©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p11
21/11/2013 04:24 par tellurikwaves
DVD Classik:Analyse et critique(3)
Avec Cléo de 5 à 7, Agnès Varda célèbre la beauté des corps féminins, filmés dans un idéal de perfection artistique. Dorothée Blank, déjà lumineuse dans L’Opéra-Mouffe,pose nue pour des sculpteurs dans un atelier. Ce geste de l’artiste au travail est une belle métaphore de la pratique cinématographique d’Agnès Varda qui considère Corinne Marchand comme un modèle « transformable à souhait. » (1) Dans un entretien pour Positif du mois de mars 1962 (n°44, p.7), Agnès Varda explique que la nudité, thématique centrale de ses films, est « un point de rencontre entre un univers qui est beau formellement et un univers beau moralement. »
Il y a toujours une qualité abstraite, et rarement érotique, dans les corps nus filmés par la cinéaste, car elle recherche dans la nudité la possibilité picturale d’exprimer l’idée de beau. La représentation de la femme obéit ainsi à des canons esthétiques anciens. Agnès Varda a tourné Cléo de 5 à 7 avec les peintures et les gravures d’Hans Baldung Grien à l’esprit. La chair blonde de ces jeunes femmes, enlacées par de sinistres squelettes, rappelle inévitablement celle de la superbe et sculpturale Corinne Marchand.
DVD Classik:Analyse et critique(2)
DVD Classik
Cléo (Corinne Marchand) attend les résultats d’examens médicaux. Persuadée d’avoir le cancer, elle tente de se rassurer chez une voyante… en vain. Frivole, la jeune chanteuse va tout faire pour taire ses angoisses…
Le film se déroule le premier jour de l’été, le 21 juin 1961, en temps réel, de 17h à 18h30. En quête d’elle-même,Cléo déambule dans Paris, depuis la rue de Rivoli jusqu’à son appartement situé sur la rive gauche, depuis la gare Montparnasse jusqu’au Parc Montsouris. Ce parcours est parsemé de rencontres, de visions, de révélations et d’émotionscontradictoires. Influencé par Hans Baldung Grien, ce film est la peinture cinématographique d’un thème éternel : la beauté et la mort.
Analyse et critique(1)
En 1955, La Pointe courte, film pré-Nouvelle Vague d’une insolente liberté formelle, frappait déjà par son étonnante modernité. Sept années plus tard et trois courts métrages supplémentaires à son actif, Agnès Varda confirme avec Cléo de 5 à 7 sa place singulière dans le paysage cinématographique français. Bien plus fluide que La Pointe courte,
Cléo de 5 à 7 est une peinture de la vie parisienne dans toute sa modernité. Tout comme Manet un siècle plus tôt, Agnès Varda continue de redéfinir les codes de son art, enprenant en compte un héritage pictural ancien. Elle soulève avec ce film des enjeux esthétiques qui traversent l’ensemble de son œuvre. Non sans contradictions, elle mêle ledocumentaire et la fiction, se nourrit de la réalité la plus concrète pour mieux y extraire des images abstraites et puise son inspiration dans la peinture et la photographie pourélaborer une mise en scène d’une étourdissante mobilité.
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Vidéographie
-Cléo de 5 à 7 et Daguerréotypes : 2 films d'Agnès Varda, Paramount Home Entertainment France/Ciné-Tamaris, 2005,2 DVD PAL Zone 2(EAN 3333973141072) :Édition Collector avec bonus : Les Dites cariatides + L'Opéra-Mouffe + Le Lion volatil + 1 livret illustré 16 pages + 1 dépliant de dessins de Sempé Je me souviens de Cléo(notice BnFno FRBNF40110713)
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-(en) 4 by Agnès Varda : La Pointe courte, Cléo from 5 to 7, Le Bonheur, Vagabond (Sans toit ni loi), de Agnès Varda, The Criterion Collection, 2008, 4 DVD NTSC Zone 1 Dolby [présentation en ligne] : VF sous-titres en anglais
Restauration
En 2012, 50 ans après sa sortie, le film est restauré : numérisation 2K (formats DCP et 35 mm) par les Archives françaises du film/CNC, les laboratoires Digimage et Elude pour le sont. Agnès Varda en a supervisé l'étalonnage en précisant «conformément aux désirs et aux choix de Jean Rabier, chef opérateur, et de moi-même ».
