©-DR-LA FORTERESSE CACHÉE de Akira Kurosawa (1958 ) p12

09/08/2016 08:03 par tellurikwaves

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    09/08/2016 08:03 par tellurikwaves

La critique de FILMOSPHERE
Posted 2014/09/16 by Yoan Orszulik

En 1957, Kurosawa sort de trois films (Chronique d’un être vivant, Le Château de l’araignée et Les Bas-fonds) qui ont prolongé sa réputation de cinéaste majeur à international. Cependant le caractère sombre de ses œuvres s’est soldé par des échecs publics et critiques dans son pays natal. Kurosawa souhaite s’atteler à un sujet plus « léger » et renouer avec le succès. À l’instar des Sept samouraïs, il va associer sa passion pour le western américain avec l’univers du Jidai-Geki (film de sabres) Japonais. Co-produit par Sanezumi Fujimoto (Mothra contre Godzilla) pour la Toho, et doté d’un gros budget, La Forteresse cachée trouve sa singularité à travers le choix de ses protagonistes principaux.

Deux paysans, Tahei (Minoru Chiaki) et Matashichi (Kamatari Fujiwara), cherchent à rentrer chez eux en évitant les lignes ennemies. Un choix audacieux, à contre courant de nombreuses productions de l’époque, et source d’une dynamique tragi-comique qui emporte l’adhésion du spectateur. Une approche picaresque de l’histoire qui conduit nos protagonistes à vivre de nombreuses péripéties, comme cet impressionnant assaut dans la cour du château Akizuki que l’équipe de tournage surnommait « L’escalier Odessa ».

Cependant, Akira Kurosawa et ses co-scénaristes Shinobu Hashimoto, Hideo Oguni et Ryûzô Kikushima, vont inclure de nouveaux personnages, qui vont confronter nos deux anti héros à leurs propres choix. Le général Rokurota Makabe, auquel Toshiro Mifune (comédien fétiche du cinéaste) apporte son charisme naturel. Un manipulateur qui finira par révéler sa vraie nature protectrice et héroïque auprès de nos deux paysans. Enfin, la princesse Yuki, héritière du clan Akizuki, cherchant à retourner chez elle avec l’or royal. Interprétée avec brio par Misa Uehara (une inconnue, repérée après un important casting), sa caractérisation, de l’aveu de la scripte Teruyo Nogami, doit beaucoup à la princesse Ann (Audrey Hepburn) de Vacances Romaines.

Tiraillé par le fait de retrouver son trône et son désir d’indépendance, son tempérament fougueux traduit l’importance que le cinéaste éprouve envers les figures féminines fortes. Une thématique sous-estimée quand on évoque Akira Kurosawa, et qui trouve un écho notable dans Je ne regrette rien de ma jeunesse, dont le protagoniste principal se prénommait également Yukie. La force symbolique de l’héritière des Akizuki, le cadre « naturel » auquel elle est rattachée, en fait une figure mythologique féminine, comme en témoigne sa première apparition en forêt, filmée sous un angle féerique que vient souligner la partition de Masaru Satô. À bien des égards, il s’agit de la véritable héroïne du long-métrage.

Bien qu’enjoué, le film convoque un sous-texte beaucoup plus sombre autour de la corruption, des luttes de pouvoir et de l’exploitation des êtres faibles au sein de contextes socio historiques difficiles. Comme en témoigne la fille (Toshiko Higuchi) d’un fermier vendue à un marchand d’esclaves, que notre quatuor va délivrer d’une destinée tragique. Idem pour l’importance accordée au transport de l’or, qui n’est pas sans rappeler la thématique de « l’échec » propre au réalisateur américain John Huston. Ces différents éléments finissent par construire une quête initiatique, qui permettra aux protagonistes de prouver directement et indirectement leurs vraies valeurs. Une donné qui trouve son origine dans l’admiration que Kurosawa vouait à John Ford et ses figures héroïques.

À l’instar du cinéaste de La prisonnière du désert, Kurosawa opte pour une approche picturale de l’image, soignant chacun de ses plans jusqu’à l’obsession, afin de leurs conférer l’aspect de tableaux en mouvement. Aidé du directeur photo Kazuo Yamasaki (ce sera leur dernière collaboration), le réalisateur signe son 1er film en cinémascope (où Toho Scope comme l’indique le générique). Une approche qui lui permet d’opter pour une très grande profondeur de champ dans les paysages et les scènes de batailles. Ce qui obligeait Yamasaki et son équipe à disposer d’importants éclairages sur plusieurs dizaines de mètres, tout en atténuant la lumière parasite.

