©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p15

19/05/2017 14:13 par tellurikwaves

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    19/05/2017 14:13 par tellurikwaves

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p14

19/05/2017 14:10 par tellurikwaves

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    19/05/2017 14:10 par tellurikwaves

lapresse.ca/cinema/critiques

À l'évidence, le contexte dans lequel évoluent les jeunes femmes autour desquelles est construit le récit de Mustang est dramatique. La grande qualité de Deniz Gamze Ergüven, qui signe ici un premier long métrage très enthousiasmant, est de refuser toute victimisation.La réalisatrice franco-turque préfère de loin saluer l'impétuosité des cinq jeunes femmes dont elle suit le parcours. Indomptables et conquérantes, en dépit de tous les obstacles qui se posent devant elles.

Dans le petit village turc où le récit est campé, où règnent des valeurs ultraconservatrices, on ne badine pas avec le comportement des jeunes filles. Dans une maison au bord de la mer Noire vivent cinq adolescentes, toutes soeurs, élevées principalement par une grand-mère - et aussi l'un des fils de cette dernière - qui ne sait plus comment canaliser l'énergie de ces êtres dont les moindres gestes - banals et innocents - sont vus comme autant de possibles dérives sexuelles. Le jour où les chahuteuses sont surprises en train de s'amuser sur une plage en montant sur les épaules de garçons, c'en est trop.

Ainsi, l'oncle prend tous les moyens pour «dresser» les jeunes insolentes. Désormais séquestrées dans la maison, où toute sortie est pratiquement interdite, les soeurs ne peuvent plus fréquenter l'école non plus. On les force également à épouser de «bons» maris inconnus, qui sauront bien leur enseigner comment doit se tenir une femme respectable.

Convient-il de préciser que Mustang est un film contemporain dont l'intrigue est située à notre époque?

À cette chape de plomb, la réalisatrice oppose l'humeur frondeuse de jeunes femmes qui organisent leur résistance à leur façon. La meneuse de la troupe est d'ailleurs une gamine âgée de 12 ans. Qui n'hésitera pas à brûler une chaise dans la rue en guise de protestation puisque, si on y pense bien, cet objet s'approche aussi des parties génitales des filles quand elles s'assoient...

Au-delà de la dénonciation, la manière...

La fratrie se démantèle pourtant physiquement dès que l'une des membres de la bande des cinq quitte la maison pour suivre un improbable mari. Aussi la réalisatrice ne manque pas de faire écho aux malheurs individuels qui frappent certaines d'entre elles, y compris une visite à l'hôpital pour conduire un test de virginité après une nuit de noces de laquelle ne subsiste aucune trace sur le drap.

Mais au-delà de la dénonciation, il y a aussi la manière. Sur ce plan, Deniz Gamze Ergüven propose une approche remarquable, qui célèbre en douceur l'esprit rebelle de ces femmes, un peu comme l'avait fait Nadine Labaki il y a quelques années dans son très beau film Caramel.

C'est dire que la réalisatrice filme sans ostentation la beauté naturelle de ces femmes. Et prend le pari de célébrer leur féminité plein écran. Comme un bras d'honneur administré à ces intégristes aux yeux desquels le simple fait d'être femme constitue une provocation sexuelle. Les longs cheveux sont libres, les crinières se révèlent sans attache. Surtout, Mustang rend hommage à la fougue et à l'appétit de jeunes femmes qui, tels les chevaux sauvages, refusent, ne serait-ce que dans leur esprit, les limites de l'enclos dans lequel on tente de les enfermer.

Rappelons que Mustang est l'un des cinq films finalistes aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. Il est probablement le plus sérieux rival du Fils de Saul.

MARC-ANDRÉ LUSSIER
La Presse

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p13

19/05/2017 14:08 par tellurikwaves

  • ©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015)  p13

    ©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p13

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(sous réserve)
TuÄŸba SunguroÄŸlu  : Selma, la deuxième

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19/05/2017 03:38 par tellurikwaves

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    19/05/2017 03:38 par tellurikwaves

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p11

19/05/2017 03:36 par tellurikwaves

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©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p10

19/05/2017 03:35 par tellurikwaves

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    ©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p10

    19/05/2017 03:35 par tellurikwaves

L'OBS
« Mustang » : ne cherchez pas plus loin le meilleur premier film de 2015

Sortie des classes dans un petit village turc qui borde la mer. Une bande de gamines surexcitées, comme il en existe partout, décident de rentrer à leur domicile, chez leur grand-mère, en empruntant le chemin des écoliers – en l’occurrence des écolières.

