© DR - Max Von Sydow : Filmographie
11/09/2013 15:17 par tellurikwaves
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© DR - Max Von Sydow : Filmographie
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Filmographie
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Cinéma
1949 : Rien qu'une mère (Bara en mor), de Alf Sjoberg
1951 : Mademoiselle Julie (Fröken Julie), de Alf Sjoberg
1956 : Le Septième Sceau (Det sjunde inseglet), d'Ingmar Bergman
1957 : Les Fraises sauvages (Smultronstället), d'Ingmar Bergman
1958 : Au seuil de la vie (Nära livet), d'Ingmar Bergman
1958 : Le Visage (Ansiktet), d'Ingmar Bergman
1959 : La Source (Jungfrukällan), d'Ingmar Bergman
1961 : À travers le miroir (Såsom i en spegel), d'Ingmar Bergman
1962 : Les Communiants (Nattvardsgästerna), d'Ingmar Bergman
1963 : Le Silence (Tystnaden), d'Ingmar Bergman
1965 : La Plus Grande Histoire jamais contée , de George Stevens
1966 : Hawaï (Hawaii), de George Roy Hill
1966 : Le Secret du rapport Quiller (The Quiller Memorandum), de Michael Anderson
1967 : L'Heure du loup (Vargtimmen), d'Ingmar Bergman
1968 : La Honte (Skammen), d'Ingmar Bergman
1969 : La Lettre du Kremlin (The Kremlin Letter), de John Huston
1969 : Une passion (En Passion), d'Ingmar Bergman
1971 : Le Lien (Beröringen), d'Ingmar Bergman
1971 : Les émigrants, de Jan Troell
1971 : Le Nouveau Monde, de Jan Troell
1973 : L'Exorciste (The Exorcist), de William Friedkin
1974 : Le Loup des steppes , de Fred Haines, tiré du roman de Hermann Hesse
1975 : Fox trot (Foxtrot), d'Arturo Ripstein
1975 : New York ne répond plus (The Ultimate Warrior), de Robert Clouse
1975 : Le Miroir éclate (Trompe-l'œil), de Claude d'Anna
1975 : Les Trois Jours du Condor (Three Days of the Condor), de Sydney Pollack
1976 : Cadavres exquis (Cadaveri eccellenti en italien), de Francesco Rosi
1976 : Cœur de chien (Cuore di cane), d'Alberto Lattuada
1976 : Le Désert des Tartares (Il deserto dei Tartari), de Valerio Zurlini
1977 : Gran Bollito, de Mauro Bolognini
1976 : Le Voyage des damnés (Voyage of the Damned), de Stuart Rosenberg
1977 : L'Exorciste 2 : l'hérétique (Exorcist II : the Heretic), de John Boorman
1977 : Il était une fois la Légion (March or Die), de Dick Richards
1979 : La Cible étoilée (Brass Target), de John Hough
1980 : La Mort en direct, de Bertrand Tavernier
1980 : Flash Gordon, de Mike Hodges
1981 : À nous la victoire (Escape to Victory), de John Huston
1982 : Conan le Barbare (Conan the Barbarian), de John Milius
1982 : Jugando con la muerte, de José Antonio de la Loma
1983 : Jamais plus jamais (Never Say Never Again), d'Irvin Kershner : Ernst Stavro Blofeld
1983 : Le Cercle des passions, de Claude d'Anna
1984 : Les Guerriers des étoiles (The Ice Pirates), de Stewart Raffill
1984 : Dreamscape, de Joseph Ruben
1984 : Dune, de David Lynch
1985 : Nom de code, émeraude (Code Name: Emerald), de Jonathan Sanger
1986 : Hannah et ses sœurs (Hannah and Her Sisters), de Woody Allen
1986 : Duo pour une soliste (Duet for One), d'Andrei Konchalovsky
1987 : Pelle le conquérant (Pelle erobreren), de Bille August
1989 : Un baiser avant de mourir (A Kiss Before Dying), de James Dearden
1990 : L'Éveil (Awakenings), de Penny Marshall
1990 : Europa, de Lars von Trier
1991 : Mio caro dottor Gräsler, de Roberto Faenza
1991 : Jusqu'au bout du monde (Bis ans Ende der Welt), de Wim Wenders
1992 : Les Meilleures Intentions (Den Goda Viljan), de Bille August
1993 : Le Bazaar de l'épouvante (Needful Things), de Fraser C. Heston
1994 : Time is Money, de Paolo Barzman
1995 : Judge Dredd, de Danny Cannon
1996 : Hamsun, de Jan Troell
1998 : Au-delà de nos rêves (What Dreams May Come), de Vincent Ward
1999 : La Neige tombait sur les Cèdres (Snow Falling on Cedars), de Scott Hicks