L’important travail sur les perspectives, la plongée et la contre plongée, permit de conférer aux personnages une dimension iconique instantanée, dans l’action. Sans oublier un montage qui privilégie un rythme soutenu. L’affrontement entre Makabe et son ancien collègue et mentor, le général Hyoe Tadakoro (Susumu Fujita, dans un rôle initialement prévu pour Koshiro Matsumoto) en est une brillante illustration. À travers l’utilisation de téléobjectifs, de longues focales à 500 mm, et d’un montage qui accroît la sensation de vitesse, Makabe tenant son katana entre ses mains, cheval au galop, devient l’une images les plus fortes de l’œuvre d’Akira Kurosawa. Le tout, ponctué par un duel symbolique parfaitement chorégraphié et découpé, rendant l’ensemble mémorable.

 L’apothéose étant l’émouvante scène finale qui voit nos deux paysans récompensés pour leur bravoure, faisant capituler la logique picaresque, au profit d’un humanisme lucide cher au cinéaste, qui finit de rendre touchante et euphorique l’aventure que nous avons traversé aux côtés des personnages. Sorti en 1958, La Forteresse cachée connut un grand succès au box-office, permettant à Kurosawa de se lancer dans des projets plus « personnels ». À l’étranger, le film gagna de nombreux prix, dont L’ours d’argent du meilleur cinéaste.

Dans les années 70, sous l’impulsion de son producteur Gary Kurtz, le cinéaste George Lucas alors en pleine rédaction d’un scénario intitulé «Adventures of Luke Starkiller », du retravailler en profondeur son « Space Opera » afin de le rendre beaucoup plus concis et faisable sur le plans artistique et économique. Grand admirateur de cinéma Japonais, et de Kurosawa en particulier, il s’inspire ouvertement de La Forteresse cachée, afin de restructurer son récit et ses personnages. Tahei et Matashichi deviennent R2-D2 et C-3PO.

Luke Skywalker est un paysan qui se retrouve impliqué dans un conflit qui le dépasse. Leia est une princesse en fuite, dotée d’un fort caractère, mais remplie de doutes quant à ses futures fonctions. Le contrôle d’identité à la frontière ennemie se transforme en traversée de Mos Esley. Le couronnement final reprend celui de 1958. Sans oublier le combat entre Obi-Wan Kenobi et Dark Vador basé sur la même force symbolique opposant Makabe et Tadakoro.

À l’origine Lucas souhaitait confier le rôle du vieux maître Jedi à Mifune. Au-delà de la transposition ingénieuse et subtile, c’est surtout la compréhension des archétypes mythologiques universels hérités de La Forteresse cachée qui sont sans doute le plus bel hommage fait à Akira Kurosawa. Fort du succès de son film, Lucas s’associera à son ami Francis Ford Coppola pour aider le cinéaste japonais, alors en grande difficulté, à produire Kagemusha l’ombre du guerrier.

Par extension on retrouve l’influence de La Forteresse cachée sur des scènes clés de la trilogie du Seigneur des Anneaux (notamment lors de la dissolution de la communauté de l’anneau, et le couronnement final du Retour du roi). Jackson ayant toujours affirmé que le cinéaste de Sanjuro l’avait beaucoup influencé dans l’approche cinématographique de son adaptation de l’œuvre de J.R.R. Tolkien. Enfin la Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki, aussi bien dans son design, sa caractérisation (y compris lors de sa première apparition) et son ancrage mythologique Shintoïste doit en partie à la princesse Yuki.

Au même titre que Lawrence d’Arabie, L’homme qui voulut être roi, Les aventuriers de l’arche perdue ou Il était une fois en Chine, La Forteresse cachée prouve au travers d’un récit d’aventures passionnant et rondement mené, l’universalité et l’intemporalité d’histoires et de personnages touchant au plus profond, l’âme de ce qui les regarde. Il démontre une nouvelle fois, le génie d’Akira Kurosawa et l’immense influence qui l’a eu, et continue d’avoir sur les artistes d’aujourd’hui et de demain.

©-DR-LA FORTERESSE CACHÉE de Akira Kurosawa (1958 ) p11

09/08/2016 08:00 par tellurikwaves

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Misa Uehara : La princesse

(une inconnue, repérée après un important casting)

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09/08/2016 07:55 par tellurikwaves

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©-DR-LA FORTERESSE CACHÉE de Akira Kurosawa (1958 ) p9

09/08/2016 07:23 par tellurikwaves

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09/08/2016 07:20 par tellurikwaves

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08/08/2016 15:42 par tellurikwaves

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    08/08/2016 15:42 par tellurikwaves

