©-DR-BOULE DE FEU de Howard Hawks (1941) p14
13/04/2017 04:48 par tellurikwaves
OBJECTIF CINEMA (1)
Par Pascal LAFFITTE
Avec le très amusant Ball of Fire, Howard Hawks (1896-1977), maître incontesté de la Screwball Comedy (Bringing Up Baby, His Girl Friday, I Was a Male War Bride, Monkey Business), met en scène une transposition moderne du conte de Blanche Neige et les Sept Nains.
Co-scénarisé par Billy Wilder (1906-2002), le film de Hawks raconte en effet l’histoire de sept vieux universitaires et du professeur Bertram Potts (Gary Cooper), leur plus jeune collègue, vivant coupés du monde depuis presque dix ans afin de rédiger une encyclopédie. Chargé de la partie consacrée à l’argot américain, Potts se rend compte que sa documentation est totalement obsolète.
Il décide de sortir en ville pour glaner de nouvelles informations. Le hasard le mène dans un cabaret où chante Katherine ’Sugarpuss’ O’Shea (Barbara Stanwyck, dans un rôle décliné par Ginger Rogers), la petite amie du gangster Joe Lilac (Dana Andrews). Potts invite Sugarpuss à venir dans la grande demeure où il vit et travaille avec ses confrères, pour qu’il puisse étudier sa façon de parler, très riche en expressions argotiques.
Tout d’abord réticente, Sugarpuss change d’avis lorsque les truands Duke Pastrami (Dan Duryea) et Asthma Anderson (Ralph Peters) lui expliquent que la police la recherche pour la faire témoigner contre Lilac. La jeune femme va donc loger quelques temps chez les huit professeurs qui très rapidement tombent sous son charme. Potts en vient même à demander la main de Sugarpuss.
Au même moment, Joe Lilac apprenant qu’une femme mariée ne peut témoigner contre son époux, a l’idée d’épouser Sugarpuss.
L'OEIL SUR L'ECRAN (fin)
Remarques :
* Howard Hawks était si satisfait du travail d’écriture de Billy Wilder qu’il l’a laissé assister au tournage. Billy Wilder a ainsi pu étudier de près la méthode de Hawks.Impressionné, cela l’aurait fortement incité à revenir à la mise en scène. Il tournera son premier film américain l’année suivante : The Major and the Minor.
* Le batteur de jazz et bandleader Gene Krupa interprète deux morceaux, en fait un seul morceau « Drum Boogie » joué de deux façons différentes : une fois avec son orchestre au grand complet et une seconde fois avec… une boite d’allumettes (et des allumettes qu’il gratte). Etonnant ! (voir sur Youtube…) La chanteuse qui prête sa voix à Barbara Stanwyck est Martha Tilton (ex-chanteuse de Benny Goodman).
Remake par Howard Hawks lui-même :
A Song is Born (Si bémol et fa dièse) d’Howard Hawks (1948) avec Danny Kaye et Virginia Mayo, et avec la participation d’une belle brochette de musiciens de jazz (le encyclopédistes étant devenus des musicologues).
L'OEIL SUR L'ECRAN (suite)
L’idée de départ vient de Billy Wilder qui cosigne le scénario avec son comparse Charles Brackett. L’humour repose sur l’introduction d’un élément perturbateur dans un monde qui ne demande qu’à être perturbé (c’était aussi le thème du merveilleux L’Impossible Monsieur Bébé…) A noter que l’analogie avec Blanche-Neige et les sept nains est voulue et même cultivée. La réussite du film repose sur une écriture parfaite, un humour bien dosé et sur des premiers et seconds rôles très bien tenus. Barbara Stanwyck y est pétulante.