Sur la longue plage, les filles rigolent, chahutent, et ne tardent pas à être accompagnées par quelques garçons qui les entraînent dans une baignade improvisée. A cheval sur les épaules de leurs contemporains, les filles redoublent de cris et de rires, avant de s’en retourner chez elles les cheveux mouillés et une vitalité indomptable dans le regard. Indomptable  ? Il faut voir. L’innocente escapade des gamines aux cheveux longs déclenche le courroux de leur famille. Les cinq héroïnes, préados et ados, n’en sont visiblement pas à leur «  coup d’essai  » et leurs «  insolentes  » aspirations à la liberté ne sont pas du goût de leurs aînés qui prennent prétexte de l’«  incident  » pour lesremettre au pas.

Adieu crises de rire, études et balades au bord de la mer… Enfermées entre les murs de la grande maison familiale, les filles n’auront plus le droit de sortir sans autorisation, apprendront à devenir de parfaites petites femmes d’intérieur (cours de cuisine et de couture au quotidien), réciteront chaque jour l’abécédaire des «  bonnes mœurs  » et devront subir un examen de virginité avant d’être mariées avec des jeunes gens de «  bonnes familles  » qui défileront au domicile.

Le club des cinq, au moins dans un premier temps, entame une résistance tous azimuts, mais comprend rapidement que le nouvel ordre, hélas, ne relève en rien du mouvement d’humeur, mais en tout de la décision irrévocable. Ainsi va la vie, dans ce coin reculé de Turquie, où (presque) tout un chacun et chacune accepte de respecter des règles que l’on aimerait pouvoir décrire comme d’un autre temps.

Se soumettre ou résister  ? Accepter l’inacceptable ou s’enfuir  ? Mourir à petit feu ou prendre tous les risques pour vivre  ? Dans «  Mustang  », quelque part entre conte moderne (les héroïnes, à bien des égards, composent une sorte de corps à cinq têtes) et chronique ultra réaliste d’un emprisonnement, Deniz Gamze Ergüven met en scène la condition des (jeunes) femmes en Turquie et signe un film aussi précieux qu’inventif.

Les robes informes des femmes du village

Présenté au dernier Festival de Cannes à La Quinzaine des réalisateurs (il aurait tout aussi bien pu figurer en compétition officielle), «  Mustang  » révèle une cinéaste ultra prometteuse, dont les intentions résolument féministes ne s’abîment jamais dans les grands discours.

Née à Ankara, Deniz Gamze Ergüven, 37 ans, a grandi entre la Turquie et la France, n’a jamais cessé d’accomplir des allers-retours entre les deux pays et a de toute évidence des choses à dire concernant un certain état des choses qui prévaut sur sa terre natale.

Habité par une énergie de chaque séquence, qui correspond en tout point au tempérament explosif des cinq héroïnes, le film met en scène les désirs en pagaille de cette bande de filles qui se cognent (au sens propre comme figuré) à une prison familiale qui ne cesse d’imposer de nouvelles grilles et d’élever plus haut ses murs.

Deniz GamzeErgüven  :

«  Je ne voulais pas seulement dépeindre ces filles comme les victimes d’un système, mais également rendre compte de leur vitalité et de leur aspect résolument solaire, tourné vers la vie malgré tout. Quels que soient les cadres qui se referment de plus en plus sur elles, elles cherchent à préserver leur fougue et leur liberté intérieure.  »

Une fugue pour assister à un match de foot, la souffrance de devoir endurer la déscolarisation, la hantise de se savoir condamné à un avenir désolant, comme les autres femmes du village, qui font mine d’avoir accepté de vivre dans l’ombre, dans des robes informes et «  couleur caca  », comme le souligne avec mépris la plus jeune des sœurs…

Rien à voir avec « Virgin Suicides »

Avec un humour ravageur et une sensibilité aiguë, la cinéaste retrace les aventures en huis clos de ce groupe qui, à mesure que l’une, puis l’autre, forcées et contraintes, se marient, subit une inévitable dislocation. Au fil du temps, à la marge de la bande, chaque fille réagit à sa manière. Manière parfois radicale et… bouleversante.