Le blogducinema
par Georgelechameau

L’histoire : La famille Akizuki est vaincue et pourchassée par la famille Yamana. Le général Rokurota Makabe (Toshirô Mifune) est en charge de la protection de la princesse Yuki (Misa Uehara). Après un moment de réclusion dans une forteresse cachée, ils décident de fuir et de gagner une province amie. Ils s’embarquent alors dans un difficile voyage, transportant le trésor familial?: de l’or pour reconstruire le royaume. Deux paysans croisent leur chemin…

Akira Kurosawa déclarera à propos de LA FORTERESSE CACHÉE :
"Je voulais faire quelque chose d’amusant, un grand spectacle"

Il faudrait en théorie, associer cette déclaration au film précédent de Kurosawa, Le Château de l’Araignée ; apparemment l’un des plus sombres du cinéaste… Kurosawa nous raconte d’abord un parcours humain. Pour cela, le cinéaste oppose les caractères et conditions de 4 personnages très différents, et qui forment un groupe auquel on s’attache facilement : d’abord Tahei et Matashichi, drôles non pas par nature mais par leurs caractères et l’ironie de leur situation ; ils sont ainsi deux paysans qui ont tout perdu pour s’engager dans un conflit qui les dépasse, et qu’ils souhaitent fuir. Mais 1/ leur cupidité les incite à toujours effectuer les mauvais choix, et 2/ leur stupidité les empêche de comprendre la plupart des choses, menant souvent à d’hilarants quiproquos.

Ils se confronteront ainsi tous seuls à deux obstacles en apparence infranchissables : l’un physique (la frontière entre deux régions en guerre), l’autre social (accéder à la richesse).La possibilité de transcender ces deux postulats se présentera lorsqu’ils rencontreront assez fortuitement, Rokurota Makabe/Toshirô Mifune et la princesse Yuki/Misa Uehara. Le premier est un samouraï légendaire (donc par principe, ultra-classe) prêt à tout pour protéger sa maîtresse et par extension, sa richesse. Quant à la princesse, elle possède ces traits également très japonais de la jeune fille protégée du monde extérieur et engoncée jusqu’à l’abstraction dans son statut de nobilité.

Kurosawa joue d’abord sur les oppositions entre ces 4 protagonistes, ainsi que sur l’absurdité de leurs interactions. L’humour qu’il en extrait désamorce la gravité et la noirceur de certains instants, tout comme il façonne notre empathie envers Tahei, Matashichi, Rokurota et Yuki. Une fois cette empathie bien installée, ces 4 personnages interagiront avec de nouveaux et seront confrontés à des situations plus complexes ; cela sera source de nouvelles aventures, mais également d’une certaine émotion.

En filigrane, cette fuite en avant commune sera aussi l’occasion d’éprouver le déterminisme, encore une fois très culturel, qui s’imposait d’emblée à chaque protagoniste. Il y a un beau récit de confiance qui s’installe, de même qu’un discours passionnant sur l’ouverture à l’autre. Il s’agit là d’un trait récurrent chez Kurosawa, cinéaste humaniste s’il en est. Ce discours est d’ailleurs visible très tôt dans sa filmographie, dès Le Plus dignement (1944) ou Qui marche sur la queue du Tigre… (1945). Il atteindra l’apogée dans des films à la portée considérable, comme Barberousse (1965).

La mise en scène de Kurosawa compose de magnifiques tableaux, avec un sens du cadre et de la composition incroyable. On ressent la patience et l’acuité du réalisateur derrière chaque plan (la sortie du brouillard au début du film !), chaque ambiance (le film est pour beaucoup tourné en décors naturels), chaque morceau de bravoure (le combat à cheval, le combat des samouraïs). Sa mise en scène, si puissante soit-elle, est cependant toute entière au service du récit, des personnages, de l’humour, de l’aventure et de l’évasion. On restera ainsi bluffé par la façon dont Kurosawa réduit des concepts complexes à de simples idées « visuelles » à même de marquer l’imaginaire.

Exemple : où l'on comprend l'importance de la forteresse cachée avant même qu'elle soit découverteLe scénario est en réalité, extrêmement épuré : aller d’un point A à un point B.Pourtant, Kurosawa nous invite à comprendre comment les personnages et leurs destinées individuelles sont façonnés par la persistance de l’environnement dans lequel ils évoluent. En transmettant cela par l’Image, il y a un dialogue d’une fantastique universalité qui s’établit entre nous et ce récit d’une autre époque.

De notre point de vue occidental LA FORTERESSE CACHÉE, est un très grand récit d’aventures. Un film exotique ( le Japon féodal ), construit autour de personnages attachants, nous rendant extrêmement palpable une mythologie riche et complexe et mis en scène avec un sens de l’organisation et de la cohérence phénoménal.Akira Kurosawa, en cherchant l’accessibilité par l’humour notamment, parvient à rendre universelle une histoire profondément japonaise– un trait d’ailleurs commun à tous ses grands films, sauf peut-être Ran qui tend vers l’inverse.