2001 : Vercingétorix : La légende du druide roi (Druids), de Jacques Dorfmann
2001 : Le Sang des innocents (Non ho sonno), de Dario Argento
2001 : Intacto, de Juan Carlos Fresnadillo
2002 : Minority Report, de Steven Spielberg
2005 : Heidi, de Paul Marcus
2006 : Emotional Arithmetic, de Paolo Barzman
2006 : Le Scaphandre et le Papillon, de Julian Schnabel
2006 : Rush Hour 3, de Brett Ratner
2009 : Un homme et son chien, de Francis Huster
2009 : Oscar et la dame rose, d'Éric-Emmanuel Schmitt
2009 : Solomon Kane, de Michael J. Bassett : Josiah Kane
2010 : Shutter Island, de Martin Scorsese
2010 : Robin des Bois (Robin Hood), de Ridley Scott : Walter de Locksley,
2011 : Extrêmement fort et incroyablement près , de Stephen Daldry
2013 : The Letters de William Riead : Celeste van Exem
Télévision
1957 : Herr Sleeman kommer, d'Ingmar Bergman
1958 : Rabies, d'Ingmar Bergman
1985 : Le Dernier Civil, de Laurent Heynemann
1995 : Le Citoyen X (Citizen X), de Chris Gerolmo
1995 : A che punto è la notte, de Nanni Loy
1995 : La Marche de Radetzky (Radetzkymarsh), de Axel Corti et Gernot Roll
1996 : Samson et Dalila (Samson and Delilah), de [[]]
1996 : Entretiens privés (Enskilda Samtal), de Liv Ullmann
1997 : Salomon (Solomon), de Roger Young
1997 : La Princesse et le Pauvre (La Principessa e il povero), de Lamberto Bava
1997 : Péril en mer (Hostile Waters), de David Drury
2000 : Nuremberg, d'Yves Simoneau (mini-série)
2004 : L'Anneau sacré (Ring of the Nibelungs), d'Uli Edel
2004 : La Fuite des innocents (La Fuga degli innocenti), de Leone Pompucci
2009 : Les Tudors (The Tudors), de Michael Hirst : Cardinal Otto Von Walburg (4 épisodes)
Distinctions
1989 : Sélectionné pour l'Oscar du meilleur acteur dans Pelle le conquérant (Pelle erobreren)
2011 : Sélectionné pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle dans Extrêmement fort et incroyablement près (Extremely Loud and Incredibly Close)
Acteur européen de l'année, lors des Prix du cinéma européen en 1988 pour Pelle le conquérant.
Chevalier de la Légion d'honneur (promotion du 1er janvier 2011)
© DR -Max Von Sydow /Biographie
11/09/2013 15:11 par tellurikwaves
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© DR -Max Von Sydow /Biographie
11/09/2013 15:11 par tellurikwaves
Max von Sydow est un acteur né le 10 avril 1929 à Lund, province de Scanie, Suède. Il obtient la citoyenneté française en 2002.
Biographie
Né Carl Adolf von Sydow, il grandit dans une famille aisée de Lund. Son père Carl Wilhelm von Sydow, était ethnologue et professeur d'irlandais, sa mère Baroness Greta, née Rappe, était quant à elle institutrice. Il a appris l'anglais et l'allemand à l'âge de neuf ans. À l'école, il forme avec quelques amis une troupe de théâtre amateur. C'est ainsi que sa carrière d'acteur débute. En 1951, Max von Sydow se marie avec l'actrice Kerstin Olin, avec qui il a deux fils, Claes et Henrik. Ses enfants sont apparus avec lui dans le film Hawaï. Il divorcera en 1996. Max von Sydow vit actuellement avec sa nouvelle femme à Paris, où il aime lire, écouter de la musique et jardiner. Il a déclaré qu'il n'a aucune intention de prendre sa retraite tant qu'il trouvera des rôles intéressants. Il a obtenu la citoyenneté française en 2002 et Thierry Frémaux lui a remis les Insignes de Chevalier dans l'Ordre National de la légion d‘Honneur en marge du Festival Lumière le 17 octobre 2012.
Carrière
Il doit sa notoriété dans l'histoire du cinéma principalement au début de sa carrière, grâce à Ingmar Bergman dont il est alors un des acteurs fétiches, notamment dans Le Septième Sceau où il incarne un chevalier existentiel du xive siècle de retour des croisades en pleine épidémie de peste, et qui joue sa vie aux échecs avec la Mort.