Lors de sa présentation à Cannes, «  Mustang  » a souvent été comparé au «  Virgin Suicides  » de Sofia Coppola. Fausse piste, tant le style vaporeux de cette dernière et son regard sur l’Amérique des années 70 n’entretiennent aucun rapport avec la fougue formelle de la néophyte et son point de vue incisif sur une réalité brutalement contemporaine.Deniz Gamze Ergüven, sans jamais sombrer dans le psychologisme et l’édification, filme avec sensualité et urgence ses héroïnes d’aujourd’hui et leur désir irrépressible d’échappée belle.


Olivier De Bruyn le 17 juin 2015

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p9

19/05/2017 03:34 par tellurikwaves

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    19/05/2017 03:34 par tellurikwaves

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p8

19/05/2017 03:23 par tellurikwaves

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    19/05/2017 03:23 par tellurikwaves

(sous réserve)
TuÄŸba SunguroÄŸlu  : Selma, la deuxième

 

*

Les Inrocks
“Mustang”: une scénographie vitaminée et une incontestable réussite

 

La nuit tombe sur Inebolu, ce petit village reculé situé à l’extrême nord de la Turquie, à 500 kilomètres d’Istanbul. Dans le jardin d’une maison inhabitée, disposée sur un flanc de montagne face à la mer Noire, des dizaines de locaux, habillés en robes et costumes chic, se réunissent sous un chapiteau de fortune. Les femmes, certaines voilées, se tiennent à distance pudique de la foule, tandis que les hommes dansent au rythme de chants traditionnels et sortent leurs flingues pour tirer à balles réelles vers le ciel.

Contre l’obscurantisme religieux, il est bien vu de riposter par des fables de grand sage – preuve encore avec Timbuktu d’Abderrahmane Sissako, récompensé de sept César.Rien de plus éloigné de cette posture que Mustang, sorte de cavalcade polissonne et féminine, joyeuse et enragée, accueilli à la Quinzaine des réalisateurs par une escalade d’applaudissements.

Ce premier long métrage d’une jeune Franco-Turque, née à Ankara et diplômée de la Fémis, nous immerge dans le monde damné des jeunes filles mariées de force. Nord de la Turquie, aujourd’hui : cinq sœurs toutes plus jolies les unes que les autres, âgées peut-être de 11 à 17 ans, vivent inconscientes de leur bonheur qui va prendre fin, sous la coupe d’une grand-mère tradi et d’un oncle autoritaire. Leurs batifolages avec des garçons du voisinage leur sont reprochés : on accélère le processus de leurs épousailles.

C’est alors une ombre gigantesque portée sur cette sororité,
où l’on prend mari comme on va à l’échafaud.
 
 
L’incontestable réussite de Mustang tient au filmage des sœurs, corps collectif superbement fluide et chatoyant, bouquet de “jeunes filles en fleurs” telles qu’on les trouve de Proust à Sofia Coppola. Mais il existe chez Deniz Gamze Ergüven un vitalisme, une scénographie vitaminée qui, à chaque instant, émeut et égaie l’œil, nous attrape.
 
Trait qui range le film du côté d’un “féminisme joyeux”, expression utilisée par Agnès Varda pour qualifier la couleur de ses propres films, et par capillarité Mustang, dont la doyenne des cinéastes n’a pas manqué de faire la publicité sur la Croisette alors qu’elle y recevait sa Palme d’honneur.

Les sœurs transforment leur geôle en refuge contre le monde extérieur.On a bien tenté de reprocher au film sa légèreté, son infidélité à un réel autrement plus sombre. C’est gommer un peu vite sa noirceur – les sociétés liberticides, la mort parfois comme seule échappatoire –, renforcée justement par le contraste entre un corsetage moral et cette sorte de grâce ouatée de l’enfance, jusqu’à la dispersion du petit groupe,en cinq identités distinctes, avec chacune un destin plus ou moins enviable à la clé.

Sans diaboliser le mariage arrangé (l’une des sœurs y trouve son compte de câlins et de baisers), la réalisatrice dénonce une tradition nuisible dès lors qu’elle se meut en tyrannie, en prison. Une menace illustrée lors de cette très belle séquence où les sœurs cloîtrées transforment leur geôle en refuge contre le monde extérieur. C’est alors les autres qui sont désignés en vrais captif d’une doctrine morale et religieuse. Il faudra toute la pugnacité costaude d’une petite fille (toutes les actrices sont formidables) pour trouver le chemin de la liberté.

