©-DR-VIOLENCE & PASSION de Luchino Visconti (1974) p15
30/04/2014 15:40 par tellurikwaves
Interiors
9/10
Author: Ubaldo Martinez from United States
23 November 2007
This is Luchino Visconti's first feature film after his almost fatal heart attack. He was in a wheel chair and his left side was completely paralyzed. Enrico Medioli's original story about a man who's facing the end of his life, whether consciously or unconsciously seemed very close to the knuckle. I've read a lot of material and talked to people connected to the production before actually seeing the movie.
Nothing had prepared me for what the film presents to the audience and I wondered if the film that ended up on the screen was the film that Visconti intended. Starting from the cast: the first rumors that Visconti was ready to go back to work, announced the film with Laurence Olivier and Audrey Hepburn in the roles that went to Burt Lancaster and Silvana Mangano.
Anne Marie Philipe and Martin Donovan (the director) in the roles that went to Claudia Marsani and Stefano Patrizi. For what I gather, Olivier was sick at the time and couldn't accept. Audrey Hepburn turned it down, Donovan and Philipe found themselves outside the co-production regulations where two Italian nationals were required for those roles.
Helmut Berger was the one who survived all the changes and I'm tempted to say: unfortunately! His character is the one who doesn't ring true. Clearly, Lancaster's character would have seen through Berger's. There is nothing in his character that made me believe Lancaster would feel attracted and fall for. Berger is a prissy, emotionally flabby, pretty boy. He is also unbelievable as Silvana Mangano's lover.
The film as a whole takes place in Lancaster's dark and elegant apartment. Against his better judgment he rents the upper floor to this new, rich, beautiful and vulgar family. His world is going to start to collapse under the weight of the young invaders without soul. Solemmn, sad and a bit static the film however has a masterful center that makes it compelling viewing.
Two brief cameos by Dominique Sanda as the mother and Claudia Cardinale as the dead wife bring some unexpected oomph to the grim proceedings. Even if I sound a bit down on the film I'm actually recommending it.
Plus de dix ans après Le Guépard, Visconti retrouve Burt Lancaster et transpose, d’une certaine façon,son personnage d’aristocrate en fin de règne dans la Rome contemporaine.Si le seul titre que daigne ici porter le personnage est celui de professeur, il incarne, comme le prince Salina, le dernier souffle d’une société proche de l’anéantissement.
Violence et Passion est aussi l’avant-dernier film d’un Visconti déjà affaibli par la maladie, ce qui change radicalement la donne : cette rencontre entre le professeur vieillissant et les avatars d’une société corrompue par le capitalisme est autre chose qu’une métonymie(hi hi) romanesque. Elle a la rage et le tragique des questions de vie ou de mort.
La copie neuve présentée en salles aujourd’hui a l’immense avantage de donner la version originale – anglaise – du film. La question des versions est parfois épineuse dans la filmographie de Visconti tant il se plaisait à faire collaborer des acteurs d’origines différentes. Il n’est pas rare se trouver face à des copies de ses films doublées dans diverses langues, sans savoir si une version plus « originale » existe. Dans le cas de Violence et Passion, la réponse est oui.
On a donc le plaisir d’entendre Burt Lancaster s’exprimer dans son anglais maternel tandis que les autres acteurs s’accommodent d’une langue qui n’est pas la leur, sans doublage apparent. Lorsque les premières images nous introduisent au personnage du professeur, auquel nous resterons soudés tout au long du film, le ver est déjà dans le fruit :la marquise Brumonti (Silvana Mangano) s’est glissée dans son salon à la suite de deux marchands d’art, prétendant les accompagner.
Nulle gêne pourtant lorsque vient le moment d’avouer sa ruse : non, elle n’était pas avec ces messieurs. Tout simplement. Les justifications qu’un personnage comme celui du professeur attendrait à la suite d’un tel aveu ne viennent pas. Premier décalage d’une longue série que Visconti amène sur une tonalité légèrement surréaliste : malgré l’aversion que la marquise inspire d’emblée au professeur, il se laisse progressivement envahir et accepte, comme malgré lui, de louer à cette femme et à sa troupe un étage de sa maison.
Sa vie bien réglée va dès lors devoir compter avec de nouveaux personnages : la fille de la marquise, Lietta (Claudia Marsani), le fiancé de celle-ci, Stefano (StefanoPatrizi) et Konrad (Helmut Berger), le jeune amant de la mère. À côté des œuvres que Visconti venait de réaliser (Ludwig, Mort à Venise, Les Damnés), la forme de Violence et Passion est plus tenue, pas totalement attaquée par le flou et l’informe. C’est avec flegme que le cinéaste décortique le manège des corps dans une maison que l’on ne quittera jamais.
Ce sont eux qui mènent la danse, imposant leurs mouvements à la caméra : celui de Lietta et ses gestes fraîchement séducteurs, venant se coller contre un professeur qui n’en demandait pas tant. Celui tiré à quatre épingles de la marquise, ses yeux foudroyants et sa bouche qui jappe.Le corps,surtout,de Konrad le"gigolo"comme traduisent maladroitement les sous-titres, en l’absence d’expression consacrée pour désigner un homme qui se fait entretenir.
C’est dans la vulgarité des mots prononcés, la décontraction exagérée des attitudes, la transparence des passions que tout se joue. Les accents assez forts de certains acteurs lorsqu’ils s’expriment en anglais, qui entravent le naturel de leur jeu, participent de la craquelure dans le tableau de cette monstrueuse famille recomposée : à côté du jeu nuancé que peut développer Burt Lancaster dans sa propre langue, les autres dégagent lorsqu’ils parlent quelque chose de fonctionnel, de mécanique.
En sachant doser le grossissement du trait nécessaire pour tuer dans l’œuf le réalisme sans pour autant tomber dans le grotesque, Visconti communique parfaitement l’effroi qu’inspire au professeur le comportement de ses nouveaux locataires. Il est profondément ébranlé par la présence de ces êtres d’une nature nouvelle, débarrassés du filtre des convenances auxquelles il croit encore (voir les scènes de dîner), êtres que sa réclusion lui a fait ignorer.
Avec ce film, Visconti trouve (comme souvent) un équilibre parfait entre limpidité du propos et richesse dans sa construction. La nature de chacun des personnages est étalée de façon très directe, et en même temps tous échappent à la catégorisation. C’est particulièrement le cas du personnage d’Helmut Berger, celui qui inspire le plus grand trouble au professeur. Konrad donne du système capitaliste l’image la plus extrême et atteint par là même une sorte de pureté dont est dénuée sa famille d’adoption.
La sensibilité esthétique que lui découvre le professeur brise ce qui s’était figé en lui, le force à renouer avec la communauté des vivants et à regarder en face les pulsions destructrices qui continuent de la ronger. Ce retour à la vie est aussi précurseur de sa fin et peut-être d’une catastrophe à venir. Le vieil érudit coupé du monde, d’abord posé comme victime d’un groupe d’envahisseurs, s’avère être le plus coupable d’entre tous.
Silvana Mangano: Marquise Bianca Brumonti