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Sa notoriété lui ouvre les portes des cinématographies européennes, puis hollywoodienne. En vieillissant, son physique n'a rien perdu de son âpreté tourmentée, mais ses interprétations n'ont pas retrouvé sa fièvre initiale, hormis quelques rares films comme La Mort en direct de Bertrand Tavernier en 1980 ou Pelle le conquérant de Bille August en 1987. En 1975, il est choisi pour jouer le tueur à gages froid et opportuniste qui doit abattre « le Condor » (Robert Redford) dans le film Les Trois Jours du Condor de Sydney Pollack. Son jeu d’acteur, remarquable, renforce le rôle de Redford et l’atmosphère oppressante qui pèse sur le film. En avril 1997, il épouse la documentariste française Catherine Brelet en Provence. En 2008, il tourne sous la direction de Francis Huster, aux côtés de Jean-Paul Belmondo et Hafsia Herzi, dans le film Un homme et son chien.
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Entretien avec Max Von Sydow
Par Thomas Baurez (L'Express), publié le 28/02/2012 à 15:00, mis à jour le 17/10/2012 à 15:53
Cet acteur suédois de 83 ans à l'affiche d'Extrêmement fort et incroyablement près, a d'abord été la(?) muse d'Ingmar Bergman avant de s'imposer à l'international. Vous avez sûrement croisé son regard dans L'exorciste, Les trois jours du Condor ou Minority Report. Il commente pour nous son formidable parcours.
Bergman le maître
"J'ai débuté au théâtre de Malmö, en Suède, au milieu des années 50. Ingmar Bergman était l'un des directeurs. C'était une personne très enthousiaste et très productive. Il pouvait monter trois pièces durant l'hiver, tout en écrivant un film qu'il allait tourner l'été suivantNous formions une troupe soudée qui travaillait sans cesse avec lui. C'était vraiment stimulant! Il connaissait parfaitement le potentiel de chacun et réussissait à obtenir le meilleur de nous. Ma collaboration avec lui reste ma plus grande fierté de comédien. Nous avons fait plus de dix films ensemble et il m'est impossible d'en extraire un en particulier. C'est une oeuvre d'une incroyable cohérence. "
"Avec mon rôle dans L'exorciste, je crois que j'ai sûrement traumatisé à vie des centaines de spectateurs. Au départ, il était prévu que je ne travaille qu'un mois sur le film; finalement j'y ai bossé presque trois mois! William Friedkin voulait que la buée sorte de notre bouche pour accentuer l'atmosphère. Donc il refroidissait pendant un demi-heure le plateau avec des énormes ventilateurs. Ensuite, nous tournions une à deux prises. Mais les lumières réchauffaient considérablement la pièce, il fallait donc sans cesse recommencer et tourner très vite! Nous réalisions très peu de plans dans une journée, parfois même un seul! Ajoutez à cela les séances de maquillage... J'avais 40 ans à l'époque et je devais interpréter un homme de 70 ans! Je garde beaucoup de bons souvenirs de ce tournage, même s'il était très très éprouvant physiquement! "
Rencontre avec Woody Allen
"Quand je suis arrivé sur le plateau de Hannah et ses soeurs à New York, je venais juste de tourner dans la série Kojak. Tout s'était enchainé et je n'avais donc pas eu le temps de préparer le rôle, ni de rencontrer Woody Allen. Le peintre sarcastique et brillant que je devais incarner me faisait penser à mon personnage dans Le visage de Bergman. Il révélait le conflit qui peut exister entre l'artiste et le monde qui l'entoure.
Même si beaucoup de mes scènes ont été coupées au montage, je garde un souvenir très plaisant de ce tournage et, en particulier, de mon premier contact avec Woody Allen. Il est vraiment surprenant et d'une timidité maladive. Les essayages de costumes se déroulaient dans un superbe loft à Manhattan. Woody Allen était là, mais je ne pouvais pas l'approcher. A chaque fois que je me dirigeais vers lui, il détournait le regard et s'éloignait. On aurait dit qu'il avait peur de moi. Alors je me suis décidé à aller vers lui. Son regard était fuyant, il a bredouillé quelque chose, et hop! il s'est enfui. C'était drôle!"
Bille August, le conquérant
"Pelle le conquérant est le film qui compte le plus dans ma carrière. Bien sûr, il y a les Bergman, mais celui-là est vraiment à part. L'histoire de ce veuf et de son fils qui quittent la Suède pour le Danemark, à la recherche d'une existence plus douce, est bouleversante. Je me souviens très bien de ma rencontre avec Bille. J'ai reçu, un jour, un message où il était écrit: "Bonjour, je m'appelle Bille August et j'aimerais vous rencontrer." C'était plutôt incongru comme démarche, mais j'y suis allé. Il m'a simplement donné le scénario, avec beaucoup d'anxiété. J'ai commencé à le lire et je me suis arrêté à la page 20. Le début était si parfait, intense, que je n'avais pas besoin d'aller plus loin. Cinq ans plus tard, on s'est retrouvés pour Les meilleures intentions. Certes, j'avais un petit rôle, mais le fait de retourner avec Bille était déjà, en soi, un énorme plaisir!"
