©-DR-VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS de Julien Duvivier(1956) p24
09/02/2014 09:16 par tellurikwaves
I can't believe...
Author: didierfort (didierfort@free.fr) from Paris, France
5 August 2013
No, I can't believe that this film only get 3 users reviews, 419 voters, and not even one topic on its message board! It is one of the four immortal masterpieces along with "Pépé le Moko", "La fin du jour" and "Panique"-of an immortal master, Julien Duvivier.All in there is at the very top (and even the over-the-top is at the top!).
A clockwork scenario, the sharp dialogues, a cinematography like they knew how to make. And the best own's performances for Jean Gabin, Danièle Delorme, Lucienne Bogaert.See it! Watch Duvivier's movies! Vive le cinéma!
Didier_fort at hotmail.com
Film noir extraordinaire!
Author: dbdumonteil
2 August 2005
This Duvivier gem is the definitive proof that the FRench cinema was not moribund in the late fifties.Julien Duvivier,the master of the film noir French style ("Pepe le Moko" was a strong influence on the American film noir),outdoes himself and gives his last masterpiece ."Voici le temps des assassins " outdistances all former works ,it's really the apex of evil.
Danielle Delorme 's character is one of the most perverse you can see on a screen:she almost makes us forget Jean Simmons in "Angel Face" .This girl is perversity flesh on the bone.Is she a victim (of her education? her sad background?)Delorme told in an interview that her part was "much too much",that she probably had excuses,that she probably suffered during her childhood: terse answer by the director:"evil people are evil,period." Duvivier's world is thoroughly noir:the three old women who are featured in the movie are evil too.
Germaine Kerjean's(extraordinaire!!) character is even more terrifying than the false ingenue :not only she probably broke her son's marriage (Gabin) but she has also continued to dominate him.When Gabin introduces her to Catherine,she simply says with a threatening smile :"she has a chilling way about her" ;actually this reply turns the audience 's heart into ice.this old shrew is sadistic to a fault:you should see her behead her chickens in her guinguette (cafe where you dance on the banks of the Seine)!You should see her thrash her daughter-in-law,yelling,when the whip comes down :"that will knock you into shape!!"
Catherine's mother(Lucienne Bogaert) is a slut,the ugliest woman you have ever met,destroyed by alcohol and drugs .She epitomizes decay.She urges her daughter to kill her husband -who was also his twenty years ago-,and the way she plans the murder,lavishly detailed ,makes your flesh creep.And there is Gabin's housekeeper (Gabrielle Fontan)a hypocrite spinster who never found love and thus is jealous of Catherine who is young and beautiful.she moves in the house like a snake ,always on the look-out for some gossips about Catherine,the intruder.
The action takes place in three places:
1)Gabin's restaurant in Les Halles,now a thing of the past,where the scenarists take a slap at the Americans -who are far from being gourmets- and the dogs (there's humor in this somber story).
2)Catherine's junkie mother's room ,in a seedy house near decay,where she spins her web.
3)Her mother-in-law's guinguette,turned into a living hell by the owner.
The characters move from one place to another,as an almost unbearable tension rises and takes all the characters in a bloody violent final by the misty banks of a glittering Seine.This movie contains scenes that will leave you at the edge of your seat,even 50 years after:Kerjean,whipping with an intense pleasure;Gerard's (Gerard Blain) murder in the night down by the Seine;His dog,barking at a scared to death Catherine Sincerely,I've seen lots and lots of FRench movies,but few (if any) come close to this one when it comes to depicting wickedness ,greed and perversity.
Once dismissed as "pre nouvelle vague trash" "voici le temps des assassins -looked upon as a masterpiece by Bertrand Tavernier,one of the masters of the contemporary French cinema - has since been restored to favor by a whole generation of viewers (its IMDb rating is currently 7,6!Thanks to the users!)and critics (Jacques Lourcelles notably).Claude Chabrol and Bertrand Tavernier love this film.Watch "Voici le temps des assassins" at all costs!!!!
L'ENCINEMATHEQUE(fin)
Le chef décorateur Robert Gys, collaborateur attitré de Christian Jaque , travaille à cette occasion pour l'unique fois avec Duvivier, réalisant de superbes planches mise en valeur sur le plateau par l'éclairage astucieux du très talentueux photographe Armand Thirard. il réalise notamment une superbe reconstitution du marché du vieux quartier des Halles de Paris aujourd'hui disparu, et dont la vision ravit toujours certains nostalgiques de la capitale de ces années-là.
Duvivier, qui reste lié à la carrière de Jean Gabin, l'utilise une septième et dernière fois lui offrant comme dans ses autres films un rôle de personnage à fort caractère et débordant de réalisme qui lui va, bien-sûr, comme un gant. L'acteur lui-même lui rendra hommage dans un article du Figaro Magazine de juin 64: «Seuls deux metteurs en scènes m'ont apporté quelque chose. Ils se nomment Duvivier pour la technique et Renoir pour la direction d'acteurs.»