Puis, il y a tellement de puissance et de talent dans LA FORTERESSE CACHÉE qu’on perçoit sans mal l’influence qu’il a pu avoir sur d’autres œuvres illustres comme « au hasard », le fameux Star Wars épisode IV. Revoir ce chef d’œuvre de Kurosawa nous amène ainsi tout naturellement, à constater son importance dans l’inconscient collectif.

LA FORTERESSE CACHÉE a été chroniqué dans le cadre d’une rétrospective
consacrée à AKIRA KUROSAWA lors du festival Lumière 2015.

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08/08/2016 15:36 par tellurikwaves

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08/08/2016 05:09 par tellurikwaves

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06/08/2016 15:52 par tellurikwaves

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    06/08/2016 15:52 par tellurikwaves

 

La critique de "Beyond Hollywood"

Kurosawa’s The Hidden Fortress’ full name is actually The 3 Villains of the Hidden Fortress, and in interviews of the past, George Lucas of Star Wars fame has admitted that there were elements of his space opus that were based on this Kurosawa film. Fortress once again teams Kurosawa with his favorite actor, Toshiro Mifune. The two had previously worked together on numerous films, including Seven Samurai, Yojimbo, and Yojimbo’s sequel, Sanjuro. This copy of Fortress had been in my possession for a while, but I have neglected to do a full review of it. Now, hoping to wash the stink of death that was put into my mouth by my miserable experience with another Japanese movie called Ring 2, I’ve decided to do a full review of Kurosawa’s Fortress. Surely the work of a master filmmaker like Kurosawa can wash away the stench of Ring 2!

The engines of Fortress’ story are two down-on-their-luck mercenaries. Or more accurately, would-be-mercenaries who not only joined a war between 3 rival clans too late but joined the wrong side. When the movie opens, the two bumbling mercenaries have just escaped from life as prisoners forced to dig graves for the dead. The two are constantly at each other’s throats but deep inside they’re very good friends who enjoys the bickering and each other’s company.

The two men are obviously the inspirations for Lucas’ R2D2 and C3P0. Lucas slapped chrome metal on Kurosawa’s characters, gave them groovy initials, and tossed them into outer space. Other than that, the translation is literal between the two films. Like the two robots of Lucas’ flick, Kurosawa’s bumbling peasants-turned-wannabe mercenaries always manage to miraculously survive one encounter after another, though no one, least of all them, are quite sure how.

Following the bumbling mercs, we learn they’re greedy as well, especially when they find gold hidden inside firewood. It isn’t long before a mysterious stranger name Makabe shows up and through sheer force of will and a lot of bullying, turns the two mercs into his personal slaves. Of course, the promise of more gold didn’t hurt. The three locates the “hidden fortress” of the title (by now you’ll notice that the “3 villains” of the title actually refers to the two mercs and Makabe) and a 16-year old girl.

We quickly learn that things aren’t what they appear, and Makabe turns out to be a great samurai general for one of the 3 warring clans, and the girl is the Princess, the last surviving royal family member since her entire clan has been wiped out. It is now up to Makabe to escort the strong-willed young woman out of enemy territory in order to rebuild the clan. Makabe, using the two mercs’ overflowing sense of greed, tricks the two men into help him escort the princess and the gold to safety. The gold, of course, is meant as starter money for the Princess to rebuild her clan.

Fortress teeters easily from comedy to seriousness. Moments of hilarity suddenly turn into very serious situations and vice versa. Another change of pace is that there is no forced “change of motives” for the characters. The two bumbling mercs are forever bumbling, greedy, and at more than one point, even would-be rapists. Makabe remains the stern General who can pose as a peasant or a thief if the need arises; but at his core he’s a loyal soldier, and he’ll do anything to guard the Princess, even sacrifice his sister. The Princess, too, is a fiery fighter first and fugitive second; even as they’re pursued across the country, she can’t help but ignore her obligation to help one of her people who have been sold into slavery.

Kurosawa’s not concerned with character arcs, or any of the Hollywood “paradigm” that’s become so popular. Kurosawa’s movies are not about change; they’re not even about the journey.At their core, Kurosawa makes movies about the human soul — how heroes are always heroes, and cowards always cowards. Greedy men will always be greedy men, and steely Princesses will always be steely Princess no matter the situation. His characters, like us, are not so easy to change.

In lieu of total change that could be seen as forced or out of left field, Kurosawa’s characters are simply given new layers to their personality. They’re always more than we think, or perhaps they’re exactly as we think, but they will never act in a way that doesn’t meet with their character. They are, in effect, human who isn’t aware they’re in a movie and “must change” in order to achieve some mysterious “character arc” as deemed by Joseph Campbell.