Spielberg-Pollack
"J'ai pris connaissance du projet par mon agent à New-York, qui m'a dit que Spielberg voulait me voir pour un rôle dans Minority Report. Je ne sais pas si j'étais son premier choix, mais j'étais naturellement très flatté qu'il pense à moi.
Steven Spielberg est un metteur en scène vraiment généreux, qui suggère plus qu'il ne dirige. C'est l'idéal pour un acteur. Il sait précisément ce qu'il veut et peut obtenir techniquement. Par exemple, la séquence où Tom Cruise est au volant de sa voiture et converse avec moi, par écran interposé, a été tournée dans deux studios en simultané. Tom Cruise me parlait et je lui répondais dans le studio d'à côté. Beaucoup de réalisateurs auraient tourné la scène en deux temps; pas Spielberg ! J'ai retrouvé les mêmes sensations que celles que j'avais eues avec Sydney Pollack, sur Les trois jours du Condor. La même précision et un amour immodéré du cinéma."
© DR - PELLE LE CONQUERANT de Bille August (1987) fin
11/09/2013 11:55 par tellurikwaves
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© DR - PELLE LE CONQUERANT de Bille August (1987) fin
11/09/2013 11:55 par tellurikwaves
Palmarès
Palme d'or au Festival de Cannes 1988
Oscar du meilleur film étranger en 1989
Golden Globes du meilleur film étranger en 1989
Nommé pour le César du meilleur film de l'Europe
communautaire à la 14e cérémonie des Césars en 1989.
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Entretien avec Bille August (extraits) par Odile Tremblay (2010)
...Mais à tout seigneur tout honneur: c'est au célèbre cinéaste danois qu'incombe la tâche de présider le jury en départageant avec son équipe le bon grain de l'ivraie.
Avant de le croiser au fil des jours à l'Impérial, on rejoint Bille August à Copenhague. Il se dit ravi d'atterrir bientôt dans nos terres,qu'il n'a pas foulées depuis des lunes,excité aussi à la perspective de son marathon de cinéma. L'homme du Nord, souvent entre deux projets, n'a pas toujours le temps de s'adonner à un exercice qui lui plaît.
«Voir un tas de films issus de plusieurs pays nous rappelle pourquoi on s'est lancé dans la réalisation, dit-il. Belle occasion de s'éloigner des statistiques sur la production pour se coller à l'esprit des oeuvres. Mon rôle dans le jury m'apparaît à la fois sérieux par ses responsabilités et rafraîchissant comme spectateur.»
Il fait partie du club sélect des doubles palmés d'or de Cannes, aux côtés de Francis Ford Coppola, d'Emir Kusturica, de Shohei Imamura et des frères Dardenne. Bille August avait reçu la statuette si convoitée pour Pelle le Conquérant en 1988, production historique intimiste sur la difficulté de l'exil, film coiffé aussi d'un Oscar et d'un Golden Globe. A nouveau en Palme d'or pour Les Meilleures Intentions en 1992, qui valut également à l'épouse du cinéaste, Permilla August, le laurier d'interprétation féminine.
Avec Bergman
Ce dernier film fut d'ailleurs scénarisé par nul autre qu'Ingmar Bergman. Le cinéaste de Fanny et Alexandre et des Fraises sauvages lui avait d'abord donné un coup de fil: «Allo, c'est Ingmar Bergman. J'ai écrit une pièce à propos de mes parents et je n'ai plus trop envie de la mettre moi-même en scène, alors j'aimerais vous en confier la réalisation.»
Allez refuser... Bille August rappelle toutefois à quel point Bergman lui laissa carte blanche pour greffer ses propres images et sa sensibilité sur son univers familial. «Mais comme il s'agissait de la vie de ses parents, je l'ai fait beaucoup parler. Nous avons passé deux mois dans sa maison et ce fut le début d'une grande amitié. Avec lui, j'ai compris à quel point tout est dans le scénario. Les lacunes à ce niveau ne peuvent être comblées lors du passage à l'écran.»
Ses films mettent souvent l'être humain en contact avec une nature qui le dépasse et l'inspire tout à la fois. «Ça tient à l'univers scandinave, où les gens vivent isolés au milieu de paysages majestueux, où les jours sont courts l'hiver et longs l'été, où les cycles de la nature ponctuent nos vies.»