Un autre témoignage de Gabin encore plus précis à ce sujet: «C'est Duvivier qui m'a appris ce que j'ignorais encore de la technique du cinéma. Il m'a expliqué les objectifs et selon le choix qu'on en faisait pour un plan ce qu'on pouvait en attendre. J'ai bien retenu la leçon et ensuite j'ai su adapter mon jeu ou une certaine façon de me déplacer devant la caméra, en fonction de l'objectif choisi.»
Evidemment, pour clore cette petite histoire, il faut bien sûr saluer l'époustouflante interprétation de Danièle Delorme qui utilisa avec maestria toutes ses facéties(?)facettes pour faire vivre l'une des plus belles garces du grand écran. Elle révèle au public son immense talent. Je n'ai malheureusement qu'un seul témoignage venant d'elle: «De tous les metteurs en scène que j'ai connus, Duvivier était le plus directif. Je pensais que c'était tellement bien ;qu'il n'y avait qu'à se laisser faire.»
La chanson originale de film, «La complainte des assassins», écrite par Julien Duvivier lui-même, est chantée par la chanteuse et actrice Germaine Montero.
Sorti dans les salles françaises en avril 1956 avec le lourd handicap d'une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans (un visa qui est actuellement en cours de révision ), «Voici le temps des assassins» totalisa un peu plus de 1 500 000 entrées .
©Fernand Cabrelli, février 2007
Lucienne Bogaert : Gabrielle-La mère junkie
L'ENCINEMATHEQUE
présentation presse projection
La petite histoire...
Après la sortie du film en salles, il déclare dans une revue de presse une des raisons qui l'ont poussé à faire ce film:
«Je crois que nous sommes entourés de monstres comme ça. On n'a qu'a lire les journaux, c'est quelque chose d'effrayant. Je crois que nous sommes comme ça depuis vingt ans, nous sommes au temps des assassins. Nous sommes absolument entourés de monstres et je connais, moi, des jeunes filles qui sont exactement pareilles au personnage de Catherine, je crois avoir fait quelque chose de violent, mais tout à fait logique.»De plus il ajoutera que le rôle de Chatelin était écrit expressément pour Jean Gabin.
Ce brillant scénario est concocté par son ami journaliste Maurice Bessy, critique de cinéma, fondateur de la revue hebdomadaire Cinémonde en 1928. Dans un petit bulletin de mai 68 il parle de son ami Julien. Voici un court extrait de ses propos :
Voici le temps des Assassins.
Commentaire par Olivier Bitoun
Ce n'est que le début d'une longue descente aux enfers... Julien Duvivier n'est pas réputé pour porter un regard tendre et optimiste sur l'humanité. Son œuvre serait plutôt une exploration de la noirceur de l'âme humaine : « Ma nature me pousse vers des thèmes âpres, noirs, amers. J'ai bien l'impression que nous traversons une ère où les gens ne s'aiment pas. » Lui qui a été le chantre du front populaire (« La Belle équipe », 1936) avant de sentir le courant putride des années trente (que symbolise de la plus belle manière son chef d'œuvre, « La Fin du jour », en 1939), qui conduira à l'horreur nazie et à la collaboration (évoqué en creux dans « Panique » en 1947), signe au milieu des années cinquante cette œuvre terrible, implacable, d'une noirceur absolue.
Sa peinture des bas-fonds frappe toujours aussi fort aujourd'hui. Bas-fonds d'une ville (le quartier des Halles et ses recoins sordides) mais surtout bas-fonds d'une humanité scélérate, perverse, manipulatrice. Pourtant, le film démarre tranquillement sur un ton naturaliste, où Duvivier nous fait ressentir avec brio la vie animée du quartier des Halles et d'un restaurant. Puis, avec l'arrivée de Catherine, le film dérape peu à peu, nous emporte vers l'abîme et la nuit, se fait de plus en plus inquiétant, abstrait, fantasmagorique presque. Catherine, magnifiquement incarnée par Danièle Delorme, est au centre d'un tourbillon qui entraîne un à un Chatelin et son entourage.
Elle synthétise tout ce que l'humain a de plus vil, mais elle est aussi une victime, ange du mal qui porte profondément en elle les cicatrices du monde. Cible privilégiée de la Nouvelle Vague, Duvivier n'en est pas moins un cinéaste admirable. La précision de ses cadres, de ses mouvements de caméra, de l'emplacement des acteurs, du découpage et des lumières (il est superbement épaulé par le grand chef opérateur Armand Thirard) fait de « Voici le temps des assassins » un classique indémodable, une œuvre sombre qui atteint par moments les accents des grandes tragédies. Magnifique.
Olivier Bitoun