 

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p7

19/05/2017 03:02 par tellurikwaves

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    ©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p7

    19/05/2017 03:02 par tellurikwaves

©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p6

19/05/2017 03:01 par tellurikwaves

  • ©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015)  p6

    ©-DR- MUSTANG de Deniz Gamze Ergüven (2015) p6

    19/05/2017 03:01 par tellurikwaves

« Mustang » : cinq filles au galop
La réalisatrice Deniz Gamze Ergüven filme la résistance de cinq sœurs
aux puissances du patriarcat en Turquie.
*
LE MONDE | 20.05.2015 à 09h14 •
Mis à jour le 01.04.2016 à 00h00 |
Par Isabelle Regnier

 

Gangs de femmes, guerrières amazones, adolescentes en furie… De l’impératrice Furiosa de Mad Max au doux gynécée de Notre petite sœur, des lesbiennes magnifiques de Carol à la fille de Dieu du Tout Nouveau Testament, la sélection cannoise est peuplée de personnages féminins décidés à mettre à terre l’empire du patriarcat. Tigresses sauvages que leur famille décide d’enfermer dans une cage pour brider leur sexualité, les cinq sœurs de Mustang sont faites de ce même bois.
*
Petite sensation de la Quinzaine des réalisateurs, ce premier film de la réalisatrice turque Deniz Gamze Ergüven se déroule dans un village du fond de la campagne turque, où les modes de vie sont encore régis par des traditions archaïques. Dans une image laiteuse, un beau préambule présente nos cinq grâces en uniformes de collégiennes, à la sortie de l’école, la veille des grandes vacances.

Filles éclairées et délurées
Avec leurs longues crinières qui leur caressent le creux des reins, leur beauté arrogante, leur fière insolence, elles s’imposent comme un corps collectif radieux, conquérant et indestructible. Les sanglots de la plus jeune, qui s’accroche furieusement au professeur qu’elle s’apprête à quitter, font certes planer une ombre sur la photo, mais elle aura disparu dès la séquence suivante, qui les retrouve à la mer. Toujours habillées mais trempées, juchées sur les épaules de cinq garçons, elles se livrent à un joyeux combat aquatique, magnifié par les scintillements du soleil dans l’eau.

La fin de la récré va sonner, et cette parenthèse enchantée se trouvera reléguée au rang de lointain éden. A la maison, leur grand-mère, qui les élève depuis la mort de leurs parents, leur passe un savon d’une brutalité inouïe, révèle le gouffre qui sépare ces filles éclairées et délurées des villageois aux mœurs archaïques parmi lesquels elles grandissent. Une commère est venue rapporter qu’elles « se branlaient sur les cous des garçons ». Fin du monde, déshonneur, alerte rouge. Les sœurs ont beau hurler leur bonne foi, jurer qu’elles sont toutes encore vierges, elles déchaînent chez leur oncle une fureur plus débridée encore, qui les conduit fissa à l’hôpital se faire inspecter l’hymen.
Fini les tenues sexy, on leur enfile ces robes « couleur de merde » que portent les femmes du village.
*
Fable stylisée
La maison devient une « usine à épouses », bunker fortifié dont elles n’ont plus le droit de sortir, où on leur enseigne l’art des beignets à la viande, de l’astiquage des vitres et du bourrage de couettes. Furibardes, elles subvertissent avec une vitalité hargneuse les instruments de leur oppression, tout en continuant de se balader à moitié nues et à se raconter des blagues salaces. Les choses changent quand on décide de briser cette hydre déchaînée en les mariant l’une après l’autre, selon le même rituel immuable. L’aînée arrache le droit de convoler avec le garçon qu’elle aime, mais les deux suivantes finissent en miettes, attisant chez la benjamine, adorable tête de bois, un sentiment de révolte.
*
A mi-chemin entre Virgin Suicides et L’Evadé d’Alcatraz, ce film plein de colère, mais enrobé dans un emballage acidulé, balaie tout le spectre de la violence patriarcale, du symbolique au criminel. Jouant la drôlerie bravache, il dénote chez son auteur une intelligence aiguisée, doublée d’un grand pouvoir de séduction. Comme métaphore de la schizophrénie turque, écartelée entre patriarcat et modernité, cette fable stylisée, qui file comme un cheval au galop, séduira à n’en pas douter un public occidental. Mais son véritable sujet, c’est la puissance subversive de la libido féminine. Les gardiens de l’ordre ont beau ériger des prisons pour l’étouffer, leurs murs ne résistent pas à sa force tellurique.