L'exceptionnelle vitalité du cinéma scandinave, il l'estime liée au soutien de l'État, qui le considère comme un art à part entière. «Vingt-cinq longs métrages par année dans un petit pays comme le Danemark, cela constitue une production très importante, et quand les autres réalisateurs ont du talent, ça crée un effet d'émulation.»
Évolution
Bille August, à ses débuts à la fin des années 70 et au début des années 80, a beaucoup témoigné dans ses films de la jeunesse en pleine révolution culturelle et sociale. In My Life, Zappa et Twist and Shout en ont fait le chantre de cette ébullition. L'enfance en difficulté fut aussi un de ses thèmes de prédilection.
«Au départ, je trouvais très important de témoigner de ma génération, qui au cours des années 60, en rupture avec le passé, s'était trouvé un langage commun qui passait par la musique. Plus tard, on m'a souvent demandé de participer au Dogma [ce mouvement lancé en 1995 par les Danois Lars Von Trier et Thomas Vinterberg, prônant un cinéma d'auteur dont les règles strictes s'opposaient aux normes du cinéma commercial], mais j'ai décliné les invitations, précisant que j'avais fait des oeuvres très Dogma dans ma
jeunesse.»
Son style s'est fait plus classique par la suite. Il a adapté par ailleurs plusieurs oeuvres littéraires, des Misérables de Victor Hugo à Smilla's Sense of Snow de Peter Hoegen, en passant par La Maison des esprits d'Isabel Allende, Pelle le Conquérant de Martin Andersen Nexo, etc. «Le bon côté des adaptations, c'est que les grandes décisions narratives furent prises en amont par l'auteur. Reste le risque de décevoir les admirateurs du livre, qui ont leur propre film en tête.»
Également homme de théâtre au Danemark, Bille August fut derrière des films indépendants qui lui offraient une flexibilité, mais aussi de grosses productions sous le chapeau des majors américaines. Dans La Maison des esprits, il dirigeait Meryl Streep, Glenn Close, Jeremy Irons, Wynona Ryder et Antonio Banderas; dans Les Misérables, Liam Neeson, Uma Thurman, etc.
«Après ma deuxième Palme d'or, j'ai commencé à être sérieusement courtisé par Hollywood, explique-t-il. Et j'ai travaillé avec les studios. Le plus important, c'est de partager une vision commune avec la production. Je n'ai pas rencontré là-bas de gros problèmes, même sans avoir accès au montage final. C'est du côté des coproductions que ça se corse: trop d'intervenants et trop de discussions.»
Il se sent à jamais un réalisateur danois, mais jouant avec un art universel qui peut atteindre une audience internationale et lui ouvrir de nouveaux horizons. «Je suis curieux de nature. Dans mon dernier film, Goodbye Bafana, où j'abordais la relation de Nelson Mandela avec son geôlier, j'ai appris énormément sur le pourquoi de cette histoire, c'était passionnant. Faire des films à travers le monde est une école pour moi.»
Il trouve désormais plus difficile de faire du cinéma indépendant. Difficile de le montrer aussi, avec un espoir pour l'avenir. «La crise économique n'a pas aidé. Plusieurs films espagnols, italiens, danois, canadiens ne trouvent plus la route des salles. La distribution va changer quand les gens pourront télécharger les films légalement chez eux et sur les écrans de cinéma, où un exploitant décidera à volonté de projeter un film italien un soir ou deux s'il en a envie. L'audience est encore là. Reste à lui offrir un plus vaste éventail de
productions.»
À ses yeux, les festivals jouent un rôle très important. «Les films ont besoin de publicité, de la rencontre avec une audience, et ces rendez-vous ouvrent tellement de portes aux cinéastes primés.»
Bille August a deux projets en chantier: un film sur les premières années de la baronne Karen Blixen, grande écrivaine danoise, dont la vie ultérieure en Afrique a inspiré le film de Sydney Pollack Out of Africa. Aussi The Diary, une adaptation du roman Burden of Desire du Canadien Robert Macneil, traitant de l'explosion dévastatrice dans le port d'Halifax en 1917.
Aux yeux du cinéaste, un film constitue dans l'esprit du spectateur un point de contact entre le fantasme et la réalité. «Toucher ce point sensible est le but à atteindre. Ceux qui me disent avoir aimé un de mes films y ont souvent trouvé quelque chose de leur propre vie. Tout est question de répercussion.»
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Croyez bien que je suis fort dépité de m'arrêter là;Un film tel que celui ci aurait mérité bien plus...