Accueil
Jean-Yves Bloch : « Intégrant les apports du « cinéma-vérité », mais ayant d’ores et déjà conscience de ses limites, Agnès Varda a bâti une œuvre qui, par ses méthodes de tournage et sa construction, résout avec le plus grand art l’une des interrogations brûlantes du cinéma de son époque. […] Par cet état de synthèse entre objectivisme et subjectivisme déjà précédemment recherché par l’auteur dans La Pointe courte et dans L'Opéra-Mouffe, la cinéaste nous livre, en 1962, un film qui conserve aujourd’hui toute sa force. »
Tournage
Période prises de vue : juin-juillet 1961
Extérieurs à Paris dans l'ordre chronologique du scénario :
1.1er arrondissement : rue de Rivoli
2.14e arrondissement : quartier du Montparnasse
3.15e arrondissement : gare de Paris-Montparnasse
4.14e arrondissement : Montparnasse, parc Montsouris
5.13e arrondissement : hôpital de la Pitié-Salpêtrière
Extérieurs pour Les Fiancés du pont Macdonald : 19e arrondissement (quartier de la Villette)
Intérieurs (loft de Cléo) : 10e arrondissement (quartier de la Fontaine-au-Roi)
Chansons du film
1961 : BO Cléo de 5 à 7, quatre chansons écrites par Agnès Varda sur des musiques de Michel Legrand, interprétées par Corinne Marchand. Édition sur super 45 tours Philips 432-596 BEPremière réédition en 1991 sur CD Le Mépris, compilation BO Hortensia (CD FMC 529), distribution BMG France (notice BnF no FRBNF38197391), track listing :
1.Sans toi
2.La Menteuse
3.La Joueuse
4.La Belle putain
Distinctions
Prix Méliès 1962.
Prix FIPRESCI 1963.
Nomination et sélections
Festival de Cannes 1962 : film nommé pour la Palme d'or.
Mostra de Venise 1962 : section d'information.
Festival de Cannes 2012 : sélection officielle section Cannes Classics
(anniversaire des 50 ans du film, image et son restaurés.
Scénario
Découpage en chapitres numérotés qui s’affichent avec leur minutage et le prénom du personnage moteur de la séquence. En même temps, ce décompte marque l’inexorable progression vers un résultat redouté. Dans la Revue belge du cinéma[6], Bernard Pingaud écrit : « Je ferai une remarque sur la division, au premier abord irritante, du film en treize petits chapitres. […] L'ironie mathématique de ces annonces est une manière de nous avertir, par l'absurde, que le temps ne compte plus.
C'est comme si nous voyions tomber un à un les grains du sablier, tandis que sur l'écran, dans l'attente de l’heure fatidique, se déroulait un spectacle destiné à distraire notre attention. Le minutage du drame accuse son inconsistance et l'apparente inutilité des gestes qui remplissent ce long entracte. […] Mais les noms que l'auteur place en tête des chapitres (Cléo, Angèle, Bob, Dorothée, Raoul, Antoine) veulent dire plus. Ils signifient que, pour un moment, nous allons adopter le point de vue de tel ou tel personnage. »
Production/Genèse
Histoire de saison : Agnès Varda voulait filmer le 21 mars pour « Capter dans Paris le passage merveilleux de l'hiver au printemps avec les jardins passant du dessin à la plume à la peinture impressionniste ». Pour des raisons financières, le tournage ne put commencer que le 21 juin. Le film bénéficie quand même de très belles images d'un blanc cotonneux lors des scènes tournées à 6 heures du matin au Parc Montsouris pour une action censée se passer à 18 heures…
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Les Fiancés du pont Macdonald : pour ce mini-film dans le film, burlesque, mais néanmoins clé de voûte de l'histoire de Cléo, Agnès Varda a fait appel à des copains. Les Fiancés, c'est le couple Godard-Karina, vedette de la Nouvelle Vague et entouré de ses comparses. On aperçoit Frey et Brialy, le cinéma vétéran étant représenté par le couple Delorme-Robert. Pour Varda, cela reste « Un souvenir qui symbolise la Nouvelle Vague telle que nous l'avons vécue, l'imagination au pouvoir et l'amitié en action. » (sic).
