gênant de Florence et puissant homme d'affaires dont Julien est le bras droit pour le tuer.Julien maquille habillement son crime en suicide,en passant d'un étage à l'étage supérieur, par l'extérieur, au moyen d'une corde mais au moment où il va rejoindre sa maîtresse en voiture, il se souvient qu'il a oublié la corde qui lui a permis de passer d'un étage à l'autre par la façade.
Il se précipite dans l'immeuble et se trouve bloqué dans l'ascenseur par le gardien qui, croyant les bureaux vides, vient de couper le courant.Malgré ses efforts, il ne peut se dégager du piège.Sa maîtresse et complice l’attend en vain au café, puis passe la nuit à chercher sa trace. Entre-temps, un jeune livreur a volé la voiture de Julien pour épater sa petite amie, et dans la virée qu'il fait avec elle,il panique et tue deux touristes allemands. Pendant ce temps Julien fait tout ce qu'il peut pour essayer de s'extraire de l'ascenseur…