Résumé 2
Comment continuer à vivre lorsque la maladie vous guette ? Lorsque Cléo, une très belle chanteuse, apprend par une cartomancienne qu'elle est malade, la jeune femme tente d'abord d'oublier cette mauvaise nouvelle, en compagnie de son amie Angèle et de ses musiciens. Mais décidément, le coeur n'y est pas. L'indifférence, l'égoïsme et la méchanceté de son entourage lui font soudain prendre conscience de sa solitude. Très éprouvée, hantée par la peur de la mort, Cléo erre sans but dans les rues de Paris. Au fil de sa dérive, elle regarde un court métrage muet
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Cast
Corinne Marchand : Cléo
Loye Payen : Irma, la cartomancienne
Dominique Davray : Angèle
Jean Champion : le patron du café
Jean-Pierre Taste : le garçon de café
Renée Duchateau : la vendeuse de chapeaux
Lucienne Marchand : la conductrice du taxi
José Luis de Vilallonga : l'amant de Cléo
Michel Legrand : Bob
Serge Korber : Maurice dit « Plumitif »
Dorothée Blanck : Dorothée
Raymond Cauchetier : Raoul, le projectionniste
Antoine Bourseiller : Antoine
Robert Postec : le docteur Valineau
Film burlesque muet : Les Fiancés du pont Macdonald
— Durée : 1 min 30 s
Anna Karina : la fiancée
Jean-Luc Godard : le fiancé
Émilienne Caille : la fiancée noire
Eddie Constantine : l'arroseur
Sami Frey : le croque-mort
Georges de Beauregard : le chauffeur
Danièle Delorme : la vendeuse de fleurs
Yves Robert : le vendeur de mouchoirs
Alan Scott : le marin
Jean-Claude Brialy : l'infirmier.
Résumé Wiki
L'action se déroule en temps réel à Paris. Cléo, une jeune et belle chanteuse plutôt frivole, craint d'être atteinte d'un cancer. Il est 17 heures et elle doit récupérer les résultats de ses examens médicaux dans 2 heures. Pour tromper sa peur, elle cherche un soutien dans son entourage. Elle va se heurter à l'incrédulité voire à l'indifférence et mesurer la vacuité de son existence. Elle va finalement trouver le réconfort auprès d'un inconnu à l'issue de son errance angoissée dans Paris.
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Fiche technique
Titre original : Cléo de 5 à 7
Réalisation : Agnès Varda
Assistants : Bernard Toublanc-Michel,
Marin Karmitz
Scénario : Agnès Varda
Dialogues : Agnès Varda
Décors : Bernard Evein
assisté par Jean-François Adam
Ensemblier : Robert Christides
Costumes : Alyette Samazeuilh
Maquillages : Aïda Carange
Photographie : Jean Rabier
Cadrage : Alain Levent
Assistant-opérateur : Paul Bonis
Son : Julien Coutellier, Jean Labussière
Mixage son : Jacques Maumont
Montage : Janine Verneau, Pascale Laverrière
Stagiaire montage : Noun Serra
Musique : Michel Legrand
Chansons : paroles d'Agnès Varda et
musique de Michel Legrand
Photographes de plateau : Liliane de Kermadec,
Raymond Cauchetier[2]
Scripte : Aurore Paquiss
Régie : Jean-François Adam, Édith Tertza
Chef électricien : Roger Delattre
Chef machiniste : Roger Scipion
Production : Georges de Beauregard et Carlo Ponti
Directrice de production : Bruna Drigo
Société de production : Rome-Paris Films (France)
Sociétés de distribution : Athos Films, puis Ciné-Tamaris (France)
Publicité et affiche : Jean Fourastié
Pays d'origine : France
Langue originale : français
Format : 35 mm — noir et blanc et
générique en couleur (Gevaert) — 1.66:1
— son monophonique
Genre : comédie dramatique
Durée : 90 minutes
Dates de sortie :
2 avril 1962, avant-première au Studio Publicis (Paris)
11 avril 1962 sortie nationale
(fr) Classifications CNC : tous publics,
Art et Essai (visa no 24864 délivré le 3 avril 1962)